• L'utopie est peut-être de nouveau à l'ordre du jour, et avec elle, la question des " alternatives ", les " expérimentations " sociales, la nécessité que les mouvements sociaux finissent par bousculer l'ordre politique. C'est au prisme des sciences sociales que la question est traitée ici. Comment se font et se défont les espérances politiques ? Comment les expériences comme les grèves, les manifestations et autres " occupations " modifient les façons de se représenter la société ?

  • L'égalité, la laïcité, l'Etat républicain - peu de groupes professionnels semblent aussi liés que les instituteurs à ces thèmes fondateurs de la mémoire nationale.
    Mais ce groupe fut également une figure de l'ordre, et demeure aujourd'hui encore en position ambiguë, pris entre les contraintes de sa position institutionnelle et les valeurs au nom desquelles il exerce sa fonction, entre sa propension au repli corporatif et son inclination à l'universalisme. Pour comprendre comment l'identité de cette profession s'est constituée et comment elle tend actuellement à se reconstruire, Bertrand Geay analyse successivement les caractéristiques biographiques des maîtres et les principes enfouis au sein de l'institution primaire ; il examine les définitions de l'instituteur que tendent à imposer les autres groupes sociaux ainsi que la façon dont les maîtres eux-mêmes contribuent à la construction de leur identité.
    Le syndicalisme apparaît à la fois comme l'expression des visions du monde propres à cet univers professionnel et comme une action structurante dont les effets ne sont totalement visibles qu'à l'échelle historique. Au moment où de nouvelles valeurs, issues du monde économique, tendent à inspirer les " cadres " de l'institution scolaire, et où le groupe se recompose - en particulier avec le recrutement de " professeurs des écoles " -, ce livre permet de porter un regard profondément renouvelé sur une profession placée, depuis ses origines, au centre des contradictions qui traversent notre société.


  • quelles sont les spécificités du syndicalisme dans l'education nationale ? quelles sont ses origines et quelles évolutions a-t-il connues récemment, de la crise de la fin des années 1980 aux grandes grèves du printemps 2003 ? comment la syndicalisation dans l'education nationale a-t-elle évolué ? cet ouvrage apporte tous les éléments objectifs qui permettent d'appréhender les formes de représentation professionnelle caractéristiques du secteur de l'enseignement.
    au-delà, l'auteur rend compte des processus de construction et de reconstruction des identités professionnelles propres à ce secteur d'activité. dans un contexte marqué par de nombreuses tentatives de réforme du système d'enseignement, il met en perspective, en particulier pour les enseignants les plus jeunes ou pour les usagers, les réactions des personnels à ce qu'ils perçoivent comme une remise en cause du service public d'éducation.
    il permet aux enseignants les plus insérés dans la profession de se réapproprier une histoire connue le plus souvent sur un mode intuitif.

  • Au printemps 2006, une mobilisation étudiante et lycéenne de grande ampleur, au centre d'un mouvement interprofessionnel réunissant la quasi-totalité des grandes organisations syndicales, conduisait au retrait du "contrat première embauche" (CPE).
    Cette victoire marquait une rupture après des années de reculs sur le terrain de la défense de l'Etat social et permettait d'espérer en la reprise du "mouvement social". Cette mobilisation de la jeunesse scolarisée a surpris et démenti la représentation commune d'une jeunesse " dépolitisée" et repliée sur elle-même. Surgissait au contraire une génération intéressée aux questions sociales et économiques, préoccupée de son avenir, et soucieuse de la conduite des choses politiques.
    Produit d'une recherche collective, cet ouvrage dissèque de l'intérieur le déroulement de cette mobilisation en s'appuyant sur un dispositif d'enquêtes multiples, à la fois monographique et statistique, local et national. La décomposition analytique de ce qui apparaît comme une sorte de

  • En 1966, H. Becker écrivait que « les sociologues aiment parler de fonctionnement, de processus, etc., mais [que] leurs méthodes les empêchent, en général, de saisir concrètement les processus dont ils parlent si abondamment ». Près de cinquante ans plus tard, les techniques permettant de saisir les processus in itinere, que l'on a pris pour habitude de qualifier de longitudinales se sont développées. Ces méthodes de recueil et d'analyse longitudinales sont rarement discutées ensemble et sont au contraire souvent présentées comme constitutives de traditions de recherche opposées. C'est à ces différentes manières de faire usage des techniques longitudinales que cet ouvrage voudrait constituer une introduction.

    Avec le soutien de l'unité de recherche « Mobilité, logement, entourage » de l'Ined - Institut national d'études démographiques, du Curapp et l'université Picardie Jules Verne.

  • En politique tout particulièrement, parler, c'est déjà agir, ordonner la réalité, produire une vision du monde. Le domaine politique est aussi le théâtre d'échanges qui prennent, pour une large part, la forme de rapports de force. Ce faisant, le langage intéresse pour son efficacité propre, qui ne se réduit pas aux effets rhétoriques qu'il produit.

    La politique offre ainsi un champ d'étude particulièrement stimulant à qui veut comprendre comment le langage peut se voir doté de cette efficacité particulière qui lui permet, selon les cas, de conforter l'état des choses ou de changer le monde.

    S'inspirant en toile de fond des études séminales sur les actes de parole de J. L. Austin et des réflexions sur le pouvoir symbolique de P. Bourdieu, ce volume réunit des travaux pluridisciplinaires qui s'attachent à comprendre, dans leur diversité d'aspects, les effets que le langage peut avoir dans les rapports sociaux d'ordre politique.

    Contributeurs : Bruno Ambroise, Solange Chavel, Ross Charnock, Françoise Dufour, Bertrand Geay, Thierry Guilbert, Pierig Humeau, Frédéric Lebaron, Sophie Richardot, Denis Vernant, Laurent Willemez.

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