Les Belles Lettres éditions

  • « J'ai vu peu à peu se dessiner et s'imposer à mon esprit une sorte de retable, en forme de triptyque déployé en désordre : à gauche, les deux épopées antiques revisitées ; au centre, un vaste paysage français représentant deux « siècles » successifs qui finissent par se fracasser l'un l'autre, l'un au nom de la gloire, l'autre au nom du bonheur. À droite, les deux romans, tous deux russes, qui se portent le mieux témoins de la guerre moderne et contemporaine, prévue et théorisée par le prussien Clausewitz, mais préparée en France dans les deux derniers siècles Bourbon, par des philosophes, théoriciens militaires, mais aussi par des peintres, sculpteurs et graveurs divorcés des délices « rocaille », tenues désormais pour incompatibles avec la vertu, le patriotisme et la liberté de citoyens « à l'antique ». Mais commençons par le milieu du triptyque, avant de ramener l'oeil intérieur du lecteur du côté de l'Antique, puis du côté de la modernité industrielle, manoeuvre opérée avec la liberté et la vitesse de livres que l'on retire sur l'étagère de la bibliothèque, où ils se trouvent juxtaposés sans tenir compte de l'ordre chronologique de leur parution. » M. F.
    Dans ces échappées politiques et littéraires d'Homère à Grossman, Marc Fumaroli (1932-2020) nous convie à une méditation historique sur la paix et la guerre en Europe. Magistral essai posthume, Dans ma bibliothèque propose un nouveau « regard sur le monde actuel » tout aussi lucide et désillusionné que celui de Paul Valéry et où la sûreté du savoir est servie par toutes les ressources de l'éloquence.

  • Notre langage est devenu faible, accablé de néologismes et rongé par l'à-peu-près. En un mot : pauvre. Notre langage va mal. Ainsi le monde que nous déchiffrons. Comment sortir du chaos de l'approximation ? Comment nous réapproprier nos mots ?
    Songez que la plus simple marguerite contient en elle une perle, un rayon de lune et l'histoire d'un amour rarissime ; ou que le secret des confins, inaccessibles et inquiétants, est en réalité d'accueillir l'autre avec confiance.
    Avec 99 mots, Andrea Marcolongo dessine un atlas étymologique et nous montre comment et pourquoi l'histoire de ces mots est une boussole précieuse pour qui voudra bien s'en munir.
    Et si notre instinct de la langue et l'amour des étymologies donnaient le pouvoir de changer le monde ?

  • Il n'est pas question ici des grandes vertus héroïques qui demandent de l'abnégation et qui participent du sublime. Les « vertus communes » concernent notre vie quotidienne, et leur vocabulaire est minime : ne pas peser sur la terre, s'en tenir à la discrétion de ne pas apparaître, à cette retenue pleine d'empressement qui est le centre de la vie sociale. Carlo Ossola nous invite à parcourir un chemin de sagesse en faisant halte auprès de douze petites vertus : l'affabilité, la discrétion, la bonhomie, la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l'urbanité, la mesure, la placidité, la constance, la générosité, qu'il est bon d'exercer chaque jour, au travail, dans la vie familiale, et avec nous-mêmes. Pour guider chacun à faire de sa vie ordinaire une vie heureuse.

  • « Celui qui lit dans une langue étrangère se fait une force de sa faiblesse. Il lit avec plus d'attention que dans sa langue maternelle. L'incompétence est pour lui un stimulant autant qu'un handicap. On lit mieux dans une langue qu'on sait mal. » Comme il l'a fait de ses lectures d'enfance dans Seuls les enfants savent lire, Michel Zink se souvient ici de quelques-uns des livres lus au cours de sa vie en allemand, anglais ou italien, non qu'il possède parfaitement ces langues, mais au contraire parce que la paresse lui a trop souvent fait préférer le plaisir de la lecture à l'effort d'un apprentissage méthodique.

  • Pour Virginia Woolf, les livres doivent tenir tout seuls sur leurs pieds : ils n'ont besoin d'aucune exégèse pour être appréciés par leurs lecteurs. C'est vrai mais cela ne l'a pas empêchée - pour notre bonheur - de consacrer plus d'un article à ses confrères auteurs vivants ou morts et à leurs oeuvres. Et quels articles ! On en trouvera ici quelques exemples parmi les plus pertinents en même temps que certaines de ses réflexions sur la lecture et l'écriture. Ainsi défilent pour notre plus heureux plaisir, éclairés par la fulgurante intelligence de la grande Virginia, Robinson Crusoé, David Copperfield, Tchekhov, Lewis Carroll ou encore Thoreau, Conrad et Jane Austen. Ce sublime panorama se termine par ses réflexions relatives à une question qui reste d'actualité : « Est-ce que l'on écrit et publie trop de livres ? ». Celui-ci, du moins, nous manquerait s'il n'existait pas.

  • « Le renard sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait une grande chose. » Cet aphorisme du grec ancien, qui fait partie des fragments du poète Archiloque, décrit la thèse centrale de l'essai magistral d'Isaiah Berlin sur Léon Tolstoï et la philosophie de l'histoire, sujet de l'épilogue de Guerre et Paix. Bien qu'il y ait eu de nombreuses interprétations de cet adage, Berlin s'en sert pour opérer une distinction fondamentale entre les êtres humains fascinés par l'infinie variété des choses et ceux qui relient tout à un système central et englobant. Appliqué à la pensée de Tolstoï, ce propos éclaire un paradoxe qui nous aide à expliquer sa philosophie de l'histoire : le romancier russe était un renard alors qu'il croyait être un hérisson. Cet extraordinaire essai, traduit par la femme du philosophe, est une des oeuvres les plus célèbres de Berlin. Elle permet une compréhension en profondeur de Tolstoï, de la pensée historique et de la psychologie humaine.

  • « Trois mille ans après le voyage d'Argô, nous vivons dans un Reader's Digest collectif - nous sommes désormais la version facile, simplifiée, synthétisée de nous-mêmes. L'unique impératif est de ne jamais oser. Ne brûler aucun navire, mais, bien au contraire, les accumuler tous, les uns sur les autres, au cas où ils pourraient servir, au cas où nous laisserions tout pour fuir. Nous regardons encore les étoiles, mais nous ne savons plus nous orienter dans l'immensité que nous sommes pour nous-mêmes. Trouver notre place dans le monde. Nous avons cessé de donner aux constellations le nom de nos histoires. Atteindre son but demande de la ténacité, et surtout de ne pas admettre l'idée que nous pourrions peut-être faillir. Beaucoup de préparation, mais aussi une bonne dose d'ingénuité effrontée, exactement comme quand Jason fut le premier homme de la littérature grecque à prendre la mer - et il n'était qu'un jeune garçon. Il est essentiel de ne jamais oublier, comme Alexandre le Grand le comprit en un éclair, que la victoire ne tient souvent qu'à une étincelle. Celle avec laquelle nous devons mettre le feu à nos peurs, à nos hésitations, à nos doutes pour enfin tout laisser derrière nous. Y compris les navires qui nous clouent à la rive au lieu de nous emmener au loin. »

  • Placé sous l'invocation de Pétrarque, enivré par la force et la douceur de la prose de Cicéron, ce livre explore dans sa majeure partie la manière dont les meilleurs poètes et écrivains du début de l'âge moderne savourèrent, analysèrent et exploitèrent les multiples ressources d'une langue latine réappropriée avec ferveur. Tandis qu'un Théodore de Bèze, sur les traces de Merlin Cocaïe, fustige la barbarolexie, qu'un Scaliger dévoile dans le matériel de la langue de prodigieux enfantements, un musicien comme Pontano dévoile les secrets de l'hexamètre virgilien, et poussant à ses limites les virtualités de l'hendécasyllabe de Catulle, en fait le support d'un vers dansant, un Gaspar Barth goûtant, après Politien, la prodigieuse leçon de liberté de Plaute, s'en autorise pour former à plaisir d'étourdissantes kyrielles de vocables, en prose un Muret, un Juste-Lipse, réhabilitent le style de Tacite à la lumière du grec Thucydide Cette dette acquittée envers ces médiateurs privilégiés que sont pour nous les Humanistes, reste, explorée dans plusieurs chapitres satellites, notre propre perception d'une langue saisie aussi et goûtée dans ses efflorescences médiévales, langue que son génie naturel différencie de la grecque, que ses codes poétiques éloignent de la nôtre, ce qui ne condamne en rien le dans lequel Valéry Larbaud sublime l'inépuisable travail de traduction.

  • Avec l'enthousiasme et la curiosité des grands explorateurs, Caspar Henderson se fraie un chemin au coeur de l'émerveillement, dans les royaumes du fascinant et de l'effrayant. Il invite à comprendre et à célébrer les phénomènes prodigieux se déployant sous nos yeux : l'existence de la lumière et la mort des étoiles, la vie sur Terre et le fonctionnement du corps humain, sans oublier la technologie et les changements profonds qu'elle laisse présager dans notre existence. Convoquant la philosophie, l'art, la théologie mais aussi l'histoire naturelle et la recherche scientifique la plus actuelle, Ma carte des merveilles est un guide inspirant pour regarder le monde sous un jour nouveau.

  • Ce petit livre est consacré à une dernière (je l'espère pour moi et pour mes lecteurs) tentative d'analyse et de description de la joie de vivre et de la joie d'exister.

  • Divers est un choix de textes, d'entretiens et d'interventions parus dans la presse imprimée de 1984 à 2019. On peut le lire comme la suite et le complément de Littérature interdite (1972), de Vivre (1984), d'Explications (2000), et d'Humains par hasard (2016). Né en 1940 à Bourg-Argental (Loire), Pierre Guyotat est l'auteur de l'une des oeuvres majeures de la langue française : la puissance de son verbe et l'audace de ses fictions, depuis Tombeau pour cinq cent mille soldats en 1967 et Éden, Éden, Éden censuré en 1970, jusqu'à Joyeux Animaux de la misère 1 et 2 en 2014 et 2016, exercent fascination et influence en France et à l'étranger. Ses dessins sont exposés à Paris, Berlin, Londres, Rome, New York et Los Angeles. En 2010, il reçoit le Prix de la Bibliothèque nationale de France ; en 2018, le Prix Médicis, le Prix de la langue française ainsi que le Prix spécial du Jury Femina pour Idiotie.

  • Deuxième partie d'une grande enquête menée sur l'évolution créatrice de Marcel Proust, cet essai sur Les Plaisirs et les Jours, resté inédit depuis le milieu des années 1950, étonnera les amateurs de Proust, et même les plus érudits, par la nouveauté des vues exposées ici d'une plume alerte. C'est que Bernard de Fallois, qui a pu avoir accès à des documents alors inconnus, en même temps qu'il exhume deux oeuvres laissées inédites, Jean Santeuil et Contre Sainte-Beuve, reconstitue le contexte de cette apparente mosaïque de textes, publiée par l'écrivain en herbe sous le titre Les Plaisirs et les Jours. Cet étrange ensemble, complété par quelques documents inédits, fait entendre un tout autre langage : la logique sous-jacente de ce moment de vie et de cette étape dans l'apprentissage de l'homme de Lettres, apparaît dans une nouvelle et surprenante perspective. Le moment de vie, c'est la psychologie de l'homosexualité, approchée par Proust avec une finesse qui ne surprendra plus aujourd'hui mais qui était alors totalement nouvelle. L'étape d'écriture, c'est cet objet littéraire faussement disparate, où se cherchent des interrogations créatrices tout à fait cohérentes : on y voit naître bien des ressources de la future Recherche du temps perdu.

  • Après le scandale des Grands Cimetières sous la lune sur les « dessous de la Croisade espagnole et l'épuration franquiste », Georges Bernanos décide en 1938 de quitter la France : « La triple corruption nazie, fasciste et marxiste n'avait presque rien épargné de ce qu'on m'avait appris à aimer. » L'auteur de Sous le soleil de Satan s'installe au Brésil fin août 1938, décidé à devenir fermier pour gagner sa vie. Mais il est rattrapé par les événements qui se déroulent en Europe et qui l'atteignent au plus profond de lui-même. Le temps est venu pour lui d'autres Écrits de combat.
    La Révolte de l'esprit est un recueil d'articles écrits au Brésil, dans la presse et pour la BBC, entre 1938 et 1945. Jamais regroupés du vivant de leur auteur, ils forment un pendant au Chemin de la Croix-des-Âmes, recueil composé par Bernanos avant son retour en France. C'est la première fois que ces textes paraissent sous ce titre en un volume distinct. Bernanos y livre, dans son style fulgurant, son combat pour la France libre. Mais à travers son temps, il voit plus loin. Ses Écrits de combat, souvent prophétiques et toujours courageux, constituent sans aucun doute l'une des lectures les plus salutaires de la littérature française du XXe siècle. Elle est plus que jamais nécessaire aujourd'hui.

  • Mordicus : mordre le latin à belles dents, le latin qui se joue en classe pour offrir aux adolescents des armes intellectuelles. Mordicus : montrer les dents, en se battant, patiemment et ardemment, contre les préjugés, contre les idéologies, contre les contraintes budgétaires, contre l'uniformisation de l'éducation et de la culture, contre tant des forces qui égarent notre époque, pour que chacun comprenne que le latin tranchera au vif la formation du monde de demain. Dans ces pages passionnées, touchantes, drôles, vous verrez le latin comme vous ne l'avez peut-être jamais vu et, que vous l'ayez ou non étudié, vous aurez sûrement envie d'en (re)faire demain. Pour demain.

  • Après Napoléon, néant : on ne voit venir ni empire, ni religion, ni barbares. La civilisation est montée à son plus haut point, mais civilisation matérielle, inféconde, qui ne peut plus rien produire, car on ne saurait donner la vie que par la morale. On n'arrive à la création des peuples que par les routes du ciel, les chemins de fer nous conduisent seulement avec plus de rapidité à l'abîme. Aucun bonapartiste n'a jamais osé écrire cela.
    Le bonapartisme est un culte rétrospectif de la personnalité. Il n'a d'horizon ni métaphysique, ni poétique. Or Chateaubriand, poète de Napoléon, est aussi son ennemi métaphysique. Il le restera toujours, même quand il écrit ces phrases trompeusement nostalgiques, dans la Vita Napoleonis en six livres qui a surgi au beau milieu de ses Mémoires entre 1835 et 1840. Seul un poète métaphysicien a été à la hauteur de celui qu'il qualifie, prenant rétrospectivement son parti contre les trahisons de Talleyrand, d' "un des plus grands hommes de l'histoire" .

  • Le Char de nuages présente la vie et l'oeuvre de Wu Yun (ca. 715-778), une figure emblématique du taoïsme des Tang (618-907). Si une grande partie de sa production littéraire a aujourd'hui disparu, vraisemblablement sous la pression du clergé bouddhique à l'époque mongole, les textes qui ont survécu éclairent sous un nouveau jour notre compréhension des religiosités lettrées de la Chine médiévale. Cet essai s'articule autour de deux axes. D'une part, l'étude du phénomène érémitique dont on pensait jusqu'alors qu'il avait été définitivement théorisé à l'orée du ive siècle. Or Wu Yun révèle l'existence d'une troisième voie largement empruntée à son époque ; celle-ci conjugue l'intelligence de circonstance et l'accord avec la nature intime de l'être. Ses textes en sont les développements les plus aboutis. D'autre part, l'analyse des « randonnées célestes » de l'auteur qui nous sont parvenues en intégralité. Wu Yun est le seul lettré taoïste de la Chine médiévale dont on peut mettre en perspective les traités, à vocation didactique, et les poèmes. Cette étude en miroir permet de reconstituer une fonction oubliée de la poésie sidérale, un deuxième niveau de lecture à vocation spirituelle. On s'aperçoit alors que ces écrits ne relevaient pas simplement d'un jeu stylistique et littéraire, ce que l'on considérait jusqu'à présent, mais qu'ils constituaient avant tout de véritables supports de méditation réservés à l'initié. Il s'agissait de pratiques visionnaires, héritées d'une tradition ancienne, destinées à transformer la corporéité de l'adepte par la médiation de l'image intérieure. Ce dernier apprenait ainsi à « marcher dans le Vide ».

  • Êtes-vous prêt à mettre votre peau en jeu ?

    Pourquoi devrait-on cesser d'écouter ceux qui parlent au lieu d'agir ? Pourquoi les entreprises font-elles faillite ? Comment se fait-il que nous avons plus d'esclaves aujourd'hui qu'au temps des Romains ? Pourquoi imposer la démocratie aux autres pays ne marche jamais ?

    Réponse : trop nombreux sont ceux qui dirigent le monde sans mettre leur peau en jeu.

    Dans son livre le plus provocateur à ce jour, Taleb donne sa définition et ébranle les nôtres : qu'est-ce que comprendre le monde, réussir sa vie professionnelle, contribuer à une société juste ou injuste, détecter les non-sens et influencer les autres ?

    D'Hammourabi à Sénèque, du géant Antée à Donald Trump, de Kant à Gros Tony, Taleb choisit ses exemples et montre qu'avoir quelque chose à perdre, vouloir accepter le risque, y voir une question de justice, d'honneur et de sacrifice, est pour les héros, les saints et bon nombre d'êtres humains épanouis... une essentielle règle du jeu.

  • Pourquoi les hommes cherchent-ils un sens à la vie ? Comment notre imagination en vient-elle à bâtir des mondes aussi éloignés de la réalité ? John Gray s'attache ici à nous montrer comment nous enjolivons notre existence d'innombrables fictions, détours et aveuglements afin de ne pas reconnaître que nous sommes, nous aussi, des animaux.
    Un essai incisif et captivant qui nous donne à reconsidérer notre place dans le monde.
    Professeur à Oxford et à la London School of Economics, John Gray est considéré comme l'un des penseurs les plus subversifs de notre temps.

  • Une inconnue célèbre ou peut-être plus justement une célèbre inconnue. Telle fut Dominique Aury (1907-1998), telle elle reste. Célèbre elle le fut sous un nom d'emprunt des plus sulfureux, Pauline Réage, l'auteur du roman érotique le plus fameux du XXe siècle : Histoire d'O. Un secret bien gardé qu'elle n'accepta de dévoiler que vers la fin de sa vie. L'inconnue c'est « la petite dame du Comité », celui des Éditions Gallimard. Grande lectrice elle ne le fut pas que de manuscrits, elle tint longtemps à la NRF, la chronique des romans, ces romans qui la passionnaient car ils racontent des histoires, des histoires d'humains, des histoires d'amour. Et puis il s'agissait de littérature, cette littérature qui fut l'une de ses raisons d'être et dont comme Jean Paulhan elle « attendait tout ». On a rassemblé ici un certain de nombre de ces chroniques et quelques essais où elle nous montre l'actualité de nos grands auteurs classiques à commencer par Laclos et ses Liaisons dangereuses. Dominique Aury a passé sa vie à défendre les livres et les écrivains, et à les aimer. Elle nous prend par le bras et à témoin pour nous les faire aimer avec une simplicité et une intelligence peu communes dans cet exercice difficile : la critique littéraire. Elle nous fait partager sa curiosité brûlante, ses admirations jamais complaisantes mais toujours empreintes de tolérance. En filigrane transparaissent dans ces écrits une psychologie et une morale. Ce sont aussi celles de la femme qui écrivit Histoire d'O.

  • Ce livre est une plongée dans les lectures de mon enfance : livres de classe, romans pour enfants ou que j'ai lus enfant, contes, poèmes. L'amour des livres est un amour d'enfance. Non seulement l'enfant a des impressions plus vives, mais il comprend avec une pénétration instinctive qu'il perd en devenant adulte. Même ce qu'il ne comprend pas, il le comprend mieux que quand il le comprendra. Seuls les enfants savent lire.

  • La colère d'Achille, les origines de Rome, la création de Pandore, la première femme, la peste d'Athènes, le mythe de la caverne, la débauche de Néron ou le festin de Trimalcion, autant de pièces maîtresses de la littérature antique rassemblées dans cette bibliothèque idéale. Non seulement les Grecs et les Latins ont inventé la plupart des genres, de la tragédie à la satire en passant par l'histoire et le roman, mais ils y ont tant excellé qu'ils ont servi de référence et influencé toute la pensée jusqu'à l'époque contemporaine: Homère, Virgile, Platon ou Tite-Live sont nos premiers classiques.
    Fidèle à la tradition des Belles Lettres de partager avec le plus grand nombre la culture antique, la Bibliothèque classique idéale a puisé dans dix siècles de littérature plus de soixante textes fameux allant d'Homère à Marc Aurèle, enrichis de repères chronologiques ainsi que d'une présentation de leurs auteurs.

  • En 1937 pendant la guerre d'Espagne, comme je me trouvais en prison avec la perspective d'avoir à affronter le peloton d'exécution, je fis le voeu, si je sortais vivant, d'écrire une autobiographie sincère et où je me ménagerais si peu qu'à côté d'elle les Confessions de Rousseau et les Mémoires de Cellini paraîtraient pure hypocrisie...

    De l'adolescence dans une Vienne encore heureuse à l'adhésion au communisme, voici la première partie de cette histoire d'un enfant du siècle, témoin lucide et souvent ironique de son itinéraire passionné et de la tragédie de son temps.

  • La chouette, première de couverture des Belles Lettres depuis 1920, parle enfin d'elle ! Chouette, mais pas chiche, elle raconte aussi l'apparition de ses camarades de collections : louve, salamandre, centaure, dragon, Ganesa, âne, crabe et papillon, lion ou singe bondissant. Elle témoigne de leur force, leur poésie, leurs légendes. Si son choix est ludique, tout est vrai, picoré avec esprit dans l'histoire de la maison pour offrir le réjouissant point de vue de l'oiseau d'Athéna.

  • Les medecins se montrent souvent desarmes devant cet « entre-deux » qu'on appelle « convalescence » : periode floue, hesitante. Ce n'est plus la maladie, ce n'est pas encore la sante recouvree. Blesse, le chevalier medieval attend avec impatience le moment de remonter a cheval.
    Ce repos force inquiete les moralistes et les familles bourgeoises car il oublie les bonheurs de la vie active. Mais son tresor de sensations enchante les romanciers, comme on le voit bien chez Jane Austen, Madame de Stael, Zola, Henry James, Rilke, Proust, Thomas Mann et tant d'autres. La convalescence preside aussi a des experiences amoureuses, dont certaines frolent l'interdiction. La paix de la chambre ou l'effort demande par la societe ? Goethe hesite.
    Religion et societe benissent la convalescence quand elle permet des revisions de vie, voire des conversions dont le roman du xixe siecle a ete friand et dont les plus exemplaires se trouvent dans le roman russe, notamment chez Tolstoi.
    Le xxe siecle leur porte un coup de grace. Nous sommes et nous restons de grands malades. Du meme coup, nous voila devenus plus sensibles, plus attentifs, comme l'avait dit Nietzsche, a des bonheurs aussi intenses que, parfois, minuscules. Car les conforts de la convalescence ne resistent pas aux catastrophes des temps modernes, ce que montrent bien les romanciers les plus tragiques (Doblin, Celine).

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