• Nous n'avons cessé de représenter les diverses manières que l'amour a de faire miraculeusement irruption dans nos vies. Pourtant, cette culture qui a tant à dire sur la naissance de l'amour est beaucoup moins prolixe lorsqu'il s'agit des moments, non moins mystérieux, où l'on évite de tomber amoureux, où l'on devient indifférent à celui ou celle qui nous tenait éveillé la nuit, où l'on cesse d'aimer.
    Eva Illouz fait du « désamour » un problème sociologique de première importance et examine l'ensemble des façons qu'ont les relations d'avorter à peine commencées, de se dissoudre faute d'engagement, d'aboutir à une séparation ou un divorce, ce qu'elle désigne comme des « relations négatives ». L'amour semble aujourd'hui marqué par la liberté de ne pas choisir, faisant du non-choix une nouvelle modalité de l'action. La sociologie, non moins que la psychologie, a beaucoup à dire sur le désarroi qui règne dans nos vies privées.

  • Si le mal d'amour a toujours existé, il y a une manière spécifiquement moderne d'aimer et de souffrir de l'amour, que ce livre entend éclairer.
    À partir de nombreux témoignages et d'exemples issus de la culture populaire, Eva Illouz dresse le portrait de l'individu contemporain et de son rapport à l'amour, ainsi que des pathologies qui lui sont associées : incapacité de choisir, refus de s'engager, évaluation permanente de soi et du partenaire, psychologisation à l'extrême des rapports amoureux, tyrannie de l'industrie de la mode et de la beauté, marchandisation de la rencontre, etc. Tout cela dessine une économie émotionnelle et sexuelle qui laisse l'individu désemparé, pris entre une hyper-émotivité paralysante et un cadre social qui tend à standardiser, dépassionner et rationaliser les relations amoureuses.

  • Les sentiments du capitalisme

    Eva Illouz

    On a coutume d'associer au capitalisme une séparation entre la sphère publique, vide de sentiments, et une sphère privée étanche, domaine réservé du sentiment. Par ailleurs, la plupart des analyses sociologiques du capitalisme s'articulent autour des notions d'individualisme ou de pouvoir démocratique, de désenchantement ou de division du travail, d'exploitation ou de rationalisation : aucune ne fait place au sentiment. La perspective très novatrice développée par Eva Illouz est tout au contraire de montrer que le capitalisme s'est accompagné d'une culture du sentiment très forte : en sociologue, elle souligne que les sentiments sont des acteurs majeurs de l'histoire du capitalisme et de la modernité qui a favorisé le développement d'une nouvelle culture de l'affectivité engageant le moi privé à se manifester plus que jamais dans la sphère publique. Nourrie de nombreux exemples, l'analyse d'Eva Illouz fait apparaître combien le « capitalisme émotionnel », poussant l'individu à la réalisation la plus intime de soi, s'est approprié les affects au point de transformer les émotions en marchandises et de faire émerger de nouvelles formes de sociabilité : elles culminent aujourd'hui sur Internet, véritable moteur de recherche des sentiments et des intimités.

  • Avec plus de soixante-dix millions d'exemplaires vendus à travers le monde et une adaptation cinématographique attendue, la trilogie Cinquante nuances de Grey connaît un succès phénoménal. Comment comprendre cet engouement planétaire pour une romance érotique mettant en scène l'initiation sadomasochiste d'une jeune ingénue par un séducteur richissime qui finit par épouser sa soumise ? Suffit-il d'invoquer le caractère osé du livre et la grossièreté de ses ficelles ou d'ironiser sur la popularité naissante d'une pornographie pour mères de famille ?
    C'est une tout autre lecture, autrement subtile et troublante, qu'Eva Illouz propose dans cet ouvrage. Considérant les best-sellers comme un baromètre des valeurs, elle montre que la dialectique de la soumission et de l'autonomie, de la souffrance et de l'épanouissement sexuel, de l'assignation stylisée des rôles et de la confusion des identités que cette bluette SM déploie, sous forme stéréotypée, entre en résonance avec les apories contemporaines des relations entre hommes et femmes. Si elle semble procurer à ses lectrices un tel plaisir, c'est qu'elle formule allégoriquement les contradictions émotionnelles et sentimentales qu'elles éprouvent et que, à la manière des guides de développement personnel, elle s'avise de leur prodiguer d'audacieux conseils pour les résoudre.

  • Why Love Hurts

    Eva Illouz

    • Polity
    • 20 Mai 2013

    Few of us have been spared the agonies of intimate relationships. They come in many shapes: loving a man or a woman who will not commit to us, being heartbroken when we're abandoned by a lover, engaging in Sisyphean internet searches, coming back lonely from bars, parties, or blind dates, feeling bored in a relationship that is so much less than we had envisaged - these are only some of the ways in which the search for love is a difficult and often painful experience. Despite the widespread and almost collective character of these experiences, our culture insists they are the result of faulty or insufficiently mature psyches. For many, the Freudian idea that the family designs the pattern of an individual's erotic career has been the main explanation for why and how we fail to find or sustain love. Psychoanalysis and popular psychology have succeeded spectacularly in convincing us that individuals bear responsibility for the misery of their romantic and erotic lives. The purpose of this book is to change our way of thinking about what is wrong in modern relationships. The problem is not dysfunctional childhoods or insufficiently self-aware psyches, but rather the institutional forces shaping how we love. The argument of this book is that the modern romantic experience is shaped by a fundamental transformation in the ecology and architecture of romantic choice. The samples from which men and women choose a partner, the modes of evaluating prospective partners, the very importance of choice and autonomy and what people imagine to be the spectrum of their choices: all these aspects of choice have transformed the very core of the will, how we want a partner, the sense of worth bestowed by relationships, and the organization of desire. This book does to love what Marx did to commodities: it shows that it is shaped by social relations and institutions and that it circulates in a marketplace of unequal actors.

  • Cold Intimacies

    Eva Illouz

    • Polity
    • 23 Avril 2013

    It is commonly assumed that capitalism has created an a-emotional world dominated by bureaucratic rationality; that economic behavior conflicts with intimate, authentic relationships; that the public and private spheres are irremediably opposed to each other; and that true love is opposed to calculation and self-interest.
    Eva Illouz rejects these conventional ideas and argues that the culture of capitalism has fostered an intensely emotional culture in the workplace, in the family, and in our own relationship to ourselves. She argues that economic relations have become deeply emotional, while close, intimate relationships have become increasingly defined by economic and political models of bargaining, exchange, and equity. This dual process by which emotional and economic relationships come to define and shape each other is called emotional capitalism. Illouz finds evidence of this process of emotional capitalism in various social sites: self-help literature, women's magazines, talk shows, support groups, and the Internet dating sites. How did this happen? What are the social consequences of the current preoccupation with emotions? How did the public sphere become saturated with the exposure of private life? Why does suffering occupy a central place in contemporary identity? How has emotional capitalism transformed our romantic choices and experiences? Building on and revising the intellectual legacy of critical theory, this book addresses these questions and offers a new interpretation of the reasons why the public and the private, the economic and the emotional spheres have become inextricably intertwined.

  • Un ouvrage collectif, initié et dirigé par Eva Illouz, qui montre comment émotions et marchandises sont désormais coproduites. Créées par des industries aussi diverses que celles du tourisme, de la musique, du cinéma, du sexe ou des psychothérapies, elles entendent transformer et améliorer le moi. Une réflexion fondamentale qui jette une lumière éclatante sur nos modes de vie.

    De la détente proposée par le Club Med aux cartes sexuelles distribuées dans les rues de Tel Aviv, des techniques de psychologie positive aux films d'horreur, la consommation et les émotions s'intriquent désormais au point de se définir mutuellement. C'est là un trait fondamental, et pourtant jusqu'alors jamais étudié, de notre modernité. Une modernité qui fait de l'individu un être à la fois fondamentalement rationnel et soumis à une intensification sans précédent de ses émotions. Ce paradoxe est rendu possible par le fait que les émotions et les marchandises sont désormais coproduites, jusqu'à générer un type de produits tout à fait inédit et jusqu'à présent jamais étudié : les marchandises émotionnelles.

    Cet ouvrage collectif, initié et dirigé par Eva Illouz, montre brillamment comment ces nouvelles marchandises – produites par des industries aussi diverses que celles du tourisme, de la musique, du cinéma, du sexe ou des psychothérapies – entendent transformer et améliorer le moi. Il met ainsi le doigt sur une caractéristique majeure de nos sociétés, interrogeant avec profondeur – en se gardant de tout jugement – l'authenticité de l'individu moderne. Une réflexion fondamentale, qui ouvre un nouveau champ de recherches et jette une lumière éclatante sur nos modes de vie.

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    LA PRESSE EN PARLE

    " Un essai captivant et provocant, qui raconte comment le capitalisme utilise, transforme et fabrique nos émotions. " Marie Lemonnier,
    L'Obs

    " Une des plus grandes sociologues au monde. " Guillaume Erner,
    France Culture

    " À la fois tragique et désopilant. " Laure Adler,
    France Inter

    " Ce livre fait surgir une critique absolument passionnante et originale de nos modes de vie et de pensée. "
    Psychologie Magazine

    " Avec son titre, Les Marchandises émotionnelles, il dit bien sa thèse : à une époque de rationalité, les émotions sont devenues dans le même temps des marchandises ultra-présentes, des cartes de vœux payantes aux playlists spéciales Saint-Valentin. " Géraldine Mosna-Savoye,
    France Culture

    " La sociologue Eva Illouz décrit nos sociétés capitalistes comme un piège, où l'on sollicite et l'on fabrique nos émotions, quand on nous reconditionne pour consommer et aimer, et nous ne savons plus séparer l'amour vrai et le romantisme toc des ambiances aux bougies des restaurants de la Saint Valentin... " Claude Askolovitch,
    France Inter

    " Un essai à charge contre l'instrumentalisation des sentiments dans le régime capitaliste. "
    Le Nouveau Magazine littéraire

    " S'il fallait faire la retape émotionnelle de ce bazooka d'ironie contemporaine, [...] c'est la ressemblance avec le film d'épouvante qui viendrait à l'esprit : l'outrance et la vérité, l'humour et le détail qui tue. Mais pas sûr qu'ici tout s'arrange à la fin. "
    Grazia

    " Un ouvrage exigeant, dont les réflexions finales – sur les fractures croissantes de notre monde commun, la difficulté à distinguer les émotions authentiques... - marquent par leur caractère et leur lucidité. "
    La Recherche

    " Ce livre est au marketing ce que l'archéologie est à l'histoire. Et un travail qui devrait faire date. "
    Le Journal du dimanche

    " Il est probable qu'après la lecture de cet article, vous ne regardiez plus jamais votre grille-pain de la même manière. "
    ADN

    " Il importe de souligner l'effort de théorisation accompli par les auteurs. [...] Il est question, avec ce livre, non pas de dédaigner [les émotions] ni de les ignorer, mais de les replacer dans une chaîne de causalités un peu plus intelligible. "
    Sciences humaines

    " Au fil de ses ouvrages, Eva Illouz désenchante notre quotidien pour nous pousser à le rendre plus authentique. " 28 minutes, sur
    Arte

    " Des travaux précieux " Nicolas Demorand,
    France Inter

  • The End of Love

    Eva Illouz

    • Polity
    • 15 Septembre 2021

    Western culture has endlessly represented the ways in which love miraculously erupts in people's lives, the mythical moment in which one knows someone is destined for us, the feverish waiting for a phone call or an email, the thrill that runs down our spine at the mere thought of him or her. Yet, a culture that has so much to say about love is virtually silent on the no less mysterious moments when we avoid falling in love, where we fall out of love, when the one who kept us awake at night now leaves us indifferent, or when we hurry away from those who excited us a few months or even a few hours before. In The End of Love, Eva Illouz documents the multifarious ways in which relationships end. She argues that if modern love was once marked by the freedom to enter sexual and emotional bonds according to one's will and choice, contemporary love has now become characterized by practices of non-choice, the freedom to withdraw from relationships. Illouz dubs this process by which relationships fade, evaporate, dissolve, and break down "unloving." While sociology has classically focused on the formation of social bonds, The End of Love makes a powerful case for studying why and how social bonds collapse and dissolve. Particularly striking is the role that capitalism plays in practices of non-choice and "unloving." The unmaking of social bonds, she argues, is connected to contemporary capitalism which is characterized by practices of non-commitment and non-choice, practices that enable the quick withdrawal from a transaction and the quick realignment of prices and the breaking of loyalties. Unloving and non-choice have in turn a profound impact on society and economics as they explain why people may be having fewer children, increasingly living alone, and having less sex. The End of Love presents a profound and original analysis of the effects of capitalism and consumer culture on personal relationships and of what the dissolution of personal relationships means for capitalism.

  • Depuis la fin des années 1990, une science du bonheur a fait son apparition : la psychologie positive. Elle s'attache à conférer une légitimité scientifique à une idée fort simple : le bonheur se construirait, s'enseignerait et s'apprendrait. Il suffirait donc de vouloir, et d'écouter les experts, pour devenir heureux. L'industrie du bonheur affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
    Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ; que les maux des individus importent infiniment plus que les problèmes sociaux ? Et si la dite science du bonheur visait à nous convertir à un modèle individualiste niant toute idée de société ?
    Se faisant autant archéologues d'un pseudo-savoir que sociologues, Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle « science » et explorent les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.
    Un livre urgent, accessible et provocateur.

  • De la détente proposée par le Club Med aux cartes sexuelles distribuées dans les rues de Tel Aviv, des techniques de psychologie positive aux films d'horreur, la consommation et les émotions s'intriquent désormais au point de se définir mutuellement. C'est là un trait fondamental, et pourtant jusqu'alors jamais étudié, de notre modernité. Une modernité qui fait de l'individu un être à la fois fondamentalement rationnel et soumis à une intensification sans précédent de ses émotions. Ce paradoxe est rendu possible par le fait que les émotions et les marchandises sont désormais coproduites, jusqu'à générer un type de produits tout à fait inédit et jusqu'à présent jamais étudié : les marchandises émotionnelles.
    Cet ouvrage collectif, initié et dirigé par Eva Illouz, montre brillamment comment ces nouvelles marchandises - produites par des industries aussi diverses que celles du tourisme, de la musique, du cinéma, du sexe ou des psychothérapies - entendent transformer et améliorer le moi. Il met ainsi le doigt sur une caractéristique majeure de nos sociétés, interrogeant avec profondeur - en se gardant de tout jugement - l'authenticité de l'individu moderne. Une réflexion fondamentale, qui ouvre un nouveau champ de recherches et jette une lumière éclatante sur nos modes de vie.

  • The imperative of happiness dictates the conduct and direction of our lives. There is no escape from the tyranny of positivity.  But is happiness the supreme good that all of us should pursue? So says a new breed of so-called happiness experts, with positive psychologists, happiness economists and self-development gurus at the forefront. With the support of influential institutions and multinational corporations, these self-proclaimed experts now tell us what governmental policies to apply, what educational interventions to make and what changes we must undertake in order to lead more successful, more meaningful and healthier lives. With a healthy scepticism, this book documents the powerful social impact of the science and industry of happiness, arguing that the neoliberal alliance between psychologists, economists and self-development gurus has given rise to a new and oppressive form of government and control in which happiness has been woven into the very fabric of power.

  • Un grand débat international sur la situation contemporaine, porté par 15 intellectuels du monde entier : Arjun Appadurai, Zygmunt Bauman, Nancy Fraser, Bruno Latour, Eva Illouz, Ivan Krastev, Paul Mason, Pankaj Mishra, Robert Misik, Oliver Nachtwey, Donatella della Porta, César Rendueles, Wolfgang Streeck, Slavoj Žižek.

    Nous vivons un tournant historique.

    Non, nous n'avons pas assisté à la "fin de l'Histoire". Loin de marquer le début du règne d'une démocratie universelle et d'un capitalisme heureux, la chute du mur de Berlin a inauguré une période de tourments politiques.

    Ascension de partis nationalistes (pensons par exemple au Front national), démagogie (telle que l'incarne Donald Trump), souverainisme (Brexit), tendances autoritaristes d'Europe centrale et d'Europe de l'Est (Hongrie et Pologne), appels à la " grandeur " et à la " pureté " nationale (Narendra Modi en Inde, Vladimir Poutine en Russie), vague générale de xénophobie et de crimes haineux, brutalisation des discours politiques, complotisme, " ère post-vérité ", appels à l'érection de murs toujours plus nombreux, toujours plus hauts...

    Tout se passe comme si nous assistions à un grand retour en arrière.

    Comme si la peur, la violence et le repli sur soi l'emportaient sur les espoirs jadis nourris par la mondialisation.

    Quinze intellectuels, chercheurs et universitaires de renommée internationale explorent les racines profondes de la situation qui est la nôtre aujourd'hui, et qu'il est permis d'appeler une "grande régression". Ils la replacent dans son contexte historique, s'attachent à élaborer des scénarios possibles pour les années à venir, et débattent des stratégies susceptibles de la contrecarrer.

    " Un ouvrage passionnant. " Télérama

    " Une boîte à outils pour penser la période actuelle. "
    France Inter

    " Les intellectuels de L'Âge de la Régression tentent de construire une nouvelle grille de lecture. (...) Une opération saute frontière pour diagnostiquer un mal global. Un livre en commun pour un monde qui se claquemure. "
    Libération.

    " La manifeste mondial contre le populisme. (...) Ouvrage magistral (...) qui acte l'effondrement d'un monde né après la chute du Mur en 1989. "
    L'Obs.

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