Empire

  • Une lecture contemporaine des grandes polarisations de la théorie du design graphique à partir de la rencontre entre deux graphistes et typographes néerlandais parmi les plus influents, Wim Crouwel et Jan Van Toorn, dans les années 1970.
    On nous rapporte que le hall du musée Fodor d'Amsterdam dans lequel se situe la scène, le 9 novembre 1972 en soirée, est « enfumé, bruyant et bondé », que l'auditoire rassemblé se fait entendre par de « fréquentes vociférations ». Le centre de cette arène fiévreuse est la rencontre de deux graphic designers, de deux graphistes, de deux typographes, Wim Crouwel et Jan Van Toorn, dans un pays où leur voix porte, où leur pensée est importante. Une rencontre, une conversation, ou plutôt une confrontation, une controverse, un débat selon le terme qui lui sera consacré, qui caractérise les représentations de notre discipline dans les années 1980 et qui pourrait avoir encore quelque écho aujourd'hui.
    Car on a pu voir dans cet échange parfois âpre l'illustration assez synthétique des grandes polarisations de la théorie du graphisme, de la typographie, du design graphique. La médiation de service contre l'écriture d'interprétariat. La planification ingénieriale contre l'invention artistique. L'ordonnancement contre le vivifiant. La technique et la critique. La distance et l'implication. La commande et la responsabilité. Le commerce et le politique. L'objectif et le subjectif. L'écrivant et l'écrivain. L'artiste, l'artisan, le designer, le scientifique. Le texte et l'image. L'auteur, le cercle des lecteurs. L'élite, le public. La beauté, la connaissance, l'expérience de lecture.
    Cet essai tente de proposer une lecture contemporaine de cet ancien débat toujours vivant. Il est servi par une iconographie originale recherchée dans les archives des deux grands auteurs regrettés.

  • Les numéros 35 à 37 de la revue critique consacrée au graphisme.
    Nº 35 - Un oeil?: le regard des artistes sur le monde moderne 1911-1938.
    Auteure?: Sonia de Puineuf.

    Dans la production graphique des artistes modernes apparaît de façon récurrente l'image de l'oeil. Celui-ci est souvent traité comme motif autonome, détaché du reste du visage, de surcroît combiné aux inscriptions et signes typographiques. Ces oeuvres sont alors à comprendre comme une mise en scène (ou mise en pages) du regard.
    De l'affiche pour l'Exposition internationale de l'Hygiène à Dresde dessinée par le Munichois Franz von Stuck (1911) à la couverture du livre Écriture et photographie dans la publicité photo-montée par le Tchèque Zdenek Rossmann (1938), en passant par l'iconoclaste L'oeil cacodylate de Francis Picabia (1921) qui est une peinture sans peinture, ce riche corpus témoigne d'une évolution notable de sensibilité au sein de l'avant-garde et d'un questionnement sur la justesse de la vision de l'artiste confronté aux évolutions technologiques du monde moderne.

    Nº 36 - La photographie suspendue?: Herbert Bayer.
    Auteur?: Remi Parcollet.

    La tendance consistant à spatialiser la photo-graphie, et plus spécifiquement la photographie documentaire, s'affirme clairement en 1951 à travers les expositions?: The New Landscape de György Kepes au Massachusetts Institute of Technology, Architettura, misura dell'uomo (IXe Triennale de Milan) d'Ernesto N. Rogers, Vittorio Gregotti et Giotto Stoppino, et en 1953 Parallel of Life and Art à l'Institute of Contem-porary Art (ICA) de Londres. Les documentations de ces trois «?displays?» jouent un rôle essentiel sur l'évolution des modes de monstration de la photographie. Elles viennent, comme celles des expositions du MoMA mises en espace par Herbert Bayer, Road to Victory et Airway to Peace, alimenter la réflexion qui se développe magistralement dans l'ouvrage Display de George Nelson, publié en 1956.
    Bayer conçoit l'exposition moderne à partir des principes de la New Vision, selon lui elle ne doit pas tenir le spectateur à distance mais l'accompagner et l'englober. En 1961, il compile ses idées sur la conception des expositions dans un article, Aspect du design des expositions et des musées, et prend pour référence l'exposition de l'Obmokhou à Moscou en 1921, où il observe à travers sa documentation visuelle «?qu'une élimination radicale de l'inessentiel a eu lieu?» résultant d'une recherche de la légèreté et de l'apesanteur avec un minimum d'utilisation de matière. Il considère alors qu'il faut?: «?éliminer tous les éléments, structurels et autres, susceptibles de nuire ou d'interférer avec les images elles-mêmes. La solution ultime de ce train de pensée serait l'affichage créé sans aucun effort matériel ou support visible, placé en l'air??[...]?».

    Nº 37 - Un polygraphe?: George Nelson.
    Auteure?: Catherine Geel.

    George Nelson (1908-1986), designer fonctionnaliste américain aux créations lisses, mais aux manifestations, textuelles et visuelles complexes est un cas particulier du modernisme américain, ce que suggèrent les titres de ses productions?: A Problem of Design: How to Kill People (1960), Requiem (1960) ou Elegy in the Junk Yard (1961) indiquent. Pourquoi malgré une production écrite considérable, Nelson n'est-il pas identifié comme critique ou écrivain??

  • Revue faire, regarder le graphisme ; coffert vol.5 ; n.16 à n.18

    Collectif

    • Empire
    • 4 Décembre 2019

    Les numéros 16 à 18 (saison 2) de la revue critique consacrée au graphisme.
    N° 16 - Une reproduction : Ce que veut El Lissitzky. Auteur : James Langdon Je suis rarement satisfait quand je vois une production graphique imprimée à l'origine dans deux encres reproduite en quadrichromie. Avant l'avènement commercial de l'impression offset, les couleurs élémentaires d'impression - de Gutenberg à Tschichold - étaient le noir et le rouge. Au début du XXe siècle, les graphistes utilisaient le noir et le rouge non pas pour tenter de recréer le spectre de couleurs reconnu par l'oeil humain, mais bien pour donner un impact graphique singulier. Pour faire la distinction. Pour créer du dynamisme. Incarner une idéologie dans la page. En particulier, la combinaison de noir et de rouge sur du papier blanc est devenue synonyme du Suprématisme et du graphisme révolutionnaire russe.
    Les procédés de traitement d'image contemporains peuvent permettre des reproductions extraordinaires de cette esthétique historique. Une photo numérique haute résolution d'un livre original imprimé en noir et rouge des années 1920 peut être traitée à l'aide d'un profil de couleur afin de calibrer son apparence à chacune des étapes de travail : la correction des couleurs dans les logiciels, l'épreuvage et l'impression. Cette méthode de travail permet finalement d'obtenir une image belle et précise de cet artefact graphique tel qu'il se présente aujourd'hui, jusqu'aux détails les plus fins de sa patine, de sa décoloration due à l'exposition au soleil et aux nombreuses autres subtilités qui le définissent comme un objet d'archives.
    Mais une telle reproduction présente un étrange anachronisme technique. Qu'en est-il des contraintes qui ont à l'origine façonné la conception de ce livre - le lien implicite entre les deux couleurs de son graphisme et l'architecture de la presse à une ou deux couleurs sur laquelle il a été imprimé?? Ne sont-elles pas importantes?? Peuvent-elles être reproduites??
    Je compare ici les reproductions imprimées de l'iconique couverture noire et rouge du livre Die Kunstismen (1925), conçu par le russe El Lissitzky. Publiées entre 1967 et 2017, ces images traitent des caractéristiques matérielles de la couleur du livre original de différentes manières, faisant appel à des notions contradictoires de fidélité.

    N° 17 - Un acronyme : ACAB. Auteurs : Ariane Bosshard, Jérôme Dupeyrat, Olivier Huz et Julie Martin L'acronyme ACAB, souvent vu dans l'espace urbain sous forme de graffitis ou de stickers, est apparu au Royaume-Uni dans les années 1970 en lien avec la culture punk, et y a été popularisé lors des mouvements sociaux des années 1980. Signifiant « All Cops Are Bastards », il s'est largement répandu dans l'espace public international ces vingt dernières années, dans le sillage de diverses mouvances politiques, de l'altermondialisme aux gilets jaunes en passant par le black bloc et les ZAD, et en faisant également l'objet de diverses variantes telles que « All Capitalists Are Bastards », « All Colors Are Beautiful » ou encore « All Cats Are Beautiful ».
    Observer les inscriptions ACAB (ou 1312, en version chiffrée) permet de traverser de multiples terrains politiques, mais aussi plusieurs cultures visuelles (anar, punk, hip-hop, LOL) parmi lesquelles migre cet acronyme. C'est au cours de cette circulation scripturale, graphique et visuelle qu'il devient à la fois un signe de reconnaissance et un énoncé polysémique.

    N° 18 - Une visite d'atelier : le studio d'Ines Cox. Auteures : Manon Bruet et Julia Andréone Trois femmes entrent dans un bar. La première vit dans un grand appartement à Anvers, en Belgique. La seconde est une graphiste indépendante qui a fondé son propre studio. La troisième est un avatar - vous la connaissez peut-être - qui a un intérêt certain pour les procédés créatifs, les interfaces et leurs vocabulaires. Ensemble, elles mangent des pistaches, commandent des vodkas et ne sont pas sûres de pouvoir se lever pour donner cours le lendemain à la Royal Academy of Fine Arts. Mais ensemble, elles forment surtout la troublante personnalité multiple d'Ines Cox, graphiste belge que Julia Andréone et Manon Bruet sont allées rencontrer dans son atelier en juin 2019. L'occasion de mener un récit à trois voix et de dessiner les contours d'un parcours, d'une pratique et d'un personnage.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de trois ou quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Revue faire, regarder le graphisme ; coffert vol.9 ; n.31 à n.34

    Collectif

    • Empire
    • 13 Octobre 2021

    Les numéros 31 à 34 de la revue critique consacrée au graphisme.

    Nº 31 - Une édition?: The Serving Library. Entretien avec Stuart Bertolotti-Bailey par James Langdon.

    Le magazine lancé Dot Dot Dot s'est toujours mis à dos certaines factions de la communauté des graphistes. Bien qu'il soit sans aucun doute simplement un magazine dédié au graphisme, Dot Dot Dot a toujours défendu l'idée que le graphisme était lui-même *dédié à* - ou du moins inséparable de - tout contenu qu'il pouvait être amené à exprimer. Avec cette affirmation ingénue, il est devenu, sans nécessairement essayer, un magazine dédié aux sujets potentiels du design graphique. Un magazine potentiellement dédié à tout et n'importe quoi, donc ! Le dernier numéro de Dot Dot Dot a été publié en 2010. La publication qui lui succède, Bulletins of The Serving Library, a continué à élargir son champ éditorial.
    Au cours de ces vingt années de publication, ses éditeurs ont amassé une collection considérable de près de cent objets apparus au fil des magazines. Les contenus de cette collection sont de nature variée, tant en termes de format que de projet?: ils vont d'images de commande pour des articles à des oeuvres d'art relevant d'historicités particulières, de positions et de praticiens d'importance. À l'automne 2020, cette collection a déménagé dans une annexe de l'artist run space 019 à Gand, dans la perspective d'y être installée à long terme comme un espace propice à l'enseignement, riche de connexions qui mènent au coeur et aux marges de l'histoire et de la pratique récentes du design graphique.

    Nº 32 - Un graphiste illustrateur?: Bráulio Amado. Auteure?: Manon Bruet.

    Écrire à propos d'une personne que l'on n'a jamais rencontrée, c'est en quelque sorte mener une enquête. Le travail préparatoire consiste à collecter des mots (les siens, ceux d'autres), des images, parfois??des??sons,??qui??sont??autant??d'indices??permettant de se projeter, de formuler des hypothèses. En somme, c'est tenter de comprendre et de reconstituer au fil du temps une personnalité, une pratique, et finalement un territoire. Mon enquête sur Bráulio Amado commence en janvier dernier, par l'acquisition de son ouvrage 2018 sur le site de l'éditeur portugais Stolen Books. Elle se poursuit ensuite sur plusieurs mois, durant lesquels je me trouve tour à tour transportée dans les sous-sols de clubs, dans??les??scènes??musicales??lisboètes??ou??new-yorkaises, puis au sein des colonnes d'un hebdomadaire américain consacré à l'économie, pour terminer au coeur d'une certaine relation entre l'historique affichiste et le très actuel graphiste-illustrateur.

    Nº 33 - Formes ligneuses et tentaculaires?: Plantes mangeuses d'hommes et invasions décoratives. Auteur?: Camille Pageard.

    Au cours du XIXe siècle, un nouveau genre littéraire parcourt l'Angleterre. Le roman gothique s'empare de thématiques qui alimenteront l'imaginaire des productions culturelles modernes occidentales. Des esprits malfaisants, des corps abjects, des émotions exacerbées et une nature déréglée deviennent les protagonistes de représentations extra-rationnelles. Au sein de ce nouveau courant se développe un sous-genre où une végétation hostile tue et dévore les hommes à coup de lianes et de racines tentaculaires, de parfums empoisonnés et de gueules épineuses. Le goût littéraire pour l'horreur conduit à un nouveau «?plaisir de l'oeil?» déployé par les illustrateurs sur les planches et les couvertures des livres. L'invasion des images au XIXe siècle est ainsi aussi celle de l'envahissement par une nature hybride moins pacifiée et régentée que ne le laisse entendre l'histoire de l'ornement.

    Nº 34 - Un prix?: Qu'est-ce qu'un plus beau livre?? Auteur?: Thierry Chancogne.

    C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, que le Beau se détache du Bien et de l'Utile comme accès libre au sens, à la vérité. Et l'on peut se demander si, à partir de la révolution industrielle, le design du dessin à dessein n'a pas dans une certaine mesure repris le flambeau des techniques appliquées de l'Ancien Régime de l'art de faire et de la beauté. Qu'en est-il dès lors du qualificatif de «?beau?» appliqué à la typographie comprise comme art de la mise en forme des livres depuis 1943 et la mise en place du «?Prix des plus beaux livres suisses?» sous l'impulsion du fameux Jan Tschichold??

  • Revue faire, regarder le graphisme ; coffert vol.8 ; n.27 à n.30

    Collectif

    • Empire
    • 18 Février 2021

    Les numéros 27 à 30 de la revue critique consacrée au graphisme.
    N° 27 - Rhizomes de Londres. Archigram et images mentales de la ville.
    Auteure : Sonia de Puineuf.

    La revue Archigram (1961-1970) était déjà regardée et analysée de près par les architectes, historiens, théoriciens et critiques de l'architecture en tant que réservoir d'images et d'idées pour la pratique architecturale et urbanistique. La présente étude aborde Archigram sous un autre angle : elle essaye de l'interpréter comme un artefact réussi du design graphique en la confrontant aux réalisations de son époque et des époques inspiratrices qui relèvent du champ du graphisme, tant éditorial qu'environnemental. Elle tend à expliquer l'évolution graphique de la revue en prenant en compte les stimuli graphiques de Londres, la ville où le groupe d'architectes d'Archigram oeuvrait au quotidien. L'étude veut démontrer que cette publication de prime abord déroutante par son hétérogénéité s'apparente à une cartographie exhaustive des bruissements secrets et tendances évidentes de la métropole anglaise où l'utopie futuriste de la ville dynamique prit corps d'une manière particulière. Recensant le potentiel de Londres des mythiques Sixties, la revue Archigram se présente comme une image rhizomique, miroir vivant de l'organisme urbain.

    N° 28 - Un format : la conférence.
    Auteure : Manon Bruet avec Area of Work.

    Dans le champ du design graphique, les espaces de médiatisation du travail sont de plus en plus nombreux.
    La conférence, entre autres, permet d'expliciter les pratiques et les méthodologies des designers. Pour certains, elle est l'occasion de dresser l'état des lieux d'une démarche, un inventaire des formes produites. Pour d'autres, au contraire, elle constitue un prétexte à la production de nouvelles formes, parfois plus expérimentales.

    N° 29 - Girls : Esthétisation du politique et manipulation du divertissement.
    Auteure : Alexandra Midal.

    Inventée par John Tiller dans une filature de coton en 1880, l'origine britannique de la danse synchronisée est rapidement oubliée à Berlin où les revues s'imposent comme l'expression de la standardisation et du capitalisme américain. Les fameuses Tiller Girls incarnent la « New Woman » moderne et les spectacles rassemblent plus de 4 millions de spectateurs chaque année. Séduit, Hitler demande à disposer d'une troupe : les Hiller Girls. Face à face, les deux revues sont des répliques que formellement rien ne permet de distinguer, mais qui délivrent des messages opposés.
    La danse synchronisée dévoile les formes données au discours politique entre démocratie et fascisme de la République de Weimar à la prise de pouvoir par le NSDAP. Entre pouvoir des formes et formes du pouvoir, face aux destructions des villes, aux décrets bannissant l'usage du Fraktur et la destruction de l'art dégénéré, ces spectacles de danse, sans doute, parce qu'ils sont populaires, montrent que le national socialisme a utilisé des stratégies insidieuses et invisibles, vidant le contenu des formes pour n'en garder que l'apparence, et que cette pratique de l'ombre se révèle au final tout aussi barbare que la destruction et les autodafés.

    N° 30 - Donner corps : le specimen typographique chez Lineto.
    Auteur: Olivier Lebrun.

    Le Specimen chez Lineto joue des formes et des formats pour promouvoir les caractères typographiques de la fonderie : livres, posters, enveloppes, dépliants, caractères transfert, annonces presses, clips vidéos mais aussi structures gonflables et bootlegs de logotypes. Lorsque Reala publie la LL Biff en 2000, le specimen utilise la culture graffiti et ses modes de mise en circulation, proposant une double référence : « Medium is the message », « Style is the message ». La citation chez Lineto est une forme qui permet de diffuser le catalogue typographique en empruntant à divers champs culturels : « Ignorance of your own culture is not considered cool ! ».

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de trois ou quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

  • IBM ; graphic design guide from 1969 to 1987

    Paul Rand

    • Empire
    • 1 Février 2018

    Réédition fac-similé, accompagnée de sa traduction française, des manuels de charte graphique conçus par Paul Rand pour la redéfinition de l'identité visuelle de la société multinationale de matériel informatique IBM, recherche iconique menée par le graphiste américain entre 1962 et 1987 sous forme d'un classeur à feuillets volants. Leur assemblage permet la mise en perspective des pratiques et usages graphiques à travers leur évolution au fil du temps, et de rentrer au coeur de l'un des plus importants projets de design global du XXe siècle.

    En 1956, le designer Eliot Noyes est engagé par le directeur d'IBM à repenser le design de l'entreprise dans son intégralité, des produits à la communication en passant par l'architecture des bâtiments. Le graphiste Paul Rand est invité à définir l'ensemble des documents graphiques de l'entreprise. Commence alors l'un des projets de design graphique les plus mémorables du XXe siècle au sein de l'« IBM Graphic Design Program ».
    La série de logotypes IBM créée par Paul Rand a culminé avec une version dessinée en 1972 formée de bandes superposées, qui a rendu les initiales de la compagnie instantanément reconnaissables dans le monde entier. Ce logo à 8 barres est toujours utilisé aujourd'hui.
    Entre les années 60 et les années 80 un ensemble conséquent de règles et usages graphiques a été répertorié et régulièrement mis à jour dans un classeur organisé par sections. On y retrouve les instructions de reproduction du logotype, les règles graphiques et typographiques, les dessins de documents internes et externes, les usages signalétiques, les utilisations architecturales. Ce document permet une manipulation des signes graphiques de l'entreprise en cohérence et en discussion efficace avec les autres corps de métier.
    Ce classeur est aujourd'hui un objet iconique, rare et peu documenté, il nous parait nécessaire de le rendre accessible et diffusable, aux graphistes, étudiants et intéressés par cette aventure d'entreprise emblématique. Compte tenu des nombreuses mises à jour des normes graphiques, les différents classeurs de norme IBM que nous avons consultés sont souvent différents dans leurs contenus. Ce sont les documents successifs de ce classeur et leurs évolutions qui sont édités et reproduits afin d'offrir la vue la plus large sur le travail accompli pendant plus de 20 ans. Cette entreprise a été réalisée de concert avec les archivistes d'IBM, New-York et la Bibliothèque Kandinsky du Centre Georges Pompidou, Paris.
    Le projet s'est fait en accord avec les ayants droit de Paul Rand et l'entreprise IBM.

  • Revue faire, regarder le graphisme n.22 ; artists posters

    Collectif

    • Empire
    • 15 Mai 2020

    François Havegeer et Sacha Léopold (Syndicat) proposent à Aurélien Mole, Jérôme Dupeyrat, Mathias Augustyniak (M/M Paris) et Thierry Chancogne d'apporter leurs regards sur les posters d'art, les posters d'artistes, les affiches faites par des artistes, les affiches faites avec des artistes, les affiches faites pour des artistes, et les graphistes qui y participent parfois (numéro spécial de la revue critique consacrée au graphisme).
    Acte 1.
    À Sérignan, Aurélien photographie l'exposition du MRAC Sérigan, avant de re-prendre son train.

    Acte 2.
    Thierry et Jérôme rencontrent l'exposition « Honey, I rearranged the collection » présentée au MRAC Sérignan, ils en discutent par la suite au bord de l'eau.

    Acte 3.
    Thierry et Jérôme animés par leur discussion, analysent des affiches d'artistes ou de graphistes qui les ont marqués, parmi lesquels Christophe Lemaitre, Sturtevant, Richard Hamilton.

    Acte 4.
    Mathias, dans son chalet, après que son avion ait atterri lit et relit la discussion de Thierry et Jérôme.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de trois ou quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Revue faire, regarder le graphisme n.1 ; vol. 1, 2, 3, 4

    Collectif

    • Empire
    • 1 Janvier 2018

    Le recueil des quatre premiers numéros de la revue critique consacrée au design graphique, publiée par les éditions Empire (studio Syndicat). Chaque parution s'intéresse à un objet spécifique, traité par un auteur reconnu : la collection Rouge-gorge aux éditions Cent pages par SpMillot ; la base de données colorlibrary.ch du studio Maximage ; la monographie Recollected Work par Mevis & Van Deursen et les cartons d'invitation de l'artiste Stanley Brouwn.

    N° 01 : Une collection - Rouge-gorge aux éditions Cent pages par SpMillot. Auteur : Thierry Chancogne.
    « SpMillot, couple à la vie comme au travail, se sont rencontrés dans les années 1980 à l'École des Arts Décoratifs de Paris [...]. SpMillot dessine des posters, des sites internet, des brochures, des logotypes. Mais le couple semble avoir un penchant pour la typographie. Une typographie qui ne doit pas être seulement comprise dans son approche «microscopique», à l'échelle de la lettre. SpMillot ne dessine pas tant les caractères qu'il les adapte systématiquement en changeant ici un glyphe, là une hauteur d'x, qu'il acclimate à un projet précis, à sa propre grammaire. [...] Pour aborder le travail de SpMillot, nous nous intéresserons à ce qui est sans doute un de leurs travaux les plus connus et peut-être les plus représentatifs : la collection Rouge-gorge des éditions Cent pages. » Thierry Chancogne N° 02 : Une plateforme technique - Colorlibrary.ch par Maximage. Auteure : Manon Bruet.
    Le projet de recherches Workflow, mené à l'ECAL par Tatiana Rhis, Guy Meldem, et Julien Tavelli et David Keshavjee (Maximage), s'intéresse aux nouvelles technologies de l'objet imprimé. Il consiste en une série d'expériences qui tentent de déjouer les technologies de production aujourd'hui à disposition, provoquer le hasard et les accidents afin d'obtenir des résultats inédits. Un des premiers résultats du programme Workflow est la création d'une série de profils colorimétriques permettant de convertir des images numériques pour l'impression avec une, deux, trois, quatre ou cinq couleurs d'accompagnement, qu'elles soient basiques, pastels, fluos ou métallisées. Revendiquant une solution « novatrice » et « professionnelle » pour le traitement de la couleur, l'ECAL et le programme Workflow lancent en 2016 le site www.colorlibrary.ch, qui propose ces profils à la vente. La plateforme apparaît comme une bibliothèque en ligne présentant une grande variété de profils aux différentes combinaisons colorées.

    N° 03 : Une monographie - Recollected Work par Mevis & Van Deursen. Auteur : Étienne Hervy.
    En 2006, l'éditeur Artimo confie à Linda van Deursen et Armand Mevis la direction éditoriale et la conception graphique de leur propre monographie : Recollected Works. Associés à Paul Elliman pour les textes, les deux graphistes répondent par une démarche similaire à celle qui est la leur lorsqu'ils accompagnent d'autres artistes ou photographes à travers des livres dont la pertinence a largement contribué à la réputation du studio. Mevis & van Deursen proposent au lecteur de faire l'expérience de leur travail à l'oeuvre plutôt que de le contenter par une restitution de travaux présentés comme oeuvres en soi. Plutôt que la nostalgie d'une organisation plus ou moins formalisée de leurs projets précédents, les deux graphistes regardent leur production passée comme le matériau d'un projet autonome que sera ce livre.

    N° 04 : Une communication - Cartons d'invitation de l'artiste Stanley Brouwn. Auteure : Céline Chazalviel.
    Derrière les normes mises en place pour la communication relative à ses expositions, l'usage exclusif de minuscules et de l'helvetica, le refus de reproduire des images de son travail, de produire (ou de laisser produire) un commentaire écrit au sujet de ce même travail, d'apparaître dans un contexte de vernissage ou encore de répondre à une interview, l'artiste Stanley Brouwn construit son identité par ellipses. Depuis sa première participation à la Dokumenta 5 (1972), les récits liés à cette attitude tracent les contours d'une posture artistique qui dépasse le cas particulier. L'exemple des cartons d'invitation de ses expositions personnelles en est symptomatique : composés quasiment exclusivement en helvetica, en l'absence de majuscules et, cela, faisant fi de l'identité graphique de la galerie ou de l'institution invitante, ils semblent impossibles à dater, à vingt ans près. Cette maitrise révèle que les choix graphique et typographique représentent un des espaces de la neutralité construite par Brouwn à l'instar d'autres artistes et théoricien(ne)s de sa génération, et celles à suivre.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Revue faire, regarder le graphisme

    Collectif

    • Empire
    • 1 Février 2018

    Les numéros 5 à 8 de la revue de design graphique. Le recueil regroupe des études sur les sujets suivants : un post Instagram du studio Experimental Jetset pour le centre culturel amstellodamois Paradiso ; une suite de gestes, de Harun Farocki à L'Architecture Aujourd'hui ; l'ouvrage Parallel Encyclopedia de Batia Suter ; la résidence de Charles Mazé & Coline Sunier à la Villa Médicis.

    N° 05 : Un post Instagram?: P/Pa/Para/Paradiso par jetset_experimental (1 Juillet 2017). Auteure?: Manon Bruet.
    Le 1er juillet 2017, alors que je m'apprête à commencer des recherches sur l'usage des réseaux sociaux par les designers graphiques, le studio néerlandais Experimental Jetset poste sur Instagram un diaporama de 7 images. Titré « P/Pa/Para/Paradiso », celui-ci présente, dans son ensemble et en détails, l'affichage de leurs nouveaux posters pour le centre de musique et de culture amstellodamois Paradiso. Outre la filiation formelle évidente avec le poster Blow up qu'ils réalisent en 2007 pour le Design Museum de Londres, ce diaporama ne donne que peu de clés de lecture pour ce qui semble être une nouvelle facette de la communication de ce lieu, à laquelle Experimental Jetset travaille depuis 1996.
    Avec aujourd'hui plus de 1500 likes et des dizaines de commentaires, ce post constitue le point de départ de mon article. L'occasion d'enquêter donc, de revenir sur cette collaboration qui a pris durant plus de 20 ans diverses formes (flyers, programmes, posters), et ainsi sur la pratique singulière et radicale d'Experimental Jetset. Mais l'occasion aussi de porter un regard plus théorique sur la manière dont est montré et regardé le graphisme sur les différentes plateformes, qui font aujourd'hui partie intégrante de l'enseignement et de l'évolution de la discipline.

    N° 06 : Une suite de gestes?: Invisible Touch. De Farocki à L'Architecture Aujourd'hui, quelques notes sur le manuel des choses. Auteure?: Catherine Guiral.

    N° 07 : Un livre?: Parallel Encyclopedia, Batia Suter. Auteur?: Jérôme Dupeyrat.
    Depuis la fin des années 1990, Batia Suter collectionne des livres - de seconde main pour la plupart - qu'elle acquière en raison de leur iconographie, de sorte à constituer une banque d'images qui est localisée dans les rayons de sa bibliothèque. L'ensemble est devenu le matériau de base d'une oeuvre qui consiste à présenter ces images selon une logique de montage visuel, en leur attribuant de nouvelles modalités d'apparition et donc de nouvelles possibilités d'interprétation.
    Parallel Encyclopedia est à ce jour le travail le plus conséquent de l'artiste. Mené depuis 2004, il a pris la forme de plusieurs installations et de deux ouvrages imposants édités par Roma publications en 2007 et en 2016. Chaque version du projet se caractérise par l'association de centaines d'images hétéroclites (historiques, artistiques, scientifiques, techniques) regroupées en fonction de liens typologiques et formels. D'un dispositif à l'autre, les modalités de présentation de ces images extraites de livres se renouvèlent?: séquençage et sérialité des pages reliées?; constellations ou, au contraire, séquences linéaires d'images reproduites et exposées aux cimaises?; constellations ou séquences linéaires de pages de livres ouverts et déposés sur des supports plans. Bien que les images exposées soient les mêmes, ces diverses possibilités d'exposition en déterminent des lectures différentielles.
    Au-delà de la fascination qu'un tel projet peut engendrer, ce texte tentera d'en saisir toute la complexité. Pour ce faire, le travail de Batia Suter sera resitué au sein d'une histoire des pratiques iconographiques qui traverse différents champs d'activités et de connaissance. On s'attachera par ailleurs à la trajectoire des images réunies dans Parallel Encyclopedia et aux effets des processus de remédiation auxquels elles sont livrées. Enfin, il s'agira de dessiner une figure de l'artiste en « éditrice » et d'étudier à la fois la fonction du design graphique dans son travail et la place que l'on peut attribuer à ce dernier dans le champ du design graphique, auquel Batia Suter n'appartient pas directement, mais qui traverse ses productions et auquel elle s'est confrontée concrètement dans le cadre de sa collaboration avec le graphiste Roger Willems pour la conception des deux volumes de l'encyclopédie qui, de fait, est aujourd'hui une référence tant pour de nombreux artistes que pour de tout aussi nombreux designers graphiques.

    N° 08 : Une résidence?: Charles Mazé & Coline Sunier à la Villa Médicis. Auteur?: Thierry Chancogne Relevés typo-topographiques.
    Alors qu'elle était encore étudiante à l'Ésad Valence, Coline Sunier avait, avec Grégory Ambos, frappé la première de couverture du livret associé au programme de Zak Kyes, « Forms of inquiry », d'une série de fleurons prélevés dans le patrimoine graphique plus ou moins héraldique des emblèmes très locaux.
    Lorsqu'elle fonde son studio avec Charles Mazé, le duo poursuit ce travail de collection qui est à la fois une des étymologies de la lecture et une des caractéristiques de l'esthétique conceptuelle de la liste des années 1970. D'abord dans la refonte de l'identité de l'ésad réalisée en 2012-2013.
    Ensuite, dans le travail de résidence à la Villa Médicis Come vanno le cose? consacré aux relevés, sur les murs de Rome de 1512 graffiti dessinant en creux le portrait d'un mystérieux survivant peut-être fantasmé des Brigades Rouges. Enfin dans le travail d'identité développé depuis peu pour le Centre d'art contemporain de Brétigny.
    La collection des signes de pouvoir et des traces de résistance profondément inscrits dans les matières toujours politiques des lieux s'accompagne souvent d'un effort de traduction typographique qui rappelle aussi le travail de typisation des écritures personnelles de Fernand Baudin réalisé pour le catalogue du prix éponyme 2012.

    #05: An Instagram post: P/Pa/Para/Paradiso by jetset_experimental (July 1 2017). Author: Manon Bruet.
    On July 1st, 2017, just as I was about to begin research into the use of social networks by Graphic Designers, the Dutch studio Experimental Jetset posted a slideshow showing their new productions for the Paradiso center for music and culture in Amsterdam on their Instagram account. Seeing the soberly captioned «P/Pa/Para/Paradiso», I was curious about this post, as it was quite different to the other posts that found their way into my news feed. Though it was very generous in terms of images, it provided very little information or keys to how to read what seemed to be a new aspect of the center's communications, a project on which Experimental Jetset had been collaborating with them since 1996.
    This post, that has since received over 1,500 likes and dozens of comments, is where my article begins.

    #06: A series of gestures: Invisible Touch, from Farocki to L'Architecture Aujourd'hui, some notes on the handling of things. Author: Catherine Guiral.

    #07: A book: Parallel Encyclopedia, Batia Suter. Author: Jérôme Dupeyrat.
    Since the end of the 1990s, Batia Suter has been collecting books-second hand for the most part-that she acquires for their iconography, in such a way as to build up an image database that sits on the shelves of her personal library. All of this has become the basic material for an artwork that consists of presenting the images according to a logic of visual editing, providing them with new modalities of appearance and thus new possibilities of interpretation.
    Parallel Encyclopedia is, at the time of writing, the artist's most significant work. Ongoing since 2004, it has taken the form of a number of installations and two imposing publications from Roma Publications published in 2007 and 2016. Each version of the project is characterized by the association of hundreds of heteroclite images (historical, artistic, scientific, and technical), grouped according to typological and formal links. From one system to another, the conditions of presentation of these images taken from books are renewed: the sequencing and seriality of bound pages; constellations or, on the contrary, linear sequences of images reproduced and exhibited on wall panels; constellations or linear sequences of book pages opened and placed on flat mounts. Though the exhibited images are the same, these various exhibition possibilities determine differential readings.
    Beyond the fascination that such a project can generate, this text will attempt to seize all of its complexity. To do this, Batia Suter's work will be re-situated within the context of a history of iconographic practices that run through different fields of activities and knowledge. We will also focus on the trajectory of the images gathered in Parallel Encyclopedia and the effects of the process of remediation to which they are subjected. Ultimately, it will be a question of drawing a figure of the artist as an «editor» and of studying both the function of Graphic Design in the artist's work and the place that we can attribute to the artist in the field of Graphic Design, a field to which Batia Suter doesn't directly belong, but one that runs through her productions, and to which she was confronted in a concrete fashion in the context of her collaboration with the Graphic Designer Roger Willems in the design of the two volumes of the encyclopedia that, in fact, is today a reference for many artists, as much as it is for a large number of Graphic Designers.

    #08: A residency: Charles Mazé & Coline Sunier at the Villa Médicis. Author: Thierry Chancogne.
    Typo-topographic records.
    While still a student in the Ésad Valence, Coline Sunier, along with Grégory Ambos, created a striking front cover for the booklet associated with the Zak Kyes programme, «Forms of Inquiry», using a series of jewels sampled from the more or less heraldic graphic patrimony of highly local emblems.
    When she founded her studio with Charles Mazé, the duo continued the work of collection, which is at the same time one of the etymologies of reading, and one of the characteristics of the conceptual aesthetic of the list that emerged in the 1970s-first, in the re-casting of the Ésad Valence's identity in 2012-2013; then in the work created during a residency at the Villa Médicis, Come vanno le cose?, dedicated to records of 1,512 graffiti found on the walls of Rome illustrating the portrait of a mysterious survivor, perhaps imagined, of the Red Brigades; and more recently in the identity developed for the Centre d'art contemporain in Brittany.
    The collection of signs of power and the traces of resistance profoundly inscribed in the always political matter of the spaces is often accompanied by an attempt at typographic translation bringing to mind the work of typification in the personal writings of Fernand Baudin, created for the catalogue of the eponymous prize in 2012.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Un atelier a soi

    Jennifer Caubet

    • Empire
    • 12 Septembre 2019

    Une documentation extensive sur le travail réalisé par Jennifer Caubet au cours d'une résidence au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques de 2017 à 2019, avec des allers-retours sur sa pratique générale.
    Immergée dans l'atelier du Cirva comme dans son propre atelier, Jennifer Caubet a pu expérimenter ce matériau dans ses multiples variations, en dialogue avec les techniciens verriers de l'équipe du centre d'art. Les projets de sculptures qu'elle y a développés questionnent différentes notions récurrentes au travail de l'artiste?: comment la sculpture négocie les rapports d'espaces et de territoires en convoquant les mesures d'échelle et l'interaction du corps humain, comment le geste et le mouvement déterminent la forme, où se situent les frontières entre sculpture et paysage. Conçus comme une traversée dans le rythme de gestation du travail, les carnets du livre composent une partition qui donne à lire, en transparence, les dessins préparatoires, les annotations, les gestes de l'atelier, et ce jusqu'aux oeuvres abouties.

  • Revue faire, regarder le graphisme ; coffert n.19 à n.21

    Collectif

    • Empire
    • 12 Mai 2020

    Les numéros 19 à 21 de la revue critique consacrée au graphisme.
    Nº 19 - Une histoire : des graphistes éditeurs.
    Auteur : Thierry Chancogne.

    Dès 1275, on statue dans le Royaume de France sur les droits des stationarii (copistes) et des librarii (libraires) (Friedrich Karl von Savigny (auteur et éditeur), Histoire du droit romain au Moyen-Âge, Tome III, Charles Hingray, Paris, 1839 (1815), p.?415) fraîchement émancipés du joug de l'Église.
    C'est qu'il s'agit, avant même l'invention de l'imprimerie, de régler la circulation des écrits et la définition de ceux qui sont en charge de leur inscription et de leur diffusion.
    C'est que, bien avant la figure moderne du typographe repérée par Robin Kinross au XVIIe avec The Doctrine of Handy-Works: Applied to the Art of Printing de Joseph Moxon (Robin Kinross, La typographie moderne : Un essai d'histoire critique, B 42, Paris, 2012 (1992) p. 11-12), les graphistes, les copistes et les typographes comme Geoffroy Tory ou Henri Estienne l'Ancien ont aussi été libraires et éditeurs en réfléchissant leur pratique et les contenus qu'ils amenaient sur la place publique.
    Or il semble qu'il soit temps de refaire le point sur cette ancienne tradition, alors que de plus en plus de graphistes et de graphic designers fondent leur maison d'édition pour défendre leur ligne éditoriale dans les deux sens que prend ce mot en anglais : à la fois dans le sens de l'editing et du choix et de l'ordonnancement des matières graphiques, mais aussi au sens du publishing, soit une certaine éthique de la diffusion et de la publicité des contenus.

    Nº 20 - L'or blanc et l'espace d'un signe : Roger, Charlotte, Pierre et les Arcs Auteure : Catherine Guiral.

    Connu comme « l'homme aux cent millions de couvertures » et acteur majeur dans l'histoire du design graphique français durant les Trente Glorieuses, Pierre Faucheux a aussi pratiqué une riche activité d'agenceur d'espaces. À la fin des années 1960 il est invité par Charlotte Perriand à participer à l'aventure de la station de sports d'hiver des Arcs. « Construction d'un imaginaire » pensée par l'ingénieur Roger Godino, les Arcs, station savoyarde d'un autre genre, s'incarneront dans un signe particulier qui raconte le double intérêt que Faucheux eut pour l'espace et ses transformations.

    Nº 21 - Un original : Les Plus beaux livres suisses 2004-2006.
    Auteurs : James Langdon, Adrian Samson et Laurent Benner.

    Le concours des Plus beaux livres suisses a été organisé presque sans interruption par l'Office Fédéral de la Culture depuis 1943. Un prix de la conception du livre avec une telle histoire, inscrit dans une telle culture nationale de la typographie, qui offre des perspectives significatives sur le graphisme éditorial, les valeurs culturelles de ses commanditaires et les discours critiques qui l'accompagnent.
    Chaque année, un catalogue généreux réalisé par un des graphistes lauréats des années précédentes vient documenter les livres primés. La dimension auto-réflexive inhérente à ce genre de catalogue - livre de livres, graphisme de graphisme - propose un cadre aussi stimulant que risqué aux concepteurs de livres. Un regard rétrospectif sur les deux dernières décennies.
    De catalogues donne à voir une divergence évidente des pratiques graphiques. Après un ou une série d'ouvrages - souvent les graphistes sont mandatés sur deux ou trois catalogues - d'une sophistication toute conceptuelle suit une simple documentation visuelle. Après une proposition sobre et finement ouvragée, vient quelque chose de fastueux ou d'expérimental.
    Les catalogues 2004-2006 ont été conçus par Laurent Benner, un designer suisse travaillant à Londres, et dessinés en collaboration avec le designer anglais Jonathan Hares. La proposition de Laurent pour le catalogue 2004 était audacieuse. Il a contacté les imprimeurs de chacun des vingt livres primés de cette année et leur a demandé de réimprimer une section de leur livre. Toutes les sections réimprimées ont ensuite été reliées en Suisse, avec quelques pages supplémentaires au début et à la fin, pour constituer le catalogue.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de trois ou quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Le catalogue de l'exposition au château d'Oiron présente plus de 170 oeuvres issues de la collection Antoine de Galbert installées pour dialoguer avec la collection permanente d'art contemporain Curios & Mirabilia, rassemblée en 1993 par Jean-Hubert Martin.
    Dans les galeries d'expositions, la collection d'Antoine de Galbert se déploie selon des thèmes qui lui sont propres avec une place importante laissée à l'oeil, au visage et ses expressions, aux blessures. La confrontation entre ces deux collections et le dialogue entre les deux hommes ouvrent à de nouveaux effets de surprises dans le catalogue à travers des collages aussi frontaux que joueurs. Le catalogue présente l'intégralité des oeuvres présentées dans l'espace dont From here to ear de Céleste Boursier-Mougenot, qui fait entendre sa musique entre les murs du XVIe siècle. Plusieurs artistes sont communs aux deux collections : Hubert Duprat, Markus Raetz, Wim Delvoye, Annette Messager, Christian Boltanski, Marina Abramovic, Bertrand Lavier, Nicolas Darrot... D'autres font leur entrée à Oiron : Théo Mercier, Gilles Barbier, Stéphane Thidet, Barthélémy Toguo, Jackie Kayser, Steven Cohen...
    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Château d'Oiron, centre des monuments nationaux, du 27 juin au 2 octobre 2021.

  • Anglais Stud

    ,

    • Empire
    • 12 Septembre 2019

    Un livre qui compile des photographies d'Aurélie Jacquet et Aurélien Mole réalisées lorsqu'ils étaient étudiant·e·s, respectivement en 2012-2015 et en 2000-2003, à l'École Nationale Supérieure de Photographie d'Arles.
    Le choix des images réalisé par chacun·e dans les archives de l'autre est mis en scène par Syndicat. Alan Eglinton, lui-même ancien étudiant, y mêne un entretien avec Nick Wapplington qui éclaire la notion de regard rétrospectif dont ce livre pourrait être à propos. À moins qu'il ne s'agisse ici de ces images que l'on fait pour apprendre la photographie ? L'ouvrage est composé de 11 cahiers de 16 pages. 10 d'entre eux sont reliés dans un ordre d'apparition aléatoire qui permet de rendre unique chacun des 300 exemplaires.

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