• Les «1000 jours» du Front populaire sont un combat incessant opposant dans la rue, à l'usine, au bureau, les militants luttant pour «le pain, la paix, la liberté», aux nostalgiques du 6 février - dont certains déjà regardent avec envie du côté de l'Allemagne et de l'Italie.

    1000 jours exaltants, dominés par l'explosion sociale de juin 1936, le vote d'un ensemble de réformes sans précédent dans l'histoire de la France, la conquête du droit aux loisirs et les étapes d'une véritable révolution culturelle.

    Mais 1000 jours décevants aussi - et parfois angoissants - marqués par le drame espagnol, le suicide de Roger Salengro, la fusillade de Clichy, les crimes et les provocations de « La Cagoule », l'action conjuguée de toutes les forces hostiles.

    Henri Noguères fait revivre, dans ses multiples aspects, la vie et les préoccupations quotidiennes des Français au cours de cette période fondatrice de leur histoire.


    Agé de vingt ans en 1936, Henri Noguères a vécu intensément les « 1000 jours » du Front populaire, comme dirigeant du Groupe de Paris des Étudiants socialistes d'abord, puis comme benjamin de la rédaction du Populaire dont il deviendra le rédacteur en chef dix ans plus tard, au sortir de la guerre et de la Résistance. Journaliste, auteur dramatique, éditeur, écrivain, avocat longtemps Président de la Ligue des Droits de l'Homme, Henri Noguères a fait oeuvre d'historien. Il est notamment l'auteur d'une monumentale Histoire de la Résistance en France et d'une vie quotidienne des Résistants de l'armistice à la Libération.

  • En pleine nuit, le 27 novembre 1942, les blindés allemands font irruption sur le port de Toulon. Cette opération a été minutieusement organisée par Hitler qui, depuis longtemps, convoite la flotte française de Méditerranée. La réussite de son plan diabolique ferait peser une menace mortelle sur les opérations alliées en Afrique du Nord qui viennent de commencer. En secret, les divisions allemandes font mouvement vers Toulon et, forçant les faibles défenses de la place, se ruent vers la rade. Trop tard ! Le sabotage le plus spectaculaire de l'histoire a commencé et se poursuit systématiquement sous l'oeil consterné des envahisseurs. Et déjà les sous-marins Casabianca et Marsouin, forçant tous les barrages, s'élancent vers Alger et la liberté.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cent témoins directs, qui furent aussi, le plus souvent, les protagonistes des évènements qu'ils relatent et commentent, ont fourni la matière vivante de ce livre. Grâce à ces "reporters", pris dans les deux camps, et parmi lesquels voisinent les plus grands personnages et les plus modestes exécutants, l'Expédition d'Alger est reconstituée, jour après jour, de sa minutieuse préparation à son issue victorieuse. Successivement sont évoqués : la constitution et la mise sur pied, à Toulon, du corps expéditionnaire et de l'armada qui doit le transporter, la traversée et ses multiples incidents, le débarquement à Sidi-Ferruch - "opération combinée" comme on dirait aujourd'hui -, la campagne, la prise d'Alger, et le tableau de la Régence en 1830, enfin. Mais cette histoire de l'expédition de 1830 écrite par ceux qui l'ont vécue, serait incomplète si elle se limitait aux seuls aspects militaires d'une entreprise qui, dès le premier jour, eut de profondes incidences politiques. Aussi Henri Noguères a-t-il donné également la parole à des "reporters" qui ont, à Paris, assisté aux délibérations des ministres de Charles X, mené campagne dans la presse pour ou contre l'expédition, ou, tandis que la flotte faisait voile vers Alger, "dansé sur un volcan" au bal donné par le duc d'Orléans. Le récit s'achève au moment où le volcan - le Paris des Trois Glorieuses - étant entré en éruption, la nouvelle de la Révolution de juillet parvient à Alger.

  • Du débarquement allié en Afrique du Nord à la Libération de la Corse, ce troisième et avant-dernier volume évoque une période qui restera, politiquement - et de très loin - la plus importante de toute l'Histoire de la Résistance en France. La réussite, en novembre 1942, de l'opération « Torch » ne marque pas seulement, selon le mot d'Eisenhower, « le commencement de l'offensive de la liberté »... Pour la Résistance française, elle va entraîner une série de conséquences immédiates d'une portée considérable : la fin du mythe de la résistance de Pétain ; la minute de vérité pour les officiers de l'armée d'armistice ; le ralliement au gaullisme des résistants de l'Intérieur qui ne peuvent admettre le patronage accordé à Darlan par les Américains ni les palinodies de Giraud. L'année 1943, commencée avec la création de la Milice et les déportations massives de travailleurs, verra l'afflux des réfractaires vers les maquis. Mais ce sera aussi, autour de l'Armée Secrète et des Mouvements Unis en zone Sud, puis du Conseil National de la Résistance pour l'ensemble du pays, l'année de l'unité. Une unité qui se forgera dans le sacrifice, et dont le principal artisan, Jean Moulin, va tomber le 21 juin entre les mains de l'ennemi. Un chapitre est consacré, dans sa quasi totalité, à une minutieuse reconstitution des faits ayant abouti à cette dramatique affaire de Caluire qui, après bientôt trente années, n'a pas cessé d'alimenter les controverses. Des controverses, on en verra surgir d'autres au fil d'un récit dont les auteurs se sont interdit pieux mensonges et imagerie édifiante. Les hommes qui ont combattu pour la liberté de tous les Français étaient eux-mêmes, avant tout, des hommes libres. Ce serait leur faire injure que de taire leurs désaccords - et, pourquoi pas, leurs querelles -, puisque aussi bien celles-ci comme ceux-là n'étaient motivés que par le souci de mieux atteindre l'objectif commun. Ce troisième volume s'achève sur la mise en place des structures civiles et militaires qui « tiendront » jusqu'à la Libération. Il s'appuie, comme les deux précédents, sur de très nombreux témoignages inédits, mais aussi sur d'importants documents dont beaucoup n'avaient jamais été divulgués.

  • L'année 1943 s'achève. Elle aura vu se réaliser le grand dessein de Jean Moulin : l'unité de la Résistance. Dès les premiers mois de 1944, les résistants partagent avec ceux qu'ils combattent une certitude : l'année qui commence sera décisive. Cette certitude va désormais orienter tous les efforts déployés par les « organisateurs ». Au COMIDAC, que préside de Gaulle, répond le COMAC, issu du CNR ; au « Planning maquis » du BCRA, l'articulation du Service National Maquis - et à la création de l'état-major de Koenig, l'organisation des Forces Françaises de l'Intérieur. Dans la même perspective, se développent les grandes manoeuvres des politiques... À Alger, l'élimination définitive de Giraud et la participation sans condition des communistes au CFLN assurent au général de Gaulle la maîtrise absolue de ce qui peut maintenant devenir le Gouvernement Provisoire de la République Française. Mais en France, dans le même temps, les communistes réussissent à conquérir les principaux centres de décision de la Résistance intérieure. Parallèlement, se poursuit la désignation des hommes qui seront appelés, le moment venu, à mettre en place les structures administratives nouvelles. C'est sur la veillée d'armes des responsables civils et militaires de la Résistance, attendant les « phrases d'alerte » annonçant le débarquement, que s'achève cet avant-dernier tome de l'Histoire de la Résistance en France. Les huit mois que ce livre évoque avant que le rideau se lève sur le dernier acte ont coûté beaucoup « de sueur, de sang et de larmes ». Les massacres d'Ascq, de Habère-Hullin, des Crottes, le sac de Brantôme, les pendaisons de Nîmes, la destruction de l'Université de Strasbourg ont apporté autant de nouvelles preuves de la barbarie nazie. Des Glières à la révolte d'Eysses, de la bataille de Grenoble aux Pâques rouges du Jura, des combattants ont lutté les armes à la main jusqu'au sacrifice suprême tandis que d'autres, absorbant le poison, se jetant dans le vide, subissant la torture ou marchant vers le supplice, ont délibérément choisi le silence et la mort. Mais la Résistance, au cours de ces huit mois, a aussi marqué bien des points en multipliant attentats et sabotages, en harcelant l'ennemi et en châtiant les traitres, en brisant les barreaux des prisons, en défilant drapeaux en tête dans les rues d'Oyonnax ou de Montmelard ou encore, avec la diffusion à Lyon d'un faux Nouvelliste, en mettant les rieurs de son côté.

  • Dans la nuit de l'Occupation, des hommes et des femmes ont lutté, sur le sol de France, pour sauver l'honneur, harceler l'ennemi, éliminer les traîtres. Voici l'histoire de ces "soutiers de la gloire", comme disait Pierre Brossolette. Voici, reconstituées de mois en mois, ces quatre années telles que les ont vécues les volontaires des mouvements de résistance ou des réseaux, les envoyés de la France Libre ou les agents des services alliés opérant en France. Des quelques rares irréductibles de juin 1940 aux bataillons de maquisards de la Libération, de l'inexpérience des premiers temps à l'organisation progressive de la Résistance, de la première liaison radio et du premier parachutage aux transmissions couvrant tout le pays et aux opérations aériennes revenant à chaque lune, du premier bulletin calligraphié aux journaux clandestins tirés à des centaines de milliers d'exemplaires, du premier attentat aux plus spectaculaires sabotages, cette reconstitution minutieuse se fonde sur des témoignages pour la plupart inédits, recueillis au cours d'une enquête qui a duré plus de cinq années.

  • Du lendemain de l'agression allemande contre l'Union Soviétique à la veille du débarquement allié en Afrique du Nord, ce deuxième volume couvre une période de seize mois. Avec lui s'achève la première moitié de l'« Histoire de la Résistance en France ». Cette Résistance n'est déjà plus le pari de quelques individus. Ses cellules élémentaires ne sont plus, désormais, des femmes, des hommes agissant isolément, mais bien des groupes, des mouvements, des réseaux. Et, du même coup, commencent à se poser quelques-uns de ces grands problèmes sur lesquels les Résistants eux-mêmes, aujourd'hui encore, sont loin d'être tous d'accord. L'exécution par Fabien d'un officier allemand sur le quai du métro Barbès ouvre, dès le mois d'août 1941, le premier de ces débats. Le massacre de Chateaubriant, deux mois plus tard, en soulignera la gravité et en précisera les termes : fallait-il, comme l'ont fait les communistes - et après eux de nombreux résistants - adopter une tactique résolument offensive, au risque de voir se multiplier les exécutions d'otages, ou valait-il mieux, comme le demandait de Gaulle, s'abstenir de tuer « ouvertement » des Allemands ? Désormais, jusqu'au « jour J », les partisans des deux doctrines - action immédiate ou attentisme - ne cesseront plus de s'opposer. Avec l'arrivée de Jean Moulin, parachuté dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1941, ce sont d'autres questions qui vont se poser : ralliement de la Résistance intérieure à la France Libre, reconnaissance du général de Gaulle comme « Symbole » ou comme chef, cloisonnement de l'action politique et de l'action militaire, « politisation » de la Résistance, c'est-à-dire reconnaissance des partis politiques. Enfin, ce deuxième tome, qui voit le retour de Laval au pouvoir, fait apparaître, par l'irréfutable reconstitution chronologique, les progrès de la collaboration entre les gouvernants de Vichy et les nazis : au cours de l'été 1942 - c'est-à-dire plusieurs mois avant l'occupation totale de la France - Vichy s'engage dans la voie des persécutions raciales, donne aux agents de la Gestapo les moyens d'opérer en zone « libre » et se charge d'organiser la déportation massive des travailleurs français en Allemagne. La fin du mythe du double jeu scelle l'unité de la Résistance. Les Allemands, en envahissant la zone sud, contribueront bientôt, eux aussi, à ce renforcement et à cette progression de la Résistance... Et « du Nord au Midi », les Français se rassembleront chaque jour plus nombreux en une seule armée, pour un seul combat.

empty