• Dans ce nouvel essai, Francis Dupuis-Déri propose une réflexion inédite. Il illustre de manière dynamique la lutte entre l'agoraphobie et l'agoraphilie en politique, soit entre la haine et l'amour de la démocratie directe.
    Il révèle les arguments et les manoeuvres des adversaires de la démocratie directe, ceux qui, dans les classes dominantes ont un réel mépris, une véritable peur des rassemblement populaires.
    D'autre part, il montre que le peuple assemblé à l'agora pour délibérer (le dêmos) peut se muer en peuple qui descend dans la rue pour manifester, voire pour s'insurger (la plèbe). D'où la peur des assemblées populaires et l'interdiction de certains rassemblements à travers l'histoire. Et d'où l'importance de penser la révolution.

  • Qu'est-ce que l'anarchie et que veulent les anarchistes ? Un humaniste curieux et désireux de comprendre interroge son fils, un militant anarchiste qui s'est penché sur le sujet.
    Au fil de leur dialogue, les deux hommes remontent aux racines des notions d'anarchie et de démocratie. Ils évoquent certaines figures de l'anarchisme et les différents courants de ce mouvement révolutionnaire, tout en illustrant leurs propos d'exemples tirés du monde d'aujourd'hui. Ensemble, ils analysent la critique anarchiste des grands systèmes de domination - l'État, la religion, le patriarcat, le capitalisme et le racisme - et offrent ainsi une initiation vivante et originale à l'anarchie.

  • Voter ou ne pas voter, telle est la question qu'on n'ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l'abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu'une simple apologie de l'abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral.

    En plus de rappeler les raisons qu'évoquent des abstentionnistes issus de toutes les couches de la société, l'auteur décrit les stratégies souvent amusantes imaginées pour subvertir le jeu électoral : appel au boycott ou au vote nul, candidatures loufoques et satiriques de plantes, d'animaux, d'humoristes, de punks ou de gnomes anarchistes. Cette galerie des figures de la résistance au vote révèle également les nombreux et puissants mécanismes d'autodéfense du système électoral, qui réussit toujours à imposer ses propres règles, même aux plus contestataires. Aussi, l'abstention n'est féconde que si elle va de pair avec un engagement et des mobilisations autonomes, populaires et solidaires.

  • L'étude des discours des « pères fondateurs » des prétendues « démocraties » modernes aux États-Unis et en France révèle qu'ils s'opposaient ouvertement à un régime où le peuple se gouverne seul, par voie d'assemblées populaires. Comment expliquer qu'aujourd'hui, le régime électoral libéral est perçu comme l'ultime modèle « démocratique », alors qu'il fut fondé par des antidémocrates déclarés ?
    L'histoire du mot « démocratie » montre comment l'élite politique a d'abord refusé ce régime avant de réaliser que ce terme pouvait être utilisé positivement pour séduire l'électorat. Bonifiée par une analyse dans d'autres contextes, cette étude comparée France/Etats- Unis confirme l'extrême malléabilité du sens politique des mots.

  • Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l'incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d'accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides. Pourtant, l'histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l'antiquité romaine et qu'elle toucherait aujourd'hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l'Inde, Israël, le Japon et la Russie. L'homme serait-il toujours et partout en crise?

    Dans ce livre, Francis Dupuis-Déri propose une étonnante enquête sur ce discours de la «crise de la masculinité», dont il retrace l'histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d'hommes en cause, notamment les «hommes blancs en colère» ainsi que les Africains-Américains et les «jeunes Arabes». Il analyse l'émergence du «Mouvement des hommes» dans les années 1970 et du «Mouvement des droits des pères» dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis. Il se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l'égalité entre les sexes.

  • Qui sont les nouveaux militants libertaires à l'heure de la déliquescence des partis politiques? Francis-Dupuis Déri, chercheur en science politique et militant, livre loin des clichés médiatques un exposé fascinant sur les nouveaux anarchismes. Son propos est nourri de dizaines d'entretiens réalisés auprès de militants anarchistes en France et aux États-Unis.

  • « Sans doute, personne ne prendrait au sérieux un vampire qui prétendrait agir pour le bien de sa victime alors même qu'il la saigne à mort. Il serait très certainement reçu avec mépris et colère s'il affirmait, les crocs plantés dans une jugulaire, qu'il effectue «une incision chirurgicale» ou qu'il oeuvre pour la liberté, l'égalité et la paix. [...] Il existe en politique des empires que l'on pourrait nommer vempires, tant il est vrai qu'ils puisent leur puissance du sang des peuples, le plus souvent en prétendant vouloir leur bien. » Cet essai propose une critique du discours militariste pour qui « la guerre, c'est la paix ». Dans ce plaidoyer à la fois viscéral et documenté contre la guerre, l'auteur brosse un portrait des lignes de force qui se dessinent de la Guerre froide à la Guerre au terrorisme, des manifestations de Seattle à celles du mouvement pour la paix.

  • Des policiers « forcés » d'intervenir pour arrêter des « casseurs » qui s'infiltrent dans des manifestations « radicales ». Ce type de récit, largement relayé par les médias, correspond-il à la réalité des faits ? Ne sert-il pas davantage à justifier la répression policière qui s'abat depuis une quinzaine d'années sur les mouvements sociaux un peu partout en Occident ? Au Québec seulement, il y a eu plus de 4 500 arrestations liées aux événements du Printemps québécois, sans compter les nombreux cas de blessures graves. « À qui la rue ? » offre les outils théoriques, politiques et historiques pour comprendre que ces arrestations de masse ne sont pas le résultat de contestations turbulentes, mais bien le fruit d'un profilage politique. Les policiers opèrent ainsi une distinction entre les « bons » et les « mauvais » manifestants : ceux qui, du point de vue des autorités, ont des revendications légitimes (les salariés, les « pères de familles »...) et ceux qui contestent l'ordre social (les jeunes, les anarchistes...). Or, ce profilage politique brime la liberté d'expression et la liberté d'association reconnues dans les chartes de droits. Fruit d'un travail étalé sur plusieurs années, "À qui la rue" est le premier ouvrage qui examine la dynamique entre les mouvements sociaux et les forces policières en Europe et en Amérique du Nord depuis l'émergence du mouvement altermondialiste dans les années 2000. Il analyse les cas du Sommet du G20 à Toronto (2010) et du Printemps érable au Québec (2012-2013) et traite l'infiltration policière et des mobilisations contre la brutalité de la police.

  • La récente crise financière mondiale a ranimé un ensemble de débats sur le capitalisme et ses ravages. Depuis le sauvetage éhonté des institutions bancaires par les pouvoirs publics, de nombreux citoyens se demandent quelles sont les véritables finalités de ce modèle économique. Continuer à enrichir les plus riches et laisser les inégalités sociales se creuser davantage ? Un peu partout en Occident, des foules en colère ont plutôt opté pour l'indignation. « Par-dessus le marché ! » s'inscrit dans ce mouvement collectif de réflexion critique. Issus en partie des mobilisations ayant précédé le sommet du G20 à Toronto, en 2010, les textes de ce recueil décryptent les multiples facettes des rapports socio-économiques de domination et d'exploitation. Ils touchent à des sujets aussi variés que le mouvement 'Occupons Montréal', la financiarisation du capitalisme, la place du poète sur la scène du slam montréalais, l'exploitation du travail domestique des femmes ou la pensée de l'historien marxiste Karl Polanyi.

  • « Antimondialisation », « altermondialisation » ou « mouvement pour la justice mondiale » : le « mouvement des mouvements », à la fois enraciné dans les contextes politiques nationaux et nourri de ses multiples liens transnationaux, représente une puissante lame de fond, un ressac contre l'idéologie néolibérale et les politiques menées depuis des décennies que les contestataires jugent éminemment injustes et néfastes pour une grande partie de la population. Ce vaste mouvement social est complexe. On le voit dans ses actions, ses pratiques, ses organisations et ses discours. Il est une force critique porteuse d'une multitude d'idéaux, d'espoirs et de projets souvent contradictoires. Cette synthèse présente le mouvement altermondialiste pour en discuter les faiblesses et les forces, en portant une attention particulière à son activité au Québec et en Occident. Elle présente les éléments essentiels permettant de comprendre le mouvement et d'en débattre, en tant que force politique plurielle et contradictoire, et pourtant animée d'un même idéal de justice.

  • Cagoulés, vêtus de noir et s'attaquant avec force aux symboles du capitalisme, les Black Blocs ont été transformés en phénomène médiatique de l'altermondialisme. Cette renommée, associée à l'image du casseur, cache une réalité complexe, intéressante pour qui ose faire l'effort de mieux comprendre l'origine de ce phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Car l'utilisation de la violence s'inscrit toujours dans un rapport de force, dans un contexte éthique et stratégique, et ne se résume pas seulement à des jets de pierre dans les manifestations de rue. Cette édition, remaniée et bonifiée, dresse le panorama le plus complet du phénomène de la tactique du Black Bloc dans le monde et la situe dans la tradition anarchiste de la désobéissance civile. Les Black blocs fait également partie de la liste des ouvrages qui ont retenu l'attention des enquêteurs dans l'affaire de Tarnac.

  • Comme il se doit au Québec, tout ça a commencé sur les Plaines d'Abraham, en avril 2001, dans une mobilisation sans précédent contre le Sommet des Amériques. Depuis, les mouvements sociaux de gauche affichent un dynamisme étonnant : manifestations contre la guerre en Irak en 2003, immense grève étudiante du printemps 2005, mobilisations contre la « réingénierie » du gouvernement libéral de Jean Charest... Québec 2001, c'est en quelque sorte le révélateur spectaculaire d'une vague de fond qui trouve son impulsion de départ dans la marche Du pain et des roses en 1995, et qui témoigne d'un renouvellement des idées et des pratiques des mouvements sociaux dont on tarde à prendre la pleine mesure.

    Québec en mouvements comble ce vide avec un rigoureux inventaire et une analyse fine de ce renouveau, regroupés en 12 études savantes mais limpides sur le féminisme, le syndicalisme ouvrier et paysan, le mouvement étudiant, les mouvements autochtones, les revues de gauche, le pacifisme, les anarchistes, la solidarité internationale ainsi que sur l'activisme social et politique.

    Cet ouvrage collectif est dirigé par le politologue Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Spécialiste des mouvements sociaux, il a codirigé, avec Mélissa Blais, Le mouvement masculiniste au Québec. L'antiféminisme démasqué (Remue-ménage, 2008), et signé L'Éthique du vampire. De la guerre d'Afghanistan et de quelques horreurs du temps présent (Lux, 2007) et Les Black Blocs. La liberté et l'égalité se manifestent (Lux, 2007). Québec en mouvements contient des textes d'universitaires, d'enseignants collégiaux et d'activistes. On pourra y lire Catherine Beaupré-Laforest, Mélissa Blais, Pascale Dufour, Louis-Frédéric Gaudet, Benoît Lacoursière, Diane Lamoureux, Jean-Marc Piotte, Claude Rioux, Julie Rousseau, Rachel Sarrasin, Marco Silvestro et Jean-Philippe Warren.

  • Apparue à Berlin-Ouest vers 1980 et popularisée lors de la «bataille de Seattle» en 1999, la tactique du black bloc connaît un renouveau. Des black blocs ont manifesté lors du Sommet du G20 à Toronto, du Printemps arabe, du mouvement Occupy et des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec et contre la vie chère au Brésil, dans les «cortèges de tête» en France et contre les néonazis aux États-Unis.

    Cagoulés, vêtus de noir et s'attaquant aux symboles du capitalisme et de l'État, les black blocs sont souvent présentés comme des «casseurs» apolitiques et irrationnels, voire de dangereux «terroristes».

    Publié une première fois en 2003 et depuis mis à jour et traduit en anglais et en portugais, ce livre est reconnu comme la référence pour qui veut comprendre l'origine du phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens et réflexion éthique et politique, l'auteur inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l'action directe.

  • À chaque mouvement de libération, sa réplique contre-révolutionnaire: c'est ce que nous enseigne l'histoire. Les luttes féministes n'y font pas exception. Décrié à droite comme un réel péril pour la stabilité sociale et l'avenir de la nation, à gauche comme une lutte secondaire à inscrire dans un bien plus vaste programme, le féminisme a toujours dérangé ceux qui trouvent intérêt à préserver le régime patriarcal. Tant sur le plan des idées que de l'action, l'antiféminisme se déploie suivant une logique réactionnaire, dont la visée, consciente ou pas, serait de revaloriser une condition masculine mise à mal. Pour arriver à leurs fins, les antiféministes usent de stratégies discursives comme la désinformation ou le recours à la nostalgie du «bon vieux temps» et à l'ordre naturel. Ce sont précisément ces discours revanchards, présents sur toutes les scènes, de celle de l'humour à celle du militantisme, que cet ouvrage entend décortiquer. «L'antiféminisme a accompagné toute l'histoire du féminisme, en dénonçant ses excès ou en s'empressant d'en dresser le constat de décès. Il couvre un spectre très large, mais il comprend toujours une dénonciation de la liberté et de l'égalité que revendiquent les féministes pour toutes les femmes.» [extrait de l'introduction] Des textes de Julie Abbou, Jérôme Cotte, Francine Descarries , Francis Dupuis-Déri, Sara Garbagnoli, Diane Lamoureux, France Théoret et Sidonie Verhaeghe.

  • L'antiféminisme n'est pas une tare du passé. En ont récemment témoigné le « Printemps des pères », la « Manif pour tous », l'opposition à la « théorie du genre » ou encore, de manière tragique, l'attentat, à Toronto, d'un homme se réclamant du mouvement des « célibataires involontaires ». Ces phénomènes, pour être compris et combattus, doivent aujourd'hui être situés dans une perspective historique.
    En analysant différentes expressions de l'antiféminisme depuis le XIXe siècle, dont celui porté par des femmes, les auteurs réunis autour de Christine Bard démontrent la vitalité historique du combat contre les droits des femmes et ses divers points de contact avec l'homophobie et le racisme. Une attention particulière est portée aux controverses provoquées par le masculinisme, volontiers victimaire, au sujet des « droits des pères » et des violences entre les sexes.
    L'ensemble constitue une réponse inédite et nécessaire à un phénomène en pleine expansion.

  • Les ramifications de l'anarchisme sont de plus en plus nombreuses : anarchaféminisme, anarcho-communisme, anarcho-syndicalisme, etc. Ainsi, dans le cadre de soulèvements comme celui de Standing Rock, ou dans leurs autres combats contre le colonialisme, les plus radicaux des militants autochtones, ou amérindiens, ont forgé la pensée et le mouvement anarcho-indigénistes. Ce livre regroupe des interviews avec sept de ces militants: Roxanne Dunbar-Ortiz, Véronique Hébert, Gord Hill, Freda Huson, J.
    Kehaulani Kauanui, Clifton Ariwakehte Nicholas et Toghestiy Wet'suwet'en, qui articulent la pensée et les traditions amérindiennes avec l'anarchisme, et révèlent aussi les traces que le colonialisme peut avoir laissées jusque dans le mouvement anarchiste, comme le mythe primitiviste du bon sauvage.

  • Voici deux entrevues qui donnent à voir le portrait et le parcours de deux femmes anarchistes, l'une en France, l'autre au Québec. Irène Pereira et Anna Kruzynski, qui ne se connaissent pas, tiennent des propos qui se font écho, en particulier quant à leur manière de mobiliser prudemment l'étiquette d'«anarchaféministe», même si elles ont plusieurs expériences dans des collectifs féministes. Aujourd'hui, elles s'intéressent et se préoccupent de toutes les formes de domination et cherchent à intégrer dans leur anarchisme des réflexions et des expériences d'ailleurs, par exemple des mouvements afro-américains, autochtones et latino-américains.
    Pour une pédagogie et une politique anti-oppression, Irène Pereira - L'autogestion du vivre-ensemble, Anna Kruzynski

  • Qu'est-ce que l'anarchie et que veulent les anarchistes ? Pour répondre à ces questions, un dialogue entre un père humaniste curieux et un fils qui milite dans des collectifs anarchistes et qui a étudié le sujet.
    Au fil de la conversation, anarchie et démocratie sont comparées, plusieurs figures de l'anarchisme évoquées, ainsi que les grands courants de ce mouvement révolutionnaire, le tout en rappelant des exemples de l'histoire et du monde actuel. On y retrouve aussi la critique anarchiste à l'égard des grands systèmes de domination : l'État, le capitalisme, la religion, le patriarcat et le racisme. Une initiation à l'anarchie originale et vivante.

  • Au printemps 2012, le Québec a été bouleversé par un conflit social d'une ampleur inédite. « La grève est étudiante, la lutte est populaire ! » clamaient alors la rue bondée de gens de tous les horizons. Deux ans plus tard, alors que la marche du monde semble avoir repris son cours comme si rien ne s'était passé, comment penser les évènements exceptionnels du Printemps érable ? Quelle est leur portée pour la société québécoise ? Leur signification sur le plan politique ? Cet ouvrage collectif, qui est le fruit d'une collaboration entre des étudiant-e-s et des professeur-e-s, entend analyser de façon rigoureuse divers aspects de ce conflit social, tout en ne cachant pas sa sympathie pour les forces associées à la CLASSE, aux féministes et aux anarchistes.

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