Langue française

  • Dans ce nouvel essai, Francis Dupuis-Déri propose une réflexion inédite. Il présente de manière dynamique la lutte entre l'agoraphobie et l'agoraphilie en politique, soit entre la haine et l'amour de la démocratie directe.
    Il révèle les arguments et les manoeuvres des adversaires de la démocratie directe, ceux qui, dans les classes dominantes ont un réel mépris, une véritable peur des rassemblement populaires.
    D'autre part, il illustre que le peuple assemblé à l'agora pour délibérer (le dêmos) peut se muer en peuple qui descend dans la rue pour manifester, voire pour s'insurger (la plèbe). D'où la peur des assemblées populaires et l'interdiction de certains rassemblements à travers l'histoire. Et d'où l'importance de penser la révolution.

  • La pensee politique de gramsci

    Jean-Marc Piotte

    • Lux canada
    • 23 Septembre 2010

    Jean-Marc Piotte dresse une cartographie conceptuelle de l'oeuvre du philosophe italien Antonio Gramsci. L'intérêt de Gramsci, en son temps, pour la culture de masse et pour le rôle central des intellectuels dans la médiation entre l'Etat, la société civile et le marché, font de ce philosophe humaniste et généreux, un penseur de notre modernité. Au coeur ses écrits, il y a cette idée que l'organisation de la culture est "organiquement" liée au pouvoir dominant. Ce qui définit les intellectuels, ce n'est pas tant le travail qu'ils font que le rôle qu'ils jouent au sein de la société; cette fonction est toujours, plus ou moins consciemment, une fonction de "direction" politique exercée par les dominants.

  • Dans l'État d'Israël, l'histoire des Juifs-arabes a été confisquée par les métarécits sionistes.
    L'opposition qui passe pour naturelle entre les Juifs et les Arabes, associée à une dépréciation qui vise les Arabes, est régulièrement instrumentalisée par les pouvoirs politiques. Les implications sociales et politiques de cette offensive font l'objet d'un important corpus d'écrits méconnus en France, qui sont en grande partie redevables à l'important travail de défrichage réalisé par Ella Shohat.
    Ce recueil regroupe quatre textes essentiels et représentatifs de sa pensée, pour une meilleure compréhension de l'histoire politique et des aspects méconnus de la colonisation israélienne, mais aussi pour enrichir la boîte à outils de quiconque cherche à déconstruire les polarisations françaises.

  • Le mot « démocratie » est si populaire que toutes les forces politiques s'en réclament. Quelle surprise, alors, de constater que les « pères fondateurs » des « démocraties modernes » associaient cette idée au chaos, à la violence et à la ­tyrannie des ­pauvres ! Comment expliquer un tel revirement de sens ?

    En plongeant dans les discours du passé aux États-Unis et en France, l'auteur dévoile une étonnante aventure politique, où s'affrontent des personnalités et des forces sociales qui cherchent à contrôler les institutions des régimes fondés à la fin du xviiie siècle. S'appuyant sur divers pamphlets, manifestes, ­déclarations ­publi­ques, articles de journaux et lettres personnelles, ce récit révèle une manipulation politique par les élites, qui ont petit à petit récupéré le terme « démocratie » afin de séduire les masses.

    Deux siècles plus tard, alors que la planète entière semble penser que ­« démocratie » (le pouvoir du peuple) est synonyme de « régime électoral » (la délégation du pouvoir à un petit groupe de gouvernants), toute expérience d'un véritable pouvoir populaire (délibérations collectives sur les affaires communes) se heurte toujours au mépris des élites.

  • Le mythe bolchevik est épuisé. Seuls de sinistres régimes et quelques sectes, accrochés aux emblèmes, rituels et formules desséchées, continuent aujourd'hui d'en faire une référence identitaire. À quoi bon alors en parler encore ?

    Le refoulement de cette histoire risquerait de nous aveugler sur la persistance de pratiques directement héritées du bolchevisme : verticalisme ouvert ou occulte au profit d'un leader, culte de l'État-nation, obsession de la prise du pouvoir par l'insurrection, refus de la démocratie et de l'autonomie des formes d'auto-organisation, autant d'éléments qui forment ce qu'il faut appeler « l'ombre d'Octobre ».

    La prise du pouvoir par les bolcheviks a été une catastrophe pour le mouvement ouvrier et pour l'histoire même de l'émancipation. Elle doit être mieux comprise dans sa logique profonde. Du Parti souverain à l'État national, il y a en effet continuité : le bolchevisme a été la culmination fanatique et délirante de la doctrine occidentale de la souveraineté de l'État.

    Tournant le dos à ce communisme d'État, une politique du commun s'invente aujourd'hui qui renoue avec d'autres expériences révolutionnaires et met en oeuvre le principe démocratique de l'autogouvernement.

  • L'origine du capitalisme

    Ellen Meiksins Wood

    • Lux canada
    • 16 Octobre 2009

    Qu'est-ce que le capitalisme ? Cette question, l'histoire la pose chaque fois que ce système entre en crise, étalant au grand jour ses absurdités.
    Pour y répondre, il faut en comprendre les origines. Voilà ce que propose Ellen Meiksins Wood dans cet ouvrage d'une actualité brûlante. Personne ne niera que le capitalisme a permis à l'humanité d'accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd'hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu'au prix d'une détérioration des conditions de vie d'une multitude d'individus et d'une dégradation de l'environnement partout dans le monde.
    Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n'est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l'on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis : les campagnes anglaises du XVIIe siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique, Ellen Meiksins Wood propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.

  • Alors que la rupture entre la «gauche» et le socialisme est officiellement consommée et que la première est redevenue une forme de libéralisme, l'hégémonie du bloc populiste-néolibéral semble inexpugnable. Seule la relance d'un programme socialiste, à gauche de la «gauche» libérale, permettrait de le défaire, mais non sans un examen préalable des hypothèses fondatrices du socialisme.
    Par un retour aux propositions philosophiques qui sont à la base de la pensée socialiste, notamment formulées par Hegel, Franck Fischbach définit un socialisme conscient de la rationnalité du social, un socialisme de coopération entre égaux dont la tradition n'a été épuisée ni par l'État social, ni par le socialisme «réel», loin de là.

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