Stock

  • Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.
    A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus... J'ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall... E : Éluard... G : Giacometti... À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan...
    P : Ponge, Poulenc... Vingt pages où s'alignent les plus grands artistes de l'après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?
    Il m'a fallu trois mois pour savoir que j'avais en main le carnet de Dora Maar.
    Il m'a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d'adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s'abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s'appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.
      B.B.

  • Chemins

    Axel Kahn

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    • 3 Octobre 2018

    Marcher n'est pas une activité pour Axel Kahn, c'est une manière d'être. Il se définit comme un homme qui marche, un chemineau de la vie. Au rythme de son pas, sur les chemins et les sentiers, sur les pavés parfois, il a pensé, cherché, douté, le cas échéant, trouvé. Il a aimé, aussi, passionnément. Son ouvrage est un hymne à l'esprit, à la beauté et à la liberté. Un hymne à l'amour. L'existence d'un homme en chemin, au fil de ses souvenirs de l'enfance à la vieillesse. Cent cinquante ans après Julien et André dans Le Tour de la France par deux enfants, Axel Kahn, marcheur obstiné et attentif, peint de ce pays un tableau émerveillé mais lucide.

  • Frères de mer

    Patrick Tabarly

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    • 16 Mai 2018

    Patrick Tabarly est un homme discret. Il n'en est pas moins un témoin privilégié. Comme Éric, son frère aîné, il a connu les grandes heures de la voile française de la fin des années 1960 au début des années 1980. Il a surtout partagé au plus près le quotidien du « premier marin de France » disparu en mer d'Irlande il y a tout juste vingt ans. Avec lui, il a participé à la première navigation du mythique Pen Duick, remporté quantité d'épreuves et, ensemble, ils ont essuyé leur premier naufrage. Et c'est parce qu'il vouait à son aîné un respect sans borne que son regard, sans concession, a encore plus de prix.

  • Scandale en flacon est la biographie non autorisée du parfum n°5 de Chanel par Marie-Dominique Lelièvre.

  • Comment j'ai appris à lire

    Agnès Desarthe

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    • 2 Mai 2013

    " Apprendre à lire a été, pour moi, une des choses les plus faciles et les plus difficiles. Cela s'est passé très vite, en quelques semaines, mais aussi très lentement, sur plusieurs décennies. Déchiffrer une suite de lettres, la traduire en sons fut un jeu, comprendre à quoi cela servait fut une traversée souvent âpre, et, jusqu'à l'écriture de ce livre, profondément mystérieuse.
    Ainsi, j'ai compris que cet acte apparemment simple avait été contrarié, empêché par un accident de parcours presque anodin, un chagrin d'enfant ordinaire, mais qui, parce que la chambre d'écho était trop vaste et, surtout, hantée par de trop nombreux fantômes, n'avait pas trouvé le moyen de s'exprimer.
    Écrire, traduire m'ont appris à lire et continuent de le faire. À présent que la lecture est devenue mon occupation principale, mon obsession, mon plus grand plaisir, ma plus fiable ressource, je sais que le métier que j'ai choisi, le métier d'écrire n'a servi et ne sert qu'une cause, accéder enfin et encore à la lecture, qui est à la fois le lieu de l'altérité apaisée, et celui de la résolution forcément inachevée de l'énigme que constitue, pour chacun, sa propre histoire. " Agnès Desarthe

  • Soit dit en passant ; autobiographie

    Woody Allen

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    • 3 Juin 2020

    Né en 1935 à Brooklyn, Woody Allen se lance dans le show-business à l'âge de seize ans en rédigeant des gags pour des chroniques dans différents journaux de Broadway, avant d'écrire pour la radio, la télévision, le théâtre, le cinéma et le New Yorker. Il quitte ensuite la solitude du bureau de l'écrivain pour devenir humoriste dans divers clubs, puis le célèbre réalisateur que l'on sait.
    Durant les quelque soixante ans de sa carrière cinématographique, il a écrit et tourné cinquante films dont il est souvent aussi l'acteur principal. Il a reçu de nombreuses récompenses nationales et internationales, et a vu des statues érigées en son honneur (sans jamais d'ailleurs comprendre ce qui lui avait valu pareil hommage), et ses films ont été mis au programme d'écoles et d'universités dans le monde entier.
    Dans Soit dit en passant, Woody Allen parle de ses premiers mariages, l'un avec un amour de jeunesse, le second avec la merveilleusement drôle Louise Lasser, qu'il continue d'adorer. Il décrit aussi son aventure avec Diane Keaton, qui s'est transformée en l'amitié d'une vie entière. Il revient sur ses relations professionnelles et personnelles avec Mia Farrow, qui ont amené à la réalisation d'un certain nombre de grands classiques, avant d'être suivies par une rupture orageuse dont se sont repus les tabloïds. Il confie qu'il a été le premier surpris quand, à cinquante-six ans, il a entamé une amourette avec Soon-Yi Previn, alors âgée de vingt-et-un ans, qui devait conduire à une grande histoire d'amour, passionnée et retentissante, et à un mariage heureux de plus de vingt ans.

    Sur un ton souvent désopilant, d'une honnêteté absolue, plein d'intuitions créatives mais traversé de perplexité, c'est le récit d'une icône américaine qui vous dit tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander...

  • Jean ; un homme hors du temps

    Axel Kahn

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    • 11 Octobre 2017

    Jean Kahn-Dessertenne, enseignant et philosophe, se donne la mort à 54 ans le 17 avril 1970 en se jetant d'un train. Il laisse une lettre à son fils Axel qu'il dit « capable de faire durement les choses nécessaires ». Quarante-sept ans après, ce dernier s'acquitte d'une dette, il obéit à l'injonction paternelle, durement, en donnant la parole à son père. Dans les instants qui précèdent le saut mortel, la vie de Jean défile à vive allure, ses engagements politiques, ses tumultueuses relations aux femmes, son souci de sa relation à ses fils, son itinéraire intellectuel. Sont ainsi évoqués en toile de fond l'essentiel de l'histoire de la France au XXe siècle, la place qu'y prirent la bourgeoisie, le communisme et de Gaulle, les crises et ébranlements de tous ordres, économiques, guerriers, littéraires et personnels. Le sourire et la dérision ne disparaissent pas toujours à l'heure de mourir, Jean en témoigne. Cependant, Axel Kahn a surtout écrit là un livre vibrant et déchirant.

  • Histoire de ma vie

    George Sand

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    • 25 Février 2004

    George Sand avait eu le projet d'écrire ses mémoires dès 1835-1836, peu après sa rupture avec Alfred de Musset. En fait, elle les commença réellement à la fin de 1847, les abandonna en 1848 et ne les reprit, pour les achever, cette fois, qu'en 1855.


    Il ne s'agit pas d'une autobiographie véritable. Les dates et la succession des faits n'y sont pas respectées. La romancière n'y parle guère de ses amours -sauf de Chopin dans un passage particulièrement émouvant. En revanche, elle trace de chaleureux portraits de ceux qui ont été ses amis, Balzac, Sainte-Beuve, Delacroix. Elle qui dans sa vie osait tout, faisait preuve d'étranges réserves dans la confidence.


    Les plus beaux passages de Histoire de ma vie se rapportent à son extraordinaire enfance - « le 5 juillet 1804, je vins au monde, mon père jouant du violon et ma mère ayant une jolie robe rose » - dominée par la formidable personnalité de sa grand-mère, fille du Maréchal de Saxe. La petite Aurore Dupin suit son père, officier des armées de Napoléon, jusqu'à Madrid, en pleine guerre d'Espagne. Puis elle connaîtra à Nohant, propriété de sa grand-mère dans le Berry, une vie libre, proche de la nature, dont le souvenir habitera ses meilleurs livres. Après quelques années de couvent où la sauvageonne tentera de se transformer en jeune fille du monde, c'est le mariage, qui se solde vite par un échec, et le départ pour Paris, où George Sand va faire ses débuts d'écrivain.

  • Regarder l'océan

    Dominique Ané

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    • 15 Avril 2015

    En quelques textes brefs qui se répondent et s'éclairent, Dominique Ané dresse le portrait d'un jeune homme à la mèche rebelle, qui lui ressemble. Il le saisit au moment où il est en train de se construire, de s'interroger et de s'affirmer face aux différents choix de vie qui s'offrent à lui.
    Il questionne sa relation aux lieux, la dualité entre la « presque ville » d'où il est originaire (Provins, dont il parle dans Y revenir) et la campagne où il passe ses vacances avec ses parents, non loin de l'océan. Il insiste aussi sur la relation au corps, son propre corps qu'il met à l'épreuve et parfois à nu, et celui des autres, qui le trouble et le fascine.
    Ce récit est aussi un livre des premières fois, des expériences fondatrices, plus ou moins heureuses : la rencontre avec les filles, les chagrins, la colère, la mort côtoyée une nuit, et toujours la peur devant la vie à venir.
    La détermination à devenir musicien et chanteur est l'endroit où converge tout le livre, là où il puise le courage.
    Il découvre les expériences de groupe, les tournées, les nuits à l'hôtel. En disant sa relation singulière à la voix, on comprend d'où lui vient le goût des mots, le plaisir de nommer les choses.

  • La Porte dorée

    Michel Braudeau

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    • 14 Avril 2021

    « Tout ce que j'écris est au passé. On n'en finit pas avec lui, bien plus fécond que toute anticipation, inépuisable à mesure qu'on le déplie et lui fait les poches. Très jeune encore, je songeais à ma vie au passé, je me voyais volontiers tel que je n'avais jamais été, comme sur une photo prise par l'un de mes deux amis de lycée, assis sur une petite chaise dorée dans le parc d'Effondré, devant la perron à l'arrière, la porte aux volets clos. Je n'avais pas vingt ans. Nous avions acheté aux Puces de Clignancourt des vêtements noirs de gala, des fracs usés que leurs propriétaires défunts ne mettaient plus depuis longtemps, des chapeaux haut-de-forme ou des melons, de minces cannes d'apparat, toujours sous l'influence esthétique du film d'Ophuls, Le Plaisir, pour nous déguiser parfois. Une élégance ridicule aux yeux de mon père. Lui qui avait vécu la guerre et les bombardements, quelle idée bizarre avait germé chez son fils insaisissable, c'était sournoisement insultant. Il n'y avait rien à expliquer, c'était un caprice démodé comme il y en a souvent dans les fêtes. ».

    La Porte dorée est le récit d'un destin ; libre, baigné par la lumière de l'ailleurs, porté par le goût de la fiction. Avec un instinct de voyageur, Michel Braudeau mène plusieurs vies en parallèle, devient journaliste au Monde, éditeur chez Gallimard, juré du prix Médicis. En prenant les rênes de la revue NRF, il espère transmettre son désir de l'écrit, croise Mario Vargas Llosa. De reportages en portraits, il part en Égypte, en Asie, aux États-Unis, en Amérique du Sud, comme pour relever le pari rimbaldien du « je » qui est un autre.

    Face à l'énigme de l'existence, il peut rester la mélancolie ; et l'écriture. Ce nouveau volet des mémoires de Michel Braudeau, qui suit Place des Vosges et Rue de Beaune, est à découvrir absolument.

  • Sagan et fils

    Denis Westhoff

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    • 30 Mai 2012

    Françoise Sagan est morte le 24 septembre 2004. Elle laisse une dette fiscale de plus d'un million d'euros et une oeuvre, composée d'une trentaine de romans et d'une dizaine de pièces de théâtre, sur le point d'être purement et simplement liquidée. Sagan est en passe de disparaître deux fois quand Denis Westhoff, son fils unique, décide, en 2006, d'accepter cette succession empoisonnée, hors norme. Un vrai parcours du combattant qui le conduit à repasser sur les traces de ce « charmant petit monstre », né sur la scène littéraire et médiatique en 1954 par la grâce de son premier roman, Bonjour tristesse.
    Il réalise alors que la femme publique que l'on a dit si prodigue avec son argent, aimant vivre dangereusement et de préférence à cent à l'heure, lui est longtemps restée inconnue.
    Lui a été aimé et élevé par une mère qui a pris soin de le protéger des éclats de sa légende d'écrivain-star. L'envie de remettre les points sur certains i, de dire les choses telles qu'il les a vues, entendues, et non pas telles qu'on a bien voulu les interpréter, grandit peu à peu en lui. En repassant par certains lieux, en se remémorant des anecdotes, des moments forts, gais ou douloureux, des conversations intimes, en dessinant les portraits de ceux qui ont vraiment fait partie du cercle Sagan, dont ses grands-parents Quoirez ou encore son père, l'anticonformiste Robert Westhoff, il éclaire d'une lumière totalement inédite l'une des figures majeures de la littérature française.
    Ce livre n'a pas pour ambition de dire la vérité sur Sagan, mais une vérité. Celle d'un fils qui ose enfin dire, avec bonheur et liberté, ce qu'il a vécu auprès d'une mère pas tout à fait comme les autres.

  • Mémoires d'outre-mère

    Guy Bedos

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    • 23 Mars 2005

    Évidemment, ce ne sont pas des mémoires. Pas de souvenirs d'acteur, pas de traversée du demi-siècle, tout le monde n'est pas beau, tout le monde n'est pas gentil. Pour la première fois, Guy Bedos écrit à la première personne l'histoire de la personne la plus importante de sa vie : sa mère. Leur histoire, leur lien. Sa haine et son amour. Il a peut-être deux ans, trois tout au plus, en Algérie, et il voit sa mère frapper son père avec un marteau. Le livre commence comme ça, dans cette brutalité. Aujourd'hui, le petit garçon de deux ou trois ans en a soixante-dix. Et sa mère est toujours, à quatre-vingt-dix ans, terriblement vivante, terriblement présente. Guy aimerait autant qu'elle disparaisse avant lui. Il n'en est pas très sûr. D'où ce besoin d'écrire ce livre-là, retenu sans doute depuis très longtemps. Ce livre qui raconte tout ce qu'il n'a jamais osé raconter de son enfance et son adolescence, de sa jeunesse mais de sa vie d'homme aussi.
    C'est un livre où Guy Bedos s'est tout permis, tout autorisé, sans le moindre scrupule mais sans aucune complaisance. C'est un livre qui plaira à tous ceux qui l'aiment mais aussi à ceux qui ne l'aiment pas. Mémoires d'outre-mère nous font découvrir un homme écorché à vie, un blessé grave qui n'a pas trop envie de guérir et surtout et enfin, ce n'est pas lui qui le dira, un écrivain.

  • La dangereuse

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    • 18 Mai 2016

    Le 5 novembre 2015, en sortant de la gare de Casablanca, Loubna Abidar s'est fait tabasser dans la rue par un groupe d'hommes qui l'avaient reconnue. Les deux cliniques successives où elle est arrivée pour se faire soigner, le visage en sang, ont refusé de l'accueillir. Au commissariat où elle s'est rendue pour déposer plainte, les policiers se sont moqué d'elle et ne l'ont pas laissée rentrer. Le lendemain matin, Loubna a fait sa valise a pris le premier avion pour la France.
    Ce qui vaut à Loubna Abidar d'être menacée de mort, c'est d'être l'une des actrices les plus connues du Maroc et d'avoir osé incarner une prostituée dans Much loved, du réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch. Le film où Loubna joue le rôle principal, avec ses scènes de nudité, d'amour et de sexe, a enflammé encore davantage l'hystérie des hommes de son pays et au-delà, bien qu'il n'ait été vu que par extraits sur internet, où des scènes ont été falsifiées et caricaturées : à la suite de sa présentation au Festival de Cannes, il a été interdit au Maroc, considéré comme « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l'image du royaume ».
    Par son courage, Loubna Abidar est devenue le symbole de toutes les femmes que la tradition arabo-musulmane divise en deux catégories : les pures et les putes. Une femme qui montre son corps est une pute. Une femme qui parle de son corps est une pute. Une femme qui prend la parole est une pute. Une femme qui tient tête est une pute. Une femme qui a du plaisir est une pute. Une femme qui éprouve de l'amour est une pute. Une femme qui revendique sa liberté est une pute. Une femme qui est une femme est une pute. Toutes les femmes sont des putes.
    Ce livre raconte la vie d'une femme arabe dans un monde d'hommes : l'histoire exemplaire de Loubna Abidar, la « catastrophe » qu'est sa naissance parce qu'elle est une fille, la violence de son père alors qu'elle était enfant au Maroc, la violence des autres hommes que dérange son métier d'actrice, son émancipation par le cinéma, par son insolence, par sa liberté - et le prix très cher payé de cette liberté.

  • Une vie de Coffe

    Jean-Pierre Coffe

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    • 6 Mai 2015

    Jean-Pierre Coffe est l'un des personnages les plus illustres du paysage médiatique français. Ses lunettes colorées, son franc-parler, ses colères et ses enthousiasmes culinaires ponctuent une existence consacrée au bien-vivre à la française, et ce depuis les restaurants qu'il dirigea jusqu'aux plateaux de télévision qu'il anima. Tout le monde le connaît, mais personne ne le connaît, vraiment.
    Coffe se dévoile, dans ses mémoires, pour la première fois.
    De son enfance entre un père absent et une mère auprès de laquelle il aimerait exister davantage jusqu'à l'aveu d'une paternité malheureuse, qui donne lieu à une scène d'une incroyable force, de l'influence bienheureuse des jardins et des potagers jusqu'à la sublimation du juste goût érigé au rang des beaux-arts, Coffe n'oublie rien. Et n'épargne personne.
    Derrière le masque du trublion médiatique, apparaît soudain le vrai visage de l'homme, sans le maquillage que la célébrité vous fait, parfois triste, seul, mal aimé, trahi, mais toujours fidèle en amitiés. Chacune de ses vies renaît l'une après l'autre, quand lui-même parfois n'y croit plus.
    Le cuisinier parisien qui finit en cuisine mais à Canal Plus, l'animateur de revue dansée au Crazy Horse, l'arpenteur du terroir français, le blagueur érudit chez Michel Drucker, le militant du goût, l'ami de Jean Carmet, de Jean-Claude Carrière, de Miou Miou, dont il dessine ici de beaux portraits : tant de vies croisées, tissées entre elles, que le lecteur en a le tournis ! Une vie de Coffe, en fait.

  • C'est un grand professionnel du petit écran : voici près de dix ans que vedettes et personnalités défilent sur son plateau. Et quel que soit le jugement que l'on porte à son égard, il faut admettre que son émission épouse un certain air du temps. Etudier le discours qui lui est attaché, en exhiber les traits originaux, c'est éclairer les passions et les angoisses de notre société. Il parle des hommes, de leur cinéma, de leur politique. Des femmes aussi, de leur corps surtout. Et puis de magouilles, d'impostures et de mystérieux complots. Sur ce plateau, tout un monde fantasmagorique se trouve convoqué, où rien n'arrive par hasard, où la vérité demeure sans cesse à dévoiler : à une heure de grand écoute, sous les yeux d'un comique envoûté, d'une irrésistible top-model ou d'un philosophe consterné, il fait du bon sens « conspiratif » et du style « paranoïde » de vraies valeurs high-tech. De quoi ces obsessions font-elles symptôme en démocratie ? Et pourquoi une telle cérémonie vient-elle flatter si agréablement les honnêtes gens ? Notre méthode est simple. Elle consiste à prendre l'animateur au mot. Plonger dans l'archive télévisuelle, visionner les émissions, semaine après semaine, histoire de repérer thèmes privilégiés et continuités rhétoriques (codes, mots de passe, combinaisons symboliques?), par-delà la sidération de l'instant et les illusions du (faux) direct. D'emblée, le lecteur doit donc en être averti : l'ouvrage qu'il tient entre ses mains ne prétend pas, lui, livrer la « face cachée » du personnage, ni révéler sa « part d'ombre ». Nous n'avons pas enquêté sur ses « réseaux », nous n'avons pas interrogé ses meilleurs ennemis, nous n'avons pas fouillé dans son passéoe Aux « coulisses », nous avons préféré l'image telle qu'elle se donne à voir, le discours tel qu'il se déploie. Nul jugement, ici : décrire suffit. Car à l'horizon de cette enquête sur la « face visible » du phénomène (la seule qui compte, à la fin), il y a une conviction : non, la vérité de l'époque n'est pas « ailleurs » ; elle explose là, sous nos yeux, en pleine lucarne, « face caméra ».

  • Secrets de jeunesse

    Edwy Plenel

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    • 19 Septembre 2001

    Prix Médicis Essai 2001 De Trotsky à Malraux, aller et retour, en passant par Jospin, via Freud, Adler, Fraenkel, Sperder...
    M'autorisant des échappées belles promenades et flâneries, je ne voudrais pas laisser croire que tout se tient. C'est plutôt que les vies nous disent aussi ce qui circule, souterrainement, des uns aux autres, l'inconscient des parcours et des pensées, les liens obscurs des époques et des individus, la magie des idées surtout. Entre fleuves et ruisseaux, je m'efforce de suivre ces courants là qui, d'ordinaire, ne se donnent pas à voir.
    Edwy Plenel.

  • La lettre perdue ; les racines de l'engagement

    Martin Hirsch

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    • 24 Octobre 2012

    « Lorsque j´ai été reçu à l´Éna, il y a vingt-quatre ans, mon père m´a adressé une lettre, non pas de félicitations, mais de mise en garde, m´alertant sur les dangers qui guettent ceux qui entrent dans une caste. Il est mort peu après, mais sa lettre n´a cessé de m´accompagner. Je l´ai gardée précieusement, relue mille fois, jusqu´à sa disparition inexpliquée la nuit où j´ai quitté le gouvernement de Nicolas Sarkozy en 2010.
    Cette perte a provoqué un vertige, une panique, un dénuement. Et une quête éperdue pour lui redonner corps, en restituer la substance. J´ai compris qu´elle était au coeur même de mes engagements. Cela m´a conduit à explorer des questions auxquelles j´avais jusqu´à présent refusé de répondre.
    De quoi est fait notre engagement ? De rencontres, de souffrances, de frustrations, d´indisciplines, de hasards, de gaffes, de disputes, d´émois, de legs, de défis. De sous-entendus, de mots lus, de personnages réels ou fantasmés. Autant de souvenirs qui s´entrelacent comme une natte.
    La Lettre perdue raconte ce qui m´a entraîné dans l´univers public, ce qui m´a guidé dans Emmaüs, ce qui m´a amené à me passionner pour la lutte contre la pauvreté, ce qui a déterminé mon rapport très particulier à la politique, ce qui m´a protégé tout en me poussant à prendre des risques avec certains conformismes. On y partagera des rencontres avec des personnages illustres, comme l´abbé Pierre ou Muhammad Yunus, et d´autres anonymes, dont l´influence aura été décisive. On voyagera dans l´hôpital, dans les ministères, dans les centres d´urgence et dans tous ces lieux, à la charge affective si forte, qui jalonnent l´itinéraire d´un engagement.

  • Convoi pour Oslo

    Queffelec

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    • 23 Janvier 1991

    La rsistance acharne du colonel Eriksen dans la vieille forteresse du fjord d'Oslo contre les forces nazies : un fait rel qui a servi de trame au roman de Quefflec sur la Norvge, un moment critique de son histoire.

  • Ce sont des femmes d'exception.
    Certaines sont célèbres, d'autres moins. Toutes sont, à leur façon, des pionnières : au cours de la décennie écoulée, dans la politique, l'entreprise, la haute administration, les médias et le monde des aff aires, elles ont franchi une à une les marches qui conduisent au pouvoir. Certaines se sentaient prédestinées au commandement ; d'autres ont découvert par hasard qu'elles étaient capables d'en imposer ; d'autres encore se demandent chaque jour si elles vont « y arriver » et s'eff orcent de le cacher. Presque toutes l'affi rment : dans une société qui reste marquée par l'emprise masculine, leur ascension s'est construite au prix de bien des renoncements. « On nous en demande toujours beaucoup plus qu'à un homme », disent-elles, unanimes.
    Michèle Alliot-Marie, Nicole Notat, Claudie Haigneré, Élisabeth Guigou, Anne Lauvergeon, Laurence Parisot, Eva Joly, Teresa Cremisi, Christine Lagarde, Anne-Marie Idrac... Jamais ces femmes n'avaient, dans un même livre, raconté leur expérience ; jamais elles n'avaient confi é toutes ensemble de quelles souff rances, de quels doutes et de quelles fi ertés entremêlées leurs victoires ont été faites. Leurs vingt-cinq témoignages se lisent comme autant d'aventures, publiques et privées.

  • Ce samedi de juin 2002, dans la petite école de Saint-Étienne-sur-Usson, au coeur du Puy-de-Dôme, Georges Lopez donne une dernière leçon aux élèves de la classe unique où il a enseigné pendant plus de trente ans. De lui, nous ne connaissons que les images du documentaire Être et Avoir : celles d'un maître d'école rigoureux, attentif, tenaillé par la passion d'enseigner. Aujourd'hui, c'est l'histoire de cette passion qu'il nous dévoile, à la première personne, dans un récit aux accents tendrement nostalgiques. Avec un formidable talent de conteur, Georges Lopez évoque d'abord l'univers pittoresque et jubilatoire des villages du Roussillon où ce fils d'immigrés catalans a grandi : les saveurs de la cuisine maternelle, la rudesse des travaux des champs, les parfums rustiques de l'école communale peuplent ses souvenirs d'enfance. La curiosité du petit Georges est insatiable. Très vite, il se choisit un avenir : il deviendra maître d'école. Viennent l'adolescence et les débuts de la vie d'homme, parfois difficiles, mais qui ne feront que confirmer sa vocation : malgré les échecs et les doutes, il décroche son premier poste de remplaçant, puis se titularise. C'est le début de longues années de pratique pédagogique et de réflexions sur l'art d'enseigner. Au fil des pages et des souvenirs, Georges Lopez décrypte l'engagement qui l'a conduit à accepter de prendre en charge une classe unique puis, plus tard, de participer au projet d'Être et Avoir. Il nous raconte cette aventure singulière, nous en dévoile les joies et les grandes déceptions et nous explique les raisons qui l'ont poussé à attaquer en justice la production du documentaire. À l'issue d'une saga judiciaire qu'il n'a pas gagnée, Georges Lopez nous demande d'entendre sa version des faits, et nous propose de lire ce que les images du film lui ont souvent dérobé : le quotidien sans mise en scène d'un instituteur convaincu qu'il exerce le plus beau métier du monde.

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