• Corne d'Aurochs : ainsi Brassens surnommait-il son ami d'enfance. Emile Miramont se souvient : des parties de colin-maillard, des tartines beurrées de la rue de l'Hospice, du potache Brassens, de ses premières colères d'adolescent, de son éveil à la poésie et à la chanson, mais aussi des années qui précédèrent le succès.
    Servi par une belle émotion, ce livre dont le titre de chaque chapitre reprend un vers de Brassens décrit une jeunesse sétoise que l'on ignorait. Anecdotes à l'appui, l'auteur met en scène, en chair et en os, les personnages croisés par Brassens dont il essaimera ses chansons : des mégères « gendarmicides » de Brive-la-Gaillarde (Hécatombe), la petite Jo, cette demoiselle aux moeurs légères mises en scène dans Le Mauvais sujet repenti, mais aussi la Jeanne et l'Auvergnat, qui accueillirent l'oiseau tombé du nid chez eux, impasse Florimont en 1944.
    Un jour de 1948, rappelé par ses parents à Sète, Corne d'Aurochs dut quitter Brassens et l'impasse Florimont où ils avaient, deux années durant, tout partagé. De cet abandon, Brassens fut meurtri : il en fit une chanson, Corne d'Aurochs. Le surnom de son ami allait devenir célèbre. En 1952, présenté au public par Patachou qui tenait un cabaret en vogue à Montmartre, Brassens connaissait son premier succès. Quelques mois après, il passait en vedette à l'Olympia et toute la France reprenait Le Gorille, La mauvaise réputation, ses premiers succès. Les trompettes de la renommée n'allaient plus cesser de retentir jusqu'à la mort de l'artiste, en 1981.

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