Martine Reid

  • Qui connaît Archibald Leach ? Le gosse de Bristol abandonné par son père, qui commence comme acrobate dans une troupe de cirque, part seul émigrer aux Etats-Unis, adopte le pseudonyme de Cary Grant et devient rapidement la coqueluche d'Hollywood, et le restera pendant près de 40 ans. Dès le début de sa carrière, voulant briser l'image de sosie de Gary Cooper qu'on voit en lui, il rompt ses contrats avec les grosses sociétés de production (Paramount, RKO, Columbia Pictures) et devient le premier acteur indépendant. Il reprend le contrôle de sa carrière, choisit les films dans lesquels il tourne, donne son avis sur les réalisateurs pressentis par les studios et sur ses partenaires à l'écran. Il tiendra le premier rôle de 72 films ; et sera (avec James Stewart) l'un des acteurs fétiches d'Hitchcock. Mais derrière l'acteur génial se cache un homme anxieux, colérique, dépressif. Dans les années 1950 il connaît une grave crise existentielle, qui le mène à l'expérience du LSD, de l'hypnose, de la psychanalyse. Sa vie privée a toujours été à la fois surexposée et mystérieuse. Au début de sa carrière, et pendant 12 ans, il vit en colocation avec son meilleur ami, acteur comme lui, dans une grande maison à Malibu ; les rumeurs sur leur relation homosexuelle (interdite par le Code Hays) vont bon train, et poursuivront Cary Grant toute sa vie.Cary Grant incarne une "masculinité de papier glacé". Martine Reid démonte brillamment ce mythe, tout en nous racontant la passionnante histoire de l'un des plus grands acteurs du XXe siècle. Cary Grant n'a jamis pu coïncider avec lui-même : sa seule véritable identité, c'est celle de ce monde de fiction et de fantasmes qu'est le cinéma. Les zones d'ombre demeurent... et le mythe perdure.

  • George Sand

    Martine Reid

    «Je suis l'enfant de mon siècle ; j'ai subi ses maux, j'ai partagé ses erreurs, j'ai bu à toutes ses sources de vie et de mort.» Amandine-Aurore-Lucile Dupin (1804-1876), devenue George Sand en 1832, avec la publication d'Indiana, fut, dès l'enfance imprégnée des traditions et des légendes de son Berry natal. Observatrice attentive de son temps, elle fume la pipe, s'habille en homme, affiche ses convictions républicaines, est l'amante enflammée de Musset et de Chopin, en un mot fait scandale. Son oeuvre, de Consuelo à La Mare au diable, en passant par La Petite Fadette, culmine dans Histoire de ma vie, et fonde un genre littéraire : l'autobiographie au féminin. Amoureuse éperdue de la vie, George Sand écrit en 1831 à Sainte-Beuve : «Vivre! Que c'est bon! malgré les chagrins, les maris, l'ennui, les dettes, les parents, les cancans, malgré les poignantes douleurs.»

  • Analyse et illustre l'activité multiforme de George Sand : la cause des femmes croise celles de l'art, de la littérature et de la peinture romantiques, du théâtre et des marionnettes. On y retrouve aussi les amis de l'écrivaine et sa voix propre dans tous les genres où elle s'est aventurée : correspondance, romans, contes, nouvelles et essais.

  • Si nul ne conteste plus la présence des femmes en littérature, leur place dans l'histoire littéraire et leur réception par la critique n'ont guère fait l'objet d'études synthétiques. Peu d'ouvrages, également, qui aient tenté une approche globale de leur production romanesque. Ce livre souhaite combler ces lacunes.
    Après un bref rappel de l'état de la critique depuis Simone de Beauvoir, la première partie étudie la réception des femmes auteurs, de la Révolution à aujourd'hui, à partir de quelques ouvrages parmi les plus significatifs. La deuxième partie évoque les conditions d'accès des femmes à la littérature et le lien traditionnellement établi entre femmes et romans avant d'analyser les représentations d'hommes et de femmes dans quelques romans des XVIIIème et XIXème siècles.
    /> Des Femmes en littérature entend ainsi poser les jalons d'une véritable histoire des femmes auteurs.

  • Peu appréciée lors de ses premières publications (Proust comme Lanson en jugeront le style détestable), la correspondance de Gustave Flaubert est aujourd'hui un monument littéraire unanimement célébré. Biographes et critiques en ont fait, et continuent d'en faire, un ample usage, tant pour élucider quelque particularité de la vie de l'auteur, que pour expliciter tel ou tel sens de l'oeuvre. Lire la correspondance de cette manière, limite toutefois sa portée comme ses intentions, et risque de la confiner au seul rôle de discours d'escorte. D'autres lectures sont possibles, et souhaitables. Ainsi, peut-on privilégier un moment le fonctionnement de cette correspondance, en la rendant à sa dimension dialogique, échange continu de propositions entre Flaubert et ses correspondants. C'est l'optique choisie pour l'analyse et la critique de cinq correspondances croisées, qui montrent Flaubert en commerce épistolaire avec Maxime Du Camp, Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, George Sand, Yvan Tourguéniev, et Guy de Maupassant. Ces correspondances donnent à voir les épistoliers aux prises avec les enjeux du va-et-vient postal ; elles affichent intentions comme équivoques ; elles offrent, enfin, de manière succincte mais paradigmatique, le portrait dynamique et complexe de Flaubert correspondant.

  • Que les femmes auteurs aient été maltraitées par la critique et l'histoire littéraire, que leur présence ait été assez généralement condamnée sous des prétextes divers et leur travail contesté, minoré puis souvent oublié, n'est désormais plus ignoré de personne. Au fil des siècles, le fossé s'est creusé entre la réalité (le nombre de femmes actives en littérature, la nature des oeuv res produites) et les discours tenus sur elle, non seulement par la critique mais aussi par l'histoire littéraire telle qu'elles'est peu à peu constituée, escortée d'une profusion de recueils, d'anthologies et de dictionnaires. Mémoire, héritage, patrimoine sont, quand il est question des femmes auteurs, bien mal servis, et ce, aujourd'hui encore.
    Le présent volume souhaite int erroger cette situation et apporter à cette question des observations qui vont de la Renaissance au XXe siècle. Au fil d'analyses ponctuelles, il entend ainsi participer à l'élaboration d'une histoire de la réception des femmes auteurs qui, pour l'heure, continue de faire défaut.

  • Qu'ils prétendent continuer le romantisme ou au contraire se démarquer de lui, la production littéraire comme le discours savant de la deuxième moitié du XIXe siècle persistent à chercher leurs modèles du côté du Moyen Age. Comment les écrivains et les érudits de l'époque se représentent-ils le Moyen Age ? Quels usages font-ils de ces représentations ? Quels en sont les enjeux esthétiques et idéologiques ? Comment se construit une "science" sur le Moyen Age ? Comment, de son côté, la littérature continue-t-elle d'exploiter, de reprendre voire de fabriquer de l'imaginaire médiéval ?

  • La Restauration ne retient guère aujourd'hui l'attention des spécialistes, malgré la publication de quelques ouvrages importants. Considérée par les uns comme un temps de maturation forcée entre deux grands régimes, par les autres, à l'inverse, comme un moment qui s'inscrit dans la continuité de la Révolution et de l'Empire, cette période est généralement jugée sans saveur particulière quand elle n'est pas vilipendée au nom d'un progrès dont elle n'aurait pas voulu comprendre l'avancée inéluctable.Sur le sujet, historiens, littéraires et historiens de l'art réunis pour ce volume proposent chacun selon sa discipline et à sa manière, une question, une observation, un point de vue. Les traces de la Révolution et la place des vétérans de l'Empire dans la société nouvelle, la politique artistique et le poids de l'influence anglaise, le rôle des Doctrinaires et la place de l'Eglise, la caricature et les salons, le style singulier de la littérature de l'époque sont quelques-uns des sujets qui retiennent l'attention.Par touches successives, les intervenants donnent ainsi un portrait de la Restauration à la fois précis et diversifié. Penser la Restauration, c'est aussi travailler les détails afin de donner un juste aperçu du dessein d'ensemble.

  • À la faveur du bicentenaire de la naissance de George Sand, la Bibliothèque historique de la Ville de Paris a puisé dans son fonds des manuscrits : correspondances, dessins, photographies, documents inédits de George Sand pour illustrer et éclairer la trajectoire hors du commun telle qu'elle entreprit de la raconter dans l'Histoire de ma vie (1847-1854). Cette autobiographie d'une femme parvenue à l'âge de quarante ans au fait de la gloire littéraire, révèle les années de formation d'une enfant du siècle. Extraordinaire tableau de la vie quotidienne mais également de la vie littéraire et artistique dans laquelle s'inscrivit l'oeuvre d'une femme de coeur et d'« un grand esprit », selon les mots de Victor Hugo.

empty