Éditions Rivages

  • Le slogan présidentiel "Travailler plus pour gagner plus" est obscène. Pas tant par ce qu'il va à l'encontre des tables de la loi, mais d'abord parce que les horaires actuels de travail sont déjà excessifs. Ils dévorent la vie, étouffent la citoyenneté, engendrent le stress et la souffrance. Travailler plus est d'autant plus absurde et obscène, qu'à défaut de changement d'orientation, cela ne peut qu'accélérer le moment de la catastrophe écologique. C'est pourquoi il nous faut un nouveau mot d'ordre : "travailler moins pour vivre mieux !"

  • Philosophie de la maison : l'espace domestique et le bonheur Nouv.

    Partant de l'expérience de ses trente déménagements, dans un style de conteur très personnel, croisant les disciplines et analysant des sujets apparemment ordinaires comme la cuisine, les armoires, les lits, les couloirs et jusqu'aux salles de bains, sans négliger la parentalité, le sexe et le soin, Coccia aborde de manière passionnante un sujet ancestral et très moderne, qui nous concerne tous.

  • Trois guinées est sans doute le texte le plus engagé de Virginia Woolf. Lors de sa sortie, en 1938, The Times affirmait: "L'appel aux femmes de Mrs Woolf est un défi sérieux auquel doivent répondre tous les penseurs." En 2020, ce texte demeure un défi. Il s'inscrit comme une suite d'Une chambre à soi.

  • Selon Stefan Zweig, « nous ne faisons qu'obéir à l'ordre incontestable de la Nature, lorsque, au lieu d'attacher notre regard aux ruines d'un monde qui s'écroule, nous essayons d'en construire un nouveau, qui soit meilleur que l'ancien ». Dans ces trois textes jusqu'ici méconnus, il dépeint la naissance d'époques et de mondes nouveaux. Ce recueil est composé de L'Échec de Wilson, Les Pêcheurs du bord de Seine et du texte inédit Jean-Jacques Rousseau.

  • Si nous menions une vie plus conforme à la nature, nous n'aurions pas besoin de nous défendre du chaud et du froid : elle serait pour nous une nourrice et une amie fidèle, comme elle l'est déjà pour les plantes et les animaux. Si nos corps étaient nourris de substances simples et pures, nous n'aurions pas besoin de plus d'aliments qu'il n'en faut à un rameau sans feuilles, et nous le verrions prospérer comme les arbres, dont même l'hiver favorise la croissance.
    Une intense méditation du jeune Thoreau (1817-1862), mêlant poésie, observation naturaliste et réflexion éthique, sur l'harmonie du monde naturel et la relation que l'homme doit restaurer avec celui-ci, en résistant aux sirènes de la civilisation.

  • Disséquer le verbe formé dans le cerveau et que la bouche peine à expulser pour devenir parole. Voilà le projet de Babouillec dans ce court texte incisif et poétique. En surveillant les échanges chimiques au niveau de ses synapses, en scrutant son reflet dans le miroir, en analysant les mots qui se forment sur son lobe frontal, l'artiste s'interroge sur ce qui crée la différence et observe, perplexe, la course des messages nerveux sous sa peau qui l'isole. Par un dépeçage de son propre corps, par la violence des émotions qu'elle provoque, c'est notre peur collective de la solitude qu'elle éveille, et c'est le droit de chacun à être écouté et compris que Babouillec revendique.

  • La lecture de ce texte, d'une parfaite agilité dialectique sur fond de tragédie, laisse une impression de vertige. Que devant l'abîme se creusant sous ses yeux le lecteur ne perde pas pied, mais sorte de l'épreuve, au contraire, le coeur plus vif et la pensée plus forte, tel est le mérite de l'auteur, qui à chaque instant parvient à intégrer le droit de mourir au droit de vivre.

  • Comment bien lire et bien écrire, qu'est-ce qu'un bon texte, une bonne critique, quelles sont les peines et les joies de l'écrivain ; autant de questions abordées dans ces pages où chacun pourra mieux appréhender la nature et la portée de cette acte singulier qu'est l'écriture.

  • Au-delà de soi : identité et représentation Nouv.

    Les essais rassemblés dans ce volume (La théorie des besoins revisité, représentations de soi et représentations de l'autre; L'éthique de la personnalité, l'autre et la question de la responsabilité; La beauté de la moralité) illustrent l'ouverture progressive à l'altérité dans la pensée d'Agnes Heller. Ce qui se dessine ainsi dans l'éthique de la personnalité proposée ici, c'est une forme d'individualisme qui, loin de se replier sur soi, trouve un moment essentiel dans la rencontre de l'autre.

  • Notre époque, fascinée par les mythes d'Ulysse, par les emblèmes de la sagesse active, a un peu oublié les vertus passives : la patience, le renoncement, le détachement, la pure perte de soi. Non plus la prise, mais la déprise de Roland Barthes, l'abandon, le détachement de Maître Eckhart, le fait de se laisser aller en soi, au repos de soi, de faire le vide et le silence à l'intérieur et à l'entour. Le lieu en nous où cesse toute arrogance, où l'on accède sur la pointe des pieds, l'existence minimale accueillie avec une juste retenue. La pure perte est telle seulement si elle garde mémoire non de la perte mais de la pureté absolue de cet effacement sans traces.

  • L'amitié pour Aristote est absolument nécessaire à la vie. Les livres VIII et IX de l'Ethique à Nicomaque, que nous proposons ici dans une nouvelle traduction, forment un tout intégralement consacrée à l'amitié.

  • Dans un projet  intitulé : « Essai sur le Mystérieux », Segalen défend les droits de l'Imaginaire et étudie son conflit avec le Réel. Nous proposons une nouvelle édition de cet essai de Segalen, qui ne sera pas publié dans la nouvelle édition de ses oeuvres en cours de publication dans la « Bibliothèque de la Pléiade ».

  • La «Quintessence du Soi» («Samayas»«?ra») est un texte fondateur. Rédigé en prakrit autour du Ve siècle de notre ère, il invite le lecteur à discerner deux points de vue fondamentaux concernant le soi.
    La vie de l'auteur Kundakunda reste pour le moins légendaire et ses dates sont toujours discutées, situées entre le IIIe et le VIIIe siècle de notre ère. Plus qu'un auteur, le nom de Kundakunda recouvre certainement une école philosophique qui a bâti une réflexion sur l'absolu au sein du jaïnisme digambara. L'oeuvre placée sous ce nom a influencé toute une lignée de penseurs jusqu'à nos jours.

  • La métamorphose, tout vivant y passe. C'est l'expérience élémentaire et originaire de la vie, celle qui définit ses forces et ses limites. Depuis Darwin, nous savons que toute forme de vie - l'être humain compris - n'est que la métamorphose d'une autre, bien souvent disparue. De notre naissance à notre alimentation, nous en faisons tous l'expérience. Dans l'acte métamorphique, changement de soi et changement du monde coïncident. Affirmer que toute vie est un fait métamorphique signifie qu'elle traverse les identités et les mondes sans jamais les subir passivement. Cet essai novateur jette les bases d'une philosophie de la métamorphose.

  • L'abondance frugale comme art de vivre. La frugalité fait l'économie de toute consommation non nécessaire. La réhabilitation de la joie de vivre à la base du projet de la décroissance passe largement par celle des saveurs. L'art de bien manger fait partie de cet art de vivre préconisé par la décroissance.

  • L'histoire a retenu de Gandhi qu'il fut un partisan de la désobéissance civile. Et ce fut bien le cas ! Les écrits d'Henry David Thoreau, inventeur de l'expression, le marquèrent profondément. Cette influence pourtant n'aboutit pas à une simple reprise ou imitation. Gandhi préféra discuter les enjeux de la désobéissance civile et mettre celle-ci en résonance avec sa vision, plus générale, de la résistance non violente : le Satyagraha. Réunissant un ensemble de textes inédits en français, cet ouvrage suit le chemin de la pensée et de l'action du Mahatma. S'efforçant d'en restituer toute l'intelligence, il nous conduit bien au-delà de l'icône muette à laquelle on réduit trop souvent ce grand homme du xxe siècle.
    Inédit

  • L'une des tâches de la philosophie a toujours été de faire apparaître des pans du réel restés cachés. Le corps a été un l'un d'eux. La sexualité a été l'un d'eux. Mais cela n'était jamais encore arrivé à une partie du corps. Cette partie, qui n'en est pas vraiment une, parce qu'elle est une tout à elle seule, c'est le clitoris. Organe dit du plaisir de la femme. Organe longtemps ignoré, souvent mutilé. L'organe du plaisir effacé.
    Inédit

  • Marc Augé, à qui l'on doit l'introduction des notions de non-lieux et de surmodernité, se confronte avec l'acuité qui lui est propre à des questions centrales relatives à l'humanité même de l'homme : le bonheur, la dignité, la confiance, l'augmentation préoccupante des inégalités. Ce volume, qui trouve dans le sens profond du partage de l'humanité générique habitant chacun d'entre nous son fil rouge, se présente comme une sorte de vadémécum pour le temps présent.

  • Saucisse à quatre pattes, sandwich sur pattes, chien-saucisse... Le teckel, à travers les âges et les pays, se voit affublé de nombreux sobriquets. Il est vrai que son apparence se prête aisément à la moquerie ! Mais le teckel est aussi diva, chapardeur, dévoué, courageux, et parfois même plus humain que ses propres maîtres.
    Dans cet éloge très documenté, Lilian Auzas met en lumière de multiples artistes et personnalités qui ont tour à tour écrit, peint, chanté, magnifié le teckel, ou l'ont au contraire utilisé à des fins propagandistes, comme aux heures les plus sombres de l'histoire allemande... De la reine Victoria, qui importa la race en Angleterre, à la photographe contemporaine Elina Brotherus, en passant par les femmes peintres animalières du xixe siècle, tous témoignent du rôle historique majeur qu'a tenu ce chien hors norme.
    Lilian Auzas est l'auteur de plusieurs romans. Il est également essayiste. Éloge du teckel est un hommage à son animal préféré.

  • L'image que l'on se fait souvent de Nietzsche (1844-1900) est celle du penseur solitaire, errant et sans attaches. Seul, il n'était pourtant pas sans amis. En témoignent ses relations avec Richard Wagner, Paul Rée, Malwida von Meysenbug ou Lou Andreas-Salomé : amitiés spirituelles, passionnées, orageuses, débouchant parfois sur une violente inimitié, à la hauteur de l'espérance que lui inspirait l'objet de son sentiment. Embrassant une décennie entière, de la parution d'Humain, trop humain à l'écriture d'Ecce Homo, le présent volume propose pour la première fois, dans une nouvelle traduction, un choix d'aphorismes et de poèmes où Nietzsche expose ses vues sur l'amitié, à la fois déroutantes, provocantes et paradoxales. Le philosophe ne fait-il pas dire en effet à son Zarathoustra qu'il faut voir en l'ami son meilleur ennemi ?

  • "Venise sauvée" est une pièce de théâtre inachevée de Simone Weil sur le projet avorté du renversement de la République Vénitienne par les Espagnoles en 1618. Le texte drammaturgique est intégralement imprégné des idées et de la philosophie de l'auteure, dont il constitue un mode l'exposition tout à fait original et singulier. Il s'agit de l'une des très rares oeuvres "littéraire" dont nous disposons de la main de Simone Weil.

  • Regardez les murs de la ville : ils regorgent d'écrits et d'images qui nous disent comment mieux vivre, comment être nous-mêmes, comment devenir moraux. Pour qui sait la regarder, la publicité est porteuse de la morale publique.

  • Qui décrira la douceur indicible et la vie immortelle de cette austère forêt, où la Nature, même au coeur de l'hiver, est toujours à son printemps, où les arbres couverts de mousse et en état de décomposition ne sont pas vieux mais semblent dotés d'une jeunesse éternelle : et la Nature bienheureuse et innocente, tel un enfant serein, est trop contente pour faire du bruit, à l'exception du gazouillement des oiseaux et du clapotis des ruisseaux ? Quel endroit pour vivre, pour mourir et y être enterré ! H.D. Thoreau

  • Ce livre rassemble deux pamphlets, inédits en français, du grand écrivain anglais Daniel Defoe. Bien que l'un d'entre eux ait été publié la même année que Robinson Crusoé, c'est à mille lieues des îles désertes qu'ils nous conduisent. L'auteur, on le sait peu, fut aussi commerçant et contraint de déclarer banqueroute. Il nous guide au coeur d'un lieu qu'il connaît bien : la City de Londres. Le regard porté sur les affairements dont elle est le théâtre n'a rien de complaisant. L'endroit et les usages indélicats qui y sont monnaie courante sont mis à nu. Le repas des cannibales de Robinson Crusoé fait bien pâle figure à côté du festin des spéculateurs insatiables, qui n'ont de scrupules envers rien ni personne. Écrits il y a de cela trois cents ans, ces pamphlets, encore pleins de verve, ne manquent pas de nous parler. On y retrouve bien des questions demeurées actuelles à propos de la réglementation et du contrôle des marchés ou encore du rôle de l'information et de ses manipulations.

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