• Le capitalisme a toujours transformé les sociétés et su utiliser une partie de la science pour ce faire- comme le disait Marx le capi- talisme est révolutionnaire par nature- mais ce qui est nouveau c'est, aujourd'hui, la capacité d'intervention d'un niveau très supé- rieur- en partie grâce aux sciences humaines et sociales d'ailleurs- qu'a pu acquérir un capitalisme néolibéral devenu capable de transformer les institutions pour asseoir une structure sociale assurant la pérennité de sa domination économique et symbolique et d'enrôler la science pour atteindre cet objectif. Ce livre traite notamment des effets du néolibéralisme sur les institutions étatiques qui jusqu'alors tempéraient la violence du capitalisme, de ses effets sur les mécanismes de reproduction sociale qui jusqu'alors étaient bridés, de ses effets, enfin, sur l'univers symbolique où se développent de nouvelles conceptions de l'individu et du monde social. Il aborde les effets du néolibéralisme sur la science en général et les sciences sociales en particulier.
    Dans ces conditions, dans l'univers culturel, la science, sous toutes ses formes (de la plus appliquée- informatique, robotique- aux plus fondamentales- biologie par exemple, de la plus discursive à la plus mathématisée) est enrôlée au service du capital et devient la force productive la plus importante : tout laisse penser, ce dont l'ampleur des réformes de l'université dans tous les pays euro- péens témoigne, que le centre de gravité de la production de la plus-value se déplace des chaînes de montage vers les bureaux d'études et de recherche alors que, dans un univers médiatique de morgue et de mépris pour les mobilisations collectives de salariés, s'affirme un discours intellectuel « anti- marxiste flamboyant » comme le disait l'historien britannique Eric Hobsbawm.

  • Pendant que les salariés produisent la richesse, d'autres agents produisent la croyance dans l'économie de marché : patrons d'entreprises, banquiers d'affaires, journalistes économiques, consultants et mêmes élus. Ils sont à la fois concurrents et complices. Les exigences de leurs métiers les séparent, mais tous ont intérêt à faire prévaloir le point de vue économique sur toute autre considération.
    À partir d'enquêtes menées dans ces milieux très fermés, le sociologue Christian de Montlibert analyse les ressources propres à chacune de ces professions : l'argent, bien sûr, mais aussi les titres universitaires, les relations sociales, la notoriété, etc. C'est cette diversité dans les formes d'accumulation qui renforce la puissance des agents de l'économie. Mais elle ne leur suffirait à imposer leur point de vue s'ils n'étaient capables de se rassembler pour " faire groupe ".

  • Comment s'est instituée la discipline " sociologie " ? Quels obstacles cette institution a-t-elle eu à surmonter ?

    Le présent ouvrage cherche à répondre à ces questions.
    Il le fait :

    - En décrivant la manière particulière que promeut la sociologie de penser le monde - manière qui la différencie d'autres types d'explications (psychologie, biologique, administrative ...).
    - En examinant les problématiques élaborées par les premiers sociologues : Durkheim, Weber, etc.
    - En définissant les concepts fondamentaux de la sociologie, tels les institutions, les représentations sociales, les groupements sociaux, la lutte, la reproduction, etc.
    - En soulevant et en analysant les problèmes posés par les diverses approches méthodologiques ou techniques.
    - Le raisonnement sociologique, en écartant et en dépassant la subjectivité, promeut une rigueur spécifique qui bouleverse bien des manières de penser le monde social.

  • Ce livre analyse tout d'abord la structure du champ économique et décrit les stratégies des firmes dans un monde soumis aux injonctions pressantes des financiers. Il étudie ensuite trois types de décision : les mesures de licenciement qui défont les collectifs ; le développement de l'équipement informatique comme manière d'imposer un contrôle social plus strict ; l'investissement dans les publicités célébrant les mérites de la marque et de la firme.

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