Littérature traduite

  • Design pour un monde réel

    Victor Papanek

    • Les presses du reel
    • 27 Août 2021

    Réédition critique en français d'un ouvrage absolument précurseur et fondamental pour l'inclusion des problématiques sociales, environnementales et des enjeux de durabilité dans les démarches de conception : le manifeste d'une reconfiguration radicale du domaine du design, de ses formes mais surtout de sa mission.
    Paru en 1971, publié dans plus de vingt langues, mais indisponible en français depuis 1974, Design for the Real World est, bien plus qu'un classique de l'histoire du design, le livre-manifeste de tout design politique et écologique. Il vise l'inclusion sociale plutôt que le profit monétaire, lutte contre l'asservissement des besoins au marché, prône le respect de l'environnement plutôt que l'exploitation illimitée de la nature et de ses ressources. Cette réédition critique de la traduction française, accompagnée d'essais d'Alison J. Clarke et Emanuele Quinz, offre un aperçu du programme de Victor Papanek : confier au design une mission révolutionnaire, qui, aujourd'hui plus que jamais, révèle son étonnante pertinence.

  • Une critique politique et esthétique radicale du capitalisme racial ainsi que des modes d'expérimentation sociale en forme de résistance au commun colonial, par Stefano Harney (théoricien en économie politique) et Fred Moten (poète et théoricien des black studies).
    Les sous-communs est une série d'essais publiée en 2013 par deux amis, Stefano Harney et Fred Moten. Les auteurs y proposent une critique du capitalisme racial et de ses outils, ainsi que des modes d'expérimentation sociale en résistance au colonial. La recherche passe par l'étude et se déroule bien au-delà de l'université, au travail, lors d'une pause cigarette, en famille, autour d'un repas, à la lisière de la lutte et de la fuite, à l'intérieur d'un mouvement de tremblement des fondations impérialistes, d'un mouvement de refus des termes du combat tel qu'il est imposé, vers la construction d'un espace social et politique en perpétuel déplacement. Le lieu et l'être sous-communs relèvent de l'incertitude de la création collective, de l'habitation par l'échange, de l'improvisation comme critique.
    Les sous-communs s'écrit dans le sillage de la tradition radicale noire de manière à la fois théorique et poétique, auprès d'auteurices comme Cedric Robinson, Saidiya Hartman, Édouard Glissant ou Frantz Fanon. Cette édition, accompagnée d'une préface de Jack Halberstam, est le fruit d'un travail collectif de traduction mené lors d'ateliers durant un peu plus de deux ans.

    « Y a-t-il une façon d'être intellectuelle qui n'est pas sociale ? Quand je pense à la manière dont nous utilisons le mot "étude", je crois que nous sommes attachés à l'idée que l'étude est ce qu'on fait avec d'autres. C'est parler et se balader avec des gens, travailler, danser, souffrir - une irréductible convergence des trois, contenus dans l'expression pratique spéculative. Il y a l'idée d'une répétition - être dans un genre d'atelier, jouer dans un groupe, en impro, des vieux assis devant chez eux, ou des gens qui travaillent ensemble à l'usine... ces différents modes d'activité. (...) Faire ces choses signifie être impliqué·e dans une sorte de pratique intellectuelle commune. Ce qui est important c'est de réaliser que ça a déjà été le cas - parce que cela (te) permet d'accéder à toute une histoire de la pensée, multiple, alternative. »

  • Du tissage

    Anni Albers

    • Les presses du reel
    • 7 Septembre 2021

    Rédigé par l'une des pionnières de l'art textile au XXe siècle, cet ouvrage illustré offre une brillante méditation sur l'art du tissage, son histoire, ses outils et ses techniques, et sur ses conséquences pour le design moderne (nouvelle édition augmentée, avec trois textes critiques et des illustrations en couleur).
    Initialement paru en 1965, Du tissage retrace le passage de l'artisanat à la production industrielle, soulignant toute l'importance de la matérialité et les innovations créatives apparues à chaque fois que des questions de design ont été résolues à la main.
    En plaçant les matériaux et le métier à bras au coeur de sa réflexion, Anni Albers rend compte des limites imposées à la créativité et au savoir faire par la technologie et la production de masse, plaidant pour un retour à l'ingéniosité humaine aujourd'hui devenu essentiel. Sa prose limpide, captivante, s'accompagne d'une foule d'illustrations dont la grande richesse met en lumière l'histoire du médium : schémas à la main, détails de textiles précolombiens, études réalisées à partir de grains de maïs, de papier ou à la machine à écrire accompagnent de précieuses reproductions de ses propres oeuvres.
    Cette édition augmentée, qui place Du tissage à la portée d'une nouvelle génération de lecteurs, substitue aux illustrations en noir et blanc de l'édition originale des photographies en couleur. S'y ajoutent une postface de Nicholas Max Weber et deux essais de T'ai Smith et Ida Soulard qui apportent un éclairage inédit sur l'artiste et sa carrière.

  • L'homme le plus doué du monde

    Edward Page Mitchell

    • Franciscopolis
    • 15 Octobre 2013

    Nouvelle traduction du texte de science-fiction précurseur - inventant d'un même mouvement l'ordinateur moderne, l'intelligence artificielle, l'ordinateur conscient et le cyborg, qui sont depuis devenus des motifs récurrents de la science-fiction et, dans une certaine mesure, des réalités scientifiques - paru anonymement aux Etats-Unis en 1879.

  • Cruiser l'utopie décrit un mouvement, une avancée en forme de dérive entre théorie, approche philosophique, critique d'art et récit personnel. Les oeuvres citées, racontées, se mêlent au récit familial ou individuel et aux considérations plus universitaires. Cette pratique de la théorie et de l'esthétique queer s'inscrit dans une interprétation nouvelle de l'espoir tel que perçu par le philosophe Ernst Bloch, articulée à la pensée radicale noire et à la recherche poétique d'auteureices comme Fred Moten et Eileen Myles.Munoz se penche sur la période des révoltes de Stonewall (1969) et analyse par exemple les oeuvres de Frank O'Hara, Andy Warhol, Kevin Aviance, Samuel R. Delany, Fred Herko, LeRoi Jones/Amiri Baraka, Ray Johnson et Jill Johnston. À la théorie queer comme étude correspond une manière de chercher et d'écrire nouvelle, une forme d'hybridité entre la philosophie et les études culturelles. La critique est, comme par anticipation, contenue dans la pratique artistique et le quotidien contre-normatifs dont les récits, à la fois subjectifs et historiques, laissent deviner un advenir queer, lieu de transformations et de libération. Le texte, traduit par Alice Wambergue, est accompagné ici d'une préface d'Élisabeth Lebovici et d'un poème de Fred Moten.

  • Architecture non-référentielle

    Markus Breitschmid

    • Caryatide
    • 5 Janvier 2022

    Première traduction française du célèbre manifeste de Valerio Olgiati et Markus Breitschmid pour une nouvelle approche de l'architecture dans un monde exempt d'idéologies et de références : une lecture incontournable pour tous ceux qui s'intéressent à l'architecture.
    Plus que jamais, l'architecture a besoin de provocation, d'une nouvelle voie au-delà de la notion traditionnelle selon laquelle les bâtiments doivent servir de vaisseaux ou de symboles de quelque chose d'extérieur à eux-mêmes. Architecture Non-Référentielle n'est rien de moins qu'un manifeste pour une nouvelle architecture. Il réunit deux penseurs de premier plan, l'architecte Valerio Olgiati et le théoricien Markus Breitschmid, qui se sont penchés sur ce problème depuis leur première rencontre en 2005. Dans un monde qui rejette de plus en plus les idéologies, quelles qu'elles soient, Olgiati et Breitschmid proposent une approche radicale et nouvelle, libérée des idéologies rigides. Les bâtiments non référentiels, soutiennent-ils, sont des entités qui ont elles-mêmes un sens en dehors d'un vocabulaire de symboles et d'images fixes et de leurs connotations historiques. Depuis plus d'une décennie, la réflexion d'Olgiati et Breitschmid les a placés à l'avant-garde de la théorie architecturale. Indispensable pour comprendre ce que l'avenir pourrait réserver à l'architecture, Architecture Non-Référentielle deviendra un nouveau classique.

  • Introduction à l'esthétique

    Nakai Masakazu

    • Les presses du reel
    • 4 Novembre 2021

    Première traduction en français d'une oeuvre du philosophe japonais, ce livre, pensé à partir de la photographie et du cinéma, propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu'il implique.
    L'oeuvre de Nakai Masakazu (????1900-1952) offre un nouveau regard japonais sur l'art, la technique et le monde contemporain. Loin de tout particularisme culturel et cependant profondément originale par rapport aux conceptions occidentales du beau, Introduction à l'esthétique permet de découvrir un univers sans double-fond, tout en surfaces et reflets, où se rejoignent intimement matérialisme et phénoménologie. Pensé à partir de la photographie et du cinéma, en dialogue avec Cassirer, Heidegger, Marx et les auteurs de l'École de Francfort, ce livre propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu'il implique.
    Traduit du japonais, annoté et présenté par Michael Lucken, historien et professeur à l'Inalco, avec une préface de Carole Maigné, philosophe et professeure à l'Université de Lausanne.

  • Le végétal au premier plan de la pensée philosophique.
    Là où les philosophes contemporains s'abstiennent d'aborder la vie végétale sous l'angle ontologique et éthique, Michael Marder place les plantes au premier plan de l'actuelle déconstruction de la métaphysique. Il identifie les caractéristiques existentielles du comportement des plantes et l'héritage végétal de la pensée humaine afin de confirmer la capacité qu'ont les végétaux à renverser le double joug de la totalisation et de l'instrumentalisation. Au fil de son écriture, Marder se penche sur les plantes du point de vue de leur temporalité, de leur liberté et de leur sagesse. La pensée végétale vient caractériser tant le mode de pensée non cognitif, non idéel et non imagé qui leur est propre que le processus consistant à ramener la pensée humaine à ses racines et la rendre végétale.

  • Si loin, si proche : cartographie, technologie et politique

    Laura Kurgan

    • Les presses du reel
    • 21 Octobre 2021

    Une analyse des représentations spatiales que les humains se donnent à partir des nouvelles technologies numériques de localisation et de cartographie, à l'aune des enjeux politiques qui accompagnent leurs multiples interprétations.
    Le début du XXIe siècle a été le théâtre d'une mutation révolutionnaire de notre capacité à parcourir, habiter et définir l'espace. Les innombrables flux de données qui s'insinuent dans nos vies renferment toujours plus de relevés GPS (Global Positioning System) et d'images satellites dont la qualité était autrefois uniquement accessible à quelques agences militaires et de renseignement, tandis que les puissants programmes liés au SIG (système d'information géographique) sont aujourd'hui des outils répandus. Ces nouvelles technologies soulèvent des questions fondamentales portant sur les limites de l'espace physique et de sa représentation et de l'espace virtuel et de sa matérialisation. Dans Si loin, si proche, Laura Kurgan mène une réflexion théorique sur ces outils de géolocalisation accompagnée d'une série d'expérimentations cartographiques et visuelles reposant sur les données spatiales. Plutôt que d'envisager les technologies GPS et SIG comme de simples objets de fascination et de crainte, cet ouvrage en fait les sujets et les supports d'une investigation critique.
    Si loin, si proche témoigne de situations conflictuelles majeures et des transformations survenues dans notre appréhension de l'espace. Kurgan déploie son travail cartographique et analytique pour analyser des crimes de guerre, des schémas d'incarcération ou des pratiques de déforestation, du Koweït (1991) à New York (2001) en passant par le Kosovo (1999). Au moyen d'instruments et de logiciels géographiques conçus pour un usage militaire et gouvernemental dans divers champs d'application - reconnaissance, surveillance, balistique, recensement, sécurité intérieure -, Kurgan examine la dimension politique et les complexités de ces technologies et de leur usage. Au croisement de l'art, de l'architecture, de l'activisme et de la géographie, ces textes et ces projets dévoilent les zones d'ombre intrinsèques à la collecte d'information et de données tout en jetant un regard neuf sur les territoires que ces pratiques ont contribué à défricher.

  • Fétichisme et curiosité

    Laura Mulvey

    • Brook
    • 16 Octobre 2019

    L'édition française de l'essai de Laura Mulvey - figure des études féministes au cinéma, l'une des premières à interroger l'image et l'écriture cinématographique au regard du genre -, autour du concept de fétichisme (tel que développé par Marx et Freud) dans le cinéma de Douglas Sirk, Jean-Luc Godard, Orson Welles, Ousmane Sembène et David Lynch, aussi bien que dans le travail des artistes Cindy Sherman et Jimmie Durham.

  • Première traduction en français d'une oeuvre de la sociologue et féministe japonaise Chizuko Ueno, qui interroge le rapport des femmes aux tragédies historiques, à la violence, à la guerre et terrorisme, refusant toute forme de violence, étatique comme domestique, en même temps que de domination.
    En interrogeant les rôles de genre dans le regain de violence consécutif aux attentats du 11 septembre 2001, Ueno Chizuko s'efforce de répondre à la question : le féminisme doit-il revendiquer l'égalité des sexes jusque dans la participation à la guerre ou à la lutte armée ? Reprenant le débat qui déchira les féministes américaines, elle propose ici un réexamen du rôle des femmes à travers l'historique des luttes d'émancipation nationale (Algérie, Vietnam, Chine), des mouvements terroristes japonais (Armée rouge unifiée, Armée rouge japonaise), ainsi que du soutien à l'arrière de féministes japonaises à la guerre expansionniste des années 1930-1940. Quelle place les femmes ont-elles occupé dans ces processus ? Quel bénéfice en auraient-elles tiré ? Aucune promesse d'émancipation n'a été tenue. Parce qu'être prêt(e) à sacrifier sa vie pour une cause entraîne le plus souvent un culte mortifère de la force. Or, le féminisme est une idéologie permettant aux êtres de survivre aux tragédies de ce monde. Tant que la violence entre États ne sera pas criminalisée et que les violences domestiques seront réduites à une affaire privée, ces drames ne pourront cesser. Le rôle du féminisme est de rompre ce cercle infernal : refusant aussi bien la violence que la domination, il est porteur d'Une idéologie pour survivre.

  • Brève histoire des musiques actuelles

    Hans Ulrich Obrist

    • Les presses du reel
    • 30 Mars 2021

    Une anthologie des nouvelles formes musicales au XXe siècle.
    Cette publication réunit dix-huit entretiens menés par Hans Ulrich Obrist avec des musiciens pionniers des années 1950 à 1980 : compositeurs d'avant-garde (Elliot Carter, Pierre Boulez ou Karlheinz Stockhausen) ; précurseurs de la musique musique électro-acoustique (Iannis Xenakis, Robert Ashley, François Bayle, Pauline Oliveros, Peter Zinovieff) ; artistes minimalistes et post-Fluxus (Éliane Radigue, Terry Riley, Tony Conrad, Steve Reich, Yoko Ono, Phill Niblock) ; ainsi que des figures musicales influentes comme Brian Eno, Kraftwerk, Arto Lindsay et Caetano Veloso. Leurs contributions retracent l'évolution du domaine musical : des premières expériences de musique concrète et abstraite aux développements électroniques, puis à l'hybridation de la culture populaire et de l'avant-garde.
    Edition française, augmentée (notamment d'un entetien inédit avec Éliane Radigue), de l'ouvrage paru en anglais en 2014.

  • Un hiver de neige

    Peter Kurzeck

    • Diaphanes
    • 1 Août 2018

    Premier volume de la grande chronique autobiographique et poétique de Peter Kurzeck intitulée Le vieux siècle, Un hiver de neige dessine le portrait d'une ville, Francfort, et plus largement de l'Allemagne et des Allemands au début des années 1980. La porte d'entrée sur un projet littéraire colossal, souvent comparé à ceux de Proust, de Joyce et de Döblin.

    Peter Kurzeck travaillait depuis une quinzaine d'années à un cycle qui devait comporter douze volumes et qu'il avait intitulé Le vieux siècle, quand la mort est venue l'interrompre. Ce texte d'abord conçu comme une préface à un petit livre sur un quartier de Francfort, le quartier de la gare détruit par la spéculation immobilière des années 60 et 70, s'est épaissi à mesure du temps, cherchant à embrasser l'année 1983/1984 et bien au-delà, suivant les méandres du récit et de la mémoire, remontant à l'enfance, la jeunesse, recouvrant le passé, recouvrant la vie. C'est l'entrée dans un monde unique, cohérent, consistant - un univers.
    On le compare souvent à Joyce pour la complexité de ses structures narratives, à Proust pour son fétichisme de la mémoire, ou à Döblin pour ses personnages de petits bourgeois. Mais pourquoi le comparer ? Le nom de Kurzeck se suffit à lui-même...

  • Gertrude Stein et les arts

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    • Les presses du reel
    • 27 Août 2019

    Une réévaluation collective du rapport de Gertrude Stein aux arts, qui permet de complexifier les rapports entre écriture et arts visuels dans son oeuvre.

    De profondes affinités lient Gertrude Stein aux arts, qu'ils soient visuels, plastiques, vivants. La sensibilité esthétique de Gertrude Stein a fait d'elle non seulement l'amie et la mécène des plus grands artistes du XXe siècle, mais également l'auteur d'une écriture qui répondait, dialoguait continûment avec les arts de son temps et l'histoire de l'art. Même si c'était la volonté de Stein de créer des liens entre écriture et arts, ce rapport ne serait qu'imparfaitement relaté si on s'en tenait à l'évidente sur-présence de la peinture et de la sculpture dans sa vie. Outre les études novatrices sur la relation de Stein à Duchamp et Picabia, outre les études sur la construction du mythe de Stein en peinture et la réception de ses écrits par les artistes, ce volume cherche à couvrir un terrain plus étendu, qui va de la photographie au cinéma. Ainsi, cet ensemble d'études cherche à réévaluer le rapport de Gertrude Stein aux arts et à complexifier les rapports entre écriture et arts visuels dans son oeuvre.

  • Première traduction française de l'essai de l'architecte espagnol José Ignacio Linazasoro.
    S'interroger sur le sens de l'architecture signifie essayer d'établir un principe de légitimation globale et intemporelle, ne se référant pas seulement au passé ou au présent. L'architecture moderne, malgré le fait qu'elle se présente sous une condition fragmentaire, aspire, pour cette même raison, à une totalité perdue.
    Dans ce texte, élaboré du point de vue d'un architecte et non de celui d'un critique ou d'un historien, l'objectif est de vérifier comment les récits architecturaux modernes, bien que fragmentaires, se réfèrent toujours à un Ordre qui continue à servir de référence. Il tente ainsi d'expliquer pourquoi l'architecture continue d'avoir sa propre identité à travers le temps et pourquoi elle continue d'être aussi nécessaire.

  • L'art et ses agents ; une théorie anthropologique

    Alfred Gell

    • Les presses du reel
    • 14 Mai 2009

    La traduction française du livre majeur de l'anthropologue anglais Alfred Gell, l'une des toutes premières tentatives anthropologiques de définition de l'art, un ouvrage fondamental, tant pour les historiens de l'art que pour les anthropologues, et dont le concept principal (agency, « agentivité ») a depuis longtemps été repris par maints théoriciens.
    Plutôt que de penser l'

  • Bebuquin ou les dilettantes du miracle

    Carl Einstein

    • Les presses du reel
    • 1 Janvier 2000
  • Zones mortes

    Shulamith Firestone

    • Brook
    • 11 Mai 2020

    Première traduction française du premier roman de l'artiste, activiste et théoricienne féministe radicale canadienne.
    Publié par les éditions Semiotext(e) en 1998 sous le titre Airless Spaces, Zones mortes est le premier roman de Shulamith Firestone. Elle écrit ces courtes nouvelles alors qu'elle s'écarte progressivement d'une carrière d'activiste féministe et se trouve dans un état de plus en plus proche de l'asphyxie. Ces histoires sont celles de personnes en proie à la pauvreté presque institutionnelle de New York, mises en danger par des allers et retours entre hôpital psychiatrique et quotidien sclérosé. Sur la quatrième de couverture de l'édition originale, on lit les mots de la poète Eileen Myles : « Le vingtième siècle, qui m'est le plus familier, n'a pas fini d'exploser en particules de plus en plus minces. La fable radicale que nous conte de l'intérieur Shulamith Firestone s'infiltre en nous comme une fine pluie abrasive. Elle nous annonce une disparition orchestrée par l'institutionnalisation de ce siècle, qui nous dépouille de tout notre être jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne pour fermer la porte. ».
    L'édition en français proposée ici, dans une traduction d'Émilie Notéris, est accompagnée d'un texte de Chris Kraus, autrice et première éditrice du livre.

    « J'ai rêvé que je me trouvais sur un navire en perdition. Il s'agissait d'un luxueux paquebot à l'instar du Titanic. L'eau s'infiltrait doucement, les passagers et les passagères se savaient condamné·e·s. Allégresse et gaieté régnaient sur les deux ponts supérieurs, nous étions sur notre 31, nous mangions, buvions et rions, puisque bientôt nous ne serions plus. Une note d'hystérie planait néanmoins sur les réjouissances ; j'observais ici et là des choses étranges se dérouler comme dans un dessin de Grosz. ».
    Shulamith Firestone, Zones mortes

  • Un diagnostic caustique de la situation de l'art et du monde actuels, proposé par l'une de ses protagonistes majeures.
    Comment penser les institutions artistiques à une époque caractérisée par la guerre civile planétaire, les inégalités croissantes et la technologie numérique propriétaire ? Les frontières de ce qu'était une institution se sont estompées. Parties de l'extorsion de tweets auprès du public, elles se prolongent dans un futur du « neurocurating » où les oeuvres surveilleront les visiteurs via des dispositifs de reconnaissance faciale et d'oculométrie, évaluant leur propre popularité et détectant la présence de comportements suspects.
    Dans De l'art en duty free, l'écrivaine et vidéaste allemande Hito Steyerl questionne notre capacité à apprécier et à produire de l'art à l'époque actuelle.
    Que faire lorsque les fabricants d'armes financent les musées et que les oeuvres d'art servent de monnaie d'échange sur des marchés spéculatifs déconnectés du travail productif ? Peut-on faire le tri entre l'information, les fake news et le bruit blanc numérique qui bombradent notre quotidien ? En s'emparant de thématiques aussi variées que celles des jeux vidéo, WikiLeaks, la prolifération des ports francs et l'action politique, Hito Steyerl dévoile les paradoxes qui traversent la mondialisation, les économies politiques, la culture visuelle et le statut de la production artistique.

  • Première parution de l'essai de l'architecte espagnole Elisa Valero Ramos.
    Dans « La théorie du diamant » le projet d'architecture est envisagé autant dans sa dimension pratique que théorique. Pensée critique et création sont ici indissociables. C'est ainsi que le travail de l'architecte est comparé à celui du tailleur de diamants et la pensée s'articule autour de trois axes de réflexion : le regard attentif, la précision de la taille, et le travail risqué. Sept oeuvres d'architecture, sept « espaces-diamants », viennent donc illustrer cette théorie.

  • Aisthétique ; pour une esthétique de l'expérience sensible

    Gernot Bohme

    • Les presses du reel
    • 27 Février 2020

    Une science de l'expérience sensible prolongée par une théorie des atmosphères, aux origines de l'esthétique philosophique.
    L'esthétique ne commence pas par le beau, mais par l'aïsthésis. L'« aisthétique » a pour but de remonter aux origines de l'esthétique philosophique, conçue d'abord comme une science de l'expérience sensible, tout en prolongeant celle-ci en direction d'une théorie des atmosphères. Comment se sent-on et que perçoit-on lorsque l'on pénètre dans un espace chargé d'une certaine ambiance ? En donnant toute sa place à cet espace intermédiaire où les expériences affectives jouent un rôle considérable, la relation entre objet et sujet se trouve profondément retravaillée. Milieux naturels ou environnements artificiels, scénographies théâtrales, architectures ou design d'objet : les atmosphères sont ce qui fait naître les choses et offrent à l'être vivant un sentiment d'existence.

  • La rencontre entre l'artiste international Gary Hill et Martin Cothren, Amérindien ouvrier pêcheur de la réserve Yakama, jeté en prison et mort sans abri peu après sa libération : conçu par Gary Hill, cet ouvrage singulier alterne le récit par l'artiste de leur histoire commune sur vingt ans, touchante et tragique (l'occasion pour Hill de revenir sur son propre parcours) et les lettres de Cothren, entrecoupées pas ses dessins naïfs extraordinaires.
    Gary Hill a rencontré Martin Cothren alors qu'il cherchait des figurants pour son installation vidéo Viewer, en 1996. La rencontre fortuite entre cet Américain californien blanc - artiste dont l'oeuvre est exposée dans les plus grands musées internationaux - et cet Indien américain - ouvrier pêcheur à Seattle - s'est transformée, au cours de leurs échanges sur une vingtaine d'années, en une amitié ambivalente dans son rapport à l'autre, englobant la frustration, la paranoïa, la générosité, le pardon et la profonde tristesse. Une relation dont le secret est peut-être dans le non-dit.
    Néanmoins, dans l'espace de ce livre, cette « rencontre » prend la forme d'un jeu de piste non linéaire surgi d'une mémoire encore vivante, construisant un espace fluctuant fait de dessins et de lettres manuscrites qu'ils se sont échangés et où s'intercalent désormais des textes en prose de Gary Hill. Une manière de perpétuer cet échange dans lequel deux êtres singuliers apparemment dissemblables ne cessent de manifester leur parenté.
    La traduction s'est attachée à restituer le ton des lettres de Martin Cothren en conservant les fautes d'orthographe, le mot à mot, les espaces entre les phrases, la ponctuation (où son absence), selon le souhait de Gary Hill.

    « Je n'aurais jamais imaginé me lier d'amitié avec quelqu'un comme Martin. Selon ses propres termes - et c'est un peu ironique - c'était un taulard, un escroc, un voyou, un délinquant, un sans-abri solitaire, un «copin» toujours fauché, mon «bro». Cette amitié ne pouvait s'expliquer simplement par le fait que nous avions travaillé ensemble, car notre collaboration n'avait duré que très peu de temps - une journée, voire même en réalité quelques heures. Deux mois plus tard, il partait en prison. Il serait facile de mettre cela sur le compte du destin, mais je me suis retrouvé au fil des années à remuer ciel et terre jusqu'au dernier grain de sable dans l'espoir de trouver un indice qui m'aiderait à comprendre ce qui me tenait attaché à cet «Indien»... Est-ce qu'il y a un fond de vérité dans le proverbe «Qui se ressemble s'assemble» ? Est-ce que nous étions, pour ainsi dire, les deux faces d'une même pièce que je n'ai pas encore découverte ? ».
    Gary Hill.

    « Gary Finalement je suis pas aller pointé pour la liberté conditionel je leur ai deja dis que je ne vient pas d'Alaska et que ici j'ai nulpar ou allez je dormait chez mon copian celui qui reçu l'argent il m'a laisser dormir chez lui encore une nuit et le lendemain il ma demander de partir Il étais en liberté conditionel et il voulais pas avoir de problèmes en me laissan dormir chez lui sait normal Alors j'ai pris ce qui me restait comme argent j'ai trouver un endroit pour la nuit et le lendemain je me suis retrouver encore a la rue je me suis fai arretez prcq je trainais avec des sdf Maintenant je me dit que je serez mieux à Seattle là bas ils aide les gens quant il sorte de prison Sait la première fois que je me sent seul comme sa s'est un peu pareille comme la fois ou ma soeur été reparti en Allemagne j'allez tout le temps me couché dans son lit et je prenez son oreiller dans mes bras je pleurai ou alors je sentai son odeur Perdu C'est comme sa que je me sent. Ici je partage la chambre avec un homme il a pas de famille et personne pour leur ecrire et il est entrain de mourir s'est comme sa mes journée Si tu veut bien tu peux m'envoyé une photo de toi + tes femmes comme sa je pourrait au moin regarder des visage en liberté des amis j'ai pris 3 ou 4 ans juste pour avoir bu une bouteille de vodka avec des sdf et moi je suis sdf. ».
    Extrait d'une des lettres de Martin Cothren.

  • Ontopouvoir ; guerre, pouvoir, perception

    Brian Massumi

    • Les presses du reel
    • 4 Janvier 2021

    Une théorie originale du pouvoir basée sur une analyse dense et éclairante des conséquences de la « guerre contre le terrorisme » et de l'État sécuritaire, jusqu'à l'imposition de la logique néolibérale et aux débordements des médias rendus viraux.
    Un mode de pouvoir qui fait vivre, au sens le plus fort : l'ontopouvoir plonge dans le champ d'émergence de la vie pour l'inciter, la susciter, en moduler la prise de forme. Ne prenant plus comme objet premier, ni le pouvoir de mettre à mort, ni celui de gouverner le vivant, se prolongeant au-delà de la discipline comme du biopouvoir, l'ontopouvoir exerce une puissance de genèse. En essor depuis le 11-Septembre, il se déploie autour d'une opérativité assez novatrice pour mériter un nouveau nom : la préemption.
    À la différence et de la dissuasion et de la prévention, la préemption vise non plus le danger clair et bien présent, mais plutôt la menace. Encore indéterminée quant à son heure et ses contours, la menace a une existence incertaine. Opérer sur la menace implique d'agir sur le futur dans le présent, selon une politique de l'affect, dont le registre dominant est la peur.
    Le livre trace les linéaments de l'ontopouvoir depuis son éclosion dans la « guerre contre le terrorisme », et l'État sécuritaire correspondant, jusqu'à l'imposition de la logique néolibérale et aux débordements des médias rendus viraux. Une contribution décisive à la généalogie du régime « post-vérité » qui caractérise notre ère.

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