• La référence au populisme semble bien, en ce début de XXIe siècle, redoubler de fait et se faire de plus en plus accusatrice en droit dans le cadre des sociétés démocratiques désenchantées de notre temps.
    Une telle peur du loup populiste provient-elle d'un corps étranger qui menacerait de s'introduire, de l'extérieur, dans la bergerie démocratique ? Ou ne tient-elle pas, bien plutôt, à l'essence même de la démocratie et, plus particulièrement, à la crise de la représentation en politique qui sévit actuellement dans nos démocraties tiraillées entre les modèles représentatif, participatif et délibératif ? Si le populisme est bien « l'ennemi public numéro un », comme cela paraît être définitivement acquis pour la science et l'action politiques démocratiques, ne faut-il pas l'exclure de la cité voire l'excommunier de l'humanité ? S'il s'avérait, cependant, que le chef d'inculpation politique de populisme relève assez souvent d'un anathème idéologique anti-populaire, ne faudrait-il pas envisager d'accorder quelque place au populisme dans la refondation républicaine de la démocratie qui s'impose de plus en plus aujourd'hui ?

  • Qu'y a-t-il de plus paradoxal et de plus profondément décevant que de ne plus pouvoir parler ouvertement aujourd'hui de la beauté sans être soupçonné de naïveté, tant elle a été elle-même frappée de mutisme voire d'interdiction par toutes les "déconstructions" de la métaphysique, toutes les "ruptures" des "avant-gardes artistiques", toutes les industries du divertissement de masse et toutes les formes de nihilisme qui en résultent ? La beauté ne continue-t-elle pas, pourtant, de faire l'objet d'une irréductible expérience qui, modestement mais résolument, féconde toujours l'existence humaine, dans sa dimension proprement esthétique, certes, mais aussi dans les domaines éthique (comme en amour et en amitié) et socio-politique (dans le partage du sensible nécessaire à tout sens commun) ? C'est à redonner la parole et droit de cité à cette expérience de la beauté que nous espérons ici contribuer, en dialogue avec les Anciens et les Modernes, en nous instruisant à la fois des principes de la philosophie et des révélations de la littérature et des autres arts, comme de la vie la plus quotidienne.

  • Le cogito amoureux

    Joël Gaubert

    Est-il possible et même souhaitable pour le cogito d'être réellement amoureux, si la rencontre et l'expérience amoureuses risquent de soumettre ses chères idées claires et distinctes à l'opacité et à la confusion des sentimentsoe mais que serait un cogito (c'est-à-dire chacun d'entre nous quand il s'essaie à penser la vie et sa vie) sans le regard aimant d'autrui dont il désire la reconnaissance et même la justification de sa propre existenceoe ne devient-il pas alors de plus en plus urgent de se le demander à notre époque de crise de la pensée et de l'action, en érotique comme en politique, allant jusqu'au nihilisme le plus profond et donc désespéréoe c'est dans une amicale conversation avec les anciens et les modernes, et à la croisée des principes de la philosophie et des révélations de la littérature, qu'une libre union de cogito et d'eros est ici recherchée.

  • Conjuguant constamment l'analyse des faits et la réflexion sur les principes, les textes ici proposés n'ont d'autre ambition que de contribuer, modestement mais résolument, à la reprise de conscience de soi et de confiance en soi de l'école républicaine, dont la mission essentielle est de délivrer un enseignement de qualité à tous les élèves qui lui sont confiés.
    Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir " changer d'école ", non pas pour la destituer toujours un peu plus, mais pour en réinstituer la réalité en référence à l'Idée républicaine, qu'aucun millénarisme béat ne pourra jamais dépasser.

  • Le populisme semble redevenir d'actualité en matière de politique nationale et internationale.
    Mais en quoi consiste exactement le populisme aujourd'hui, en nos temps de démocratie désenchantée, et quelles en sont les causes, les figures et les conséquences ? Que pouvons-nous et devons-nous faire pour y remédier s'il apparaît qu'il n'y va pas seulement d'une crise politique passagère mais bien d'une lame de fond bouleversant nos rapports au politique mais aussi au monde lui-même ? C'est à l'élaboration et à l'examen de ces questions que s'essaient ici les textes des quatre conférences proposées au public par l'association Philosophia dans le cadre de l'Université Pop' du lieu unique à Nantes.
    Leurs auteurs y présentent des démarches et des thèses sans doute différentes mais surtout complémentaires.

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