Vie politique dans le monde

  • Le paradigme hégélien de la reconnaissance, admirablement critiqué par Fanon dans l'oeuvre phare à laquelle ce livre de rend hommage, est aujourd'hui évoqué sous sa forme libérale dans les débats entourant l'autodétermination des peuples autochtones d'Amérique du Nord. Politologue et militant, membre de la nation Dené du Nord-Ouest du Canada, l'auteur reprend ici la critique fanonienne et démontre en quoi cette reconnaissance ne fait que consolider la domination colonialiste. Il appelle à redéployer les pratiques culturelles autochtones sur la base de l'autodétermination, seule voie vers le décolonisation. Penseur marxiste, Coulthard signe ici un véritable traité de lutte décoloniale et anticapitaliste.

  • On peut qualifier d'impérial un mode de vie et de production fondé sur l'exploitation de la nature et de travailleurs de partout dans le monde ainsi que sur l'externalisation des conséquences sociales et écologiques de cette exploitation. Perçu comme une normalité, le mode de vie impérial repose sur la destruction et nécessite un «ailleurs». Les habitants de cet ailleurs, les «autres», sont tenus de s'abstenir d'en réclamer leur part. Brand et Wissen cherchent à comprendre pourquoi cette normalité apparente correspond à une époque où les problèmes et les crises s'intensifient et se chevauchent et affirment la nécessité de mettre en oeuvre des solutions de rechange radicales.

  • L'empire du capital

    Ellen Meiksins Wood

    • Lux canada
    • 18 Août 2011

    Il semble évident de nos jours que l'hégémonie américaine ne compte pas s'affirmer par la construction d'un empire colonial. Pourtant, la puissance militaire des Etats-Unis est la plus importante et la plus redoutable que le monde ait jamais connue. Comment expliquer ce paradoxe ? En rappelant l'histoire des grands empires (britannique, chinois, espagnol, etc), qui furent à la fois des empires territoriaux et commerciaux, Ellen Meiksins Wood montre la nature singulière de l'impérialisme américain qui, lui, ne repose pas sur les conquêtes territoriales. Son projet, rendu possible par le capitalisme, est celui d'une domination économique mondialisée, administrée localement par des Etats souverains, mais protégée par la puissance militaire des Etats-Unis. L' "empire du capital", explique la politologue, débouche ainsi sur ce paradoxe: tout indifférent qu'il soit à la conquête du monde, il a mis en place la monstrueuse machinerie militaire américaine, dont l'existence est d'autant plus troublante qu'elle est sans objet déterminé.

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