Puf

  • La collection "Pratiques théoriques", dirigée par Etienne Balibar, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre, et Dominique Lecourt, professeur à l'Université de Paris VII, a pour but de présenter à un large public des ouvrages de théorie et d'analyse concrète éclairant la problématique du changement de société. Relevant de différentes disciplines des sciences humaines, ou d'une approche pluridisciplinaire, ces ouvrages concerneront notamment les formes de domination idéologique, les mouvements de masse, les rapports entre tendances économiques et structures politiques.


  • " Sujets du désir constitue ma thèse de 1984, revue en 1985-1986 pour la publication. J'avais consacré ce travail au concept de désir, en me concentrant sur la Phénoménologie de l'esprit de Hegel et sur quelques-unes des principales réappropriations de ce thème dans la philosophie française du vingtième siècle. (...) Cet ouvrage ne constitue ni une analyse exhaustive de l'hégélianisme français, ni un travail d'histoire intellectuelle. Il s'agit d'une enquête critique portant sur la relation récurrente entre désir et reconnaissance. " (J. Butler, préface à la 2e édition) Judith Butler est professeure de rhétorique et de littérature comparée à l'Université de Berkeley (Californie). Elle est considérée comme une théoricienne majeure du féminisme et de la théorie " queer " ; plusieurs de ses ouvrages sont traduits en français, dont aux PUF Le récit de soi (" Pratiques théoriques ", 2007).
    Ouvrage traduit par Philippe Sabot.

  • Dans les épreuves et les violences du monde contemporain. l'invivable est la pointe extrême de la souffrance, de l'injustice, et du soin qui peut et doit y répondre. Mais qu'est-ce qui est invivable ? Puisqu'il exige immédiatement une action et un soin, comment s'en prémunir et le réparer? Judith Butler critique les normes qui rendent des vies « précaires » et « invivables » (depuis Trouble dans le genre ), mais sans pour autant la lier à une philosophie de « la vie » ou du « soin ». Frédéric Worms, de son côté revendique un « vitalisme critique », pour lequel tout ce qui cause la mort relève de la vie, mais d'une manière différenciée selon les vivants, de sorte que « l'invivable » qui tue quelque chose en nous, reste littéralement vital et révèle la spécificité des vivants humains.
    Mais tous les deux voient dans la différence entre le vivable et l'invivable le fondement critique pour une pratique contemporaine du soin. Pour l'un et pour l'autre, le soin complet rendra la vie humaine vivable, « plus que vivante ». Il faut s'appuyer pour cela sur les pratiques concrètes des humains confrontés à l'invivable, les réfugiés dans le monde contemporain, les témoins et les écrivains des violations du passé. Ce sont eux qui nous apprennent et nous transmettent ce qui dans l'invivable est insoutenable, mais aussi indubitable, et ce qui permet d'y résister.
    Un dialogue transcrit et traduit d'une séance tenue à l'Ecole normale supérieure.

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