• «  Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j'ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d'amis anéantis...  »
    Etre rabbin, c'est vivre avec la mort  : celle des autres, celle des vôtres. Mais c'est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent  :   «  Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l'histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d'hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits.  »
    A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés  : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d'  une vie interrompue (célèbre ou anonyme),   la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l'évocation d'une blessure intime ou la remémoration d'un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli.
    Nous vivons tous avec des fantômes  : «  Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu'on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons.  » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. «  Le rôle d'un conteur est de se tenir à la porte pour s'assurer qu'elle reste ouverte  » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes...

  • « Esclaves, ne maudissons pas la vie. » Lire Arthur Rimbaud vous condamne à partir un jour sur les chemins. Chez le poète des Illuminations et d'Une saison en enfer, la vie s'organise dans le mouvement. Il s'échappe hors de l'Ardenne, cavale dans la nuit parisienne, court après l'amour en Belgique, se promène à Londres puis s'aventure à mort sur les pistes d'Afrique. La poésie est le mouvement des choses. Rimbaud se déplace sans répit, changeant de point de vue. Son projet : transformer le monde par les mots. Ses poèmes sont des projectiles, des bouquets de feu : cent cinquante ans plus tard, ils nous atteignent encore. Qu'avons-nous fait de nos douleurs ? Au temps où le monde était paralysé par un virus chinois, Sylvain Tesson a cheminé une saison avec Arthur Rimbaud. La marche - état suprême de la poésie - est, avec la littérature, l'antidote à l'ennui.

  • Notes sur le chagrin Nouv.

    Comment dire adieu à un être cher alors que le monde entier est frappé par une crise sanitaire, que le défunt repose au Nigeria et que ses enfants sont bloqués en Angleterre et aux États-Unis ? Le père de Chimamanda Ngozi Adichie vient de mourir. Séparée de ses proches, cette dernière vit un deuil empêché et solitaire. Elle écrit alors sous la forme de courts chapitres, composés comme des soubresauts de chagrin et de rage, où l'amour et l'admiration qu'elle portait à son père explosent à chaque page.
    James Nwoye Adichie a traversé plusieurs époques de l'histoire du Nigeria. S'il a transmis la culture et la langue igbos à ses enfants, essentielles à l'oeuvre de l'autrice, il s'est aussi élevé contre certaines traditions de son pays. En partageant des anecdotes familiales simples et touchantes, Chimamanda Ngozi Adichie rend hommage au professeur émérite de l'université du Nigeria, mais surtout au père humble et affectueux qu'il était, son "dadounet originel".
    La perte se voit ainsi transcendée par l'amour et la transmission.

  • Quel est le point commun entre la peur du vide, les doutes existentiels, et le sublime des paysages de montagne ?
    Une même fragilité de notre relation au monde : le vertige.
    Ce récit d'une ascension dans le massif du Mont-Blanc, où se côtoient les plus diverses formes de la perception, propose une philosophie du vertige portée par une langue vive et lumineuse.
    Après La Vie solide, Arthur Lochmann continue d'explorer notre rapport à la matière et au sensible pour éclairer les instabilités contemporaines. Et retrouver notre ancrage dans le monde.

  • "J'ai grandi à Montréjeau, Haute-Garonne, 2 863 habitants. Une petite ville située dans le pays de Comminges, au pied des Pyrénées. Et j'ai eu ces montagnes devant les yeux durant toute mon enfance. Cette vue vaste, pas ordinaire, vous confronte très tôt à votre finitude. Quand elle vous accompagne ainsi, elle devient si familière qu'elle finit par installer en vous une géographie mentale."

    Enfant des Pyrénées, Bernard Minier voue un amour profond à ce massif qui a nourri son imaginaire et sa sensibilité. Source d'émerveillement, ses randonnées dans le Comminges l'ont initié au "pyrénéisme", approche globale de la montagne où les expériences physique et culturelle sont indissociables.
    Mais la montagne a aussi sa part d'ombre. Terre d'effroi, de mystère et, parfois, de sauvagerie, elle constitue un matériau idéal pour l'auteur de thriller. Au fil de ces entretiens, Bernard Minier évoque ses lectures, ses voyages, son écriture où les reliefs, plus qu'un décor, sont un personnage à part entière.

  • L'autre langue des femmes Nouv.

    « L' "autre" langue des femmes, c'est la parole qui émerge lorsqu'elles se définissent pour ce qu'elles sont, pas en fonction de ce qui leur est infligé.
    Ce langage fut toujours parlé en Afrique, continent qui enfanta des  dynasties de "grandes royales", contredisant ainsi la posture victimaire d'un  certain activisme occidental.
    S'appuyant sur l'histoire, les mythes, spiritualités et pratiques sociales des Subsahariennes, l'auteur nous initie à un riche matrimoine qui révèle  la variété des potentialités féminines.
    Les femmes impressionnantes dont elle nous conte les aventures  régnèrent sur des sociétés patriarcales, donnèrent une terre à leur peuple  en exil, firent du plaisir sexuel un droit, s'engagèrent dans les luttes  anticoloniales qu'elles financèrent souvent grâce à leur fortune personnelle,  furent conscientes de leur valeur en tant qu'individus souverains.
    Pourtant, la riche expérience des Africaines subsahariennes reste  méconnue. Sans s'identifier à ces femmes ni voir en elles des références, on  entend leur prescrire un modèle d'émancipation.
    La "sororité" reste une vue de l'esprit, compte tenu des rapports de  domination existant entre femmes. L'histoire a doté les unes d'un pouvoir  symbolique, politique et économique dont les autres ne jouissent pas.  Cette dissymétrie fondamentale est occultée par la centralité conférée à la  question de l'hégémonie masculine, censée définir et fédérer les femmes.
    Des rapports entre elles, reproduisant l'association de la cavalière et de  la jument, permettent-ils de faire cause commune ? »L.M.

  • Elles disent Nouv.

    Elles disent

    Léonora Miano

    « Des femmes d'horizons différents parlent, se parlent. Parfois  de manière frontale, parfois en se tournant le dos ou en se  prenant par la main.
    Celles dont les mots composent cette mélopée sont spirituelles,  politiques, cérébrales, sensuelles, visionnaires, enragées,  mystiques, torturées, espiègles.
    Leurs citations s'organisent en une manière de conversation  qui emprunte au jazz avec ses harmonies et dissonances, à  l'emphase d'antiques prêtresses, à diverses modalités du chant.
    Ce n'est pas le testament des femmes qui est ici proposé,  mais une déambulation rythmée dans leurs paroles. »L.M.

  • Il nuovo barnum Nouv.

    Recueil de courts articles, Le nouveau barnum, rassemble des textes parus dans Vanity Fair ou Repubblica entre les années 1990 et 2016. Au travers de ces articles inédit en français, aux sujets divers, Alessandro Baricco évoque notamment sa passion pour le sport et les loisirs. Il détaille ses voyages au coeur du stade mythique de la Bombonera en Argentine ou en pleine corrida en Espagne. Mais on croise aussi dans ce « Barnum », Beethoven, la photographe Vivian Maier ou l'immense Vargas Llosa, ainsi que de nombreux autres personnages contemporains ou non que l'auteur étudie avec pertinence, passion et même humour. Conçu comme un ouvrage « sur notre temps », Le nouveau Barnum nous permet de retrouver le Baricco essayiste et de nous faire par là découvrir le journaliste, grâce à une prose directe et accessible qui réjouira ses lecteurs fidèles.

  • «  C'est à nous, et à nous seuls, qu'il revient de réfléchir, d'analyser et parfois de prendre des risques pour rester libres. Libres de nous engager et d'être ce que nous voulons. C'est à nous, et à personne d'autre, qu'il revient de trouver les mots, de les prononcer, de les écrire avec force, pour couvrir le son des couteaux sous nos gorges.
    A nous de rire, de dessiner, d'aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute, face à des fanatiques qui voudraient nous imposer leur monde de névroses et de frustration - en coproduction avec des universitaires gavés de communautarisme anglo-saxon, des militants aveuglés, et des intellectuels qui sont les héritiers de ceux qui ont soutenu parmi les pires dictateurs du XXème siècle, de Staline à Pol Pot.  »
    Ainsi plaide Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, lors du procès des attentats de janvier 2015. Procès historique, procès intellectuel, au cours duquel l'auteur retrace, avec puissance et talent, le cheminement souterrain et idéologique du Mal. Chaque mot pèse. Chaque mot frappe. Ou apporte la douceur. Evoquant les noms des disparus, des amis, leurs plumes, leurs pinceaux, leur distance ironique et tendre. Oui, la liberté d'expression est un combat, chaque jour vivifié par des gestes, des paroles, des échanges.
    Face à la mort, la littérature nous tient  : ce texte, bien plus qu'une plaidoirie, est un éloge de la vie libre, joyeuse et éclairée.

  • 7 janvier 2015, après-midi. Camille Emmanuelle accompagne son mari, Luz, dessinateur de Charlie Hebdo et rescapé des attentats, pour un premier entretien psychologique à l'hôpital. La psychologue se tourne vers elle  : et vous, comment allez-vous  ? Elle ne comprend pas la question  : elle va bien, ce n'est pas elle qui est traumatisée  ! Pour la thérapeute, son lien avec une victime fait de Camille une «  victime par ricochet  ». Drôle d'expression... Pendant les mois qui suivent, Camille en reste convaincue  : elle accompagne son mari, c'est tout. Mais cinq ans plus tard, au fil d'un parcours douloureux et aujourd'hui encore difficile, le constat s'impose  : elle a effectivement développé des symptômes post-traumatiques. Et elle s'interroge.
    Aider au quotidien, psychologiquement, pragmatiquement, intimement, quelqu'un dont la vie a été bouleversée  du jour au lendemain par une tragédie, qu'est-ce que cela veut dire  ? Jusqu'où cette place de «  proche  » l'a-t-elle bouleversée dans sa psyché, dans son rapport aux autres, dans ses valeurs profondes  ? Ce vécu justifie-t-il la reconnaissance psychologique et juridique d'un statut à part  ? Voire une indemnisation  ?
    Sur un sujet méconnu, reconnu par la psychiatrie en 2013 seulement, Camille Emmanuelle mène alors une enquête intense, personnelle et journalistique. Elle raconte un chemin chaotique, les bons et les mauvais jours, les copains qui comprennent (ou pas), l'institution défaillante, les gueules de bois, les bonnes âmes qui critiquent la posture victimaire. Elle va à la rencontre d'autres proches de victimes, de psys, d'avocats, de sociologues et même d'un jardinier, pour tenter de comprendre ce qu'être un «  ricochet  » veut dire. Avec honnêteté, émotion et parfois même un regard amusé, elle décrypte cette expérience de vie, rarement évoquée et pourtant loin d'être unique.

  • « Nous sommes entrés dans l'âge de l'après-littérature. Le temps où la vision littéraire du monde avait une place dans le monde semble bel et bien révolu. Non que l'inspiration se soit subitement et définitivement tarie. De vrais livres continuent d'être écrits et imprimés, mais ils n'impriment pas. Ils n'ont plus de vertu formatrice. L'éducation des âmes n'est plus de leur ressort. Ils s'adressent à des lecteurs qui, avant même d'entrer dans la vie, refusent de s'en laisser conter et regardent l'Histoire et les histoires avec la souveraine intelligence que la victoire totale sur les préjugés leur confère. Rançon de cette outrecuidance, le faux prend possession de la vie.
    Non seulement le présent règne sans partage mais il s'imagine autre qu'il n'est.  À  force de se raconter des histoires, il se perd complètement de vue. Les scénarios fantasmatiques qu'il produit en cascade lui tiennent lieu de littérature. Néoféminisme simplificateur, antiracisme délirant, oubli de la beauté par la technique triomphante comme par l'écologie officielle, déni de la contingence tout au long de la pandémie qui nous frappe : le mensonge s'installe, la laideur se répand, l'art est en train de perdre la bataille.
    C'est un crève-coeur. »Alain Finkielkraut

  • Le travail détermine les personnes avec qui nous passons la plupart de notre temps, alimente nos valeurs morales et politiques, façonne nos perspectives d'avenir.
    L'histoire des premiers homo sapiens révèle pourtant un monde où le travail ne jouait pas ce rôle primordial. Pourquoi travaillons-nous autant ? Comment le travail a-t-il pu façonner à ce point notre évolution ? Pour répondre à ces questions, il faut s'aventurer au-delà de la science économique et pénétrer dans le monde de la physique, de la biologie de l'évolution et de l'anthropologie.
    James Suzman propose une nouvelle histoire du travail et déconstruit nos représentations ordinaires en s'appuyant sur vingt-cinq ans de recherches, à l'interface entre les tribus de chasseurs-cueilleurs, les premières sociétés agricoles et le monde industrialisé. Il révèle comment les révolutions technologiques successives ont déformé notre conception de l'effort et de la récompense, engendrant une série de problèmes sociaux, économiques et environnementaux.
    On comprend dès lors que l'émergence de l'intelligence artificielle et la perspective d'une automatisation généralisée constituent un point d'inflexion sans précédent dans notre histoire, susceptible de transformer en profondeur nos sociétés laborieuses, et révélant l'urgence de réinventer notre rapport au travail.

  • Nietzsche et la vie : une nouvelle histoire de la philosophie Nouv.

    Avec Nietzsche s'inaugure une philosophie nouvelle, centrée dorénavant sur le corps et la vie, qui appelle une nouvelle histoire de la philosophie. En parcourant les grandes étapes de cette histoire, Barbara Stiegler introduit le lecteur aux philosophies de Descartes, Kant, Schopenhauer, Hegel et Marx, ainsi qu'à quelques grandes figures de la philosophie contemporaine, proches ou héritières de cette nouvelle philosophie de la vie : William James, John Dewey, Bergson, Canguilhem et Foucault, sans oublier le contrepoint critique de la phénoménologie, de Husserl à Heidegger. Parce que le fil conducteur de cette nouvelle histoire suit la réalité concrète du corps et de la vie, son livre est aussi une introduction à l'histoire de la biologie, de la physiologie à la théorie de l'évolution, et jusqu'aux débats les plus brûlants de la biologie et des sciences médicales contemporaines. À la lumière de ce parcours, la philosophie de Nietzsche ne peut plus apparaître comme une météorite solitaire et fulgurante. Elle se situe bien plutôt au beau milieu d'un tournant : celui à partir duquel, sur fond de fin de la métaphysique et de crise des savoirs, le gouvernement de la vie et des vivants doit devenir l'affaire de tous, nous obligeant à repenser de fond en comble les notions de « réalité » et de « vérité » en même temps que la valeur des énoncés produits par la science.

  • Les raisons du coeur Nouv.

    Par quelle alchimie une peine de coeur peut-elle se transformer en accident cardiaque  ?
    Que se passe-t-il secrètement dans un coeur ardent et vivant qui, d'un coup, se brise  ?
    Tel est le mystère que tente d'éclaircir ce récit véridique, drolatique et fantasmagorique.
    On y croise des balles de tennis et le chat de Schrdinger, des femmes fatales et un héros virgilien, une Thunderbird rutilante et des effluves d'outremer, Françoise Sagan et Michel Berger, des amitiés salvatrices, quelques doses de morphine et des souvenirs embrouillés de rêves.
    Une saison en enfer ? Un aller-retour dans le néant ? Certainement pas.
    Voici plutôt la confession d'un homme allégé, réconcilié, détaché, libéré, qui choisit d'en finir avec sa part de comédie.  
    Et de se raconter, soudain, à coeur ouvert.

  • Noces ; l'été

    Albert Camus

    "Je me souviens du moins d'une grande fille magnifique qui avait dansé tout l'après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu'aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait après elle une odeur mêlée de fleurs et de chair."

  • «  Comme certains de mes livres, Théories de théories est une tentative de classement au moyen d'une forme. Son titre s'explique par le double sens du mot ``théorie'', c'est-à-dire une proposition générale sur un sujet donné et une succession d'êtres ou de choses à la file. (Quand on dit : il y avait une théorie de chats, cela signifie que plusieurs chats se suivaient les uns derrière les autres.) Il se passe en une journée, à partir du moment où, levé, on s'habille («  théorie des beaux vêtements  »), et s'achève à la fin du jour (« théorie du  coucher du soleil  »). Entre les deux, je propose des théories sur tout ce que l'on appelle la vie, ou du moins la vie comme je l'entends. 
    On y trouvera une théorie du désir, une théorie de l'amour, une théorie des ponts (si mal en point dans le monde de murs où nous vivons), une théorie des grandes vieilles actrices de théâtre, une théorie des mappemondes, une théorie du temps, une théorie de la couleur marron, une théorie du rire, une théorie du mot fin dans les livres, une théorie des odeurs, une théorie des fleurs coupées, une théorie de l'ombre et une théorie de la lumière, bien d'autres.
    Ces théories, pour moi, ressemblent aux bâtons de métal qu'on nous faisait frotter en classe de physique pour attirer la limaille de fer. Elles rassemblent ce qui est épars, à la merci des coutumes, des idées reçues, des superstitions, de l'ignorance, et proposent des interprétations plausibles. Elles ne cherchent pas à être ``vraies''. Théories de théories est, en quelque sorte, une boîte à outils.
    Je dois ajouter que ``théories'' ne veut pas dire abstrait. Mes théories, qui sont parfois longues, parfois courtes, le plus souvent des essais, quelquefois des fictions, se fondent sur des observations, des faits historiques, les remarques des auteurs les plus divers de tous les temps et de tous les pays.  Des expériences sensibles, aussi. C'est mon livre le plus intime. A la fin, j'espère qu'on en aura retiré une certaine conception du monde, suivant ce que l'on pourrait appeler une pensée moirée, à la façon de la moire du tissu, changeante et variée comme la vie.  »  Ch. D.

  • Ce n'était que la peste Nouv.

    Moscou, 1939. Le biologiste Rudolf Mayer a parcouru plus de huit cents kilomètres pour présenter aux autorités ses recherches sur une souche hautement virulente de la peste. Ce n'est qu'après cette réunion qu'il comprend qu'il a été contaminé, et que toutes les personnes qu'il a croisées peuvent l'être également.
    La police soviétique déploie alors un très efficace plan de mise en quarantaine. Mais en ces années de Grandes Purges, une mise à l'isolement ressemble à une arrestation politique, et les réactions des uns et des autres peuvent être surprenantes.
    Dans ce texte datant de 1988, Ludmila Oulitskaïa donne à voir ce qui peut se passer lorsqu'une épidémie éclate au coeur d'un régime totalitaire. Découvert en Russie au printemps 2020, ce texte inédit, plein d'humour et d'humanisme, résonne singulièrement dans le contexte mondial de la pandémie de coronavirus.

  • Sauve qui parle : quand la parole change la vie Nouv.

    La parole sauve. Parce qu'il l'a expérimentée lui-même, Bertrand Périer a décidé d'explorer cette capacité à changer les destins. Il a rencontré des personnalités qui lui ont livré leur dette envers la parole : de Guillaume Gallienne à Bixente Lizarazu en passant par Guillaume Meurice, Gabriel Attal, Clara Jamart ou un ancien braqueur. Ils racontent comment les mots leur ont permis d'infléchir le cours de leur vie ou de défendre des valeurs fondamentales.
    Bertrand Périer avait démontré que la parole est une arme (La parole est un sport de combat), une exigence (Sur le bout de la langue). Il prouve ici qu'elle est aussi une clé permettant d'ouvrir de nouveaux horizons. Avec l'érudition et l'humour qui ont déjà conquis 200 000 lecteurs.

  • Et vous, quel geste vous trahit ?
    Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations :
    le selfie, geste roi de nos vies modernes ;
    le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ;
    les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ;
    cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ;
    un verre qu'on tient à la main sans le boire...
    À lire Philippe Delerm, on se dit souvent : " Mais oui, bien sûr, c'est exactement cela ! " Mais lui seul aura su décrire ces gestes du quotidien avec tant de finesse et de vérité – tant de profonde analyse de la nature humaine.
    Inventeur d'un genre dont il est l'unique représentant, l'" instantané littéraire ", Philippe Delerm s'inscrit dans la lignée des grands auteurs classiques qui croquent le portrait de leurs contemporains, tels La Fontaine ou La Bruyère. Il est l'auteur de nombreux livres à succès, dont La Première Gorgée de bière, Je vais passer pour un vieux con ou Sundborn ou les Jours de lumière (prix des libraires, 1997).

  • L'art de résister Nouv.

    L'Énéide n'est pas un poème pour temps de paix. Ses vers ne sont pas appropriés lorsque tout se passe sans accroc. Son chant est destiné au moment où se fait sentir l'urgence de retrouver notre chemin vers un après qui nous sidère par sa différence avec l'avant dans lequel nous avons toujours vécu. Pour le dire en langage météorologique : la lecture de l'Énéide est chaleureusement recommandée au beau milieu de l'ouragan, et si possible sans parapluie. Car Énée n'a plus de patrie sur laquelle mettre le cap : il s'éloigne des ruines de la sienne, son père sur le dos, à la recherche d'un nouveau départ, armé des biens les plus précieux. Sa capacité à résister et la force de son espoir sont exemplaires et elles constituent une leçon d'une actualité saisissante.

  • Limonov

    Emmanuel Carrère

    « Limonov n'est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l'underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d'un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l'immense bordel de l'après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d'un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C'est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d'aventures. C'est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »Prix RenaudotPrix de la langue françaisePrix des prix

  • Avec Le Pouvoir au féminin, paru en 2016, le public français a redécouvert la figure fascinante de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780), la souveraine la plus puissante de son temps. Son art de la diplomatie et sa finesse psychologique ont marqué les esprits, tout comme ses seize enfants et son affection jamais démentie pour son mari volage.
    Puisant dans des archives inédites, Elisabeth Badinter revient sur cette figure majeure par le biais de la maternité. Ce nouveau portrait révèle un aspect caché de sa personnalité: une mère complexe, fort soucieuse de ses enfants, capable de la plus grande tendresse, mais aussi parfois de dureté, voire d'injustice.
    Une femme souvent tiraillée entre les choix que lui dicte son coeur et ceux imposés par la raison d'État.

  • Précédé de Jean de La Fontaine, Michel Serres et le palimpseste des Fables par Jean-Charles Darmon La Fontaine n'a cessé d'accompagner Michel Serres. Cet inédit inachevé en est l'ultime témoignage. Serres y explore les Fables comme de prodigieux palimp­sestes donnant accès aux origines de notre pensée. Il montre comment, en des zones indécises ouvertes entre l'animal et l'humain, elles mettent en oeuvre toutes sortes de métamorphoses interrogeant différentes manières de « faire l'homme ». Chemin faisant, Serres fait apparaître une pensée en réseau d'une étonnante fécondité, dont il scrute les balancements les plus subtils. On l'aura compris : ceci n'est pas seulement un livre sur La Fontaine. C'est aussi et surtout un livre avec La Fontaine, où l'on voit Serres réfléchir pas à pas avec le « fablier », mettant joyeusement à l'épreuve ses propres hypothèses, et nos manières de vivre.    

  • Il est l'Ulysse aux mille ruses de l'art moderne, le Français le plus connu de l'époque à New York avec Sarah Bernhardt. Mais pour l'heure, c'est juste un mince jeune homme au complet froissé qui sent le tabac froid.
    Nous sommes le 9 septembre 1918 et Marcel Duchamp, qui a fui les États-Unis, descend du Crofton Hall comme le parfait don nadie, Monsieur Tout-le-monde. Il cherche une Arcadie, un rivage un peu ouaté qui assourdisse le boucan de la guerre : ce sera Buenos Aires. Mais ce que Duchamp ne sait pas à son arrivée, c'est que la ville parle mille langues, raffole des sciences occultes, ignore encore le cubisme et s'apprête à connaître la plus grande insurrection ouvrière de son histoire.
    Ce récit littéraire raconte un « blanc » biographique, où la fiction est appelée à la rescousse là où manquent les documents. Jusqu'à imaginer les desencuentros, les rendez-vous manqués de Duchamp avec quelques-unes des plus grandes figures argentines, dont Jorge Luis Borges.

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