Les Presses Du Reel

  • Trois Guinées

    Virginia Woolf

    • Black jack
    • 1 Mars 2012

    Trois guinées a été publié pour la première fois en France par les éditions Des femmes, en 1977. Un acte historique, une levée de censure, l'un des symboles de la raison d'être de cette maison d'éditions: ce texte, dénonciation vigoureuse de la «tyrannie patriarcale », n'avait jamais été publié en français depuis sa parution en Angleterre en 1938. La traduction de Viviane Forrester fait honneur à l'écriture de la grande romancière, qui se mue ici en essayiste, éblouissante d'intelligence et d'humour. Ecrit alors que menaçait la Seconde guerre mondiale, dont Virginia Woolf ressentait particulièrement les dangers, Trois guinées vibre d'une colère étonnamment clairvoyante, qui interroge encore les femmes, et donc les hommes de notre temps, après plus de 40 ans de mouvements de libération des femmes.

  • Le jardin en mouvement

    Gilles Clément

    • Apres
    • 23 Février 2016

    Deux films pour mieux comprendre le parcours et la pensée atypiques de Gilles Clément, jardinier, architecte paysagiste et écrivain, théoricien du jardin comme espace d'utopies politiques.

    Marqué par l'écologie, Gilles Clément a remis en question l'art des jardins à la fin du XXe siècle, grâce aux concepts du jardin en mouvement, du jardin planétaire ou du Tiers-paysage. Le jardin en mouvement nous emmène dans son jardin secret, la « Vallée », perdue au milieu des bois, dans la Creuse, où nous découvrons les principales réalisations qui ont jalonné sa création, comme le Domaine du Rayol dans le Var, le parc Henri Matisse à Lille ou le jardin du Tiers-Paysage sur l'ancienne base des sous-marins allemande de la Seconde Guerre mondiale à Saint-Nazaire. Le jardin ne se résume pas à un carré de pommes de terre, il est un lieu où s'exercent les utopies politiques, où se pratique la pensée scientifique et où les rêves nous portent vers d'autres mondes.
    Dans le second film, Petit lexique à l'usage du monde, Gilles Clément et Gilles A. Tiberghien, philosophe, s'interrogent mutuellement sur « le monde tel qu'il pourrait être » à travers un échange prenant la forme d'un abécédaire, de « faire avec » à « zizanie » en passant par « désobéissance » et « voyage ».

    Ingénieur horticole, paysagiste, écrivain, jardinier, Gilles Clément (né en 1943 à Argenton-sur-Creuse) enseigne à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage à Versailles. En dehors de son activité de créateur de parcs, jardins, espaces publics et privés, il poursuit des travaux théoriques et pratiques autour des concepts de jardin en mouvement, jardin planétaire et Tiers-paysage.

  • Sonnette/sonnets

    Walter Benjamin

    • Walden n
    • 4 Mars 2021

    Les soixante-treize sonnets inédits en français de Walter Benjamin, écrits en mémoire de son ami Fritz Heinle - poète suicidé à 19 ans par désespoir ou protestation face à l'avancée de la Première Guerre mondiale -, dévoilent une dimension méconnue de son oeuvre et de sa pensée par le prisme de la poésie (édition bilingue).
    De Walter Benjamin, le lecteur français est surtout familier des essais, des proses à caractère biographique et de la correspondance, mais pas des poèmes. La disqualification contemporaine de l'écriture poétique est un des facteurs de cette longue ignorance. Voici qu'un traducteur, Michel Métayer, s'est attelé à la tâche d'introduire dans notre langue les soixante-treize sonnets écrits par W. Benjamin à la suite du suicide à vingt ans de son ami Fritz Heinle en 1914. Ils constituent une intense et soudaine « crise de vers » au sein de l'oeuvre benjaminienne.
    W. Benjamin fut aussi un traducteur (Baudelaire, Proust, etc.) et un théoricien de la traduction. Antonia Birnbaum commente ici son essai sur La Tâche du traducteur.

  • Design pour un monde réel

    Victor Papanek

    • Les presses du reel
    • 27 Août 2021

    Réédition critique en français d'un ouvrage absolument précurseur et fondamental pour l'inclusion des problématiques sociales, environnementales et des enjeux de durabilité dans les démarches de conception : le manifeste d'une reconfiguration radicale du domaine du design, de ses formes mais surtout de sa mission.
    Paru en 1971, publié dans plus de vingt langues, mais indisponible en français depuis 1974, Design for the Real World est, bien plus qu'un classique de l'histoire du design, le livre-manifeste de tout design politique et écologique. Il vise l'inclusion sociale plutôt que le profit monétaire, lutte contre l'asservissement des besoins au marché, prône le respect de l'environnement plutôt que l'exploitation illimitée de la nature et de ses ressources. Cette réédition critique de la traduction française, accompagnée d'essais d'Alison J. Clarke et Emanuele Quinz, offre un aperçu du programme de Victor Papanek : confier au design une mission révolutionnaire, qui, aujourd'hui plus que jamais, révèle son étonnante pertinence.

  • L'historienne et critique d'art revisite, avec sa mémoire de témoin, les liens entre art et activisme durant les « années sida » en France et aux États-Unis. Composé de textes monographiques, d'entretiens et d'essais thématiques, cet ouvrage rédigé à la première personne rend compte d'une créativité artistique et activiste née de l'urgence de vivre et du combat pour la reconnaissance de tous·tes.

    Restituer la parole des ami·e·s de lutte, articuler les « je » et « nous » d'alors et d'aujourd'hui, faire retour sur des faits et affects peu connus du public français, analyser l'« épidémie de la représentation » consécutif à l'apparition du sida : telle est l'entreprise de cet ouvrage, conçu par Elisabeth Lebovici comme un véritable « discours de la méthode » où, toujours, le personnel est politique, le public et le privé s'intriquent. Engagée aux côtés des activistes français et américains de la lutte contre le sida, observatrice privilégiée, en tant qu'historienne de l'art et journaliste, des débats et enjeux des années 1980 et 1990, l'auteure analyse ce moment charnière des liens entre art et activisme, qu'elle revisite avec sa mémoire de témoin, en survivante affectée.
    Monographies, entretiens et essais thématiques composent ce volume, rédigé de manière assumée - la seule possible - à la première personne. Il propose ainsi, dans un va-et-vient constant entre les États-Unis et la France, une cosmologie élective : ACT UP, les « arbres téléphoniques », Richard Baquié, Gregg Bordowitz, Alain Buffard, Douglas Crimp, les « enterrements politiques », General Idea, Nan Goldin, Félix González-Torres, Gran Fury, L'Hiver de l'amour, Roni Horn, Eve Kosofsky Sedgwick, Zoe Leonard, Mark Morrisroe, William Ollander, le « Patchwork de noms », The Real Estate Show, Lionel Soukaz, Philippe Thomas, Georges Tony Stoll, Paul Vecchiali, David Wojnarowicz, Dana Wyse, les zaps, etc.
    Illustré par de nombreuses archives et ephemera qui soulignent l'importance du graphisme dans la lutte contre le sida, Ce que le sida m'a fait est un ouvrage nécessaire pour comprendre les « années sida », cette période d'une créativité artistique et activiste née de l'urgence de vivre et du combat pour la reconnaissance de tous·tes.

    Cette publication s'inscrit dans la collection Lectures Maison Rouge, dont l'ambition est de proposer des textes d'artistes qui interrogent à la fois la muséographie, l'écriture de l'exposition et le travail de certains artistes eux-mêmes, sous la direction de Patricia Falguières.

  • Manuel d'écologie urbaine

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    • Les presses du reel
    • 21 Juin 2019

    Ce manuel propose un état des connaissances actuelles sur le fonctionnement de la nature en milieu urbain : son écologie.

    Les villes sont des structures complexes qui abritent une disparité de conditions de vie. Elles peuvent générer des viviers de biodiversité comme elles peuvent les détruire. Elles sont elles-mêmes des organismes qui se développent, mutent, périclitent. Ce manuel analyse ces phénomènes. Il affirme quelques principes afin de pallier la cécité écologique des citadins, et parer à l'agonie des écosystèmes urbains.
    Ce manuel entend provoquer une prise de conscience. Elle est nécessaire, insuffisante et pourtant indispensable. Chaque être vivant dépend des interactions entretenues avec les milieux et le vivant qui l'entourent, quels qu'ils soient. L'ouvrage souligne par là même les dimensions sociologiques, urbanistiques et politiques induites.

  • Du tissage

    Anni Albers

    • Les presses du reel
    • 7 Septembre 2021

    Rédigé par l'une des pionnières de l'art textile au XXe siècle, cet ouvrage illustré offre une brillante méditation sur l'art du tissage, son histoire, ses outils et ses techniques, et sur ses conséquences pour le design moderne (nouvelle édition augmentée, avec trois textes critiques et des illustrations en couleur).
    Initialement paru en 1965, Du tissage retrace le passage de l'artisanat à la production industrielle, soulignant toute l'importance de la matérialité et les innovations créatives apparues à chaque fois que des questions de design ont été résolues à la main.
    En plaçant les matériaux et le métier à bras au coeur de sa réflexion, Anni Albers rend compte des limites imposées à la créativité et au savoir faire par la technologie et la production de masse, plaidant pour un retour à l'ingéniosité humaine aujourd'hui devenu essentiel. Sa prose limpide, captivante, s'accompagne d'une foule d'illustrations dont la grande richesse met en lumière l'histoire du médium : schémas à la main, détails de textiles précolombiens, études réalisées à partir de grains de maïs, de papier ou à la machine à écrire accompagnent de précieuses reproductions de ses propres oeuvres.
    Cette édition augmentée, qui place Du tissage à la portée d'une nouvelle génération de lecteurs, substitue aux illustrations en noir et blanc de l'édition originale des photographies en couleur. S'y ajoutent une postface de Nicholas Max Weber et deux essais de T'ai Smith et Ida Soulard qui apportent un éclairage inédit sur l'artiste et sa carrière.

  • Les entretiens de David Graeber (avec Mehdi Belhaj Kacem, Nika Dubrovsky et Assia Turquier-Zauberman) redéfinissent les contours de ce que pourrait être une morale anarchiste aujourd'hui.
    Tant par ses grands concepts comme ceux de la dette, de la bureaucratie ou des bullshit jobs, que par son implication cruciale dans le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber était l'un des plus influents penseurs de notre temps. Au contraire de bien d'intellectuels « engagés », il était l'un des très rares à avoir fait preuve d'une efficacité militante à répercussion mondiale.
    Se revendiquant depuis toujours anarchiste, dans ce livre d'entretiens avec Assia Turquier-Zauberman, Nika Dubrovsky et Mehdi Belhaj Kacem, Graeber parle tant sur l'histoire de l'anarchie que sur sa pertinence contemporaine et sur son avenir; tant sur les liens qui unissent l'anthropologie à l'anarchisme qu'aux « traces ADN » de celui-ci dans le mouvement d'OWS ou dans celui des Gilets jaunes; sur la signification de l'éthique anarchiste non seulement dans sa portée politique, mais esthétique et artistique, sexuelle et amoureuse...
    Avec une verve étonnante de vivacité, de drôlerie et d'érudition, le présent livre contribue à redéfinir les contours de ce que pourrait être, comme le disait Kropotkine, une « morale anarchiste » aujourd'hui.

  • Je dors, je travaille

    Valentine Schlegel

    • Les presses du reel
    • 1 Octobre 2017

    Catalogue « bio-monographique » éclairant la démarche de l'artiste, sculptrice et céramiste Valentine Schlegel, dont la pratique, intimement liée à son quotidien, répond à une logique certaine : celle de créer ses propres conditions de vie. Réalisé par l'artiste Hélène Bertin suite à une recherche sur Valentine Schlegel, édité par Hélène Bertin et Charles Mazé & Coline Sunier.
    Née en 1925, Valentine Schlegel a développé une pratique plastique quotidienne entre Paris et Sète. À l'image d'un couteau suisse, elle maîtrise plusieurs techniques pour réaliser des objets usuels aux corps sculpturaux: couverts en bois, vases en céramique, sacs en cuir, cheminées en plâtre. Conçu sans hiérarchie, souvent en collaboration avec ses amis, ce corpus est fait d'objets de différentes dimensions et aux usages tantôt fantaisistes, tantôt quotidiens. Valentine Schlegel a également réalisé nombre d'éléments architecturaux en plâtre destinés aux intérieurs. Ces sculptures à vivre sont aussi, par leur caractère indéplaçable, la raison pour laquelle son travail est resté méconnu.
    Valentine Schlegel: je dors, je travaille par Hélène Bertin est un catalogue « bio-monographique » réunissant une nouvelle iconographie et des documents d'archives. Des notices biographiques séquencent le livre et éclairent la démarche et la vie de Valentine Schlegel.
    Grâce à une iconographie riche et précisément sélectionnée, cette monographie de référence permet notamment de documenter l'ensemble des cheminées que Valentine Schlegel a réalisées chez des particuliers - une centaine de 1959 à 2002. Les autres pans de son travail sont également abordés afin de saisir l'ensemble de sa pratique, intimement liée à son mode de vie, où les questions d'autonomie de production et d'amitié sont centrales.
    «je dors» et «je travaille» sont deux énoncés peints sur une pancarte réversible accrochée à la porte de l'atelier sétois de Valentine Schlegel. Ils correspondent à deux temps différents de ses journées, invitant à l'isolement ou à la compagnie. Ces deux «activités» ne sont pas à prendre comme des opposés mais comme indissociables l'une de l'autre: elles servent de structure à l'édition en rendant perceptible les choix de modes de vie personnels et professionnels de Valentine Schlegel.
    De par le déroulé chronologique, chaque page du livre peut être perçue comme un moment d'une journée, où la fabrication d'un ustensile de cuisine, la pratique de la sieste dans une couchette spécialement conçue à cet effet, la création d'une cheminée en plâtre pour la maison d'un collectionneur ou d'un sifflet en forme de sirène pour un cadeau à une amie sont les témoins d'une pratique totale et quotidienne, sans ordre hiérarchique mais répondant à une logique certaine: celle de créer ses propres conditions de vie.
    Publié à l'occasion de l'exposition « Cette femme pourrait dormir dans l'eau - Valentine Schlegel par Hélène Bertin » au CAC Brétigny, du 30 septembre au 09 décembre 2017.

    Hélène Bertin (née en 1989 à Pertuis, vit et travaille à Paris) traverse doucement la France en suivant les cours d'art appliqués au lycée en Avignon, de l'École des beaux-arts de Lyon puis de l'École des beaux-arts de Paris-Cergy. À la fin de ses études, elle s'installe à Paris et à Cucuron, son village natal. Elle développe une pratique qui met en mouvement le travail d'artiste, de curateur et d'historienne. Ses objets de sculptrice ont des qualités usuelles qui se dérobent à l'espace du white cube. Ils se vivent dans l'intimité de la sphère privée, comme l'espace de l'atelier, de la maison, et en extérieur. Hélène Bertin travaille aussi en collectif avec Plafond, avec qui elle partage des moments de réflexion et des expositions. Avec l'aménagement de son atelier à Cucuron, le « workshop culinaire » est l'un de ses terrains d'expérimentation collective où des artistes se regroupent autour de mets qu'ils confectionnent, mangent et digèrent ensemble. Investie dans son village, c'est dans un vignoble de vin naturel qu'elle a récemment organisé sa première exposition collective. Depuis plusieurs années, elle réalise des recherches autour de Valentine Schlegel qui, comme une guide, lui a ouvert sa pratique originale et libre de l'art.

  • Une critique politique et esthétique radicale du capitalisme racial ainsi que des modes d'expérimentation sociale en forme de résistance au commun colonial, par Stefano Harney (théoricien en économie politique) et Fred Moten (poète et théoricien des black studies).
    Les sous-communs est une série d'essais publiée en 2013 par deux amis, Stefano Harney et Fred Moten. Les auteurs y proposent une critique du capitalisme racial et de ses outils, ainsi que des modes d'expérimentation sociale en résistance au colonial. La recherche passe par l'étude et se déroule bien au-delà de l'université, au travail, lors d'une pause cigarette, en famille, autour d'un repas, à la lisière de la lutte et de la fuite, à l'intérieur d'un mouvement de tremblement des fondations impérialistes, d'un mouvement de refus des termes du combat tel qu'il est imposé, vers la construction d'un espace social et politique en perpétuel déplacement. Le lieu et l'être sous-communs relèvent de l'incertitude de la création collective, de l'habitation par l'échange, de l'improvisation comme critique.
    Les sous-communs s'écrit dans le sillage de la tradition radicale noire de manière à la fois théorique et poétique, auprès d'auteurices comme Cedric Robinson, Saidiya Hartman, Édouard Glissant ou Frantz Fanon. Cette édition, accompagnée d'une préface de Jack Halberstam, est le fruit d'un travail collectif de traduction mené lors d'ateliers durant un peu plus de deux ans.

    « Y a-t-il une façon d'être intellectuelle qui n'est pas sociale ? Quand je pense à la manière dont nous utilisons le mot "étude", je crois que nous sommes attachés à l'idée que l'étude est ce qu'on fait avec d'autres. C'est parler et se balader avec des gens, travailler, danser, souffrir - une irréductible convergence des trois, contenus dans l'expression pratique spéculative. Il y a l'idée d'une répétition - être dans un genre d'atelier, jouer dans un groupe, en impro, des vieux assis devant chez eux, ou des gens qui travaillent ensemble à l'usine... ces différents modes d'activité. (...) Faire ces choses signifie être impliqué·e dans une sorte de pratique intellectuelle commune. Ce qui est important c'est de réaliser que ça a déjà été le cas - parce que cela (te) permet d'accéder à toute une histoire de la pensée, multiple, alternative. »

  • L'homme le plus doué du monde

    Edward Page Mitchell

    • Franciscopolis
    • 15 Octobre 2013

    Nouvelle traduction du texte de science-fiction précurseur - inventant d'un même mouvement l'ordinateur moderne, l'intelligence artificielle, l'ordinateur conscient et le cyborg, qui sont depuis devenus des motifs récurrents de la science-fiction et, dans une certaine mesure, des réalités scientifiques - paru anonymement aux Etats-Unis en 1879.

  • Cruiser l'utopie décrit un mouvement, une avancée en forme de dérive entre théorie, approche philosophique, critique d'art et récit personnel. Les oeuvres citées, racontées, se mêlent au récit familial ou individuel et aux considérations plus universitaires. Cette pratique de la théorie et de l'esthétique queer s'inscrit dans une interprétation nouvelle de l'espoir tel que perçu par le philosophe Ernst Bloch, articulée à la pensée radicale noire et à la recherche poétique d'auteureices comme Fred Moten et Eileen Myles.Munoz se penche sur la période des révoltes de Stonewall (1969) et analyse par exemple les oeuvres de Frank O'Hara, Andy Warhol, Kevin Aviance, Samuel R. Delany, Fred Herko, LeRoi Jones/Amiri Baraka, Ray Johnson et Jill Johnston. À la théorie queer comme étude correspond une manière de chercher et d'écrire nouvelle, une forme d'hybridité entre la philosophie et les études culturelles. La critique est, comme par anticipation, contenue dans la pratique artistique et le quotidien contre-normatifs dont les récits, à la fois subjectifs et historiques, laissent deviner un advenir queer, lieu de transformations et de libération. Le texte, traduit par Alice Wambergue, est accompagné ici d'une préface d'Élisabeth Lebovici et d'un poème de Fred Moten.

  • Un essai pour rendre compte de l'architectonique d'Aby Warburg (1866-1929) en resituant ses travaux à l'intérieur de son projet d'anthropologie générale de l'expression : Lara Bonneau montre, à partir d'un texte aussi peu connu qu'important, que l'invention de l'iconologie, qui a rendu l'historien de l'art célèbre, était sous-tendue par une ontologie puisant à diverses sources, aussi bien philosophiques, psychologiques et biologiques qu'historiques.
    Relire l'oeuvre d'Aby Warburg à la lumière de ses Fragments sur l'expression pourrait sembler téméraire, tant ce texte labyrinthique paraît à première vue obscur, sibyllin. En s'appuyant sur leurs points saillants, sans prétendre à l'exhaustivité, l'auteure entend montrer que les Fragments contiennent in nuce la structure du projet warburgien dans son ensemble.
    Derrière l'invention de l'iconologie (et en amont de sa mise en pratique), une quête anthropologique se dessine : appréhender l'humain comme un être essentiellement symbolique et puiser aux racines de la vie biologique et sociale la « montée de sève » qui commande la création artistique.
    En mettant l'accent sur le caractère expressif du sujet, Warburg reconduit la détermination de l'être rationnel à son sous-bassement originaire : au mouvement par lequel il s'arrache à la matière pour se donner un espace de pensée (Denkraum). À rebours des interprétations qui font de Warburg un chantre de l'irrationnel et du pathos, l'auteure montre que l'historien de l'art demeure héritier des Lumières et que l'on peut lire son oeuvre à l'aune d'une ambition : celle de comprendre la lutte de l'être humain pour s'orienter dans le cosmos et en soi-même.

    « Une étude novatrice, à la fois brillante, rigoureuse et érudite, qui révèle un autre Aby Warburg sous les traits d'un anthropologue, à la lumière de l'un des ses principaux manuscrits inédits récemment publié [...]. La masse des écrits laissés par Aby Warburg après sa mort est aussi monumentale que chaotique, et constitue à ce titre un défi durable pour toute entreprise d'interprétation. C'est ce défi qu'avec une belle témérité entend relever Lara Bonneau dans le livre magnifiquement édité et richement illustré qui paraît aux Presses du réel [...]. Interprétation étonnamment novatrice, donc, que celle que propose cet ouvrage foisonnant, d'une écriture toujours parfaitement claire, qui réussit la prouesse de se montrer infiniment plus claire que l'auteur étudié, et à la lecture de laquelle on se plaît à penser que Warburg lui-même, qui eut tant de mal à formuler ses thèses dans des textes lisibles de tous, n'aurait pas manqué de s'instruire. » Hicham-Stéphane Afeissa, Nonfiction.fr

  • L'architecture selon Gordon Matta-Clark

    Roula Matar

    • Les presses du reel
    • 12 Janvier 2022

    Les propositions architecturales de Gordon Matta-Clark.
    Figure majeure de l'art américain des années 1970, Gordon Matta-Clark (1943-1978) a produit, pendant les dix années que compte sa brève carrière, un corpus d'oeuvres d'une grande diversité. Expérimentations sur la matière, installations, performances, découpes architecturales, dessins, films, photographies, ou photomontages témoignent de cette multiplicité de démarches et de mediums explorés. C'est au travers de ses découpes (cuttings) et dissections de bâtiments qu'il s'est fait d'abord connaître, en intervenant sur des immeubles abandonnés et voués à la démolition. Ces spectaculaires découpes ont longtemps prévalu dans les analyses, et ont le plus souvent été considérées comme des attaques portées contre l'architecture.
    Pourtant, architecte de formation, Gordon Matta-Clark a surtout cherché à expérimenter, selon ses termes, « les usages alternatifs d'espaces qui sont les plus familiers ». Sur la base de documents d'archives, cet ouvrage propose de lire ses travaux depuis ce point de vue venant de l'architecture, en envisageant les mouvements de sa pensée spatiale et ses enjeux architecturaux, dans tous les lieux singuliers explorés. Que ce soit en découpant les murs, planchers et plafonds de bâtiments abandonnés ; en créant une perspective implicite sous une dalle funéraire ; en installant un abri dans un arbre ; en dessinant des maisons-paniers mobiles ; en construisant un mur à partir de déchets trouvés dans la rue ; en voulant grimper au ciel avec une échelle en corde ou en voulant habiter dans un immeuble ballon, que disent ses projets de son idée d'architecture ?

  • Plus qu'un catalogue, l'ouvrage édité à l'occasion de l'exposition d'envergure internationale initiée aux Abattoirs dévoile une histoire méconnue qui a fait date dans la psychiatrie au XXe siècle et ses liens nouveaux avec l'art brut et l'art moderne, prenant pour point de départ le parcours du psychiatre catalan François Tosquelles (1912-1994), au travers de nombreuses illustrations et d'une quinzaine d'essais.
    Après la fin de la guerre d'Espagne et plusieurs mois d'enfermement dans le camp français de Septfonds, François Tosquelles (1912-1994), psychiatre catalan, est appelé à l'hôpital de Saint-Alban-sur-Limagnole, en Lozère, en 1940. Bientôt il en fait le creuset d'une révolution psychiatrique et sociale, basée sur l'humanisation des soins et une transformation de la vie collective, où cohabitent patients, soignants, intellectuels, artistes et résistants. Ils sont nombreux à être associés à cette aventure : les pensionnaires et créateurs Auguste Forestier et Marguerite Sirvins, les soignants Paul et Germaine Balvet, Lucien Bonnafé, Frantz Fanon, Gaston Ferdière ou encore les écrivains et artistes Antonin Artaud, Jean Dubuffet, Paul et Nusch Éluard, Tristan Tzara, et bien d'autres.
    Cette histoire et les pratiques expérimentales de Tosquelles sont au coeur de l'exposition que ce catalogue accompagne, questionnant les rapports entre art, exil et psychiatrie, et la notion de création dans le contexte de l'exclusion, de l'enfermement ou de l'hospitalisation, à la croisée de l'histoire de la psychiatrie, de la politique, de l'art moderne, du surréalisme et de l'art brut ou encore du cinéma d'avant-garde, célébrant ce « droit au vagabondage » du corps et de l'esprit.
    Oeuvres de François Tosquelles, Auguste Forestier, José Roa, Josep Ponti Musté, Lucien Bonnafé, Auguste Forestier, Aimable Jayet, Marguerite Sirvins, Paul Éluard, Gérard Vulliamy, Jean Fautrier, Miguel Hernández, Antonin Artaud, Nancy Spero, Benjamin Arneval, Léon Schwarz-Abrys, Henri Michaux, Jean Dubuffet, Tristan Tzara, Joan Miró, Agnes Martin, Myriam Mihindou, Perejaume, Raphaël Barontini, Mohamed Bourouissa, Yayoi Kusama...

    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme aux Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse, du 14 octobre 2021 au 6 mars 2022.

  • Qu'est-ce que le cinéma ? ; what is cinema?

    Germaine Dulac

    • Les presses du reel
    • 17 Septembre 2020

    On lui attribue, dans les années 1920, les premiers films impressionnistes, féministes, puis surréalistes. Qu'est-ce que le cinéma ? constitue la première édition des écrits théoriques de Germaine Dulac (1882-1942), pionnière du septième art, près de 75 années après la conception du manuscrit, où elle développe une réflexion sur le cinéma aux échos fortement contemporains.
    Composé des nombreuses conférences de la cinéaste (1925-1939) assemblées par sa partenaire Marie-Anne Colson-Malleville et préservées dans les archives de Light Cone, cet ouvrage éclaire le rôle majeur de cette pionnière de l'avant-garde française, innovatrice de la pensée cinématographique moderne, qui théorisait déjà, dès les années 1920, ce qu'est le cinéma.

    « L'oeuvre et la pensée de Germaine Dulac ont beaucoup compté dans l'histoire du cinéma. Ce livre permet de mieux la connaître et de l'apprécier. C'est très important pour faire vivre la cinéphilie, qui est d'ailleurs l'une des missions du CNC. » Dominique Boutonnat, Président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) Ouvrage récompensé du Prix du livre de cinéma 2020 du CNC.

  • Rencontre

    ,

    • Diaphanes
    • 27 Août 2021

    Un dialogue entre le philosophe et l'historienne de l'art autour de la rencontre.

    D'une rencontre est né un dialogue au sujet de la rencontre : un étonnement partagé de la possibilité qu'ait lieu l'incalculable, l'imprévisible et l'irréductible. Une curiosité pour la justesse de ce qui n'a été ni concerté ni décidé.
    Hasard, providence, intrication quantique, rituel, animisme, étreinte ou porosité, pensée ou art sont autant de tentatives de tourner autour de ce qui nous échappe quand nous nous rencontrons. Et autant de façons de se rencontrer là où la philosophie reconnait que l'art lui échappe.

  • Une anthologie des très nombreux textes théoriques et critiques sur le cinéma expérimental et les images en mouvement écrits par Yann Beauvais, en parallèle de ses films et de ses activités de programmateur et de commissaire d'exposition, publiés dans des revues, des catalogues ou des ouvrages collectifs, en français, en anglais, portugais, allemand, etc.
    Réunissant des textes parus depuis 1979, cet ouvrage dresse une impressionnante cartographie du cinéma expérimental passé et présent. Il retrace l'histoire de ses auteurs et de ses lieux, interroge le travail de la lumière, de l'espace, du montage et du son, interpelle les conditions de projection et les formes narratives. Il s'intéresse au found footage et au sample, aux pratiques du journal filmé, au cinéma LGBT et queer, au musical. Il dialogue avec des cinéastes en France, en Angleterre, en Allemagne et en Amérique du Nord, mais aussi à Taïwan, au Brésil, en Europe centrale et balkanique, etc. Au fil des pages, il démontre surtout la vitalité du film comme une pratique esthétique et politique pouvant mettre en cause tant les formes artistiques que les formes sociales.

  • éduquer à l'architecture moderne

    Marcel Lods

    • Athom
    • 24 Mars 2022

    Un ensemble de textes tout à fait inédits de l'architecte-urbaniste français Marcel Lods : des textes d'une qualité rare (écrits et transcriptions de conférences) auxquels se joignent des commentaires et études de Claire Brunet, Éric Chauvier, Richard Klein, Christophe Viart, Pieter Uyttenhove, David Bihanic et Antonella Tufano.
    Si l'oeuvre de Marcel Lods est, pour une assez large part, connue de tous en France comme à l'étranger - cela à la faveur de nombreuses constructions « manifestes » du mouvement moderne -, force est de constater qu'une part substantielle de sa réflexion sur l'architecture et planification territoriale demeure à ce jour sinon ignorée, à tout le moins confidentielle. Pourtant, Marcel Lods aura eu à coeur, tout au long de sa carrière, d'en énoncer publiquement les termes, notions, concepts et idées-clés au sein de différentes publications, d'exprimer et de partager ses vues, ses conceptions et positions souvent radicales à l'occasion de conférences, également d'entretiens avec la presse et les médias. Dès lors, de toutes ces paroles, il ne reste à présent que des traces écrites relativement éparses - bien que consciencieusement archivées -, des retranscriptions, des notes et brouillons que l'architecte aura pris soin de conserver, également des commentaires, des rédactions et compositions dont plusieurs resteront inachevés.
    Cet ouvrage est le premier d'une nouvelle collection aux éditions Athom intitulée « Paroles » laquelle, partant de retranscriptions de conférences et écrits de créateurs éminents (architectes, designers, artistes) - un « matériau » inédit sinon extrait de publications aujourd'hui épuisées - propose d'en reconsidérer le sens, d'en réévaluer la portée (ou visée) ainsi que l'influence fort d'études, d'analyses et points de vue historiographiques critiques réalisés par des auteurs de profils et appartenances disciplinaires variés (histoire, philosophie, esthétique et sciences de l'art, anthropologie, etc.). Au sein de ce volume, ont été retenus sept textes produits par Marcel Lods entre 1947 et 1967 : des notes de lecture et d'écriture en préparation d'articles, un rapport d'étude/d'expertise, des essais dans leur version de travail ainsi que des retranscriptions écrites de conférences. Sept textes pour lesquels le propos aura été évidemment adapté à la cible (lectorat ou audience) mais dont la réunion, au sein de ce livre, fait très clairement apparaître les nombreux « échos », les relations de sens et complémentarités.
    L'ouvrage est complété d'une biographie de Marcel Lods par Pieter Uyttenhove, et d'interprétations des textes du constructeur par six auteurs invités, de profils et expertises distincts, qui reviennent, chacun à leur façon, sur certains passages, relèvent et démêlent quelques-uns des « points » ou « noeuds » problématiques et s'attachent, en définitive, à remettre « les choses » en perspective ; ceci concourant à démontrer - puisqu'il le fallait - combien le recours à la pensée de Marcel Lods demeure toujours aussi précieux, fécond et utile en vue de traiter des enjeux et questions essentiels de l'architecture, d'hier à aujourd'hui.

  • Nicolas Bourriaud invite des artistes du monde entier à s'interroger sur la contemporanéité du concept romantique du sublime, à l'ère de l'anthropocène.
    En modifiant notre relation collective à la planète, le réchauffement climatique a eu un impact sur le regard des artistes. Aujourd'hui, le concept romantique du « sublime » prend une nouvelle actualité : basé sur les rapports entre l'humain et la nature, défini comme un sentiment de « plaisir mêlé de terreur » et par le contraste entre l'individu et l'immensité, le sublime devient la notion esthétique qui détermine l'anthropocène.
    Dans Planète B. Le sublime et la crise climatique, Nicolas Bourriaud réunit des artistes du monde entier dans une exposition en trois actes : 1. Toute exposition est une forêt. 2. Charles Darwin et les récifs coralliens. 3. La mort tragique de l'île de Nauru.
    Oeuvres de Nils Alix-Tabeling, Dana-Fiona Armour, Charles Avery, Gianfranco Baruchello, Hicham Berrada, Bianca Bondi, Peter Buggenhout, Roberto Cabot, Alex Cerveny, Anna Conway, Sterling Crispin, Kendell Geers, Anna Bella Geiger, Loris Gréaud, Max Hooper Schneider, Agata Ingarden, Per Kirkeby, Agnieszka Kurant, Romana Londi, Turiya Magadlela, Lucia Pizzani, Thiago Rocha Pitta, Ylva Snöfrid, Nicolás Uriburu, Ambera Wellmann, Haegue Yang, Phillip Zach.

    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme présentée au Palazzo Bollani, Venise, du 20 avril au 27 novembre 2022.

  • L'art en sida : 1981-1997

    Thibault Boulvain

    • Les presses du reel
    • 8 Juin 2021

    Une étude sur les représentations de la séropositivité et du sida dans l'art américain et européen.
    La crise du sida est un tournant majeur de l'histoire contemporaine, en art aussi. Ce livre s'intéresse à son impact sur les artistes et activistes américains et européens, du premier recensement des cas de la maladie, en 1981, à la révolution thérapeutique de la fin des années 1990. De Cindy Sherman à Derek Jarman, de Niki de Saint Phalle à Jeff Koons, de Gilbert & George à Jenny Holzer, de Michel Journiac à David Wojnarowicz, d'Izhar Patkin à Zoe Leonard, ou dans ce que produit ACT UP, on repère le même saisissement dans les représentations qui ne pouvaient alors plus être les mêmes, et pour cause.
    Les images sont habitées par tout ce qui travaillait les sociétés occidentales au temps de l'épidémie, et d'abord le pire d'elles-mêmes, qui se défoulait dans un espace social miné par la crise. Elles s'en souviennent, comme des forces de résistance qui lui furent opposées. Elles sont les témoins de la volonté intraitable de ne rien céder, mais également de sortir par tous les moyens d'une situation bloquée.
    À partir de très nombreuses représentations visuelles, ce récit de la crise épidémique ouvre ainsi sur une histoire politique, économique et sociale de cette époque fatalement hantée par la catastrophe.
    Cet ouvrage est issu d'une thèse ayant reçu la « Mention spéciale », Prix de thèse de l'université Paris-Sciences-et-Lettres (PSL) 2019 (catégorie « Sciences humaines et sociales »), le Prix de thèse 2019 de l'École doctorale 441 d'histoire de l'art-Équipe d'accueil du Centre de recherche Histoire culturelle et sociale des arts (HiCSA), université Paris 1 Panthéon Sorbonne et le Prix de thèse en histoire de l'art 2018 de la Commission de la recherche de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • L'esthetique relationnelle

    Nicolas Bourriaud

    • Les presses du reel
    • 1 Janvier 1998


    d'oú vient cette obsession de l'interactif qui traverse notre époque ? après la société de consommation, après l'ère de la communication, l'art contribue-t-il aujourd'hui à l'émergence d'une société rationnelle ? nicolas bourriaud tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain, de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social.
    son essai se donne pour but de produire des outils nous permettant de comprendre l'évolution de l'art actuel : on y croisera felix gonzalez-torres et louis althusser, rirkrit tiravanija ou félix guattari, et la plupart des artistes novateurs en activité.

  • Fétichisme et curiosité

    Laura Mulvey

    • Brook
    • 16 Octobre 2019

    L'édition française de l'essai de Laura Mulvey - figure des études féministes au cinéma, l'une des premières à interroger l'image et l'écriture cinématographique au regard du genre -, autour du concept de fétichisme (tel que développé par Marx et Freud) dans le cinéma de Douglas Sirk, Jean-Luc Godard, Orson Welles, Ousmane Sembène et David Lynch, aussi bien que dans le travail des artistes Cindy Sherman et Jimmie Durham.

  • REVUE STREAM n.5 ; les nouvelles intelligences

    Collectif

    • Stream
    • 15 Octobre 2021

    L'architecte Philippe Chiambaretta rassemble penseurs, chercheurs et artistes contemporains dans le 5e numéro du livre-revue d'exploration Stream (à l'intersection de l'architecture, de l'art et de l'économie), qui enquête sur les différentes formes d'intelligences à considérer, mettre en oeuvre et transmettre pour dépasser l'Urbanocène.
    CONTEXTE : DE L'URBANOCÈNE À LA VILLE-MÉTABOLISME.
    - Stream 03 analysait les évolutions de l'urbanisation globale et le changement de paradigme de l'ère anthropocène.
    - Stream 04 étudiait les scénarios de réponse à l'Anthropocène selon une nouvelle relation de l'homme au vivant et un renforcement du modèle de la ville-métabolisme.
    - Stream 05 poursuit cette réflexion en explorant les avancées de la connaissance des intelligences naturelles, les progrès des intelligences technologiques et les expérimentations d'intelligence sociale pour agir collectivement sur la ville de demain.

    LES QUESTIONS.
    - Une meilleure connaissance du vivant permet-elle de repenser la place et le rôle de la nature en ville ?
    - Comment les artistes influent-ils sur notre rapport à la Terre et nos systèmes de représentation ?
    - L'IA et le big data révolutionnent-ils la conception et la fabrique de la ville ?
    - Comment créer les conditions d'une intelligence collective pour aborder la complexité urbaine ?

    LES INTERVENANTS.
    - Une quarantaine d'intervenants de toute discipline et nationalité pour une approche riche et pluridisciplinaire des enjeux.
    - Des chercheurs des plus grandes institutions, comme Pascal Picq, Michel Lussault ou Kent Larson.
    - Des artistes et critiques d'art de premier plan, comme Tomás Saraceno, Nicolas Bourriaud ou Thijs Biersteker.
    - Des philosophes au coeur des grands débats contemporains, comme Emanuele Coccia, Sandra Laugier ou Cynthia Fleury.
    - Des praticiens reconnus par de nombreux prix, comme Andrew Freear, Jeffrey Raven ou Antoine Fenoglio...

    LES PISTES DÉVELOPPÉES.
    - De nouveaux récits dépassant la vision anthropocentrée et le principe de séparation de la modernité occidentale, au profit d'une pensée inclusive.
    - La mobilisation d'une pluralité d'intelligences complémentaires, naturelles, technologiques et sociales, selon une vision systémique.
    - De nouvelles cohabitations urbaines avec le vivant.
    - Des approches encadrées de l'intelligence artificielle, à rebours du pur solutionnisme technologique de la smart city.
    - Un renforcement de la place du care pour répondre aux enjeux sociaux de la fabrique de la ville.
    - Des approches pluridisciplinaires selon des protocoles d'expérimentation et de soin.
    - Des initiatives participatives pour mobiliser les communautés.
    - De nouvelles échelles de gouvernance pour favoriser l'expérimentation urbaine.
    - Un changement de paradigme du progrès, qui passe des logiques productivistes de l'extraction à des logiques d'interrelation, d'interdépendance, d'attention et de faire avec.

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