• L'égoïsme est généralement vu comme le moteur de la théorie de l'économie libérale, mais le philosophe deleuzien Brian Massumi suggère que le néolibéralisme est plutôt ancré dans des interactions complexes entre raison et affects. Il démontre que les tendances affectives des individus résonnent entre elles à des niveaux infra-individuels et transindividuels. Les manifestations de cette dimension inconsciente des événements sociaux et politiques contredisent l'équation traditionnelle qui lie les émotions à l'irrationnel. S'inspirant de David Hume, Michel Foucault, Gilles Deleuze, Niklas Luhman et de l'étude de l'inconscient, Massumi nous invite à repenser la relation entre le choix rationnels et l'affect, et à réévaluer le rôle de la compassion dans les questions politiques et économiques.

  • Dans ce livre, Massumi développe le concept d'une politique animale, il ne s'agit pas de penser quelle pourrait être une politique humaine envers les animaux, mais de penser le politique à partir de l'animal. Massumi propose une approche du concept de nature qui redonne de l'importance aux notions telles que le jeu, la sympathie et la créativité. Ce faisant, son étude aborde non seulement les questions du comportement et de la pensée animale, mais aussi celles des aptitudes qui définissent le propre de l'humain : le langage et la conscience réflexive. Ce livre concis intervient dans le champ des études deleuziennes, des études animales ainsi que dans des domaines d'études aussi variés que la théorie des affects, l'esthétique, la théorie politique et la théorie du jeu.

  • Une théorie originale du pouvoir basée sur une analyse dense et éclairante des conséquences de la « guerre contre le terrorisme » et de l'État sécuritaire, jusqu'à l'imposition de la logique néolibérale et aux débordements des médias rendus viraux.
    Un mode de pouvoir qui fait vivre, au sens le plus fort : l'ontopouvoir plonge dans le champ d'émergence de la vie pour l'inciter, la susciter, en moduler la prise de forme. Ne prenant plus comme objet premier, ni le pouvoir de mettre à mort, ni celui de gouverner le vivant, se prolongeant au-delà de la discipline comme du biopouvoir, l'ontopouvoir exerce une puissance de genèse. En essor depuis le 11-Septembre, il se déploie autour d'une opérativité assez novatrice pour mériter un nouveau nom : la préemption.
    À la différence et de la dissuasion et de la prévention, la préemption vise non plus le danger clair et bien présent, mais plutôt la menace. Encore indéterminée quant à son heure et ses contours, la menace a une existence incertaine. Opérer sur la menace implique d'agir sur le futur dans le présent, selon une politique de l'affect, dont le registre dominant est la peur.
    Le livre trace les linéaments de l'ontopouvoir depuis son éclosion dans la « guerre contre le terrorisme », et l'État sécuritaire correspondant, jusqu'à l'imposition de la logique néolibérale et aux débordements des médias rendus viraux. Une contribution décisive à la généalogie du régime « post-vérité » qui caractérise notre ère.

  • Vingt propositions pour le développement des pratiques et recherches artistiques en milieu académique.

    La « recherche-création » monte en puissance en France. Erin Manning et Brian Massumi en sont parmi les plus radicaux théoriciens. Ils se demandent dans ce petit ouvrage quelle écologie de l'expérience mettre en place, entre recherche et création, pour nous aider à penser ensemble et à mettre la pensée en acte. En guise de réponses, ils tirent de leurs expériences vingt propositions décoiffantes et enjouées, qui donnent des envies plutôt que des leçons. Ils sèment ainsi des graines d'événements éminemment politiques, dont notre avenir a bien besoin.

    Le texte original constitue l'un des chapitres de Thought in the Act. Passages in the Ecology of Experience, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2014 (ISBN : 978-0-8166-7966-9).
    Erin Manning est titulaire d'une chaire de recherche en Art Relationnel et Philosophie dans la Faculté des Beaux Arts de l'université de Concordia à Montréal. Elle est également directrice du SenseLab (www.senselab.ca), un laboratoire qui explore les intersections entre pratiques artistiques et philosophie à travers la matrice du corps sensible en mouvement. Ses oeuvres ont été exposées, entre autres, dans les Biennales de Sydney et de Moscou, à la Glasshouse (New York), au Musée d'Art de Vancouver, au Musée McCord de Montréal et à la Maisons des Cultures du Monde à Berlin. Ses publication récentes incluent The Minor Gesture (Duke UP, 2016). Always More Than One: Individuation's Dance (Duke UP, 2013), Relationscapes: Movement, Art, Philosophy (Cambridge, Mass.: MIT Press, 2009).

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