Analogues

  • Monographie complète dédiée aux dessins et scuptures de l'artiste français, avec un texte de Marie de Brugerolle qui propose une approche singulière du travail de Christian Lhopital, nourrie de références cinématographiques, littéraires et d'échos à l'oeuvre de confrères, de Picabia à Paul McCarthy et Mike Kelley.
    Christian Lhopital (né en 1953 à Lyon, où il vit et travaille) pratique le dessin sur papier (comme l'a majestueusement présenté l'exposition du musée d'art moderne de Saint-Étienne en 2013), le dessin mural à la poudre de graphite (comme l'a tout aussi magistralement dévoilé le musée d'art contemporain de Lyon en 2008), ainsi que la sculpture. Ces dessins et sculptures se développent à travers des ensembles.
    Les dessins figuratifs recouverts d'encre imposent dès les années 1990 un statut ambivalent des figures et de leur résistance dans l'oeuvre de Christian Lhopital, qui se poursuit aujourd'hui dans les ensembles Fixe face seul et Fixe face silence. Ces dessins sont réalisés sur des portraits de personnalités découpés dans des journaux puis recouverts de peinture blanche jusqu'à une quasi disparition de la figure au profit du regard accentué au crayon graphite.
    Les sculptures sont quant à elles des petites scènes élaborées à partir de peluches. Plongées dans de la peinture blanche, ces peluches deviennent des objets-sculptures dominés par la force de leurs pupilles noires. À travers ces manipulations, Christian Lhopital transforme les figures en personnages. Ces regards semblent habités, chargés d'une histoire, dans leur isolement comme dans leur foisonnement.

  • Céleste Boursier-Mougenot ; révolutions

    Emma Lavigne

    • Analogues
    • 28 Mai 2015

    Céleste Boursier-Mougenot est un artiste dont la pratique s'enracine dans une expérience musicale, à laquelle il a entrepris de donner une forme autonome au travers d'installations. En 2015, il représente la France à la Biennale de Venise et conçoit l'exposition « Rêvolutions » comme un îlot organique, avec la commissaire Emma Lavigne. Le catalogue éponyme fournit une documentation exhaustive sur le projet.
    Le pavillon français est partiellement recouvert par l'écume de bruitformé, texture en expansion qui, sous l'effet de la gravité, s'écoule lentement du haut du bâtiment, épousant ses formes et transformant son architecture néoclassique en un organisme mouvant, vivant, qui se développe au gré du « bruit », notion étendue à des perturbations ou flux d'informations captés et détournés pour nourrir cette persistance. Les arbres mobiles de transHumUs, fichés dans leur motte, se déplacent lentement en oscillant sur eux-mêmes. Ils inventent une chorégraphie à l'intérieur et à l'extérieur du pavillon, et engendrent leur propre partition sonore à partir des courants électriques basse tension qu'ils génèrent. Les visiteurs devenus spectateurs peuvent suivre leurs évolutions hypnotiques en se lovant dans de vastes sofas en hémicycle ou en s'immergeant dans l'océan de sons générés par les arbres, dans la pénombre de deux camera obscura qui renvoient une image renversée des arbres et des nuages.
    Céleste Boursier-Mougenot ravive notre goût pour le merveilleux des jardins maniéristes italiens tout en réaffirmant sa contemporanéité et la dimension politique qui le sous-tend. Il s'agit de s'emparer des systèmes de contrôle des êtres vivants et de leurs déplacements, pour composer une oeuvre poétique où l'humain sensible semble pouvoir habiter des espaces de liberté et de beauté déviante.
    Le catalogue réunit des essais de trois auteurs, Emma Lavigne, commissaire associée au projet, Emanuele Quinz, histoirien d'art, Hervé Brunon, historien des jardins et du paysage. Ces essais sont accompagnés d'illustrations de référence et prolongés par un ensemble de vues de « Rêvolutions » composé avec le flux et le temps des oeuvres comme des visiteurs.
    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme, Pavillon français de la 56e Exposition internationale d'arts visuels - La Biennale di Venezia, du 9 mai au 22 novembre 2015.
    Présentés exclusivement dans les lieux d'art contemporain, les travaux de Céleste Boursier-Mougenot (né en 1961 à Nice, vit et travaille à Sète) sont à considérer avant tout comme ceux d'un musicien. Après avoir été compositeur jusque dans les années 1990, il entreprend de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations. À partir de matériaux, de situations ou d'objets les plus divers dont il extrait un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie pour générer, le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes. Déployé en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute en livrant, au regard et à la compréhension du visiteur, le processus qui engendre la musique.
    Céleste Boursier-Mougenot considère, en premier lieu, le livre comme de l'espace, un support pour l'expérience du lecteur, dans lequel il est question de faire entrer du temporel, le temps de la lecture.
    Céleste Boursier-Mougenot représente la France à la Biennale de Venise 2015.

  • Eva Evrard

    Eva Evrard

    • Analogues
    • 1 Novembre 2018

    Première monographie d'Eva Evrard, auteure d'une oeuvre minimaliste qui mobilise l'objet-livre, la sculpture et l'installation pour explorer la question des corps. Un projet artistique caractérisé par sa polysémie formelle, fruit de l'influence de l'art conceptuel américain et du renouveau du mouvement Arts & Crafts.

    L'oeuvre d'Eva Evrard n'est pas facile d'accès. D'emblée, par la prédominance de sa blancheur, par la rigueur de sa forme, par ses architectures dépouillées, elle met à distance celui qui la regarde. Elle intime de faire silence, plutôt que d'exiger. Et si l'on accepte de se dénuder soi-même, si l'on accepte d'être aussi vulnérable et fragile que l'oeuvre elle-même, alors elle révèle une profonde complexité, celle du corps - social, politique, amoureux - celle de l'absence de ce corps, de la pensée, de la vie ; celle aussi de la lutte de ce corps pour exister, envers et contre tout, de se dire, de ne pas disparaître.
    Sous l'apparence sage et fragile du papier, sous l'écriture fine et les gestes précis, voilà donc ce qui se trame. Un conflit permanent, et pourtant presque invisible par son minimalisme ; une violence inouïe, et cependant presque inaudible, comme toutes ces bouches ouvertes, figées dans les murs, et dont pas un son, pas une parole, ne jaillit. Ce qui se joue, dans chaque oeuvre, et par un jeu subtil de correspondances entre elles, c'est l'histoire contemporaine de notre monde, et des corps qui sont pris dans ses rouages ; c'est la menace existentielle d'une possible et totale disparition ; c'est de devenir traces, ossements fossilisés, monuments hermétiques d'une humanité perdue, reproduits à l'échelle.
    Pour comprendre cette oeuvre, son rapport au livre et sa polysémie formelle, il faut revenir en arrière, dans le creuset du 20e siècle où se dessinent, presque en miroir l'un de l'autre, deux grands courants artistiques, particulièrement dans les années 60 et 70 : d'une part, le développement de l'art conceptuel américain de John Barry à Lawrence Weiner, et sa fascination pour le mot imprimé, l'espace négatif ; et d'autre part le renouveau du courant Arts & Crafts qui, avec des artistes comme Louise Bourgeois, recycle des pratiques d'arts considérés à l'époque comme mineurs (tissage, céramique, etc.) pour développer un propos artistique.
    Hadelin Feront

  • Céleste Boursier-Mougenot ; perturbations

    Collectif

    • Analogues
    • 21 Mai 2015

    Nouvelle monographie : une vue d'ensemble des travaux récents (2008-2014) avec lesquels Céleste Boursier-Mougenot prolonge son exploration des formes entre arts plastiques et musique au travers d'écosystèmes à la fois artificiels et vivants, vers de nouveaux rapports à la sculpture, à l'espace, à l'installation, au mouvement, au multimédia (avec quatre essais et des notices détaillées de l'artiste).
    Perturbations est la deuxième monographie consacrée à Céleste Boursier-Mougenot, un artiste qui présente à travers le monde ses oiseaux, piscines, poissons, plantes, guitares électriques, pianos, déplaçant et réinterprétant à chaque occasion ses installations, à paraître aux éditions Analogues.
    États seconds présentait des oeuvres de 1995 à 2008, et soulevait des questions incontournables de position du travail entre arts plastiques et musique. Les premières oeuvres plastiques de Céleste Boursier-Mougenot s'incrivent en effet dans la suite de son expérience en tant que compositeur, de 1985 à 1994, expérience à laquelle il donne une forme autonome en réalisant des installations.
    Perturbations conduit aujourd'hui le lecteur vers des rapports à la sculpture, à l'espace, à l'installation, au mouvement, au multimédia. L'exposition éponyme présentée aux Abattoirs à Toulouse en 2014 jalonne le livre de repères et d'ouvertures vers un choix d'oeuvres de Céleste Boursier-Mougenot produites depuis 2008 et exposées à la Barbican artgallery à Londres, au Musée national d'art contemporain de Séoul, au Umass Fine Arts Center à Amherst (États-Unis) ou au Musée d'art contemporain de Tokyo, mais aussi à la Maison rouge ou au Collège des Bernardins à Paris.
    Quatre auteurs, critiques d'art et commissaires d'expositions, guident le lecteur dans cette oeuvre : Olivier Michelon (directeur des Abattoirs, musée d'art moderne et contemporain de Toulouse), Emanuele Quinz (Université Paris VIII), Nikola Jankovic (éditions B2) et Emma Lavigne (conservateur au Mnam, Centre Pompidou). L'édition de cette seconde monographie, qui paraît au moment de l'ouverture de l'exposition de Céleste Boursier-Mougenot au Pavillon français de la 56e Biennale de Venise, est disponible seule ou avec la réimpression d'États seconds. Les deux volumes, augmentés de notices détaillées, réunissent l'intégralité de l'oeuvre de l'artiste aujourd'hui.
    Offre spéciale pour l'achat des deux monographies complémentaires États seconds et Perturbations.
    Présentés exclusivement dans les lieux d'art contemporain, les travaux de Céleste Boursier-Mougenot (né en 1961 à Nice, vit et travaille à Sète) sont à considérer avant tout comme ceux d'un musicien. Après avoir été compositeur jusque dans les années 1990, il entreprend de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations. À partir de matériaux, de situations ou d'objets les plus divers dont il extrait un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie pour générer, le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes. Déployé en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute en livrant, au regard et à la compréhension du visiteur, le processus qui engendre la musique.
    Céleste Boursier-Mougenot considère, en premier lieu, le livre comme de l'espace, un support pour l'expérience du lecteur, dans lequel il est question de faire entrer du temporel, le temps de la lecture.
    Céleste Boursier-Mougenot représente la France à la Biennale de Venise 2015.

  • Glenn Brown

    Glenn Brown

    • Analogues
    • 1 Mai 2016

    Glenn Brown est un artiste virtuose, expert dans l'usurpation et le détournement des grands maîtres de la peinture classique. De ses dernières réalisations inspirées de l'oeuvre de van Gogh aux travaux plus anciens, cette monographie permet de découvrir une pratique artistique mêlant dessin, peinture et sculpture de laquelle émane une réalité plurielle, entre tradition et postmodernisme.

    Glenn Brown est l'un des artistes contemporains britanniques parmi les plus singuliers. Pourtant, la dernière rétrospective sur son oeuvre en France remonte à l'année 2000. Méconnu du grand public français, l'art de Glenn Brown nous dévoile la force subjective de ses traductions des reproductions d'oeuvres de maîtres anciens, de l'atomisation de la peinture ainsi que de l'inépuisable inventivité de sa pratique qui s'approprie les styles et les couleurs des dessins et des peintures classiques. Son geste interprétatif inédit donne vie à un ensemble de taches et de lignes sinueuses qui s'enchevêtrent et se répondent sur la surface d'une oeuvre d'art. Il émane de ses oeuvres - dessins et peintures confondues - une réalité plurielle, floue et flottante où l'ambiguïté visuelle évoque celle propre à notre époque « postdigitale ».
    Les dessins qu'il réalise depuis 2013 comme une expression artistique autonome entretiennent un rapport thématique et viscéral avec ses peintures ainsi qu'avec ses sculptures, dont la majorité a été produite exclusivement pour l'exposition à la Fondation Vincent van Gogh Arles. Ainsi, ces trois médiums - peinture, sculpture et dessins - se côtoieront pour la première fois en France dans le cadre d'une exposition d'envergure.
    A l'instar de l'exposition « Van Gogh en Provence : la tradition modernisée », les thèmes abordés dans l'oeuvre de Glenn Brown appartiennent à une tradition picturale occidentale. Le portrait et la nature morte reflètent les conventions de différents styles et époques, que l'artiste convoque à travers sa peinture et ses dessins : réalisme allemand, maniérisme, baroque ainsi que la modernité. Les peintres européens historiques apportent des références qu'il convient de considérer comme des points de départ pour ses interprétations. Glenn Brown se distancie de l'original qu'il pulvérise et complexifie.
    Dans sa traduction du portrait du facteur arlésien ou de Champ d'iris près d'Arles de Vincent van Gogh, pour la création des sculptures Armand Roulin et Boucher Blob B, toutes deux produites pour l'exposition, Glenn Brown s'est appuyé sur les couleurs des reproductions des tableaux de Van Gogh pour « surpeindre » des bustes en bronze, masqués derrière une quantité de couches épaisses de peinture bariolée. Cette profusion de matière tactile dialogue avec des toiles sans relief qui donnent, elles aussi, l'impression d'un jeu de textures et de masses visuelles fiévreuses.

    Publié à l'occasion de l'exposition « Suffer Well » à la Fondation Vincent van Gogh, Arles, du 14 mai au 11 septembre 2016.

  • Point d'appui

    Catherine Melin

    • Analogues
    • 15 Janvier 2014

    Première monographie dédiée à l'oeuvre de l'artiste française qui saisit, par le dessin, la photographie, le film, la sculpture et l'installation, les interstices des paysages urbains et les mouvements des corps dans la ville.

  • Pierre Mabille

    Collectif

    • Analogues
    • 16 Février 2015

    Nouvelle monographie, avec des essais de Michel Pastoureau et Jean-Marc Huitorel, la reproduction des planches de l'« antidictionnaire » qui accompagne l'oeuvre peinte de Pierre Mabille, une sélection de peintures récentes, un ensemble de vues des vitraux de l'église de Chalonnes-sur-Loire, ainsi qu'une biographie documentée et illustrée qui permet d'inscrire l'actualité de l'artiste dans l'ensemble de son parcours artistique.
    « La réitération n'implique pas fatalement le ressassement. La forme oblongue que Pierre Mabille remet sans cesse sur le métier depuis 1997 n'a d'existence que dans une subtile polysémie. Ce motif récurrent, singulier et unique qui se retrouve dans ses peintures, dessins, dispositifs et vitraux désormais, possède une force secrète qui se révèle dans la pratique. Ici ne s'avoue aucun dessein à court, moyen ou long terme, mais se distingue une préméditation improvisée. L'apparition de la forme/signe segmente un parcours qui voit l'abandon de toute anecdote au profit d'une expérience de la couleur. La couleur dans sa fluidité, ses contrastes, son rythme, ses variations, son dynamisme. La couleur via, par, pour la forme qui refuse l'image. Pour mieux faire sens ? Faire sensation serait plus pertinent. Tout ici se manifeste dans l'équilibre, dans le jeu incessant de la couleur et de l'espace. Les grands formats horizontaux des peintures récentes témoignent de cette recherche où les couleurs sont mises en relation en fonction de leur densité. » Robert Bonaccorsi Dans les années 1980, Pierre Mabille (né en 1958 à Amiens, vit à Fontenay-sous-Bois et travaille à Montreuil) peignait des surfaces saturées de signes pour la plupart figuratifs. Parmi eux, quelques formes d'apparence plus abstraite, dont celle d'une touche de pinceau, le résultat de sa pression sur le plat de la surface.
    « Dans mon vocabulaire initial, elle symbolisait le cyprès. A l'origine verticale, elle était beaucoup plus marquée, rappelait notamment la mandorle, déterminait un haut et un bas. Je l'ai disposée horizontalement. Elle a gagné en légèreté. Plus aérienne, elle m'offre la possibilité de composer en étagement, en suspension, d'oublier le sol et le ciel, donc de quitter l'image. » (Pierre Mabille).
    Cette figure en forme d'amande pointue que le vocabulaire français ne sait pas nommer avec précision mais que la langue allemande qualifie parfaitement : ein Spitzoval, est « un ovale à deux pointes ». Depuis 1997, Pierre Mabille en fait un motif récursif de sa peinture. Il l'obtient en entrecroisant et en superposant des lignes courbes ou ondées de différents modules, produisant à leurs intersections un ensemble d' « otelles » qui, une fois les couleurs posées et les lignes effacées, deviennent les motifs principaux du tableau.

  • Jean Denant

    Collectif

    • Analogues
    • 1 Septembre 2016

    Une première monographie d'envergure qui revient en textes et en images sur les principales réalisations d'un artiste complet, dont la démarche in situ manifeste un goût pour l'urbanisme, l'éphémère, le geste et la matière.

    Né en 1979, Jean Denant vit et travaille à Sète.
    « Depuis Sète, Jean Denant s'adresse au monde. Il considère le contexte de son travail à l'échelle géopolitique. C'est en reliant le quotidien le plus trivial aux soubresauts de l'Histoire qu'il parvient à atteindre cette dimension universelle. Ses pièces sont tautologiques, la forme, le matériau, le geste et le contexte construisent un propos ouvert où la critique est toujours présente. S'il fabrique des objets qui ont capacité à circuler, il attache autant d'attention à leur mise en espace. Ses expositions ont toujours une dimension d'immersion. Il y orchestre peintures et sculptures pour y plonger entièrement le regardeur. L'échelle de ces oeuvres répond à cette volonté mais évoque aussi intimement le rapport de l'artiste à son propre travail. Jean Denant est attaché à sa pratique d'atelier et y construit ses oeuvres à son échelle. Il manifeste toujours une économie de geste et de matériau. Extraire de la matière du Placoplatre et du bois pour agencer du mobilier, graver le bois à bancher pour dessiner des forêts, agglomérer des débris pour construire des pots, à chaque geste un matériau. Cette simplicité formelle contraste avec la complexité du propos. Travail d'échelle, de l'humain au monde, de la ville à l'individu, du géologique à la mémoire, de l'intime à l'universel, Jean Denant exprime les forces du monde et leurs contradictions. » Manuel Pomar

  • Arnaud Vasseux ; pièces non balayées

    Philippe Cyroulnik

    • Analogues
    • 30 Janvier 2019

    Nouvelle monographie, centrée sur les sculptures éphémères réalisées par Arnaud Vasseux dans le contexte des expositions récentes, au terme desquelles les oeuvres sont détruites.

    La succession des Cassables, sculptures éphémères réalisées par Arnaud Vasseux, contribue à dégager une position autant par rapport au champ élargi de la sculpture que par rapport au médium exposition. Cette monographie formule précisément l'évidence d'une relation singulière d'Arnaud Vasseux à l'exposition : chacune d'elle, abordée ici comme une étape, se caractérise par la présentation de ces Cassables construits à même le lieu. Au terme de l'exposition, ces sculptures doivent être détruites. Il en demeure sinon le souvenir, un ensemble de photographies, et parfois de textes qui constituent les archives de la pratique d'Arnaud Vasseux.
    Les auteurs sollicités ont chacun choisi une ou deux oeuvres observées et expérimentées à l'occasion d'une de ses étapes. Ils construisent une communauté de regards individualisés au contact de situations différentes, ce qui, parfois, n'exclue pas l'attention aux mêmes objets. Si les choses se construisent dans une relation au lieu et au contexte d'accueil, c'est que l'atelier n'est plus seulement à entendre comme un lieu fixe ni comme le lieu privilégié où se réalisent les choses. L'atelier, dès lors, est à comprendre comme un lieu mobile, un lieu en déplacement, un lieu ouvert à d'autres lieux, à d'autres situations et à d'autres rencontres. Qu'en reste t-il une fois l'exposition achevée et comment ce qui reste est mis en partage ? Quels points de vue peuvent rendre compte d'une relation vécue et réflexive à l'expérience proposée par cette confrontation entre ce qui existe et ce qui est construit et ajouté ?
    Photographies, documents, textes, notices et légendes se sont accumulés au fil d'une quinzaine d'étapes depuis 2011 (la précédente monographie est parue début 2011). Ces traces et prolongements des expositions, pour la majorité inédits, témoignent de ce qui a eu lieu. Leur articulation dégage ce qui est redéfini des enjeux du travail d'une étape à l'autre.

    Né en 1969 à Lyon, Arnaud Vasseux vit et travaille à Marseille. « Les formes audacieuses, énigmatiques et fragiles de ses sculptures résultent de la manipulation de matériaux simples, empruntés au catalogue des produits du bâtiment ou de l'industrie légère - avec une préférence pour les matériaux «à prise» : plâtre, résine, fibre de verre. L'artiste porte toute son attention vers leurs propriétés physiques, leurs possibilités et limites techniques, à partir desquelles sont élaborées les procédures et manipulations inhabituelles qui vont infléchir le projet initial. À ce caractère expérimental de la production de la forme se conjugue l'échelle des oeuvres qui souvent dialogue avec celle du bâti et du lieu. Chaque intervention offre ainsi au visiteur les conditions d'une expérience - un moment d'intensité accrue de ses propres sens et de sa réceptivité à la charge esthétique et poétique - où le lieu et l'oeuvre s'informent, se nourrissent et s'enrichissent. Ainsi l'exposition n'est pas juste un moment à l'occasion duquel l'oeuvre est ajoutée à un lieu, mais la réunion d'un espace et d'un temps de mise à l'épreuve, de mise en tension de l'action et de l'objet dans son articulation avec l'espace, un moment particulier de l'expérience, que renforce le caractère indéplaçable et éphémère des sculptures. » (Cédric Loire)

  • Emma Dusong

    Paul-Hervé Parsy

    • Analogues
    • 30 Janvier 2019

    Le deuxième titre de la collection consacrée aux résidences de la Maison Bernard, oeuvre-référence de l'architecture organique réalisée au cours des années 1970 par Antti Lovag, en association avec Pierre Bernard. L'ouvrage documente le projet conçu durant la résidence d'Emma Dusong.

    Emma Dusong est une artiste qui travaille avec sa propre voix. Elle a choisi de créer une oeuvre avec ce médium qu'elle considère comme « l'un des plus vivants et des plus vibratoires ». Elle est aussi très impliquée dans l'exposition de son oeuvre vocale, c'est à dire sa mise en espace pour engager ce dialogue essentiel avec un lieu, une architecture environnante.
    Dans la maison créée par Antti Lovag, les sens sont mis en éveil permanent. Il y a la vue où, passé l'étonnement de la découverte, l'absence d'angle droit crée une continuité et une fluidité visuelles qui suscitent une sensation très forte de liberté, un sentiment d'harmonie, une échappée sur l'imaginaire. Curieusement, l'ouïe est peu sollicitée. Il y a bien sûr les bruits de la nature, le vent, la pluie, le ressac ; les bruits étouffés du monde alentour et aussi, parfois, ceux de la maison, des craquements nocturnes provoqués par des phénomènes de dilatation due à la chaleur. Mais jusqu'alors, la maison restait discrète, voire muette.
    Emma Dusong s'est lancé un véritable défi : faire chanter la maison. Son projet s'est élaboré dans une dynamique d'incarnation et de simplification. Elle a d'abord dû apprivoiser la maison, la vivre et la ressentir jusqu'à l'inscrire dans sa propre corporalité. Elle s'est aussi mise à son écoute, a testé son acoustique, ses résonances. Pour composer une mélodie et écrire des paroles, encore lui fallait-il capter sa personnalité, se rendre disponible pour percevoir ce que la maison pouvait lui dire pour trouver sa voix et son chant les plus justes.

    À travers la voix humaine, parlée ou chantée, Emma Dusong (née en 1982 aux Lilas, Emma Dusong vit et travaille à Paris) recherche des expériences vivantes pour les visiteurs. Ses oeuvres, souvent amorcées par des déclenchements, se situent pourtant en dehors d'une logique de l'événement, ce qui l'intéresse étant de proposer une durée. Elle compose et écrit l'ensemble de ses oeuvres vocales.

  • Troisième titre de la collection consacrée aux résidences de la Maison Bernard, oeuvre-référence de l'architecture organique réalisée au cours des années 1970 par Antti Lovag, en association avec Pierre Bernard. L'ouvrage documente le projet conçu durant la résidence du photographe Yves Gellie, un travail autour de la lumière et de la perception.
    Yves Gellie partage déjà une longue histoire avec la Maison Bernard. Sa première visite, qui remonte aux années 1980, lui a permis de rencontrer ses créateurs, Pierre Bernard et Antti Lovag. En les fréquentant régulièrement, il a pu percevoir les motivations et les intentions de l'un et les conceptions novatrices de l'autre.
    Les premières images d'Yves Gellie sont documentaires, très éloignées des images traditionnelles d'architecture. Elles affirment un parti pris délibéré en refusant le grand angle car il ne s'agit pas de montrer le plus possible mais de suggérer en se focalisant sur le détail des éléments architecturaux pour révéler la précision des enchevêtrements de formes, la fluidité des perspectives et le dessin des marqueteries de pierre au sol. Puis, il s'est en quelque sorte pris au jeu. En créant un véritable studio photographique dans une chambre qui concentrait toute la gamme chromatique utilisée dans la maison, il a su interpréter et détourner l'architecture d'Antti Lovag pour créer des images autonomes.
    Dans une série intitulée La Chambre Soeur, il s'appuie sur les propriétés spécifiques de la photographie, en l'occurrence la lumière, pour réduire un espace tridimensionnel en un espace à deux dimensions, donnant à voir de larges aplats de couleurs évoquant une composition abstraite et la matière brute d'un mur. Puis cherchant à restituer la fugacité de la lumière dans les espaces et son influence sur leur perception, il a créé une installation vidéo singulière en allant dans l'infiniment petit d'une image, le pixel. Et pixel par pixel, il a réussi à reproduire les variations lumineuses que ne pouvait capter l'appareil photographique.
    Ses images fixes et en mouvement ne sont pas des représentations de l'architecture, encore moins des démonstrations. Elles traduisent fidèlement cet esprit de liberté qui animait Antti Lovag et qu'il a insufflé dans ses créations architecturales.

  • La cellule (Becquemin&Sagot)

    Becquemin&Sagot

    • Analogues
    • 23 Mars 2016

    Première monographie du duo éponyme, La cellule (Becquemin&Sagot) explore le désir dans notre société post-industrielle, post-humaine, entre globalisation et développement durable, dans cette « glocalisation » qui fabrique de nouveaux objets, de nouvelles tentations et de nouvelles perversions « La cellule (Becquemin&Sagot) est une entité formée de deux individus. [...] Infiltrées au sein de plusieurs territoires, Stéphanie Sagot et Emmanuelle Becquemin «ré-enchantent» le monde qui n'est plus, pour elles, qu'un décor où la fête semble une boucle infinie. La cellule (Becquemin&Sagot) est un faux couple de fausses jumelles qui jouent les doublures du réel afin d'en faire miroiter les faux-semblants. Elles se servent des modes opératoires de l'art et de son petit monde pour voyager, détourner les codes habituels et fabriquer de l'art là où on ne croit pas en voir. Faire voir sous un nouvel angle, c'est cela la séduction, dévier et changer le cap tout tracé, faire des pas de côté pour envisager le monde de manière critique. En dehors de la jouissance, au-delà de la satisfaction rapide, leurs oeuvres sont des os sous des enrobages de guimauve. » Marie de Brugerolle A travers la sculpture, l'installation ou la performance, les deux artistes de La cellule (Becquemin&Sagot) (Emmanuelle Becquemin et Stéphanie Sagot) questionnent le désir et sa mise en oeuvre, au moyen de dispositifs qui en mettent en tension les symptômes de l'expression, expérimentant les mécaniques du désir entre Eros et Thanatos. Elles interrogent l'instant fragile où tout peut vaciller, se consommer, se consumer et disparaître. Convoquant souvent l'absurde comme un moyen d'« échapper belle » - dans son sens historique de « manquer une balle bien lancée », leurs oeuvres dévient de leur trajectoire. Une apparente légèreté qui voile une réalité plus amère.

  • Une vue d'ensemble de l'oeuvre du peintre : une rétrospective de ses principales expositions à travers le monde depuis plus de vingt ans, de la Biennale de Venise en 1990 à Marseille en 2014 en passant par Chicago, Paris, Reykjavík, Kassel, Bâle, Porto, Barcelone, Munich ou Vienne, avec deux essais et un entretien.
    « Pour Adrian Schiess, peindre n'a jamais consisté à vouloir bâtir une oeuvre ; il s'est agi avant tout de mener à bien un questionnement vital dont les fins ne se dévoilent à lui qu'au fur et à mesure de sa progression. Depuis bientôt trente ans, Adrian Schiess poursuit une aventure artistique et spirituelle qui ne s'est jamais détournée de sa direction initiale et qui nous permet aujourd'hui d'éprouver avec force la cohérence profonde de l'homme et d'une oeuvre. Les artistes de tout temps nous ont appris à entrer dans le réel, à percevoir l'épaisseur du monde. L'oeuvre permet d'affiner le regard, de stimuler l'étonnement et la contemplation, recréant les liens essentiels entre l'homme et la nature. L'oeuvre miroir de la nature, médiateur dans notre rapport au monde, stimule des usages multiples, miroir critique de la société, et interroge le spectateur sur les notions de croissance, de mort, de hasard, de contingence et de transitoire. » Pascal Neveux Publié à l'occasion de l'exposition « Adrian Schiess : Peinture » au Frac Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Marseille, de mai à août 2014.

    Voir aussi Denys Zacharopoulos : Capriccio - Adrian Schiess, l'oeuvre plate.
    Adrian Schiess, artiste suisse allemand né à Zürich en 1959, vit et travaille dans le Jura Suisse après avoir passé près de vingt ans dans le Sud de la France, où il a bâti une oeuvre majeure au niveau international. Il a participé à de nombreuses expositions qui constituent aujourd'hui l'histoire de l'art contemporain et de la peinture. Il fut aussi l'invité du pavillon suisse à la Biennale de Venise en 1990. Il a présenté des expositions monographiques au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1993 et au Musée d'Art Moderne de Saint-Étienne en 2010.

  • Parages

    Guillaume Robert

    • Analogues
    • 20 Octobre 2016

    Entre monographie et livre d'artiste, Parages déploie en sept chapitres la pratique du vidéaste et plasticien Guillaume Robert, avec les contributions des artistes Louise Hervé & Chloé Maillet, Rémy Héritier, Marcelline Delbecq et Jean-Xavier Renaud.

    « Un parage désigne initialement une aire maritime qui borde une côte. Une aire où l'on fraie jusqu'à l'accostage. La voie, privée de balises, reste à ouvrir, incertaine. Le parage est illisible, il demeure en suspens du geste cartographique. Ses abords s'expérimentent, le rivage est possible. Cependant, dans son acception courante, le parage se tient à portée de main. Les parages composent un cercle de proximité, ils existent là, tout autour de soi, de proches horizons. Entre monographie et livre d'artiste, Parages déploie en sept chapitres ma pratique de vidéaste et de plasticien. Sept chapitres, sept formes qui maintiennent vivace le mouvement d'oscillation entre la proximité et la distance, instillant l'étrangeté dans la proximité, familiarisant le lointain. Chaque chapitre s'approprie une aire, accoste un contexte, aborde l'autre, ouvre un processus spécifique d'exploration. Ces processus prennent la forme de scénarios en acte et en mouvement, des scénarios ouverts au pilotage à vue, à la saisie de l'occasion. Ce n'est alors pas tant les médiums qui définissent une singularité de ma pratique que ce rapport spécifique, quasi narratif, au processus de production. Il en résulte des expériences réflexives, poétiques et parfois purement sensitives, constituant des territoires à la croisée des champs (littérature, cinéma, science, géopolitique, histoire de l'art...). Pour quatre chapitres, je fais appel à des artistes qui oeuvrent à proximité de mes parages. Louise Hervé & Chloé Maillet, Rémy Héritier, Marcelline Delbecq et Jean-Xavier Renaud contribuent, depuis leur propre pratique, à éclairer un des projets ici exposés. Ces invitations sont une façon de comprendre la place de mon travail dans le champ de la création contemporaine. Une façon également de redoubler ma méthodologie qui inaugure des espaces de coopération. Garagiste, géophysicien, danseuse, forgeron, éclairagiste, musicien, peintre, frère, actrice, apiculteur, performeur, berger sont autant de figures, de rencontres, de savoir-faire qui suscitent les aires que je modèle et sillonne. » Guillaume Robert

  • Lacune féconde

    Marc Johnson

    • Analogues
    • 1 Janvier 2017

    Cet ouvrage offre une ré?exion globale sur l'avenir de l'humanité à travers une étude des liens entre art, archéologie et génétique. Il se compose de trois essais de spécialistes et d'un entretien, d'images issues de l'iconothèque de l'Inrap et de vues de l'installation réalisée par l'artiste à La Maréchalerie, centre d'art contemporain de Versailles.

    « Marc Johnson, plasticien, architecte et cinéaste est à l'image du philosophe et de l'épistémologue : un chercheur en quête constante de connaissance et de compréhension du monde. Conçue en livre d'artiste, la publication témoigne de ce processus de travail et de son ambition d'interroger des enjeux contemporains fondamentaux : ceux du développement et de l'avenir de l'humanité. Plus d'une année de recherche consacrée à l'archéologie durant laquelle l'artiste explore cette discipline avec le soutien de l'Inrap. Une science qui, par le croisement de ses recherches avec les compétences des disciplines les plus avancées, la génétique en particulier, se prononce sur l'histoire de l'être humain, interroge son présent, voire anticipe son avenir. C'est ce que démontrent, à travers leurs propres expériences, les spécialistes invités par Marc Johnson à intervenir dans ce livre. Les recherches des anthropologues Rozenn Colleter en collaboration avec Paul-Anthelme Adèle, juriste, et Éric Crubézy, illustrent l'impact contemporain de l'analyse des vestiges du passé. Celle du philosophe, Stefan Lorenz Sorgner, étudie l'évolution de l'espèce humaine. Après avoir analysé les mouvements posthumaniste et transhumaniste, il avance l'hypothèse d'une « métahumanité ». En présentant ces textes aux côtés d'une sélection d'images de fouilles archéologiques issues du fonds iconographique de l'Inrap, de celles de l'installation in situ que l'artiste a réalisée à La Maréchalerie, Marc Johnson réalise une forme originale élaborée en séquences, pensée à l'image d'un objet de recherche. Il y raconte une histoire qui nous concerne, l'histoire de l'humanité, la nôtre. Avec lucidité, il offre l'opportunité de nous questionner sur notre place dans la finalité qui nous caractérise. » Valérie Knochel-Abecassis.

    Publié suite à l'exposition éponyme, La Maréchalerie - centre d'art contemporain, Versailles, du 15 avril au 3 juillet 2016.

  • Carlos Bunga

    Collectif

    • Analogues
    • 16 Juin 2014

    Une vue d'ensemble du travail de l'artiste portugais basé à Barcelone, entre architecture, sculpture et peinture.
    Basée sur l'installation conçue in situ par Carlos Bunga pour le musée Serralves, une structure monumentale en dialogue avec l'architecture d'Álvaro Siza, cette monographie complète documente également, en images, en dessins et avec plusieurs essais et un entretien, les projets les plus emblématiques réalisés par Bunga à Sao Paulo, Los Angeles, Miami, Berlin, New York, Saint-Sébastien, etc.
    Publié à l'occasion de l'exposition de Carlos Bunga dans le cadre du projet Sonae au musée Serralves, Porto, en 2012-2013.
    Carlos Bunga (né en 1976 à Port, vit et tarvaille à Barcelone) est connu pour ses grandes installations architecturales dans lesquelles il utilise principalement des matériaux fragiles et périssables (carton, rubans adhésifs, peintures), structures qu'il détruit parfois ensuite dans le cadre de performances ou avant même le vernissage de l'exposition. Construites au fil des semaines, ses projets in situ créent un véritable dialogue avec l'architecture environnante. Le travail de Carlos Bunga intègre également des éléments vidéo, des sculptures et des dessins.

  • Première monographie de l'artiste luxembourgeois d'origine portugaise dont les recherches questionnent les notions de déplacement et de désir, de croyance et de doute, de mémoire et de perception de l'espace-temps.

  • Nous

    Collectif

    • Analogues
    • 28 Juin 2013

    Les sculptures figuratives et singulières sur tilleul de Guy Reid (une série de portraits du compagnon de l'artiste réalisés au cours des dix dernières années, ainsi que des portraits de son entourage).

  • Ulysses

    Semaines

    • Analogues
    • 15 Février 2014

    Le second volume hors série de la revue Semaine réunit seize expositions qui ont clôturé 2013 dans le cadre de la manifestation « Ulysses » coordonnée par le Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur, à l'occasion de Marseille-Provence 2013.
    Le projet Ulysses associe quarante-cinq structures et collectivités qui offrent une proposition artistique pluridisciplinaire de qualité internationale sur l'ensemble de l'année 2013. Formidable réservoir d'imaginaire, le voyage d'Ulysse permet d'envisager différentes formes d'écritures artistiques, d'aborder des notions fondamentales et finalement d'investir des espaces aux caractères très différents. Le projet se présente ainsi comme un itinéraire qui participe d'une découverte de l'art contemporain dans ses multiples attitudes à travers celle d'un territoire singulier, le territoire de Marseille-Provence 2013.
    Avec Wang Bing, Khalil Joreige & Joana Hadjithomas, Aïcha Hamu, Gabriel Orozco, Fiona Tan, Nicolas Floc'h, Cildo Meireles, Claire Fontaine, Hans op de Beeck, Jean-Christophe Norman, Georges Tony Stoll, Meschac Gaba, Frederick Wiseman, Franck Pourcel...

  • Première monographie de Florence Reymond, cet ouvrage sophistiqué, accompagné d'un film de Damien Faure consacré à l'artiste sur DVD, documente une série d'oeuvres récentes, des peintures de paysages aux couleurs et à la gestuelle franches relevant autant de l'abstrait que du figuré, s'inspirant d'un art ornemental universel.
    Un petit nombre d'objets revient avec insistance dans les toiles de Florence Reymond.
    D'une part, il y a ce qu'on peut appeler les « traits d'enfance ». Ce sont quelquefois des objets, ainsi le Pinocchio qui se dresse dans le polyptyque jaune ; plus souvent, la référence correspond à un mode de faire. Réminiscences des dessins enfantins : un sapin de Noël aux branches relevées à leur extrémité, de vagues plantes grasses aux feuilles évasées, des étendues d'eau ou des morceaux de pré recouverts d'un grillage qui peut être une barrière ; et puis ces bordures décoratives, les lignes droites reprises de bouclettes, exercices d'écriture pour classes maternelles, embryons de cadres décoratifs ou, selon les cas, assises terrestres ou amorces de ciel, dans un langage graphique qui est ou serait puéril.
    D'autre part, des suggestions venues d'un ou de plusieurs ailleurs géographiques habitent ces peintures. L'Asie fréquemment, l'Afrique un peu moins souvent, et tel site dans l'est de l'Europe, s'y croisent et s'y mêlent. Aucune volonté d'étrangeté, dans tout cela, et une expérience personnelle réduite à un souvenir visuel et auditif fort, celui de fêtes colorées et bruyantes en Inde. Davantage, le résultat d'une inquiétude dont la trace se décèle dans les conversations qu'on peut avoir avec l'artiste. Que voit-on en effet dans les tableaux ? Une forme pyramidale s'y retrouve régulièrement. Quelquefois, il s'agit d'une montagne : elle a la teinte et la texture de la terre. La montagne peut prendre la couleur du beurre : on songe à ces mottes de graisse, offrandes au dieu ou aux dieux dans les temples bouddhistes ou hindouistes. D'autre fois, des pierres sont empilées les unes sur les autres : c'est aux arrangements de cailloux construits par les marcheurs en l'honneur des esprits des hauteurs que l'on pense. Plus souvent, le bas des montagnes, mottes ou kerns, s'évase en une sorte de bol. On reconnaît un temple, stupa gigantesque ou réplique miniature et de nouveau offrande. Il peut arriver encore que la construction pyramidale soit un grenier : la resserre à grains des pays au sud du Sahara. Dans plusieurs tableaux, ces montagnes, ces temples, ces greniers, s'ornent de tiges dressées, suggestions inavouées de croix ou de suites de fanions : des drapeaux de prières. Dans tous les cas, quoi qu'elle soit ou semble représenter, la forme pyramidale s'affirme chez Reymond comme précieuse et riche d'un sens : l'écrin de la divinité ou de ce qui permet de maintenir la vie ou le sens de la vie. Une manière de demeure ?
    Nadeije Laneyrie-Dagen Née en 1971 à Lyon, Florence Reymond vit et travaille à Paris.

  • Farah Atassi

    ,

    • Analogues
    • 6 Janvier 2015

    Première monographie de la peintre belge d'origine syrienne.
    Près des toiles, des pinceaux, des tubes de peinture, d'autres outils envahissent l'atelier de Farah Atassi : ouvrages d'histoire de l'art, revues d'architecture, catalogues d'exposition. Sur la table de travail, des dizaines d'images découpées sont minutieusement ordonnées, classées et annotées pour préparer les tableaux à venir. Partir d'une photographie pour arriver à une peinture, voilà le premier temps du travail de Farah Atassi. L'artiste accomplit de longues recherches qui la mènent souvent sur les traces des avant-gardes européennes des premières décennies du xxe siècle.
    Plongeant et puisant dans l'histoire de l'architecture, de la peinture et du design, Farah Atassi s'attache à sélectionner des images qui lui permettront de construire ses intérieurs, car il s'agit là d'un véritable jeu de construction. Des traits au crayon pour placer les objets qui viendront hanter les tableaux, puis un précis quadrillage au scotch pour assurer la systématisation des motifs, qu'elle n'enlèvera qu'à la toute fin, non sans laisser quelques marques de l'adhésif. Le temps est maintenant venu de peindre. Farah Atassi peint des grands formats qui représentent des intérieurs. Des murs suintants, des espaces inhabités, quelques meubles branlants, un carrelage noirci par la saleté, un décor vétuste, quelques traces d'une présence humaine passée. Une ambiance de fin de partie où la ruine menace.
    Marjolaine Lévy

  • A very small part of infinity

    Lionel Estève

    • Analogues
    • 15 Avril 2015

    Monographie abondamment illustrée de Lionel Estève, structurée autour d'une conversation extensive et approfondie entre l'artiste et Herman Byrd, qui constitue une introduction aux multiples dimensions d'une oeuvre sculpturale polychromatique et énigmatique.
    Herman Byrd : Le livre s'appelle A very small part of infinity. Est-ce que tu peux me dire ce qui a motivé ce titre ? Est-ce lié aux oeuvres, à ta place dans le monde ou dans le monde de l'art ?

    Lionel Estève : Aujourd'hui, il semblerait que l'univers soit fini. Moi je suis un peu comme Giordano Bruno et j'ai du mal à ne pas le concevoir comme infini. En partant du postulat que l'infini existe, on peut concevoir alors que tout existe. Et même plusieurs fois. Tout existe une infinité de fois. Tu prends des perles et tu les jettes sur une table et tu peux te dire que c'est une représentation d'une constellation d'étoiles qui existe. Donc tout ce que tu peux imaginer a un autre statut que simplement sorti de ton imagination. Ça a un ancrage dans le réel si ce réel est infini. Je ne sais pas si ceci participe d'une théorie quelconque, je te fais part d'une réflexion personnelle.

    Les propos tenus entre Herman Byrd et Lionel Estève, richement documentés et illustrés, sont ici autant d'entrées vers l'oeuvre de l'artiste, traversant l'universalité des matériaux, l'exactitude de la couleur, la perception de la lumière, l'univers de l'enfance. L'artiste et son interlocuteur nous emmènent en creux dans ce travail.
    Né en 1967 à Lyon, Lionel Estève vit et travaille à Bruxelles.

  • Ne mise en perspective des oeuvres de Céleste Boursier-Mougenot, en relation avec des citations d'écrivains et de penseurs (texte de Benoît Viguier).
    « Les télescopages, dans les oeuvres de Céleste Boursier-Mougenot, laissent une empreinte durable chez celui qui en fait l'expérience?; une trace sensorielle, mémorielle, à la fois fragile et ténue. [...] Ces traces, ces devenirs surgissent à nouveau dans la solitude, si peuplée, de la lecture. Au détour d'une page, les mots suscitent des rapprochements instantanés et joyeux. Les «vessels» de James Joyce, à la fois vaisseaux et récipients, font résonner les bols de porcelaine avec mes propres souvenirs d'enfant. La neige du «goût de néant» de Baudelaire m'engloutit avec une grande actualité dans sa rencontre avec le poste de secours recouvert de matière blanche en expansion sur la plage de Santa Monica. Les oeuvres de Céleste Boursier-Mougenot, jamais ouvertement citationnelles, et sans doute pour cette raison même, me font à leur tour saisir ces textes oubliés, ouvrant des possibles qui semblaient à tout jamais refermés. » Benoît Viguier « Que ne puis-je muer ma ressemblance humaine En la forme de l'eau qui cette barque emmène ! » Pierre de Ronsard Citations de Rainer Maria Rilke, Gilles Deleuze, Élie Faure, Charles Baudelaire, Paul Valéry, Gottfried Wilhelm Leibniz, Lucrèce, Jean-Joseph Goux, Don DeLillo, James Joyce, Martin Heidegger, Giorgio Agamben, Gaston Bachelard, Jean-Jacques Rousseau, Claude Debussy, Henri Bergson, Samuel Beckett, Friedrich Nietzsche, Jean-Luc Godard, Héraclite...
    Présentés exclusivement dans les lieux d'art contemporain, les travaux de Céleste Boursier-Mougenot (né en 1961 à Nice, vit et travaille à Sète) sont à considérer avant tout comme ceux d'un musicien. Après avoir été compositeur jusque dans les années 1990, il entreprend de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations. À partir de matériaux, de situations ou d'objets les plus divers dont il extrait un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie pour générer, le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes. Déployé en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute en livrant, au regard et à la compréhension du visiteur, le processus qui engendre la musique.
    Céleste Boursier-Mougenot considère, en premier lieu, le livre comme de l'espace, un support pour l'expérience du lecteur, dans lequel il est question de faire entrer du temporel, le temps de la lecture.
    Céleste Boursier-Mougenot représente la France à la Biennale de Venise 2015.

empty