• Marie : c'est con l'amour.
    C'est une question de pouvoir. un mec qu'on aime vraiment assez pour être fidèle, il ne vous baise plus. quand on le trompe, il vous baise, c'est simple. c'est pas qu'ils devinent qu'on les trompe, c'est qu'ils comprennent qu'on leur échappe.
    Dans les films de catherine breillat, s'il est crûment question de sexe, il n'y a ni pornographie, ni érotisme. son cinéma est une traversée du désir féminin que la psychanalyse méconnaît et que le cinéma connaît trop peu.

    " je suis violemment puritaine. seulement, je n'ai pas froid aux yeux non plus. j'ai envie de filmer des choses qui me font peur à moi-même, et qu'en même temps je trouve extrêmement délicieuses. si on n'est pas puritain, il n'y a pas d'excitation. il faut que je sois puritaine pour filmer ces scènes-là, sinon, je ne le ferais pas. on est quand même à l'époque post-psychanalytique.
    Qu'est-ce que ça veut dire ? que la psychanalyse est un échec complet, et que ça ne soigne personne.
    Elle ne vous enlève pas vos complexes, mais par contre, elle vous permet de vivre avec et de les affectionner plus. " catherine breillat romance, est interprété par caroline ducey, sagamore stévenin, françois berléand et rocco siffredi. le scénario est précédé du texte intitulé " de la femme et la morale au cinéma, de l'exploitation de son aspect physique, de sa place dans le cinéma comme auteur, comme actrice, ou comme sujet ", écrit par catherine breillat et lu publiquement à téhéran, en février 1998, à l'occasion d'un colloque autour du thème " sur la présence de la femme dans le cinéma contemporain.
    ".

  • Anaïs a 12 ans, elle porte le poids du monde.
    Son corps, c'est à la fois la citadelle de sa douleur et une forteresse. tapie à l'abri, ou laissée pour compte, elle observe. c'est l'été, la mer, les vacances en famille. les amours de vacances. c'est donc l'apprentissage du premier amour. cet apprentissage, anaïs va le faire par procuration. elle observe sa soeur aînée, elena, aimée (et haïe), elena a quinze ans et la beauté du diable. ni plus futile, ni plus bête que sa cadette, mais qui ne peut pas comprendre qu'elle n'est qu'un objet du désir.
    Et qu'en tant qu'objet elle ne peut que se faire prendre. ou avoir. d'ailleurs, il s'agit de cela, la perte de la virginité des filles. et qui ouvre la porte au drame, cet été-là.

  • Les rêves des jeunes filles sont sanguinaires, et Alice en est une vraie, qui traîne sa docilité et son apparente passivité comme sa culotte, en permanence au bas de ses pieds.
    Car ce qui l'entrave comme un boulet, c'est cette adolescence qui n'en finit pas, cette souffrance incroyable, ce désir dont elle ne sait rien de tangible mais qui la liante comme le fantôme d'un avenir impossible.
    Quand les grandes vacances sont vécues comme une perte interminable.
    Quand les parents ne vous encadrent que comme des geôliers avec qui on ne partage rien que le pesant silence des repas.
    Quand le jeune homme auprès duquel on revient inlassablement rôder à la scierie s'appelle Jim, alors l'imaginaire déborde et rompt soudain les digues engluées de la morale.
    Alors le plaisir est dans la honte même.

  • Bad love

    Catherine Breillat


    Au cours d'un festival de cinéma, Vivian Parker, star adulée et inaccessible, porte, par défi, son choix sur Christian, jeune homme, amateur de civilisation chinoise, mais sans fortune. Ils visitent ensemble les chutes du Niagara et prise de vertige, Vivian lui dévoile sa vraie personnalité. Les deux amants racontent tour à tour la passion qui les a liés, jusqu'au fait divers qui y met fin.


  • «L'amour physique, c'est le fracas du trivial et du divin.» La réalisatrice de Romance, le film-événement du printemps 1999, nous offre ici une brassée de textes littéraires, de tous temps et de tous pays, consacrés à l'érotisme, de D. H. Lawrence à Houellebecq, de Sade à Henry Miller, de Céline à Pasolini, d'Aragon à Pauline Réage. Si ces textes l'ont, de son propre aveu, faite ce qu'elle est, c'est d'abord parce que leurs auteurs, loin de chercher le scandale pour lui-même - mais, souvent, en bravant la censure -, ont voulu explorer les yeux ouverts un des domaines les plus mystérieux et les plus fascinants de l'être humain.
    Ils en ont rapporté des pages brûlantes, poétiques, fiévreuses, drôles, émues, passionnées, magnifiant la force et la pureté du désir, qui composent la plus troublante des invitations au voyage.

    Citations de Houellebecq, Despentes, Godard, Réage, Miller, Céline, Pasolini, Calaferte, Mailer...

  • "Belleville, c'est mon quartier, quinze ans que j'y respire le même air que les voyous. Tous ceux que j'ai arrêtés, y'a longtemps qu'ils sont tous ressortis. C'est vraiment pas la peine de jouer les méchants. Et l'entrée de la B.T. aussi, je peux vous dire que je la connais vraiment par coeur. Quinze ans que je suis arrivé simple stagiaire. Je n'ai jamais eu envie de changer. J'ai fait tout mon chemin ici, dans ce blockhaus. Mon chemin complet d'ailleurs. Maintenant qu'on m'a nommé chef de groupe, je suis au sommet. Ça paraît drôle à trente-deux berges, se dire qu'on va pas évoluer jusqu'à l'âge de la retraite. Mais je trouverai bien quelque chose. Je passerai commissaire, même si personne n'y croit". Héros d'un polar ? Plutôt d'une "chronique policière", d'un document choc qui nous montre une réalité d'aujourd'hui. Un univers où tout le monde a le même langage, le même argot, le même comportement douteux. Flics, truands, avocats véreux, jeunes délinquants. Un vrai sac d'embrouilles du côté de la Goutte d'Or.

  • Découvrez le scénario du film Sex is comedy
    « J'ai tout d'abord eu envie de faire un film sur le cinéma, sur ce processus mystérieux et ce qu'on appelle (à tort) diriger un film ou des acteurs. On ne dirige pas un film : on le fait. J'ai eu envie de faire ce film à cause de la prolifération des « making off » destinés à faire croire que le mystère du tournage est ainsi dévoilé. Lorsque les « making off » ne dévoilent que la futilité des films, l'apparence du tournage. Le coeur en reste secret. Comme le coeur du volcan. C'est le moment de l'Épreuve, celui où la peur est la même pour chacun - acteur ou metteur en scène - et qu'à ce moment-là le tournage devient un huis-clos inviolable. C'est ce huis-clos, le sujet de « Scènes intimes ». » Catherine Breillat

  • Pornocratie

    Catherine Breillat

    • Denoel
    • 29 Août 2001

    - Parce que vous n'aimez pas les femmes, vous pouvez justement me regarder.
    Je veux dire avec impartialité.
    - De quoi il s'agit ?
    - De cela. Me regarder par là où je ne suis pas regardable. Vous n'aurez pas besoin de me toucher. Votre témoignage suffira.
    - Ce sera chair, dit-il.
    Belle, jeune, mi-ange, mi-louve, une fille propose un étrange contrat à un homosexuel : qu'il s'enferme avec elle et la contemple de son oeil vierge de femmes ! Elle paiera. Jour après jour, dans une maison presque construite sur la mer et qui ressemble à un château hanté, dans une chambre avec un lit très grand où les draps immaculés tombent en avalanche, la fille s'offre, nue, dormant à son voyeur...
    Huis clos à couper le souffle entre une femme et un homme, Pornocratie est l'élucidation tragique, la mise en scène inouïe et insoutenable des fantasmes aimantant l'un vers l'autre deux sexes discordants.
    Visionnaire de cet abyme, portée par une langue crue et incendiaire, Catherine Breillat met les âmes et les chairs en sang. Elle orchestre une lente et hypnotisante assomption du féminin, véritable PORNOCRATIE à la mesure de l'univers...

  • Comment supporter l'enfance ? Que faire de notre échec à rendre l'amour absolu ? Comment filmer l'acte sexuel et approcher l'énigme du corps amoureux ? Sous la forme d'entretiens avec Claire Vassé, Catherine Breillat articule les éléments biographiques de sa vie aux enjeux de son oeuvre, construisant au fil des pages une parole à la volupté contagieuse, à la brusque poésie et aux cinglantes nuances. Après une adolescence rebelle dans un environnement puritain mais cultivé, illuminée par la découverte de Lautréamont, Sade, Bergman et Buñuel, elle entame une carrière singulière sous le double signe de la littérature et du cinéma, imposant son univers avec un aplomb innocent et déstabilisant la critique. De la rencontre de Christian Bourgois, Toscan du Plantier, Rossellini, Fellini à celle de François, le père de sa fille, ou de Christine Pascal, sa «vraie soeur», de ses relations avec les acteurs à l'alchimie secrète de ses tournages en passant par le septième art comme lieu de tous les autres, la romancière et cinéaste se livre à une introspection stoïcienne d'une implacable sincérité et d'une brûlante liberté de pensée.

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