• Le choix de l'Afrique : les combats d'une pionnière de l'histoire africaine Nouv.

    « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. » Comment expliquer que, près d'un demi-siècle après l'indépendance des colonies africaines de la France, le président Nicolas Sarkozy ait pu ainsi afficher, à Dakar en 2007, son ignorance crasse de l'histoire du continent ? C'est que cette histoire, riche et complexe, a longtemps été ignorée des représentations publiques de l'ancienne métropole. Elle n'est devenue que récemment accessible à un large public, grâce au long combat conduit par des historiennes et des historiens, au premier rang desquels Catherine Coquery-Vidrovitch.
    D'où l'intérêt majeur de ce livre très personnel, où elle retrace, au fil de six décennies, le combat d'une vie : découvrir et faire connaître l'importance de l'histoire africaine si longtemps niée. Elle y relate d'abord, avec pudeur et émotion, son enfance clandestine de fillette juive née dans une famille assimilée de longue date : la première grande aventure de sa vie, source de son insatiable curiosité. Une expérience qui nourrira sa lutte constante contre le racisme. Et tout autant son long travail d'enquête sur l'histoire en « terres africaines » à partir des années 1960, qu'elle évoque dans des pages passionnantes donnant à voir la dure réalité de la colonisation française et ses effets toujours actuels. Une réalité qu'elle a contribué à faire connaître par sa volonté de fonder un cadre novateur de réflexion au sein des universités françaises et de celles d'Afrique francophone. Et par les liens qu'elle a su établir avec les universités étatsuniennes, comme avec des médias européens enfin soucieux de faire découvrir au grand public l'importance de l'histoire africaine dans l'histoire du monde.

  • Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de l'Afrique elle-même avec la traite interne, des différentes terres musulmanes avec les traites orientales, de l'Europe avec la traite atlantique.
    Pour comprendre l'ampleur et la complexité historique de l'esclavage des Noirs, il faut donc en faire la géographie, qui passe par les routes des différentes traites. C'est cette synthèse que Catherine Coquery-Vidrovitch nous présente ici avec rigueur et pédagogie, loin de toute polémique. Elle s'appuie sur son savoir immense d'historienne de l'Afrique, mais aussi sur le riche matériau réuni dans une série de quatre films intitulée Les Routes de l'esclavage, diffusée par la chaîne ARTE, dont elle a été la conseillère historique, et où interviennent les meilleurs spécialistes issus de nombreux pays.
    Un ouvrage aussi passionnant que terrible, qui révèle les rouages d'un système criminel sur lequel s'est construit en grande partie notre monde actuel.

  • L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que celle des autres continents, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne.
    Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde. Elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue.
    Mais si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité. 

  • De la veille de la colonisation à nos jours, la condition féminine en Afrique noire a connu d'extraordinaires mutations, à des rythmes différents d'un point à l'autre du Continent, du Sénégal à l'Afrique du Sud et du Kenya au Zaïre. Dans ce monde où modes de vie anciens et nouveaux se côtoient et se mêlent, la vie, le rôle et les activités des femmes offrent un éventail de situations extrêmement diversifiées. En un siècle, tout y a changé, à commencer par le déplacement, à un rythme accéléré, des femmes de la campagne vers les villes.

  • Cette histoire est celle des Africains et non plus seulement celle de leur découverte par le monde occidental. Ce fut en effet une époque de bouleversements internes : à l'ouest, les guerres saintes ( jihad ) de conquête et de conversion à l'islam ; à l'est, l'expansion du sultanat esclavagiste de Zanzibar ; au sud, les réactions en chaîne dues à l'avancée des Blancs ; au centre, la floraison de seigneurs de guerre esclavagistes...Sauf aux deux extrémités (Maghreb et Afrique du Sud), l'intervention des Européens apparut longtemps comme un phénomène mineur. Certes, la révolution industrielle occidentale a joué le rôle de catalyseur d'une intégration accélérée du continent dans le système mondial de l'époque, d'où une série de ruptures : fin de la traite atlantique, début de l'exploitation internationale de matières premières agricoles et bientôt minières, création des premières colonies. Mais ces processus se sont inscrits dans la continuité de l'histoire des peuples et des cultures.
    Les Africains ont réagi en puisant dans leur patrimoine avec une remarquable capacité d'invention, qui s'explique en partie par un long passé d'assimilation culturelle. Le XIXe siècle a provoqué un formidable métissage culturel dans des sociétés qui n'en conservaient pas moins l'illusion qu'elles pourraient en exploiter elles-mêmes les fruits, en Égypte comme en Afrique noire.L'ouvrage privilégie à la fois les différenciations régionales et les thèmes récurrents à l'ensemble du continent, soulignant la rapide diffusion hors Afrique du Nord d'un islam populaire, l'introduction encore ponctuelle mais décisive du christianisme, la généralisation du mode esclavagiste, l'essor des villes, la transformation des rapports de genre et l'émergence de formes culturelles nouvelles fondées, entre autres, sur l'usage de l'écriture.L'histoire de ce déséquilibre et des énormes soubresauts qu'il a engendrés aide à comprendre les difficultés auxquelles est confrontée l'Afrique du XXe siècle.
    Catherine Coquery-Vidrovitch, ancienne élève ENS, est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris VIIDenis Diderot et directrice de la formation doctorale « Dynamiques comparées des sociétés en développement ».
    Elle a notamment publié Afrique noire. Permanences et ruptures (2e éd. révisée, L'Harmattan, 1992), Histoire des villes d'Afrique noire des origines à la colonisation (Albin Michel, 1993), L'Afrique noire de 1800 à nos jours (en coll., 4e éd. révisée, PUF, 1994) et Les Africaines. Histoire des femmes d'Afrique du XIXe au XXe siècle (Desjonquères, 1994).
    Les hommes et leur environnement. Climat et démographie.
    L'islam politique et guerrier. Maghreb et Afrique occidentale avant la conquête. L'islam politique et marchand : L'Afrique orientale. La résistance de l'animisme. Ouverture et introversion : l'Afrique centro-occidentale. La rencontre des civilisations : L'Afrique du Sud. L'intervention coloniale. Les innovations du siècle.

  • L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que les autres, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne. Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde ; elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue. Mais, si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité. Cet ouvrage n'a pas pour objet de raconter l'histoire africaine dans le détail, mais il en dégage les étapes cruciales, en mettant en avant, pour chacune d'elles, quelques idées fondamentales et souvent neuves. L'objectif de ce livre est aussi, et surtout, d'aider à comprendre le présent et à en dégager des perspectives d'action pour l'avenir.

  • Des historiens africains se sont réunis pour confronter leur regard sur les grandes mutations contemporaines des sociétés africaines. Deux constats majeurs s'imposent : d'une part la permanence des interrogations sur continuité-héritage-rupture par rapport à la colonisation, de l'autre l'ancrage des préoccupations historiques dans le temps présent, celui de la démocratisation laborieuse et des difficultés économiques. Trois thèmes s'entrecroisent : l'héritage des structures et les nécessaires innovations, les groupes de pression et la réinterprétation du politique, les diasporas et les réseaux transculturels et trans-sociaux.

  • Cet ouvrage est le résultat de trois années de recherches collectives qui visaient à mesurer les étapes du processus d'urbanisation en Afrique. Le lecteur y trouvera une série d'études de cas centrées sur quelques thèmes privilégiés. A partir de quand peut-on parler d'urbanisation en Afrique ? Quelles en sont les principales étapes ? Tel est le premier thème considéré. Cependant, l'accent majeur de la recherche a porté sur l'accélération du processus d'urbanisation provoqué par l'épisode colonial. L'apport le plus novateur de ce livre consiste en l'analyse précise, pour la période coloniale, de la dynamique de l'occupation des sols, des modalités de l'appropriation foncière. Cette analyse permet non seulement de reconstituer l'histoire de la ville africaine telle qu'elle s'est inscrite en son sol, mais aussi de corréler cette dimension spatiale au processus historique d'affirmation de la ville comme centre de décision politique et de stratégie économique, ainsi qu'au processus de mise en place des groupes sociaux et professionnels dans la ville. Enfin, la dernière partie de l'ouvrage s'interroge sur les filiations et les héritages entre ville coloniale et contemporaine. Sans prétendre à l'exhaustivité, le présent livre permet de suivre, à travers le temps long de l'histoire, la genèse et les étapes d'un phénomène devenu depuis peu la révolution démographique majeure de l'histoire africaine, inscrite à la fois dans l'espace et dans la société l'urbanisation.

  • L'ancienne Afrique Équatoriale Française (AEF), que recouvrent actuellement les territoires du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la République Centrafricaine, est passée en trente ans d'un état de type traditionnel à une situation d'économie coloniale. Son évolution économique et sociale ne s'est pas faite sans heurt ni difficulté. Les quarante décrets de concession de 1899-1900 devaient permettre l'établissement des compagnies à monopole d'exploitation des « produits riches » (ivoire et caoutchouc) destinées, en principe, à assumer en trente ans les investissements dont l'État refusait la charge. Mais le refus durable des capitaux nécessaires, aussi bien de la part de l'État que du secteur privé, dans un pays apparemment dépourvu de ressources appréciables et tragiquement dénué de force de travail, condamnait l'entreprise à la faillite. [...] Cependant l'AEF sortit lentement de la stagnation après la guerre, à mesure que l'économie concurrentielle prenait le pas sur le monopole concessionnaire. [...] Outre l'essor de l'okoumé au Gabon, on vit émerger les grandes firmes à venir, se constituer les premières plantations, entrer en exploitation les richesses minières, enfin se mettre en place les principaux travaux d'infrastructure (routes et voies ferrées). Mais ce « décollage » fut payé chèrement. Les salaires ne suivirent ni la hausse de l'impôt, ni l'inflation des prix à l'importation. Le fragile équilibre vivrier traditionnellement établi entre l'homme et la nature fut rompu ; d'où des famines redoutables, et les révoltes les plus sérieuses qu'aient connues le territoire (1928-1932). Le bilan fut d'aggraver encore, pour un temps, un dépeuplement nocif au développement ultérieur du pays.

  • Cette histoire est celle des Africains et non plus seulement celle de leur découverte par le monde occidental. Ce fut en effet une époque de bouleversements internes : à l'ouest, les guerres saintes ( jihad ) de conquête et de conversion à l'islam ; à l'est, l'expansion du sultanat esclavagiste de Zanzibar ; au sud, les réactions en chaîne dues à l'avancée des Blancs ; au centre, la floraison de seigneurs de guerre esclavagistes...Sauf aux deux extrémités (Maghreb et Afrique du Sud), l'intervention des Européens apparut longtemps comme un phénomène mineur. Certes, la révolution industrielle occidentale a joué le rôle de catalyseur d'une intégration accélérée du continent dans le système mondial de l'époque, d'où une série de ruptures : fin de la traite atlantique, début de l'exploitation internationale de matières premières agricoles et bientôt minières, création des premières colonies. Mais ces processus se sont inscrits dans la continuité de l'histoire des peuples et des cultures. Les Africains ont réagi en puisant dans leur patrimoine avec une remarquable capacité d'invention, qui s'explique en partie par un long passé d'assimilation culturelle. Le XIXe siècle a provoqué un formidable métissage culturel dans des sociétés qui n'en conservaient pas moins l'illusion qu'elles pourraient en exploiter elles-mêmes les fruits, en Égypte comme en Afrique noire.L'ouvrage privilégie à la fois les différenciations régionales et les thèmes récurrents à l'ensemble du continent, soulignant la rapide diffusion hors Afrique du Nord d'un islam populaire, l'introduction encore ponctuelle mais décisive du christianisme, la généralisation du mode esclavagiste, l'essor des villes, la transformation des rapports de genre et l'émergence de formes culturelles nouvelles fondées, entre autres, sur l'usage de l'écriture.L'histoire de ce déséquilibre et des énormes soubresauts qu'il a engendrés aide à comprendre les difficultés auxquelles est confrontée l'Afrique du XXe siècle.Catherine Coquery-Vidrovitch, ancienne élève ENS, est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris VII-Denis Diderot et directrice de la formation doctorale «  Dynamiques comparées des sociétés en développement  ». Elle a notamment publié Afrique noire. Permanences et ruptures (2e éd. révisée, L'Harmattan, 1992), Histoire des villes d'Afrique noire des origines à la colonisation (Albin Michel, 1993), L'Afrique noire de 1800 à nos jours (en coll., 4e éd. révisée, PUF, 1994) et Les Africaines. Histoire des femmes d'Afrique du XIXe au XXe siècle (Desjonquères, 1994).
    Les hommes et leur environnement. Climat et démographie. L'islam politique et guerrier. Maghreb et Afrique occidentale avant la conquête. L'islam politique et marchand : L'Afrique orientale. La résistance de l'animisme. Ouverture et introversion : l'Afrique centro-occidentale. La rencontre des civilisations : L'Afrique du Sud. L'intervention coloniale. Les innovations du siècle.


  • après avoir été longtemps négligée, la question du sort de la minorité noire et métisse dans l'allemagne hitlérienne suscite depuis quelques années nombre d'interrogations - et d'approximations.
    en historienne, catherine coquery-vidrovitch a voulu remonter aux sources des persécutions dont furent victimes les noirs sous le régime nazi. le racisme ordinaire, enfant naturel du colonialisme allemand, entraîna au début du xxe siècle le massacre des herero, dans le sud-ouest africain. ensuite se mit en place un racisme scientifique, prélude à la montée du nazisme. après la prise du pouvoir par hitler viendront les lois racistes, la stérilisation, les massacres de prisonniers et les déportations.
    /> un document implacable sur l'un des aspects les moins connus des crimes du iiie reich.

  • En Afrique, aux Antilles et sur le continent américain, les esclaves ont été des acteurs majeurs et pourtant largement mésestimés de l'histoire. À rebours de l'historiographie dominante, ce livre, qui repose notamment sur les nombreux récits de vie qu'ils ont transmis, s'attache ainsi à montrer qu'ils ont contribué à l'évolution culturelle et sociale des côtes et de l'arrière-pays africains, à la création de nouvelles sociétés métissées aux Amériques ou à l'invention de formes de résistance.
    En restituant l'intensité des échanges noués entre l'Afrique et les Amériques, et en décrivant l'importance de phénomènes tels que la traite dans l'Atlantique sud ou la généralisation de l'esclavage interne précolonial dans les sociétés africaines du XIXe siècle, Être esclave offre une synthèse particulièrement éclairante des apports les plus récents de l'historiographie internationale sur l'esclavage.

  • Une histoire de la France coloniale ? Pour quoi faire ? Pour compléter les histoires de la France rurale, de la France citadine, de la France religieuse? Pour renouveler l'histoire des colonies françaises écrite selon la mode des années 1930 ? Pour écrire enfin une histoire scientifique à partir des documents d'archives et des recherches universitaires récentes ? Ce livre, rédigé par une équipe de professeurs d'université spécialistes de l'histoire coloniale moderne et contemporaine, se veut une histoire qui soit autre chose qu'un naïf récit d'épopée ou un catalogue d'abominations colonialistes.
    Il apporte des réponses précises aux questions les plus difficiles : pourquoi la France a-t-elle, inlassablement, pendant cinq siècles, été tentée par l'aventure outre-mer et retenue par l'entreprise coloniale ? Quelles furent les motivations successives des acteurs anciens et des décideurs modernes ? Doit-on croire que les mobiles économiques, ou patriotiques, ou religieux, ou diplomatiques furent essentiels ? L'opinion française fut-elle enthousiaste, réservée ou indifférente ? L'imaginaire social, le goût de l'exotisme, l'attrait de la puissance et de la gloire ont-ils joué un rôle appréciable ? Sur ces questions : le rôle de l'Empire, le jeu politique, le processus de la décolonisation, les auteurs ont fait le point, de manière neuve et impartiale, cernant les réalités multiples d'un concept dont il était nécessaire de ressusciter la richesse.

  • Le passager clandestin publie pour la première fois ce document inédit et exceptionnel : un rapport que la République française enterra en 1907, parce qu'il mettait violemment en cause sa gestion coloniale. Ce document est le fruit des données recueillies entre juin et septembre 1905 par Pierre Savorgnan de Brazza, au cours de son ultime mission au Congo français. Le rapport qui fut rédigé par le ministère à partir des archives de la mission, jugé explosif, ne fut jamais publié. Il fut oublié et on le crut perdu... Il met en lumière un système inefficace, coûteux pour l'État et surtout à l'origine d'abus massifs et intolérables. Il montre le poids exercé par les intérêts privés sur la politique coloniale. Il prouve que l'administration française ne pouvait ignorer ces dérives, qu'elle les tolérait et que, dans une certaine mesure, elle les couvrait.
    Cette publication est accompagnée de nombreuses autres archives inédites, et d'une présentation détaillée par Catherine Coquery-Vidrovitch, professeure émérite de l'université Paris-Diderot, historienne de l'Afrique et de la colonisation. Le passager clandestin met ici à la disposition de tous un document fondamental pour appréhender les enjeux, les pratiques et les prolongements de l'histoire coloniale européenne du tournant du XXe siècle.
    " Tout se passe comme si on avait affaire à un cas d'amnésie collective, ou plutôt à une volonté collective de ne pas savoir, de ne pas se souvenir. " (Catherine Coquery-Vidrovitch) En 1903, le journaliste britannique Edmund Morel entreprend de lancer une campagne européenne contre les abus du " caoutchouc rouge " (sanglant) de l'État indépendant du Congo, le futur Congo belge, alors soumis au pouvoir discrétionnaire de Léopold II, roi des Belges. Côté Congo français, les abus sont réputés moins criants. Néanmoins ils sont assez réels pour provoquer quelques remous dans la presse et au parlement au cours de l'année 1904-1905. En 1905, pour tenter de faire taire les rumeurs et calmer l'impatience des autres puissances coloniales de la région, les autorités françaises se sentent obligées de dépêcher sur place une mission d'inspection. Telle est l'origine de la dernière mission en Afrique de Pierre Savorgnan de Brazza, partie le 5 avril 1905 de Marseille, qui entraîna la mort de l'explorateur, le 14 septembre 1905, à l'escale du retour à Dakar.

  • Ce livre traite des esclaves en Afrique, aux Antilles et sur le continent américain, en s'attachant à montrer le rôle majeur qu'ils y ont joué et en restituant leur histoire grâce aux nombreux récits de vie qu'ils ont écrits ou qui ont été recueillis. Synthèse des apports de l'historiographie internationale, cet ouvrage contribue à une meilleure connaissance d'un phénomène majeur de notre histoire et rappelle que les principaux acteurs en furent les esclaves. En restituant l'intensité des échanges noués entre l'Afrique et les Amériques, sans négliger l'importance des Européens, il dépasse une vision européocentrique encore dominante.

  • L'économie du Congo-Brazzaville est grevée d'un lourd passé. Domaine privilégié des grandes compagnies concessionnaires qui se sont partagées le pays à la fin du siècle précédent, le « Congo Français » a connu, jusque dans les années trente, un régime fondé sur la contrainte : impôt de capitation, recrutements autoritaires de travailleurs, cultures obligatoires de plantation, ont favorisé les abus, affaibli les populations et accru la misère. La nouvelle République a ainsi souffert dès le départ de déséquilibres structurels massifs résultant de cet héritage sans perspective. Pourtant, les atouts sont nombreux. Le Congo de 1958 n'est plus celui de Céline. Il est « modernisé », sa population urbanisée et prolétarisée. D'un pays primitif, il est devenu un véritable pays sous-développé, une région périphérique du système capitaliste mondial. Les réalisations économiques du régime « socialiste » actuel sont limitées. L'accueil au capital étranger n'a été, à aucun moment, remis en cause. Les industries légères commencent à plafonner. La création d'un secteur commercial d'Etat a jusqu'à présent échoué. Le développement impossible dans le cadre étroit des frontières, impliquerait l'organisation planifiée d'un vaste espace économique, animé par de puissantes industries de base autocentrées. Mais la modestie des résultats ne doit pas être attribuée seulement aux orientations nouvelles de la politique économique, en feignant d'ignorer la réalité du passé colonial.

  • Inventeur du terme de "psychonévrose" et spécialiste des répercussions organiques des troubles psychiques, Paul Dubois peut être considéré comme un précurseur des " thérapies cognitivo-émotionnelles". Plutôt que de se concentrer sur les symptômes, il s'agit - après avoir créé un lien puissant de sympathie et de confiance - d'attirer l'attention raisonnée du patient. Voici les multiples variantes de sa méthode pour rester au plus près du cas.

  • Le présent ouvrage rassemble les communications présentées lors d'une conférence internationale tenue à Paris en décembre 1984. Cette conférence a été le moment fort d'un travail de réflexion, engagé dès 1983 et poursuivi depuis, mené en collaboration entre le Laboratoire C.N.R.S./Paris VII "Tiers-Monde, Afrique", le Central African Project de l'Université Columbia de New York, le Centre d'Etudes et de Documentation sur l'Afrique de Bruxelles. Ce livre se veut à la fois un bilan provisoire des connaissances sur une révolte populaire africaine majeure du milieu du XXème siècle, et une recherche méthodologique sur l'histoire des mouvements de résistance rurale à partir d'une étude de cas. Les réflexions soulignent la nécessité de rejeter les vieux clichés dualistes ou manichéens pour saisir la complexité des forces, les tensions et les contradictions mises en jeu dans le mouvement de nouveaux dynamismes sociaux, économiques et politiques. De ce point de vue, l'étude de cas gagne beaucoup à être confrontée, dans une approche comparatiste, à l'étude d'autres manifestations de contestation ou d'autres tentatives, ratées ou réussies, de prise de pouvoir en Afrique. Deux problèmes majeurs sont, enfin, posés avec acuité : celui des sources et de leur interprétation ; celui de la subjectivité des approches et de la difficulté de concilier les analyses des "observateurs-chercheurs du dehors" et des "militants-acteurs du dedans".

  • Le présent ouvrage rassemble les communications présentées lors d'une conférence internationale tenue à Paris en décembre 1984. Cette conférence a été le moment fort d'un travail de réflexion, engagé dès 1983 et poursuivi depuis, mené en collaboration entre le Laboratoire C.N.R.S./Paris VII " Tiers-Monde, Afrique ", le Central African Project de l'Université Columbia de New York, le Centre d'Etudes et de Documentation sur l'Afrique de Bruxelles. Ce livre se veut à la fois un bilan provisoire des connaissances sur une révolte populaire africaine majeure du milieu du XXe siècle, et une recherche méthodologique sur l'histoire des mouvements de résistance rurale à partir d'une étude de cas. Les réflexions soulignent la nécessité de rejeter les vieux clichés dualistes ou manichéens pour saisir la complexité des forces, les tensions et les contradictions mises en jeu dans le mouvement de nouveaux dynamismes sociaux, économiques et politiques. De ce point de vue, l'étude de cas gagne beaucoup à être confrontée, dans une approche comparatiste, à l'étude d'autres manifestations de contestation ou d'autres tentatives, ratées ou réussies, de prise de pouvoir en Afrique. Deux problèmes majeurs sont, enfin, posés avec acuité : celui des sources et de leur interprétation ; celui de la subjectivité des approches et de la difficulté de concilier les analyses des " observateurs-chercheurs du dehors " et des " militants-acteurs du dedans ".

empty