• Élevé à Nancy dans un milieu bourgeois, CharlÉlie Couture sort diplômé des Beaux-arts en 1978, après avoir consacré sa thèse de fin d'études à la « polymorphie de l'esprit », enregistrant à cette occasion Douze chansons dans la sciure, son premier 33 tours autoproduit. Peintre, photographe, musicien, plasticien, chanteur, mais aussi et avant tout poète, CharlÉlie entame la construction de son oeuvre en dehors de tout sentier balisé.
    Deux ans plus tard, il est le premier français à rejoindre le label Island Records. En 1981, son album Poèmes rock dont est extrait le titre « Comme un avion sans ailes » lui vaut la reconnaissance. Plusieurs disques d'or récompensent son ascension fulgurante et le chanteur devient alors incontournable dans le paysage rock français. Débute une période de recherche et de quête artistique durant laquelle CharlÉlie déroute parfois critique et public, sans jamais sacrifier aux considérations mercantiles. Les Naïves, en 1994, lui permet de renouer avec le succès populaire. Insaisissable, il décide de partir vivre à New York en 2004 pour se consacrer pleinement à la peinture. Installé avec femme et enfants à Manhattan, il ouvre sa propre galerie tout en continuant la musique, avant de rentrer définitivement en France après l'élection de Donald Trump.
    À travers les témoignages de proches, d'amis, d'artistes ou de musiciens, mais aussi grâce aux entretiens menés avec CharlÉlie lui-même, David Desvérité retrace dans ce livre l'intégralité du parcours de cet artiste hyperactif et exigeant. S'y dessine le portrait d'un musicien humaniste auquel son public est toujours resté fidèle, d'un stakhanoviste de la création ne jurant que par le travail et l'abondance.

  • La toute première biographie en langue française du révolutionnaire de la musique soul. Issac Hayes, arrangeur surdoué et compositeur prolixe a traversé la fin du XXème siècle en compagnie des plus grands. Le 10 avril 1972, il reçoit l'Oscar de la meilleure musique de film pour Shaft. Une première pour un artiste noir. Ses musiques sont devenues de véritables standards de la soul, et ses collaborations au cinéma, mythiques. Kill Bill 1 et 2, les Blues Brothers ou Zodiac ne seraient pas les mêmes sans l'intervention de cet artiste hors pair. À l'occasion de la publication de morceaux inédits en 2017, cette biographie reprend les formidables carrière et vie d'Isaac Hayes. De son enfance à Memphis, marquée par le racisme et la pauvreté à sa mort en 2008 en n'omettant rien, même les périodes les plus sombres de son existence.

  • En 1986, l'adaptation du roman 37°2 le matin (plus de 3 millions d'entrées et un million de livres vendus) réalisée par Jean-Jacques Beineix braquait les projecteurs sur un jeune auteur du nom de Philippe Djian, soudain happé par le succès public. Les critiques scellaient les premières pierres de sa réputation, celle d'un écrivain rock bombardé porte-parole d'une génération, lui-même héritier de la Beat Generation. La même année, dans Maudit manège, Djian évoquait avec ironie un type qui « un jour peut-être écrirait le roman de sa vie ». C'est désormais chose faite avec cette première biographie de l'auteur de Vers chez les blancs, plus de trente ans après la parution de son premier ouvrage.
    Rien ne prédestinait pourtant ce parisien issu d'un milieu bourgeois et conservateur à consacrer sa vie à la littérature. Tombé sous le charme d'écrivains (Céline, Faulkner, Salinger, etc.) et désireux de s'éloigner d'un cocon familial mortifère, Philippe Djian s'oriente d'abord vers le journalisme avant de couper les ponts avec une profession qu'il juge trop rigide. L'aventure se poursuit dans le Midi de la France, se prolonge dans la Sarthe où, en proie au doute après s'être essayé à différentes activités, il parvient à boucler 50 contre 1, un recueil de nouvelles publié en 1981. Quatre ans plus tard, la presse n'hésite pas à parler de la « naissance d'un mythe ».
    À soixante-cinq ans, Djian est devenu un écrivain tout-terrain. Tour à tour romancier, dramaturge, parolier (Stephan Eicher), scénariste, traducteur ou chroniqueur pour la presse, il définit désormais son rôle comme celui d'un passeur, son style comme le reflet d'une volonté permanente de caler sa langue sur la fréquence du monde. Si la réputation de ses débuts ne s'est jamais totalement estompée, cette biographie permet de cerner le long et patient cheminement d'un homme qui a toujours remis en question les fondements de son travail. L'auteur d'«Oh.« (prix Interallié 2012) a accepté de se livrer à travers de nombreux entretiens, dévoilant certains pans de son existence jusqu'alors restés dans l'ombre. Cette biographie constitue par ailleurs une référence bibliographique quasi-exhaustive, la totalité des textes écrits par Djian en dehors de sa production romanesque ayant été retrouvés à l'occasion de la rédaction de cet ouvrage. Les témoignages de ses proches ont permis d'affiner ce portrait tout en nuances et en paradoxes. Son prochain roman Chéri-Chéri sort en octobre chez Gallimard.

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