Les Presses de l'Université de Montréal

  • Cet ouvrage propose un panorama des littératures francophones d'Afrique, de la Caraïbe et du Maghreb dans une nouvelle perspective qui fait apparaître toute leur singularité et leur dynamisme. La production littéraire de ces trois régions est systématiquement abordée à partir d'un survol de l'ensemble des littératures francophones qui permet de mieux en saisir les enjeux sociohistoriques et esthétiques.

    Loin d'être des annexes régionales ou exotiques de la littérature française, ces littératures d'Afrique, de la Caraïbe et du Maghreb en sont devenues des lieux de renouvellement à bien des égards. C'est ce que montre cette introduction, par une approche souple qui tient compte à la fois des générations d'écrivains, des mouvements littéraires, des textes essentiels et des dates importantes. De plus, les oeuvres et les auteurs sont présentés dans le cadre des principaux genres que sont le roman, la poésie, le théâtre et l'essai.

    Cet ouvrage s'adresse tout autant aux étudiants et aux lecteurs qui abordent ces champs littéraires pour la première fois, qu'à ceux qui voudront en connaître davantage. Il constitue une référence indispensable et fournit des pistes de lecture judicieuses.

    Christiane Ndiaye est professeure au Département d'études françaises de l'Université de Montréal.

  • Depuis plus de vingt-cinq ans, Normand Chaurette écrit avec et contre Shakespeare. Dans Les Reines, la première pièce québécoise produite à la Comédie-Française, il a revu et corrigé Richard III du point de vue des personnages féminins. Entre un Othello inédit et sa récente traduction du Roi Lear, il a dû inventer une langue capable de rendre celle du dramaturge de Roméo et Juliette et du poète des Sonnets. Comment tuer Shakespeare est le récit de cet étonnant combat. Entre narration et essai, portraits et journal de création, ce livre est le regard singulier d'un homme de théâtre qui a l'audace de défi er la présence à la fois concrète et fantomatique d'un increvable Shakespeare. Dramaturge et traducteur reconnu, Normand Chaurette a écrit plus d'une douzaine de pièces de théâtre, notamment Le Petit Kchel, Stabat Mater II, Le Passage de l'Indiana, Les Reines, Fragments d'une lettre d'adieu lus par les géologues et Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans. Il a traduit pas moins de douze pièces de Shakespeare, qui ont connu un immense succès, et a signé des textes français d'oeuvres d'Ibsen et de Schiller. Il est également l'auteur d'un roman, Scènes d'enfants, et de quelques nouvelles. Ses pièces, créées à Montréal et traduites en plusieurs langues, ont été jouées dans les grandes villes canadiennes comme à New York, Paris, Bruxelles, Hambourg, Florence, Barcelone ou Édimbourg. Normand Chaurette est lauréat de nombreux prix et distinctions au Québec, au Canada et en Europe ; il a reçu l'Ordre du Canada en 2005.

  • Longtemps soupçonné d'être frivole, de cultiver le mauvais goût et d'entretenir chez son lecteur des rêveries chimériques, le roman, au moins depuis Don Quichotte, s'est curieusement retourné contre lui-même au nom de la réalité qu'on lui reprochait de fuir. Ce faisant, il s'est transformé radicalement, bien sûr, en se séparant des vieux romans idéalistes qu'il désignait désormais comme ses ennemis. Mais il est aussi resté, plus discrètement peut-être, fidèle à ses origines, c'est-à-dire au mensonge et à l'illusion dont les romanciers n'ont cessé de réaffi rmer la profonde et secrète nécessité.

    Cet essai se présente comme une réflexion sur l'art du roman, et plus particulièrement sur l'ambiguïté du savoir dont cet art est investi ; s'il est vrai que le roman nous apprend quelque chose sur l'homme, il nous apprend aussi et surtout que l'homme n'est pas seulement l'objet d'un savoir. En s'intéressant aux oeuvres de Cervantès, Balzac, Flaubert, Valéry et Kundera, l'auteur entend démontrer que tout romancier, même le plus lucide, concède au personnage le mystère de sa liberté.

    Yannick Roy enseigne la littérature au niveau collégial et a publié de nombreux essais dans la revue L'Inconvénient, dont il est l'un des fondateurs. Il est l'auteur de La caverne de Montesinos, un essai sur les personnages de romans qui lisent trop.

  • L'autobiographie, sous ses divers avatars, a connu une expansion sans précédent, au point de devenir le registre dominant de la littérature d'aujourd'hui. Ses frontières génériques sont plus incertaines que jamais et la distance du sujet à lui-même implique un questionnement qui touche inévitablement le nom.

    Par ailleurs, à côté de la linguistique du nom propre, très productive ces dernières années, les travaux sur l'écriture de soi se sont multipliés dans le sillage d'une nouvelle phénoménologie de l'identité. Le nom propre s'est ainsi retrouvé au coeur de la réfl exion sur les limites de la fiction et de la non-fiction. Voici qu'il apparaît, à l'égal du sujet ou de la vérité qu'il aurait fonction d'attester, comme une catégorie instable, sujette au doute et aux manipulations. L'être et l'identité sont désormais devenus friables.

    Le moment est donc venu de mettre à l'épreuve le modèle canonique proposé par l'école formaliste et sa confiance dans l'autorité du nom propre.

  • Tout au long de leur oeuvre, les poètes Michel Beaulieu et Gilbert Langevin se sont immiscés dans la « sombre intimité » de l'homme : le premier accorde une place impor­tante à l'évocation des souvenirs et porte une attention soutenue aux événements rythmant le quotidien ; le second cherche à rendre compte, inlassablement, d'une pauvreté originelle propre à la condition humaine. Influencés par la poésie du pays, les auteurs à l'étude dans cet essai ont emprunté aux courants littéraires des années 1970 (nouvelle écriture et contre-culture), sans toutefois se réclamer à part entière d'un groupe ou d'une esthétique. Difficilement classables, ils se sont plutôt astreints à une démarche et à une recherche poétique résolument individuelles. Ce livre propose une analyse du rapport à la communauté de ces deux poètes constamment tiraillés entre le désir d'appartenir à un ensemble et la volonté de demeurer à l'écart, d'affirmer une irréductible singularité. Pour Beaulieu et Langevin, la véritable filiation ne s'établit pas depuis ce que les hommes partagent, mais bien par ce qui leur manque.

  • Par son oeuvre innovatrice et pluridisciplinaire qui a rayonné autant ici qu'à l'étranger, Edmund Alleyn s'impose comme l'un des artistes québécois les plus importants de la période post-automatiste. Depuis sa disparition en 2004, le regain d'intérêt à son endroit a culminé avec la rétrospective que lui consacrait le Musée d'art contemporain de Montréal en 2016. Cette biographie intellectuelle prolonge la fascination qu'a suscitée le travail d'Alleyn depuis ses débuts chez les amateurs d'art et les critiques. Fruit d'une recherche approfondie, cette enquête prend la forme d'un récit rigoureux explorant tous les aspects de la vie de cet artiste inclassable qui a notamment présenté en 1970, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, une des toutes premières oeuvres polysensorielles au monde, l'Introscaphe.

    En examinant à la loupe la vie et la carrière d'Alleyn, l'auteur dépeint en toile de fond toute une époque. Des années 1950 au début des années 2000, il décrit les liens entre les milieux culturels parisien et québécois, rend compte des théories artistiques de l'heure et, plus fondamentalement, analyse le rapport existentiel entre l'art et la vie. Cet ouvrage constitue ainsi une mine d'informations sur la vie personnelle d'Alleyn, sur ses idées esthétiques et son engagement comme artiste, tout en éclairant sa contribution décisive à l'histoire de l'art contemporaine du Québec.

    Gilles Lapointe est professeur associé au Département d'histoire de l'art de l'Université du Québec à Montréal. Spécialiste du mouvement automatiste, il est l'auteur de plusieurs études et essais, dont L'Envol des signes. Borduas et ses lettres (1996) et La Comète automatiste (2008), et a coédité les Écrits de Paul-Émile Borduas (PUM, 1987 et 1997). Il a fait paraître aux Éditions du passage, en 2013, en collaboration avec Jennifer Alleyn, les écrits sur l'art d'Edmund Alleyn, De jour, de nuit.

  • Philosophe et scientifique de formation, Robert Musil a enregistré dans ses essais et journaux les discours de son époque - politiques, économiques, savants, mystiques, artistiques ou sportifs. Estimant le système des discours de la modernité en crise, il a choisi la littérature pour rendre compte de cette crise et de ses possibles voies de sortie.

    Cet ouvrage analyse minutieusement la pratique litté­raire performative de Musil. Il souligne la mise en relation de différents discours dans laquelle se concentre l'inter­discursivité critique de L'homme sans qualité, ainsi que la stratégie d'une écriture essayistique qui inscrit ce grand roman dans une dynamique utopiste. En examinant la réception de l'oeuvre musilienne, il ouvre son potentiel de sens au présent et à ce qui est encore à venir.

  • On a beaucoup lu l'admirable Anne Hébert, et sans doute beaucoup écrit sur elle. Pourtant, les nou­velles contributions réunies ici montrent qu'on est encore loin d'avoir épuisé toute la richesse et les subtilités de son écriture. Il fallait donc, à l'occasion du centenaire de sa naissance, revenir sur un certain nombre de sujets. Revoir, entre autres choses, la chronologie de ses écrits grâce à ses archives ; ouvrir des dossiers sur l'intertextualité, l'in­tergénéricité et l'intermédialité de son oeuvre ; définir sa poétique avec une connaissance plus étoffée de ses textes dramatiques et de ses poèmes ; rendre compte de ses dettes à l'égard de ses sources ; ou encore décrypter le sens testa­mentaire de ses derniers romans. Voilà quelques-uns des éléments auxquels s'intéressent les spécialistes chevronnés de cet ouvrage : Mélanie Beauchemin, Neil Breton Bishop, Michael Brophy, Louise Dupré, Robert Harvey, Daniel Marcheix, Milica Marinkovi´c, Carmen Mata Barreiro, Camille Néron, Janet M. Paterson, Lucie Robert, Annie Tanguay et Nathalie Watteyne.

  • En écho aux derniers tomes de la série Soifs et dans le prolongement des Carnets américains, cet essai - chronique de l'actualité états-unienne et méditation sur les dangers de notre temps - enregistre, à la manière d'un sismographe affolé, les soubresauts de l'ère Trump, du scandale des enfants migrants séparés de leurs parents à la frontière du Mexique à la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême.

    Marie-Claire Blais pose ici le même regard généreux et inquiet sur un monde ébranlé et dangereux, avec le même souci des opprimés, la même langue au service d'une urgence devant laquelle elle ne peut se taire. Exprimant d'un même souffle l'indignation, la colère, la consternation et l'angoisse de l'avenir, elle fait surgir des images qui saisissent et perturbent le lecteur, et qui font la force de son écriture.

  • Il ne faut sans doute pas s'étonner si les écritures biographiques ont fait un retour fracassant sur la scène littéraire au cours des dernières décennies, comme en témoigne l'accueil critique très favorable des romans biographiques, des biographies imaginaires et des romans dits de filiation. En prise directe sur son époque, la biographie dans ses variantes les plus « réfléchies » s'astreint à penser un nouveau rapport au sujet, tout comme elle cherche à reprendre la réfl exion sur une autre obsession contemporaine, soit le rapport au passé, à la tradition littéraire.

    Le corpus de quelque 350 oeuvres qui fait l'objet de ce livre rassemble les textes consacrés aux écrivains par des écrivains, publiés pour la plupart depuis 1980 dans les principales langues occidentales. Les auteurs ont voulu rendre compte de la richesse et de la diversité de ce qu'ils appellent les « fictions biographiques », sans pour autant être guidés par un souci de représentativité ou par une volonté d'être exhaustifs. Explicitant le concept de transposition, ils proposent une lecture de la littérature contemporaine qui met en relief les écarts qu'elle arrive à se ménager entre le souvenir d'une longue lignée et les impératifs du présent.

  • La cohésion de la littérature québécoise semble aujourd'hui aller de soi. Il s'agit pourtant d'un tissage mouvant et continuel de liens avec le passé. Ce livre en fait la démonstration selon trois perspectives contrastées mais complémentaires. Dans une première partie, on s'intéresse à des phénomènes tels que la fabrication de l'histoire littéraire, l'inclusion ou non des oeuvres de langue anglaise ou des francophonies canadiennes. La deuxième partie examine l'oubli sélectif de certaines oeuvres, comme les textes du XIXe siècle, ceux d'auteurs dits mineurs ou encore de genres moins canoniques, comme le théâtre. La dernière partie présente les cas particuliers d'héritages littéraires représentés dans les oeuvres elles-mêmes sous la forme de jeux intertextuels, de mises en scène d'auteurs et de lecteurs ou de problèmes d'herméneutique littéraire. Ces trois perspectives font ainsi ressortir les fi gures, les lieux de mémoire ou les récits qui accompagnent nécessairement la littérature québécoise.



    Avec les textes de Jennifer Beaudry, Micheline Cambron, Anne Caumartin, Karine Cellard, Robert Dion, Nova Doyon, Dominique Garand, Stéphane Inkel, Yves Jubinville, Vincent C. Lambert, Martine-Emmanuelle Lapointe, Daniel Letendre, Lianne Moyes, François Paré, Lucie Robert

  • La fin du XXe siècle a vu l'émergence de la Chine comme puissance économique, mais le monde francophone connaît l'influence culturelle de la Chine depuis bien plus longtemps. Depuis 1880, des auteurs chinois utilisent la langue française pour s'exprimer et pour élaborer des oeuvres variées, souvent polymorphes et transdisciplinaires. Cet ouvrage veut faire le point sur la francophonie chinoise et son histoire.

    François Cheng à l'Académie française, Gao Xingjian prix Nobel de littérature, Yan Ming-Pei au Musée du Louvre, Ying Chen célébrée en Amérique du Nord, la communauté chinoise présente tous les signes d'une réussite culturelle éclatante au sein du monde francophone. En multipliant les approches, ce livre rend compte de la richesse des créateurs franco-chinois. Il s'intéresse aussi à des figures inconnues, comme un peintre oublié des années 1930 et une blogueuse audacieuse. Enfin, en s'aventurant sur des territoires inattendus, l'Afrique par exemple, où les Chinois communiquent souvent en français, les auteurs explorent un champ de recherche qui montre déjà des potentialités esthétiques insoupçonnées.

    Ce livre est aussi une histoire d'amitiés entre quelques personnes, intellectuels, universitaires ou artistes, qui se connaissent depuis des années,partagent la même passion pour la Chine, et qui vivent sur différents continents.

  • Éloignées ou proches de Paris - et la distance n'est pas que kilométrique - les littératures dites « périphériques » de Belgique, de Suisse, du Québec, des Caraïbes, d'Afrique... subissent de multiples formes de domination mais y trouvent aussi leur « chance ». Celle-ci tient à une situation qui les contraint à s'affranchir ou à disparaître ; et donc à affirmer leur différence.
    Dès lors, ces littératures dites mineures se soustraient aux forces majeures qui régentent, depuis Paris, le bon usage de la langue littéraire, mais tissent avec d'autres cultures et d'autres langues des imaginaires et des formes largement irréductibles aux modèles français. Les études rassemblées dans ce volume apportent une contribution historique et sociologique aux rapports entre langue et littératures à travers des exemples québécois et belges de langue française.
    Langue majeure, au singulier, désigne le français dans toute sa puissance normalisatrice ; littératures mineures, au pluriel, les oeuvres qui se situent dans l'espace des Francophonies.

    Jean-Pierre Bertrand, professeur à l'Université de Liège et président du Centre d'Études québécoises, est spécialiste de la littérature fin de siècle en France et en Belgique francophone, et sociologue de la littérature.
    Lise Gauvin est écrivaine et professeure à l'Université de Montréal, où elle dirige le Département d'Études françaises. Spécialiste des rapports langue/littérature, elle tient également une chronique des « Lettres francophones » dans le journal Le Devoir.

  • Entre 1840 et 1918, l'imprimé et le livre, qui avaient déjà contribué à l'élaboration de l'histoire et de l'identité du peuple canadien, deviennent désormais les médias de communication prédominants. Plus que jamais la culture de l'imprimé participe aux transformations qui métamorphoseront la colonie en véritable État, unifiant les peuples qui le composent. C'est cette synergie qui constituera l'un des aspects historiques et culturels les plus fascinants de cette période qui est au centre de ce deuxième volume de l'Histoire du livre et de l'imprimé au Canada.
    L'expansion du territoire canadien grâce à l'immigration massive, sa traversée par le chemin de fer et par la télégraphie renouvellent entièrement la dynamique de l'imprimé, de Terre-Neuve à Dawson City. Après 1880, l'imprimé de masse voit le jour grâce à la nouvelle technologie qui permet d'imprimer plus rapidement et à moindre coût, et grâce à la constitution de nouveaux marchés desservis par les librairies. Du missel au journal en passant par le livre de recette, le catalogue d'Eaton et l'almanach, les Canadiens sont dorénavant en contact quotidien avec cet objet matériel qu'est l'imprimé. Dans ce contexte, l'auteur émerge lentement, soutenu par un marché de distribution à l'échelle nord-américaine, par un nombre croissant de bibliothèques publiques et par des droits conquis pour la protection de son oeuvre et sa diffusion.
    Yvan Lamonde est historien et professeur au Département de langue et littérature françaises de l'Université McGill.
    Patricia Lockhart Fleming est professeure à la Faculty of Information Studies et directrice du Collaborative Program in Book History and Print Culture de l'Université de Toronto.
    Fiona A. Black est directrice de la School of Information Management de la Dalhousie University à Halifax.

  • Étroitement liés à l'histoire du pays que deviendra le Canada, le livre et l'imprimé y ont fait leur apparition dès l'arrivée des premiers colons. Outils d'évangélisation, de colonisation, d'enseignement, de propagande religieuse et politique, mais aussi moyens d'exploration, de connaissance, de libération, le livre et l'imprimé ont contribué à la création d'une histoire nationale et à la construction de l'identité des peuples qui se côtoient désormais sur le territoire.

    Ce premier volume de l'Histoire du livre et de l'imprimé au Canada retrace le parcours de l'imprimé, depuis le débarquement des premiers colons en Nouvelle-France jusqu'aux Rébellions de 1837 et de 1838, en passant par l'apparition du premier imprimé à Halifax en 1752 et la constitution des premières bibliothèques publiques et privées. Il démontre avec clarté que l'imprimé sous toutes ses formes, que ce soit les placards, journaux, almanachs, illustrés, livres de cuisine ou ouvrages d'érudition, a fait partie intégrante de la vie quotidienne des Canadiens. Enfin, il dresse un portrait vivant de l'auteur et du lecteur, mais aussi de tous les artisans des métiers du livre et de l'imprimerie, de l'apprenti à l'éditeur imprimeur, en les replaçant dans leur contexte social et historique.

    Patricia Lockhart Fleming est professeure à la Faculty of Information Studies et directrice du Collaborative Program in Book History and Print Culture de l'Université de Toronto.
    Gilles Gallichan est bibliothécaire et historien à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec.
    Yvan Lamonde est professeur au Département de langue et littérature françaises de l'Université McGill.

  • L'enseignement des langues pose des problèmes pédagogiques dont on débat depuis des siècles. C'est l'histoire de ce questionnement que retrace Jean-Antoine Caravolas dans cet ouvrage de référence conçu pour les chercheurs et les praticiens qui s'intéressent au passé de leur discipline.

    Ce deuxième tome de l'histoire de la didactique des langues traite de l'époque cosmopolite par excellence - le siècle des Lumières - où cette discipline connaît un important regain d'intérêt. L'apprentissage des langues, vivantes ou mortes, apparaît alors comme essentiel à la formation de l'honnête homme et à la diffusion des Lumières. La première partie de ce livre présente, regroupés par pays, les recherches et les débats sur la didactique des langues ; on y assiste entre autres aux débuts de cette discipline en Amérique. La seconde partie est une anthologie thématique qui donne des extraits significatifs des textes de ses principaux penseurs.

    Jean A. Caravolas est spécialisé dans l'histoire de la didactique des langues et dans l'étude de l'oeuvre de Jan Amos Coménius. Il est, entre autres, l'auteur du livre Le Gutenberg de la didacographie, ou Coménius et l'enseignement des langues (1984), du Point sur l'histoire de l'enseignement des langues -3000 à 1950 (1995), et de nombreux articles parus dans les grandes revues internationales. Il dirige aussi le Bulletin Coménius publié par la Société canadienne d'études coméniennes.

  • Parce que les hommes racontent pour laisser des traces et ne pas mourir, ils tentent sans cesse d'abolir le temps.Tentative magnifique qui, même si elle est vouée à l'échec, donne à la littérature occidentale ses plus grands récits. Des aventures de Don Juan aux voyages de Gulliver en passant par la quête abyssale de Melville, le drame faustien, l'épopée moderne de Joyce et la Recherche de Proust - pour ne citer que quelques-uns des trésors présentés dans cet ouvrage -, ce qui traverse toute notre littérature, c'est ce désir sans cesse renouvelé des hommes d'aller sans trêve d'un objet à l'autre, dans l'oubli d'eux-mêmes. Chaque oeuvre qui traverse les siècles échappe à l'époque qui l'a vue naître. Tous les grands récits du Temps aboli sont donc contemporains les uns des autres et ils appartiennent à tous les temps. Comme dans Raconter et mourir, dont cet ouvrage constitue la suite, chaque chapitre peut se lire comme un tout, au gré de la fantaisie du lecteur.
    Thierry Hentsch enseigne la philosophie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié Raconter et mourir (PUM/Bréal,2002), L'Orient imaginaire (Minuit, 1988) et Introduction aux fondements du politique (PUQ, 1993).
    o Finaliste, prix littéraires du Gouverneur général, 2006
    o Finaliste, prix de l'essai Spirale Eva-Le-Grand 2006

  • Qu'ont en commun les proses de Saint-Denys Garneau, de Gabrielle Roy, de Claire Martin, de Gilles Marcotte, de Gilles Archambault, de Pierre Morency et du tandem Bernard Arcand-Serge Bouchard? Peut-on rassembler en une même catégorie journal intime et correspondance, Mémoires et essais, nouvelles et fables, lieux communs et petites proses?
    En toute liberté, Laurent Mailhot lit et relie ces oeuvres diverses, et leur trouve un dénominateur commun : le plaisir, les plaisirs. Les prosateurs dont il parle, sans toujours se connaître, se reconnaissent, partagent le même espace, le même travail sur la langue, le langage, les livres.
    Avec, après le plaisir des écrivains, vient celui du lecteur qui retrace les pas, ouvre des sentiers, habite à son tour la maison. Plaisirs de la prose : plaisirs d'incessants retours, départs, détours. Le critique devient à son tour prosateur.
    Laurent Mailhot est professeur émérite au Département d'études françaises de l'Université de Montréal. Il a fait paraître un livre sur Camus (PUM, 1973) et plusieurs, dont des anthologies, sur divers genres de la littérature québécoise (poésie, essai, monologue, théâtre) et sur son évolution, son histoire. Son plus récent livre est La littérature québécoise depuis ses origines (Typo, 1997).

  • Louis Dantin (pseudonyme d'Eugène Seers, 1865-1945) fut un observateur et un acteur exceptionnel de la culture québécoise. La période montréalaise de sa vie, après un séjour en Europe (1883-1894), culmine dans la publication de Émile Nelligan et son OEuvre (1904). Louis Dantin quitte ensuite sa communauté religieuse et s'installe à Boston. C'est de là qu'il exerce son activité de mentor auprès de nombreux écrivains et qu'il collabore à divers périodiques. L'édition critique rassemble les essais critiques (1920-1942) de Louis Dantin portant sur la littérature québécoise.

    Prix Jean-Éthier-Blais de la fondation Lionel-Groulx, 2003

  • C'est à une « belle indiscrétion » que se livre le lecteur de Du Bellay lorsqu'il parcourt les Regrets. En effet, nombre de sonnets de cette oeuvre fondamentale de la poésie française sont adressés à des contemporains qui deviennent des locuteurs in absentia du poète. Du Bellay en profite ainsi pour faire part de son ennui à Rome et discuter des différents partis pris touchant la poésie d'alors. Mine de rien, c'est une part majeure de l'humanisme du XVIe siècle que Du Bellay dévoile sous le regard de la poésie. S'appuyant sur une remarquable érudition, Marc Bizer analyse en profondeur les sonnets de Du Bellay pour ramener à la surface les destinataires des Regrets, dont ses collègues de la Pléiade, Ronsard et Magny. L'étude attentive de la pratique épistolaire au XVIe siècle et de ses influences (Érasme, Cicéron...) jette un tout nouveau regard sur les liens unissant l'humanisme et la poésie de la Renaissance.

    Marc Bizer enseigne la littérature française de la Renaissance à l'Université du Texas (Austin). Auteur d'un précédent ouvrage, La Poésie au miroir : imitation et conscience de soi dans la poésie latine de la Pléiade, il se consacre actuellement à un travail de recherche sur les rapports entre littérature et identité française aux seizième et dix-septième siècles.

  • Louis Dantin (pseudonyme d'Eugène Seers, 1865-1945) fut un observateur et un acteur exceptionnel de la culture québécoise. La période montréalaise de sa vie, après un séjour en Europe (1883-1894), culmine dans la publication de Émile Nelligan et son OEuvre (1904). Louis Dantin quitte ensuite sa communauté religieuse et s'installe à Boston. C'est de là qu'il exerce son activité de mentor auprès de nombreux écrivains et qu'il collabore à divers périodiques. L'édition critique rassemble les essais critiques (1920-1942) de Louis Dantin portant sur la littérature québécoise.

    Prix Jean-Éthier-Blais de la fondation Lionel-Groulx, 2003

  • Si la construction de l'Extrême-Orient par les écrivains occidentaux est un fait littéraire largement étudié, bien rares sont les explorations des oeuvres orientalistes d'auteurs eux-mêmes issus des anciennes colonies. Avertissement à qui s'attendrait à découvrir ici une prose subversive, ou simplement une vision plus réaliste du Vietnam de l'époque coloniale : quelques surprises l'attendent. Souvent, en effet, les romanciers ont fait leurs les clichés de l'orientalisme métropolitain.

    La construction de l'Autre ne se fait pas à sens unique, et l'invention de l'Occident par des auteurs d'Asie est aussi un phénomène fascinant. Là encore, on s'étonnera de voir que les oppositions simplistes entre culture et nature, matérialisme et spiritualité ou vitalité et passivité ne furent pas tant remises en cause que simplement renversées. Certains romans vietnamiens francophones « occidentalistes » se révèlent en cela tout aussi stéréotypés que leurs contre-modèles.

    Entre la vision de l'Orient comme un continent incapable de survivre sans la présence des Français et celle qui réduit l'Occident à une machine de conquête sans âme, y a-t-il eu une voie médiane ? Oui, et Ching Selao nous convainc sans peine que ces romans de l'entre-deux participent d'une désorientation discursive bien plus féconde pour l'imaginaire et la réflexion critique.



    Ching Selao est diplômée de l'Université de Montréal, et professeure à l'Université du Vermont, où elle enseigne les littératures francophones et québécoise.

  • L'écrivain et le citoyen disposent d'une seule et même langue, démocratique, livrée au libre arbitre des individus devant donner du sens aux réalités. Mais la contingence du langage dont la littérature et la politique ont besoin pour exister est contredite par le rêve littéraire d'une parole pleine, nécessaire, qui échapperait à l'arbitraire et au hasard.

    Relisant les oeuvres de Claude Gauvreau, de Gaston Miron et d'Hubert Aquin, Martin Jalbert aborde d'une façon neuve la question du politique dans la littérature québécoise, en marge des problématiques de l'engagement et de la responsabilité et en évitant le cliché qui fait de l'écrivain le simple porte-parole de la collectivité. L'enjeu est celui de l'usage des mots et des signes, des tensions et des contradictions qui en découlent. Peut-être l'écrivain est-il voué, au bout du compte, à imaginer et à pratiquer une littérature en « sursis », en attente d'une émancipation qui rendrait caduc son exercice.

  • Le manuel d'histoire littéraire a été et demeure l'un des supports essentiels de l'enseignement de la littérature. Bien que conventionnel - standardisé, même -, ce genre d'ouvrage s'appuie sur les ressources de la narration pour proposer une interprétation subjective de l'histoire d'une tradition littéraire. Comment a-t-on conçu, depuis le début du xxe siècle, la transmission de la littérature québécoise ? De l'ouvrage fondateur de l'abbé Camille Roy (1918) jusqu'aux synthèses aujourd'hui employées au cégep, quelles histoires l'école a-t-elle relayées avant de parvenir au « grand récit » contemporain de la « littérature nationale » ? Et quels ont été, au fi l du temps, les principaux enjeux idéologiques, sociaux ou culturels liés à la constitution de cette tradition de lecture ? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles convie cette réflexion, qui propose la traversée inédite d'un siècle de critique et d'enseignement de la littérature québécoise.

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