Les Presses Du Reel

  • Design pour un monde réel

    Victor Papanek

    • Les presses du reel
    • 27 Août 2021

    Réédition critique en français d'un ouvrage absolument précurseur et fondamental pour l'inclusion des problématiques sociales, environnementales et des enjeux de durabilité dans les démarches de conception : le manifeste d'une reconfiguration radicale du domaine du design, de ses formes mais surtout de sa mission.
    Paru en 1971, publié dans plus de vingt langues, mais indisponible en français depuis 1974, Design for the Real World est, bien plus qu'un classique de l'histoire du design, le livre-manifeste de tout design politique et écologique. Il vise l'inclusion sociale plutôt que le profit monétaire, lutte contre l'asservissement des besoins au marché, prône le respect de l'environnement plutôt que l'exploitation illimitée de la nature et de ses ressources. Cette réédition critique de la traduction française, accompagnée d'essais d'Alison J. Clarke et Emanuele Quinz, offre un aperçu du programme de Victor Papanek : confier au design une mission révolutionnaire, qui, aujourd'hui plus que jamais, révèle son étonnante pertinence.

  • Manuel d'écologie urbaine

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    • Les presses du reel
    • 21 Juin 2019

    Ce manuel propose un état des connaissances actuelles sur le fonctionnement de la nature en milieu urbain : son écologie.

    Les villes sont des structures complexes qui abritent une disparité de conditions de vie. Elles peuvent générer des viviers de biodiversité comme elles peuvent les détruire. Elles sont elles-mêmes des organismes qui se développent, mutent, périclitent. Ce manuel analyse ces phénomènes. Il affirme quelques principes afin de pallier la cécité écologique des citadins, et parer à l'agonie des écosystèmes urbains.
    Ce manuel entend provoquer une prise de conscience. Elle est nécessaire, insuffisante et pourtant indispensable. Chaque être vivant dépend des interactions entretenues avec les milieux et le vivant qui l'entourent, quels qu'ils soient. L'ouvrage souligne par là même les dimensions sociologiques, urbanistiques et politiques induites.

  • Du tissage

    Anni Albers

    • Les presses du reel
    • 7 Septembre 2021

    Rédigé par l'une des pionnières de l'art textile au XXe siècle, cet ouvrage illustré offre une brillante méditation sur l'art du tissage, son histoire, ses outils et ses techniques, et sur ses conséquences pour le design moderne (nouvelle édition augmentée, avec trois textes critiques et des illustrations en couleur).
    Initialement paru en 1965, Du tissage retrace le passage de l'artisanat à la production industrielle, soulignant toute l'importance de la matérialité et les innovations créatives apparues à chaque fois que des questions de design ont été résolues à la main.
    En plaçant les matériaux et le métier à bras au coeur de sa réflexion, Anni Albers rend compte des limites imposées à la créativité et au savoir faire par la technologie et la production de masse, plaidant pour un retour à l'ingéniosité humaine aujourd'hui devenu essentiel. Sa prose limpide, captivante, s'accompagne d'une foule d'illustrations dont la grande richesse met en lumière l'histoire du médium : schémas à la main, détails de textiles précolombiens, études réalisées à partir de grains de maïs, de papier ou à la machine à écrire accompagnent de précieuses reproductions de ses propres oeuvres.
    Cette édition augmentée, qui place Du tissage à la portée d'une nouvelle génération de lecteurs, substitue aux illustrations en noir et blanc de l'édition originale des photographies en couleur. S'y ajoutent une postface de Nicholas Max Weber et deux essais de T'ai Smith et Ida Soulard qui apportent un éclairage inédit sur l'artiste et sa carrière.

  • Je dors, je travaille

    Valentine Schlegel

    • Les presses du reel
    • 1 Octobre 2017

    Catalogue « bio-monographique » éclairant la démarche de l'artiste, sculptrice et céramiste Valentine Schlegel, dont la pratique, intimement liée à son quotidien, répond à une logique certaine : celle de créer ses propres conditions de vie. Réalisé par l'artiste Hélène Bertin suite à une recherche sur Valentine Schlegel, édité par Hélène Bertin et Charles Mazé & Coline Sunier.
    Née en 1925, Valentine Schlegel a développé une pratique plastique quotidienne entre Paris et Sète. À l'image d'un couteau suisse, elle maîtrise plusieurs techniques pour réaliser des objets usuels aux corps sculpturaux: couverts en bois, vases en céramique, sacs en cuir, cheminées en plâtre. Conçu sans hiérarchie, souvent en collaboration avec ses amis, ce corpus est fait d'objets de différentes dimensions et aux usages tantôt fantaisistes, tantôt quotidiens. Valentine Schlegel a également réalisé nombre d'éléments architecturaux en plâtre destinés aux intérieurs. Ces sculptures à vivre sont aussi, par leur caractère indéplaçable, la raison pour laquelle son travail est resté méconnu.
    Valentine Schlegel: je dors, je travaille par Hélène Bertin est un catalogue « bio-monographique » réunissant une nouvelle iconographie et des documents d'archives. Des notices biographiques séquencent le livre et éclairent la démarche et la vie de Valentine Schlegel.
    Grâce à une iconographie riche et précisément sélectionnée, cette monographie de référence permet notamment de documenter l'ensemble des cheminées que Valentine Schlegel a réalisées chez des particuliers - une centaine de 1959 à 2002. Les autres pans de son travail sont également abordés afin de saisir l'ensemble de sa pratique, intimement liée à son mode de vie, où les questions d'autonomie de production et d'amitié sont centrales.
    «je dors» et «je travaille» sont deux énoncés peints sur une pancarte réversible accrochée à la porte de l'atelier sétois de Valentine Schlegel. Ils correspondent à deux temps différents de ses journées, invitant à l'isolement ou à la compagnie. Ces deux «activités» ne sont pas à prendre comme des opposés mais comme indissociables l'une de l'autre: elles servent de structure à l'édition en rendant perceptible les choix de modes de vie personnels et professionnels de Valentine Schlegel.
    De par le déroulé chronologique, chaque page du livre peut être perçue comme un moment d'une journée, où la fabrication d'un ustensile de cuisine, la pratique de la sieste dans une couchette spécialement conçue à cet effet, la création d'une cheminée en plâtre pour la maison d'un collectionneur ou d'un sifflet en forme de sirène pour un cadeau à une amie sont les témoins d'une pratique totale et quotidienne, sans ordre hiérarchique mais répondant à une logique certaine: celle de créer ses propres conditions de vie.
    Publié à l'occasion de l'exposition « Cette femme pourrait dormir dans l'eau - Valentine Schlegel par Hélène Bertin » au CAC Brétigny, du 30 septembre au 09 décembre 2017.

    Hélène Bertin (née en 1989 à Pertuis, vit et travaille à Paris) traverse doucement la France en suivant les cours d'art appliqués au lycée en Avignon, de l'École des beaux-arts de Lyon puis de l'École des beaux-arts de Paris-Cergy. À la fin de ses études, elle s'installe à Paris et à Cucuron, son village natal. Elle développe une pratique qui met en mouvement le travail d'artiste, de curateur et d'historienne. Ses objets de sculptrice ont des qualités usuelles qui se dérobent à l'espace du white cube. Ils se vivent dans l'intimité de la sphère privée, comme l'espace de l'atelier, de la maison, et en extérieur. Hélène Bertin travaille aussi en collectif avec Plafond, avec qui elle partage des moments de réflexion et des expositions. Avec l'aménagement de son atelier à Cucuron, le « workshop culinaire » est l'un de ses terrains d'expérimentation collective où des artistes se regroupent autour de mets qu'ils confectionnent, mangent et digèrent ensemble. Investie dans son village, c'est dans un vignoble de vin naturel qu'elle a récemment organisé sa première exposition collective. Depuis plusieurs années, elle réalise des recherches autour de Valentine Schlegel qui, comme une guide, lui a ouvert sa pratique originale et libre de l'art.

  • L'architecture selon Gordon Matta-Clark

    Roula Matar

    • Les presses du reel
    • 12 Janvier 2022

    Les propositions architecturales de Gordon Matta-Clark.
    Figure majeure de l'art américain des années 1970, Gordon Matta-Clark (1943-1978) a produit, pendant les dix années que compte sa brève carrière, un corpus d'oeuvres d'une grande diversité. Expérimentations sur la matière, installations, performances, découpes architecturales, dessins, films, photographies, ou photomontages témoignent de cette multiplicité de démarches et de mediums explorés. C'est au travers de ses découpes (cuttings) et dissections de bâtiments qu'il s'est fait d'abord connaître, en intervenant sur des immeubles abandonnés et voués à la démolition. Ces spectaculaires découpes ont longtemps prévalu dans les analyses, et ont le plus souvent été considérées comme des attaques portées contre l'architecture.
    Pourtant, architecte de formation, Gordon Matta-Clark a surtout cherché à expérimenter, selon ses termes, « les usages alternatifs d'espaces qui sont les plus familiers ». Sur la base de documents d'archives, cet ouvrage propose de lire ses travaux depuis ce point de vue venant de l'architecture, en envisageant les mouvements de sa pensée spatiale et ses enjeux architecturaux, dans tous les lieux singuliers explorés. Que ce soit en découpant les murs, planchers et plafonds de bâtiments abandonnés ; en créant une perspective implicite sous une dalle funéraire ; en installant un abri dans un arbre ; en dessinant des maisons-paniers mobiles ; en construisant un mur à partir de déchets trouvés dans la rue ; en voulant grimper au ciel avec une échelle en corde ou en voulant habiter dans un immeuble ballon, que disent ses projets de son idée d'architecture ?

  • Une anthologie des très nombreux textes théoriques et critiques sur le cinéma expérimental et les images en mouvement écrits par Yann Beauvais, en parallèle de ses films et de ses activités de programmateur et de commissaire d'exposition, publiés dans des revues, des catalogues ou des ouvrages collectifs, en français, en anglais, portugais, allemand, etc.
    Réunissant des textes parus depuis 1979, cet ouvrage dresse une impressionnante cartographie du cinéma expérimental passé et présent. Il retrace l'histoire de ses auteurs et de ses lieux, interroge le travail de la lumière, de l'espace, du montage et du son, interpelle les conditions de projection et les formes narratives. Il s'intéresse au found footage et au sample, aux pratiques du journal filmé, au cinéma LGBT et queer, au musical. Il dialogue avec des cinéastes en France, en Angleterre, en Allemagne et en Amérique du Nord, mais aussi à Taïwan, au Brésil, en Europe centrale et balkanique, etc. Au fil des pages, il démontre surtout la vitalité du film comme une pratique esthétique et politique pouvant mettre en cause tant les formes artistiques que les formes sociales.

  • Qu'est-ce que le cinéma ? ; what is cinema?

    Germaine Dulac

    • Les presses du reel
    • 17 Septembre 2020

    On lui attribue, dans les années 1920, les premiers films impressionnistes, féministes, puis surréalistes. Qu'est-ce que le cinéma ? constitue la première édition des écrits théoriques de Germaine Dulac (1882-1942), pionnière du septième art, près de 75 années après la conception du manuscrit, où elle développe une réflexion sur le cinéma aux échos fortement contemporains.
    Composé des nombreuses conférences de la cinéaste (1925-1939) assemblées par sa partenaire Marie-Anne Colson-Malleville et préservées dans les archives de Light Cone, cet ouvrage éclaire le rôle majeur de cette pionnière de l'avant-garde française, innovatrice de la pensée cinématographique moderne, qui théorisait déjà, dès les années 1920, ce qu'est le cinéma.

    « L'oeuvre et la pensée de Germaine Dulac ont beaucoup compté dans l'histoire du cinéma. Ce livre permet de mieux la connaître et de l'apprécier. C'est très important pour faire vivre la cinéphilie, qui est d'ailleurs l'une des missions du CNC. » Dominique Boutonnat, Président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) Ouvrage récompensé du Prix du livre de cinéma 2020 du CNC.

  • Un essai pour rendre compte de l'architectonique d'Aby Warburg (1866-1929) en resituant ses travaux à l'intérieur de son projet d'anthropologie générale de l'expression : Lara Bonneau montre, à partir d'un texte aussi peu connu qu'important, que l'invention de l'iconologie, qui a rendu l'historien de l'art célèbre, était sous-tendue par une ontologie puisant à diverses sources, aussi bien philosophiques, psychologiques et biologiques qu'historiques.
    Relire l'oeuvre d'Aby Warburg à la lumière de ses Fragments sur l'expression pourrait sembler téméraire, tant ce texte labyrinthique paraît à première vue obscur, sibyllin. En s'appuyant sur leurs points saillants, sans prétendre à l'exhaustivité, l'auteure entend montrer que les Fragments contiennent in nuce la structure du projet warburgien dans son ensemble.
    Derrière l'invention de l'iconologie (et en amont de sa mise en pratique), une quête anthropologique se dessine : appréhender l'humain comme un être essentiellement symbolique et puiser aux racines de la vie biologique et sociale la « montée de sève » qui commande la création artistique.
    En mettant l'accent sur le caractère expressif du sujet, Warburg reconduit la détermination de l'être rationnel à son sous-bassement originaire : au mouvement par lequel il s'arrache à la matière pour se donner un espace de pensée (Denkraum). À rebours des interprétations qui font de Warburg un chantre de l'irrationnel et du pathos, l'auteure montre que l'historien de l'art demeure héritier des Lumières et que l'on peut lire son oeuvre à l'aune d'une ambition : celle de comprendre la lutte de l'être humain pour s'orienter dans le cosmos et en soi-même.

    « Une étude novatrice, à la fois brillante, rigoureuse et érudite, qui révèle un autre Aby Warburg sous les traits d'un anthropologue, à la lumière de l'un des ses principaux manuscrits inédits récemment publié [...]. La masse des écrits laissés par Aby Warburg après sa mort est aussi monumentale que chaotique, et constitue à ce titre un défi durable pour toute entreprise d'interprétation. C'est ce défi qu'avec une belle témérité entend relever Lara Bonneau dans le livre magnifiquement édité et richement illustré qui paraît aux Presses du réel [...]. Interprétation étonnamment novatrice, donc, que celle que propose cet ouvrage foisonnant, d'une écriture toujours parfaitement claire, qui réussit la prouesse de se montrer infiniment plus claire que l'auteur étudié, et à la lecture de laquelle on se plaît à penser que Warburg lui-même, qui eut tant de mal à formuler ses thèses dans des textes lisibles de tous, n'aurait pas manqué de s'instruire. » Hicham-Stéphane Afeissa, Nonfiction.fr

  • L'art en sida : 1981-1997

    Thibault Boulvain

    • Les presses du reel
    • 8 Juin 2021

    Une étude sur les représentations de la séropositivité et du sida dans l'art américain et européen.
    La crise du sida est un tournant majeur de l'histoire contemporaine, en art aussi. Ce livre s'intéresse à son impact sur les artistes et activistes américains et européens, du premier recensement des cas de la maladie, en 1981, à la révolution thérapeutique de la fin des années 1990. De Cindy Sherman à Derek Jarman, de Niki de Saint Phalle à Jeff Koons, de Gilbert & George à Jenny Holzer, de Michel Journiac à David Wojnarowicz, d'Izhar Patkin à Zoe Leonard, ou dans ce que produit ACT UP, on repère le même saisissement dans les représentations qui ne pouvaient alors plus être les mêmes, et pour cause.
    Les images sont habitées par tout ce qui travaillait les sociétés occidentales au temps de l'épidémie, et d'abord le pire d'elles-mêmes, qui se défoulait dans un espace social miné par la crise. Elles s'en souviennent, comme des forces de résistance qui lui furent opposées. Elles sont les témoins de la volonté intraitable de ne rien céder, mais également de sortir par tous les moyens d'une situation bloquée.
    À partir de très nombreuses représentations visuelles, ce récit de la crise épidémique ouvre ainsi sur une histoire politique, économique et sociale de cette époque fatalement hantée par la catastrophe.
    Cet ouvrage est issu d'une thèse ayant reçu la « Mention spéciale », Prix de thèse de l'université Paris-Sciences-et-Lettres (PSL) 2019 (catégorie « Sciences humaines et sociales »), le Prix de thèse 2019 de l'École doctorale 441 d'histoire de l'art-Équipe d'accueil du Centre de recherche Histoire culturelle et sociale des arts (HiCSA), université Paris 1 Panthéon Sorbonne et le Prix de thèse en histoire de l'art 2018 de la Commission de la recherche de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • L'esthetique relationnelle

    Nicolas Bourriaud

    • Les presses du reel
    • 1 Janvier 1998


    d'oú vient cette obsession de l'interactif qui traverse notre époque ? après la société de consommation, après l'ère de la communication, l'art contribue-t-il aujourd'hui à l'émergence d'une société rationnelle ? nicolas bourriaud tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain, de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social.
    son essai se donne pour but de produire des outils nous permettant de comprendre l'évolution de l'art actuel : on y croisera felix gonzalez-torres et louis althusser, rirkrit tiravanija ou félix guattari, et la plupart des artistes novateurs en activité.

  • Le végétal au premier plan de la pensée philosophique.
    Là où les philosophes contemporains s'abstiennent d'aborder la vie végétale sous l'angle ontologique et éthique, Michael Marder place les plantes au premier plan de l'actuelle déconstruction de la métaphysique. Il identifie les caractéristiques existentielles du comportement des plantes et l'héritage végétal de la pensée humaine afin de confirmer la capacité qu'ont les végétaux à renverser le double joug de la totalisation et de l'instrumentalisation. Au fil de son écriture, Marder se penche sur les plantes du point de vue de leur temporalité, de leur liberté et de leur sagesse. La pensée végétale vient caractériser tant le mode de pensée non cognitif, non idéel et non imagé qui leur est propre que le processus consistant à ramener la pensée humaine à ses racines et la rendre végétale.

  • Introduction à l'esthétique

    Nakai Masakazu

    • Les presses du reel
    • 4 Novembre 2021

    Première traduction en français d'une oeuvre du philosophe japonais, ce livre, pensé à partir de la photographie et du cinéma, propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu'il implique.
    L'oeuvre de Nakai Masakazu (????1900-1952) offre un nouveau regard japonais sur l'art, la technique et le monde contemporain. Loin de tout particularisme culturel et cependant profondément originale par rapport aux conceptions occidentales du beau, Introduction à l'esthétique permet de découvrir un univers sans double-fond, tout en surfaces et reflets, où se rejoignent intimement matérialisme et phénoménologie. Pensé à partir de la photographie et du cinéma, en dialogue avec Cassirer, Heidegger, Marx et les auteurs de l'École de Francfort, ce livre propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu'il implique.
    Traduit du japonais, annoté et présenté par Michael Lucken, historien et professeur à l'Inalco, avec une préface de Carole Maigné, philosophe et professeure à l'Université de Lausanne.

  • Si loin, si proche : cartographie, technologie et politique

    Laura Kurgan

    • Les presses du reel
    • 21 Octobre 2021

    Une analyse des représentations spatiales que les humains se donnent à partir des nouvelles technologies numériques de localisation et de cartographie, à l'aune des enjeux politiques qui accompagnent leurs multiples interprétations.
    Le début du XXIe siècle a été le théâtre d'une mutation révolutionnaire de notre capacité à parcourir, habiter et définir l'espace. Les innombrables flux de données qui s'insinuent dans nos vies renferment toujours plus de relevés GPS (Global Positioning System) et d'images satellites dont la qualité était autrefois uniquement accessible à quelques agences militaires et de renseignement, tandis que les puissants programmes liés au SIG (système d'information géographique) sont aujourd'hui des outils répandus. Ces nouvelles technologies soulèvent des questions fondamentales portant sur les limites de l'espace physique et de sa représentation et de l'espace virtuel et de sa matérialisation. Dans Si loin, si proche, Laura Kurgan mène une réflexion théorique sur ces outils de géolocalisation accompagnée d'une série d'expérimentations cartographiques et visuelles reposant sur les données spatiales. Plutôt que d'envisager les technologies GPS et SIG comme de simples objets de fascination et de crainte, cet ouvrage en fait les sujets et les supports d'une investigation critique.
    Si loin, si proche témoigne de situations conflictuelles majeures et des transformations survenues dans notre appréhension de l'espace. Kurgan déploie son travail cartographique et analytique pour analyser des crimes de guerre, des schémas d'incarcération ou des pratiques de déforestation, du Koweït (1991) à New York (2001) en passant par le Kosovo (1999). Au moyen d'instruments et de logiciels géographiques conçus pour un usage militaire et gouvernemental dans divers champs d'application - reconnaissance, surveillance, balistique, recensement, sécurité intérieure -, Kurgan examine la dimension politique et les complexités de ces technologies et de leur usage. Au croisement de l'art, de l'architecture, de l'activisme et de la géographie, ces textes et ces projets dévoilent les zones d'ombre intrinsèques à la collecte d'information et de données tout en jetant un regard neuf sur les territoires que ces pratiques ont contribué à défricher.

  • Connu pour ses Hommages au carré, Josef Albers devient écrivain aux États-Unis, où il s'est exilé avec sa femme Anni Albers en 1933. En apprenant l'anglais, il invente un nouvel idiome qui fait dialoguer mots et images.Comment ce maître du Bauhaus, enseignant au Black Mountain College, devient-il écrivain dans une langue étrangère ? Par quel moyen L'interaction des couleurs, ce livre au retentissement international, conduit-il à une expérience physique de la couleur par les mots ? Pourquoi la nouvelle forme de vers élaborée dans ce livre est-elle la somme de recherches à la fois typographiques et poétiques ? Quels liens construit-il avec la poésie concrète et la poésie américaine ?Ces questions sont l'enjeu de ce livre, véritable introduction à l'oeuvre de Josef Albers, tout autant qu'essai sur les écrits d'artiste.

  • L'art en commun ; réinventer les formes du collectif en contexte démocratique

    Estelle Zhong Mengual

    • Les presses du reel
    • 7 Janvier 2019

    Une enquête sur les enjeux à la fois artistiques et politiques de l'art participatif, depuis les années 1990.

    Jeremy Deller propose aux anciens mineurs d'Orgreave de participer à la reconstitution historique en costume de l'émeute ouvrière anglaise de 1984. Javier Téllez organise avec les patients de l'hôpital psychiatrique de Tijuana la propulsion d'un homme-canon par-dessus la frontière américano-mexicaine. Thomas Hirschhorn invite les habitants d'un quartier du Bronx à construire un monument en l'honneur du philosophe Antonio Gramsci. Une peau de cerf sur les épaules, Marcus Coates rencontre les résidents d'HLM à Londres et réalise une consultation spirituelle du lieu, en qualité de chaman.
    Ces pratiques artistiques contemporaines forment une nouvelle galaxie étrange, qu'on appellera ici art en commun. Il s'agit de créer dans l'espace social plutôt que dans l'atelier ; sur une longue durée et avec d'autres plutôt qu'en son for intérieur ; de façon collective plutôt que démiurgique. L'oeuvre n'est pas le fruit du travail de l'artiste seul, mais celui d'une collaboration en présence entre artiste et volontaires.
    Ce dispositif artistique bouleverse notre conception de l'art et nos catégories esthétiques. Mais il revêt aussi une dimension politique, en s'emparant des questions de participation et de communauté qui comptent parmi les enjeux les plus cruciaux des tentatives actuelles de vivification de la démocratie, comme de la reconfiguration de nos manières de vivre.
    Cet ouvrage propose d'interroger les liens entre participation en art et en politique dans le contexte démocratique et néolibéral qui est le nôtre. Et de penser comment l'art en commun peut contribuer à la réinvention des formes possibles du collectif.

  • L'art et la race ; l'africain (tout) contre l'oeil des lumières

    Anne Lafont

    • Les presses du reel
    • 20 Février 2019

    L'historienne de l'art Anne Lafont livre une étude inédite sur les relations étroites et paradoxales de l'art et de la race à l'époque des Lumières. Une nouvelle voix dans les travaux actuels sur les questions de race, d'art, d'images et de colonies.

    En se fondant sur un corpus d'oeuvres d'art connues et moins connues, l'auteure revisite les Beaux-Arts au XVIIIe siècle sous l'angle de la représentation des Noirs, figures qui, non seulement, articulent savoirs anthropologiques et expériences esthétiques, mais aussi histoire du luxe métropolitain et histoire de l'esclavage colonial. Ce livre est fondé sur une recherche de plus de dix ans sur les formes qu'ont prises les figures de l'Africain et de l'Africaine dans l'art continental et colonial français d'avant l'imaginaire abolitionniste. Il couvre les cultures visuelles et artistiques qui vont de la fin du XVIIe siècle - à l'époque de Coypel, Mignard, Largillière... - quand les colonies antillaises commencèrent à percer dans le champ artistique métropolitain, au premier tiers du XIXe siècle - à l'époque de Girodet, Benoist et Léthière jusqu'à Géricault... - quand l'échec de la première abolition de l'esclavage (1802) durcit l'iconographie partisane, mettant la violence des vies dans les plantations à l'ordre du jour de la création artistique.

  • Le travail des images ; conversations avec Andrea Soto Calderón

    Jacques Rancière

    • Les presses du reel
    • 2 Avril 2019

    La pensée de Jacques Rancière a profondément modifié la réflexion contemporaine, en particulier dans sa façon nouvelle d'articuler les rapports entre esthétique et politique. Bien qu'elle ait pris une place grandissante dans son oeuvre, à la faveur des derniers livres notamment, la question des images et de leur pouvoirs n'avait pas encore fait l'objet d'une interrogation spécifique. Une conversation, assortie d'une introduction par Andrea Soto Calderón, afin de mieux cerner en quoi les images sont le site d'une reconfiguration des possibles.

    Andrea Soto Calderón est philosophe, basée à Barcelone, où elle enseigne l'esthétique.

  • Fruit d'une enquête au long cours auprès de dix chorégraphes, cet ouvrage établit un vocabulaire de la composition en danse, témoignant des pratiques et opérations qui forment la création chorégraphique contemporaine.
    À partir des paroles recueillies auprès de dix chorégraphes au cours d'une enquête qui s'est étirée sur trois ans, Yvane Chapuis, Myriam Gourfink et Julie Perrin ont élaboré un vocabulaire de la composition en danse. Il s'organise en vingt notions, mises en perspective historiquement ou conceptuellement, suivies de quatre discussions spécifiques et de dix portraits de circonstance.
    Ce livre témoigne de pratiques et d'opérations qui donnent forme et sens aux oeuvres. Ouvrant à des conceptions hétérogènes de la composition, il n'épuise pas le champ des possibles, mais peut servir de repère pour aborder la création chorégraphique contemporaine.

    « [Il s'agit d']un ouvrage substantiel : une somme dans laquelle on peut entrer et sortir à sa guise, selon que l'on questionne tel ou tel mode opératoire. Cette approche transversale est la grande force de l'ouvrage, qui permet d'échapper aux rails monographiques, pour ouvrir au contraire la pensée sur une vingtaine d'opérations d'écriture de la danse. En interrogeant sans relâche le rapport entre composition et interprétation, composition et invention gestuelle, composition et réception. ».
    Journal de l'ADC

  • Images de l'exil

    Maurice Fréchuret

    • Les presses du reel
    • 14 Octobre 2021

    Les images de l'exil, de la fuite, de l'errance et de l'exclusion dans l'histoire de l'art, de la peinture classique à la production la plus contemporaine.
    Venues de très loin, certaines images ont durablement façonné notre imaginaire : celles de l'exilé, du réfugié ou encore du migrant, participent de cette structuration et font ainsi partie de notre patrimoine mental. Leur diffusion fut assurée par les contes et les légendes, par les chants, les prières et les comptines mais aussi par des représentations visuelles qui, au fil du temps, en ont précisé les contours. Les religions ont fourni les récits nécessaires pour que s'édifie une puissante iconographie de l'exil. Adam et Ève chassés du Paradis, La Fuite en Égypte, L'Exode, sont autant d'exemples que Duccio, Giotto, Masaccio ou Fra Angelico... vont peindre sur les murs des églises ou des monastères.
    Dans la folle accélération qui caractérise les temps modernes, émerge une iconographie considérable de la fuite, de l'errance et de l'exclusion, provoquées par les guerres, les régimes de terreur ou la pénurie. Les peintres et les photographes, de Marc Chagall à Robert Capa, s'emparent du sujet et accueillent dans leurs oeuvres ces « rayés de l'histoire » au destin aussi incertain qu'éprouvant. Les vidéos et les installations de nombreux artistes contemporains interrogent très opportunément aujourd'hui un phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Mona Hatoum, Francis Alÿs, Kimsooja, Adrian Paci, Mohamed Bourouissa, Barthélémy Toguo, Zineb Sedira... et bien d'autres encore, produisent des oeuvres riches de sens dans lesquelles les notions de frontières et d'identité font l'objet d'un traitement qui peut fluctuer entre le documentaire et le récit fictionnel et poétique.

  • Première traduction en français d'une oeuvre de la sociologue et féministe japonaise Chizuko Ueno, qui interroge le rapport des femmes aux tragédies historiques, à la violence, à la guerre et terrorisme, refusant toute forme de violence, étatique comme domestique, en même temps que de domination.
    En interrogeant les rôles de genre dans le regain de violence consécutif aux attentats du 11 septembre 2001, Ueno Chizuko s'efforce de répondre à la question : le féminisme doit-il revendiquer l'égalité des sexes jusque dans la participation à la guerre ou à la lutte armée ? Reprenant le débat qui déchira les féministes américaines, elle propose ici un réexamen du rôle des femmes à travers l'historique des luttes d'émancipation nationale (Algérie, Vietnam, Chine), des mouvements terroristes japonais (Armée rouge unifiée, Armée rouge japonaise), ainsi que du soutien à l'arrière de féministes japonaises à la guerre expansionniste des années 1930-1940. Quelle place les femmes ont-elles occupé dans ces processus ? Quel bénéfice en auraient-elles tiré ? Aucune promesse d'émancipation n'a été tenue. Parce qu'être prêt(e) à sacrifier sa vie pour une cause entraîne le plus souvent un culte mortifère de la force. Or, le féminisme est une idéologie permettant aux êtres de survivre aux tragédies de ce monde. Tant que la violence entre États ne sera pas criminalisée et que les violences domestiques seront réduites à une affaire privée, ces drames ne pourront cesser. Le rôle du féminisme est de rompre ce cercle infernal : refusant aussi bien la violence que la domination, il est porteur d'Une idéologie pour survivre.

  • La redéfinition du médium à travers les interrelations entre art contemporain et cinéma.
    Ces dernières décennies, le développement de pratiques artistiques ayant recours aux « nouveaux médias », tout comme le passage de l'argentique au numérique ou les nouvelles formes de visionnement et d'archivage qu'il implique, a précipité la nécessité de repenser et de questionner la définition du médium. Face à un panorama artistique, cinématographique et technologique en constante transformation, cet ouvrage s'inscrit dans un champ de recherche transdisciplinaire en plein essor - Medienwissenschaft allemande, media studies anglophones, études médiatiques canadiennes ou encore médiologie en France. Dans ce livre est ainsi envisagé, au fil de dix-neuf contributions, un vaste champ de médiations de la perception et de l'expérience, de la représentation et de la communication, de l'enregistrement et de la transmission.

  • Première traduction française d'un texte séminal de la théorie des médias, que cette édition contextualise, notamment par le débat qu'il suscita avec Baudrillard.
    Essai de référence qui n'a cessé d'inspirer les études médiatiques, le « Jeu de construction pour une théorie des médias » (1970) de l'écrivain et intellectuel Hans Magnus Enzensberger plaide, dans le sillage de Brecht et de Benjamin, pour un contre-usage des médias de masse. Inédit en français, cet essai est accompagné dans ce volume de la réponse que lui apporta Baudrillard, d'un texte postérieur d'Enzensberger sur « L'évangile digital », ainsi que d'un dossier qui en explore les résonances théoriques toujours fécondes dans les champs intellectuels français, allemand, italien, britannique et américain. L'ensemble de ces textes, où se mêlent approches philosophiques, médiatiques et littéraires révèle l'absolue actualité d'un essai qui, dès 1970, dépassa le partage trop simple - et pourtant toujours vivace à l'ère numérique - entre médias-pessimistes et médias-optimistes, pour lui préférer un singulier jeu de construction théorique qui fait de la manipulation des médias, le socle même d'une véritable pensée critique.

  • Brève histoire des musiques actuelles

    Hans Ulrich Obrist

    • Les presses du reel
    • 30 Mars 2021

    Une anthologie des nouvelles formes musicales au XXe siècle.
    Cette publication réunit dix-huit entretiens menés par Hans Ulrich Obrist avec des musiciens pionniers des années 1950 à 1980 : compositeurs d'avant-garde (Elliot Carter, Pierre Boulez ou Karlheinz Stockhausen) ; précurseurs de la musique musique électro-acoustique (Iannis Xenakis, Robert Ashley, François Bayle, Pauline Oliveros, Peter Zinovieff) ; artistes minimalistes et post-Fluxus (Éliane Radigue, Terry Riley, Tony Conrad, Steve Reich, Yoko Ono, Phill Niblock) ; ainsi que des figures musicales influentes comme Brian Eno, Kraftwerk, Arto Lindsay et Caetano Veloso. Leurs contributions retracent l'évolution du domaine musical : des premières expériences de musique concrète et abstraite aux développements électroniques, puis à l'hybridation de la culture populaire et de l'avant-garde.
    Edition française, augmentée (notamment d'un entetien inédit avec Éliane Radigue), de l'ouvrage paru en anglais en 2014.

  • Une étude pluridisciplinaire inédite du couple texte-image dans sa dimension politique, depuis le militantisme du début du XXe siècle jusqu'aux luttes de « visibilité » des minorités.
    Comment la culture visuelle instruit-elle le débat politique ? À la fois outil d'information, de propagande, de contre-pouvoir et d'éveil des consciences, le phototexte - dispositif formel alliant photographie et texte, et instaurant par son assemblage une unité de sens - s'inscrit pleinement dans la construction médiatique de nos démocraties contemporaines. Slogans, affiches, tracts, pamphlets, interventions urbaines ou physiques, grèves, manifestations sont autant d'artefacts révélant que la mémoire militante s'éprouve aussi dans une reconfiguration créative articulant le texte et l'image.
    Dressant un panorama riche et varié de cent ans de luttes par la photographie et le texte, ce recueil pluridisciplinaire et international rassemble dix-huit essais inédits faisant le point sur le phototexte. Du photomontage antifasciste des années 1910 aux stratégies de visibilité sur les réseaux sociaux en passant par son instrumentalisation au service des luttes féministes, antiracistes et indépendantistes, l'ouvrage propose une histoire de l'engagement social, visuel et créatif.

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