Les Fondeurs De Briques

  • Un panorama unique sur les liens entre histoire, peuple & musique à travers la chanson folk.

  • Ce n'est pas un livre sur les groupes mais plutôt sur leur mort, sur celle du rock, de ses agonies comme de ses renaissances, de ses impostures comme de ses vérités. Il y est question de rues, d'envoûtements, de divorces et de retrouvailles. On y croise des fantômes, à moins que ce ne soit des fantasmes. Des anonymes aussi, de ceux et celles qui ont les oreilles abîmées et les pieds brûlés pour avoir trop dansé, et souvent trop cherché.

  • Comme Alberto Ruy Sánchez rapporte qu'il reçoit des courriers énigmatiques, lettres, témoignages, poèmes souvent rédigés sur des cartes au dos desquelles figurent des dessins de fourmis, corbeaux et serpents, des collages, photos etc. L'identité de l'expéditeur, homme ou femme, ne figurant nulle part, il l'appellera « Silhouette », pensant que cette personne lui écrit d'une prison ou d'un asile. Un jour, on lui livre plusieurs cartons contenant des milliers de documents émanant tous de cette personne, peut-être un arrière-grand-père aujourd'hui centenaire émigré aux USA et dont la famille n'a plus jamais eu de nouvelles. Le narrateur recouvre peu à peu les murs d'une pièce de son domicile avec ces documents, reproduisant ce « Palais de la mémoire » qu'Oliver Sacks a recommandé à son patient, d'après la méthode de Mateo Ricci, un jésuite italien du XVIe, destinée à récupérer la mémoire en attribuant un espace à chaque chose. Peu à peu, une gigantesque mosaïque se dessine, diverses figures ayant réellement existé apparaissent, telles que Adolf Wolfli que Rilke et Cendrars ont lu, et Aloïse Corbaz, ayant comme lui subi l'internement en asile psychiatrique, la figure centrale étant Sylvia Ageloff, travailleuse sociale que Juan, alias John, alias Iván, alias Ioane rencontre lorsqu'il travaille aux usines Ford à New York avant de partir avec des milliers d'autres ouvriers en URSS où Ford a vendu son usine. Fille de russes émigrés à New York, après leur séparation, elle rencontrera Ramón Mercader qui l'utilisera pour approcher Trotski et le tuer le 21 août 1940.
    En 2018, Les Rêves du serpent a reçu la reconnaissance la plus importante décernée chaque année à un roman au Mexique, le Prix Mazatlán.
    À l'occasion de la publication de l'édition mexicaine, Alberto Manguel a écrit : « Les Rêves du serpent sont l'un des livres les plus distrayants, intenses et originaux que j'aie lus depuis longtemps...». Et quelques mois plus tard, pour l'édition espagnole : « C'est un chef-d'oeuvre.
    L'un des ouvrages les plus importants écrits en espagnol dernièrement.

  • Ce livre est une compilation de textes réalisée dans les années soixante par Robert Shelton, journaliste au New York Times et biographe de Bob Dylan. La majorité des textes date des années 1945 à 1954 et est d'origine très diverse : articles de journaux, préfaces de recueils de chansons ou notes pour pochettes de disques, opinions écrites au jour le jour constituant une sorte de journal intime, chansons non enregistrées, etc.
    Une première édition de cet ouvrage est parue dans la collection «Rock'n'Folk» d'Albin Michel en 1978. Notre édition reprend cette sélection revue par Jacques Vassal, le traducteur (et préfacier) et incorpore 4 textes inédits en français, dont «Blues», long exposé mettant en lumière les connections de Woody Guthrie avec les artistes de blues. Nous reproduisons également en annexe le texte original de 9 chansons emblématiques de Woody Guthrie. Le livre comporte une quarantaine de dessins de l'auteur ainsi qu'une vingtaine de photos. Enfin, le livre sera accompagné d'un CD de 12 titres, tirés de «This is my New York», édité en 2015 par les Archives Woody Guthrie, avec quelques-uns de ses plus célèbres titres («This Land is my Land», «Tom Joad»...) dans des versions différentes. On y retrouve également les Almanac Singers et Ramblin' Jack Elliot interprétant des morceaux de Guthrie.

  • Ce recueil rassemble des écrits journalistiques et des textes de conférences des années 1920- 1930 jamais publiés en France.

  • La première biographie en français d'Abbie Hoffman,l'une des figures essentielles de la contreculture aux États-Unis dans les années 1960 & 70, par l'un des membres des Yippies.

  • LE LIVRE New York, automne 1975. Bob Dylan est de retour à Greenwich Village.
    Jeune journaliste pour Rolling Stone, Larry Sloman part en virée avec la bande à Dylan dans les clubs et les fêtes de la ville. Nous assistons grâce à lui à la session d'enregistrement de «Hurricane », la chanson racontant l'histoire de ce boxeur noir accusé d'un triple meurtre et luttant pour son intégrité et son innocence depuis sa cellule. Dylan a lu son livre (Le 16e round à paraître aux Fondeurs de Briques) et lui rend visite en prison. Le 45-tours est diffusé et Bob Dylan décide de reprendre la route, sous la forme inédite pour lui d'une caravane de multiples artistes, non seulement des musiciens mais aussi des saltimbanques, des poètes... Il veut retrouver la saveur des carnivals, ces fêtes foraines de l'étrange sillonnant l'Amérique du Nord pendant sa jeunesse.
    L'idée de départ consiste à se produire dans de petites salles du nord-est du continent, en annonçant simplement les représentations sur la radio locale. Néanmoins, très vite, les coûts de production de la tournée, à laquelle s'est adjointe une équipe de tournage (cf. le livre de Sam Shepard, The Rolling Thunder logbook ; les rushs seront récupérés par Dylan qui en tirera son film, Renaldo & Clara), obligent les organisateurs à se tourner vers des lieux plus vastes. D'abord blacklisté par le tour-manager, à force de persévérance passionnée, Sloman gagne un surnom, «Ratso» et une place dans l'entourage des musiciens. S'ensuivent de multiples rencontres et scènes de la vie en tournée avec les prestigieux participants à cette revue : Joan Baez, Robbie Robertson, Joni Mitchell, Allen Ginsberg, Bob Neuwirth, Roger McGuinn, et bien sûr avec Dylan luimême lors de longues conversations. On découvre le beau-frère de Kerouac dans son bar à Lowell, Ginsberg et Dylan se rendant sur la tombe de l'écrivain pour y jouer et chanter un kaddish;
    A` Montréal, on est convié pour le dîner chez Leonard Cohen...

  • Richard Goldstein est avant tout un fan de musique. Né à Manhattan en 1944, élevé dans le Bronx, il sera, de son propre aveux, le premier de sa famille à distinguer Hegel d'un bagel ! Sous l'influence de James Joyce et Tom Wolfe, il a vingt-deux ans lorsqu'il propose au Village Voice (co-fondé par Norman Mailer) de tenir une chronique sur l'actualité musicale. Il deviendra ainsi l'un des premiers rock critics à tenir une rubrique régulière, «Pop Eye's». Son style partial et engagé sera sa marque, allant jusqu'à éreinter le Sergent Pepper des Beatles - ce qu'il regrettera plus tard -, ou d'autres icônes du rock. Jusqu'en 1969, il couvre l'essentiel de l'actualité du rock, passant de longues périodes de travail et de défonce en compagnie de Brian Wilson des Beach Boys, du Grateful Dead ou encore des Doors lors de l'enregistrement d'un de leurs disques. Il nouera une relation particulièrement étroite avec Janis Joplin (ce qui explique le titre original de ce livre). La mort de celle-ci en octobre 1970, après celle de Jimi Hendrix le mois précédent (Jim Morrison les suivra en juillet 1971), marque la fin de sa croyance dans le potentiel révolutionnaire du rock'n'roll. Il se tourne alors vers des sujets plus politiques : droits des minorités, noire et homosexuelle en particulier, questions de genre, allant de pair avec son choix d'assumer complètement son homosexualité. Il sera proche de la Factory de Warhol, des Black Panthers et des Yippies, l'organisation d'Abbie Hoffman & Jerry Rubin, tentative iconoclaste de diffuser des idées d'extrême-gauche dans les États-Unis de Nixon. Il dresse un portrait depuis l'intérieur de l'Amérique contestataire de ses rêves et de ses désillusions, avec humour et lucidité.

  • b.
    traven reste la personnalité littéraire la plus consciencieusement insaisissable du xxe siècle. qui fut l'auteur de la dizaine de romans, dont le célèbre trésor de la sierra madre, et recueils de nouvelles mettant en scène des exploitésoe fut-il ret marut, ce jeune acteur et poète anarchiste arrêté lors de la rébellion munichoise de 1919oe ou bien t. torsvan, un explorateur et scientifique norvégienoe ou alors hal croves, scénariste et agent littéraire américainoe on parla même de lui comme du fils illégitime du kaiser guillaume ii...
    il est néanmoins établi qu'il vécu et travailla au mexique, sous diverses identités, du milieu des années vingt jusqu'à sa mort, survenue en 1969. attiré par cette énigme, en 1975 jonah raskin est invité à mexico par la veuve de l'écrivain pour écrire sa biographie. il y rencontra ceux qui le connurent, eut accès à ses archives et parcourut les lieux arpentés par l'écrivain. dans a la recherche de b.
    traven, nous contemplons cette identification qui le conduisit au bord de la folie. cette troublante mise en abîme est le plus bel hommage rendu à l'écrivain qui déclarait dès 1926 :. " mon histoire personnelle ne décevrait pas les lecteurs, mais elle ne regarde que moi et je tiens à ce qu'il en soit ainsi."

  • Pascal Comelade (1955) est pianiste et compositeur.
    Après quelques années de pratiques électroniques (1974-1981), il développe une pratique de musiques strictement instrumentales (en solo ou avec son orchestre le Bel Canto Orquestra); musiques qu'il qualifie parfois de «Muzak dégénérée».
    En parallèle et depuis des lustres, de façon irrégulière et en absolu dilettante, il produit quelques peintures et autres collages réalisées avec les mains et en couleur la plupart du temps. On y voit des images de tourne-disques morts, des portraits relativement ressemblants de vedettes populaires (Batman, Vince Taylor, Dean Martin...), des scènes de genre, des allégories historiques alliant audace des formes et hardiesse des coloris, des tentatives de représentations de pochettes de disques vinyles (surtout en format 45-tours), des erreurs de perspectives manifestes, le Captain Beefheart sortant d'une poissonnerie, des paysages en braille, de l'abstraction dépressive et du réalisme de Luna-Park métaphysique. On peut citer, pour ce qui est des influences manifestes, les graffitis de vespasiennes, les vignettes Panini, les couverture de publications Elvifrance, le nu artistique, les papier-peints de chambres d'hôtel, les calendriers des PTT, les affiches de catch à quatre et les grandes heures de l'académisme chromatique.

  • Listen whitey ! (Écoute, blanc-bec !) raconte l'influence du Black Power dans le domaine des musiques folk, rock, soul et jazz entre 1965 et 1975, quand les musiciens étaient considérés comme des révolutionnaires et les révolutionnaires comme des icônes de la culture populaire.
    Cependant, cet ouvrage ne parle pas uniquement de John Lennon traînant avec Bobby Seale et de Mick Jagger enregistrant une chanson à propos d'Angela Davis ; il s'agit d'un catalogue exhaustif des enregistrements en lien avec le Black Power mis au jour par l'auteur à l'issue de cinq années de recherches intensives - une collection d'albums et de 45-tours, de cassettes et de bandes ainsi qu'une poignée de films ignorés pendant des décennies. La musique y est le média principal mais on trouve également des discours, des entretiens, de la poésie, du spoken word et même des sermons religieux militants. Le texte est illustré par plus de 200 documents : pochettes de disques, vinyles, affiches, tracts, coupures de presse, photos, etc. qui nous replongent dans cette bouillonnante décennie qui vit les revendications des Noirs reprises par des artistes reconnus et populaires.

  • Le 16e round

    Rubin Carter

    En 1966, le boxeur noir, Rubin «Hurricane» Carter, est arrêté pour le triple meurtre de consommateurs blancs dans un bar de Paterson, New Jersey. Il clame son innocence mais est néanmoins condamné. Depuis sa prison, il nous raconte ce qui l'a amené jusque-là : une enfance dans les États-Unis de la ségrégation avec les gangs, les premiers menus larcins, le placement en école disciplinaire dès l'âge de 11 ans à la suite d'une agression sexuelle dont il est victime, puis un vol qui le conduit en maison de redressement à 14 ans. Il parvient à s'évader avant sa majorité et s'engage dans l'armée. Il y découvre la boxe et commence une carrière qui le conduira aux portes de la consécration. Son punch lui fait fréquemment remporter ses matchs par des KO fulgurants et lui vaut son surnom, «L'Ouragan». Fin 1964, il est volé de la victoire dans le combat pour le championnat du monde. Il ne retrouvera pas de seconde chance avant son arrestation. Incarcéré, Rubin Carter obtient, après de nombreuses semaines à l'isolement et des brimades constantes, de ne pas porter l'habit du prisonnier, de ne pas manger la nourriture de la prison, de ne pas participer à la vie carcérale. C'est à ce prix qu'il peut continuer à vivre emprisonné à tort. Il concentre son énergie dans sa lutte judiciaire, étudiant le droit et acquérant une éducation que la vie ne lui avait pas donné l'occasion d'aborder. Ce livre est son moyen de démontrer au monde son innocence; Mohamed Ali s'engagera à ses côtés, tout comme Bob Dylan, avec sa chanson «Hurricane» et sa tournée Rolling Thunder (1975) devant servir à faire parler de l'affaire et à obtenir la libération de Carter (livre de Larry Sloman sur cette tournée, à paraître aux Fondeurs de Briques, octobre 2015).
    Traversant plusieurs milieux - société ségrégationniste, système carcéral, armée, monde de la boxe - le récit de Rubin Carter est cru et rythmé d'une volonté viscérale de sur-vivre. Il porte l'implacable regard de celui qui a connu l'injustice et pour qui tout ce qui ne le détruit pas le rend plus fort.

  • Ce quatrième volet du Labyrinthe magique est une parenthèse au sein du cycle puisqu'il relate l'exode puis l'internement en France, en 1939 et 1940, des populations civiles et militaires restées fidèles à la République.
    " En vingt-trois jours de traversée, de Casablanca à Veracruz, en septembre 1942, j'ai écrit Campo francés. Les événements et les scènes sont authentiques et ce sont, je crois, les premiers mémoires écrits selon cette technique ", relève Max Aub dans l'introduction à la première édition de Campo francés en 1965. Technique qui mobilise toutes les ressources des médias (cinéma, journaux, radio) et son art des dialogues pour témoigner à chaud de la catastrophe vécue par le camp des vaincus à l'issue de la guerre civile espagnole.

  • Pendant longtemps, le flamenco fut un art de transmission orale, préservé essentiellement au sein des dynasties gitanes de Basse-Andalousie. Depuis un siècle, les modifications sociales de l'Espagne ont participé au développement de la musique flamenca de l'avènement du microsillon jusqu'à aujourd'hui. À travers paroles de chants, entretiens et tranches de vie captées sur le vif, l'auteur nous fait approcher les principaux acteurs de la scène flamenca des foisonnantes années 1960 jusqu'à nos jours. C'est l'époque des bouleversements amenés par Camarón de la Isla, Paco de Lucía puis Enrique Morente qui acccompagneront la chute de la dictature. Le livre retrace les relations historiques entre la société espagnole et les interprètes de cette chronique sociale que le cante flamenco colporte. Nous croisons ainsi Antonio Mareina, Farruco, Rancapino, Fernanda de Utrera, et tant d'autres, qui nous plongent dans une tragicomédie gitane, depuis les labeurs des champs et la guerre d'Espagne jusqu'à la vie nomade de musiciens riches de bons mots et d'anecdotes.

  • « C'est en Espagne que les hommes ont appris qu'il est possible d'avoir raison et cependant souffrir la défaite.
    Que la force peut vaincre l'esprit et qu'il y a des moments où le courage n'a pas de récompense.
    C'est sans doute ce qui explique pourquoi tant d'hommes dans le monde considèrent le drame espagnol comme un drame personnel. » Albert Camus Dans ce deuxième volet du Labyrinthe magique, Max Aub poursuit son idée de roman à caractère fragmentaire et choral, avec accumulation de récits brefs et inclusion de nombreux personnages. Inlassable inventeur de biographies, l'auteur nous dresse le portrait intellectuel et politique de l'Espagne de la Guerre civile. La guerre y est moins un événement central qu'une toile de fond qui permet d'expliquer les comportements humains ; plus qu'une épopée sur le conflit, c'est une réflexion sur la condition humaine.
    L'action se déroule ici de juillet à novembre 1936 (défense de Madrid et le célèbre ¡ No pasarán !) et se clôt par l'arrivée des Brigades internationales.

  • Ce livre se déroule comme une joute flamenca, avec comme amphitryon, Camarón de la Isla, (José Monge Cruz de son vrai nom) chanteur de flamenco gitan passé de génie à mythe après sa disparition prématurée en 1992, à l'âge de 42 ans. Afin de s'approcher au plus près du mystère de la voix et de la personnalité du cantaor, l'auteur convoque son entourage : noctambules de vocation, artistes de la faim, gardes du corps empressés, promoteurs peu scrupuleux, guitaristes virtuoses, médecins aux méthodes non orthodoxes, fans grappillant une miette du génie. Et même, quelques, mais bien peu, véritables amis. Cette galerie de portraits, fruit des rencontres de l'auteur, nous fait pénétrer dans les arcanes du monde du flamenco autant que dans l'âme de Camarón.
    Révolutionnaire du cante flamenco de la seconde moitié du XXe siècle, Camarón a longtemps collaboré avec l'autre génie de la musique espagnole de son temps, le guitariste Paco de Lucía.
    L'auteur revient sur leur relation fraternelle, mais aussi sur la polémique à propos des droits d'auteur des cantes, pour lesquels Camarón s'estimait lésé par la famille de Paco, les Sanchez.
    On croise aussi Tomatito, guitariste flamboyant de la seconde partie de la carrière du cantaor et Paco Cepero, le premier accompagnateur du Gitan. Détruit par le tabac, la drogue et les nuits sans fin, Camarón a suscité beaucoup de suiveurs mais aucun héritier n'ayant son talent musical ni son aura. Il reste une étoile dont la voix résonne toujours puissamment aujourd'hui et conserve sa part de mystère impénétrable.

  • « C'est en Espagne que les hommes ont appris qu'il est possible d'avoir raison et cependant souffrir la défaite.
    Que la force peut vaincre l'esprit et qu'il y a des moments où le courage n'a pas de récompense.
    C'est sans doute ce qui explique pourquoi tant d'hommes dans le monde considèrent le drame espagnol comme un drame personnel. » Albert Camus Le roman débute sur l'image symbolique d'un taureau de feu. Dans cette fête populaire, l'animal court toute la nuit dans les rues préalablement closes ; pris dans un labyrinthe, il n'en sortira pas vivant : à l'aube, au bord de l'agonie, il sera achevé par la foule. Le taureau est l'image de l'Espagne et le labyrinthe est celui inexorable du drame de la Guerre civile, symbole de l'enfermement infernal dans lequel se déroule cette tragédie.
    Le personnage central de cette première partie est Rafael López Serrador, un homme du peuple que l'on suit au cours des années vingt, de la chute de la monarchie à l'avènement de la IIe République jusqu'au déclenchement de la Guerre civile, le 18 juillet 1936.

  • Difficile de déméler la vie de l'oeuvre chez Bilbo ! S'il est établi qu'il naquit en 1907 à Berlin et qu'il parcouru le monde, de Paris à Shanghai en passant par l'Espagne, rien ne certifie que tous les événements racontés dans cette autobiographie soient totalement exacts !!!
    Il fut, en tout cas, toujours présent sur les points chauds : l'Allemagne en révolution où il est recueilli par les spartakistes puis travaille occasionellement pour Fritz Lang, New York et Chicago comme garde du corps d'Al Capone, Paris où il est mélé à l'assassinat de Paul Doumer par Gorgulov, l'Espagne en guerre où il crée un bar dans lequel se réunissent des exilés célèbres (Huxley; Chesterton...) et les antifascistes, avant de servir de sparing-partner au boxeur allemand Max Schmeling (champion du monde des poids lourds de 1930 à 32), l'île de Man interné comme citoyen allemand dans la Grande-Bretagne de la Seconde Guerre mondiale, Londres où il fonde la Modern Art Gallery, point de ralliement des avant-gardes (dont Kurt Schwitters et les dadaïstes), avant de devenir peintre et sculpteur. Toujours acteur de sa propre vie.

  • LE LIVRE contient L'échange des noms - Lettre à Martin Elizondo - Les Aiguiseurs de couteaux - Coplas infinies pour les hommes-taureaux du dimanche - La Dialectique du compas - Photos de la voix pour cinquante cantaors

  • Campo de sangre est le troisième volet du cycle romanesque Le Labyrinthe magique.
    Le roman s'ouvre et se referme sur les bombardements nationalistes qui vont secouer Barcelone des mois durant. Le conflit dure depuis un an et demi déjà et, dans le camp républicain, on reste confiant, on garde l'espoir d'une victoire sur les nationalistes, malgré la violence quotidienne et la misère qui sévit dans la population, malgré les trahisons, les luttes internes et les échecs. Le sang et la mort sont partout : le sang des combattants et le sang des innocents, la mort héroïque et la mort bête et banale, la mort au coin de la rue.

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    Mercedes Pinto

    1923 : Mercedes Pinto est expulsée d'Espagne à la suite de sa conférence Le divorce comme mesure hygiénique. Elle s'installe en Uruguay, puis à Cuba (1935-1943), enfin au Mexique. 1921-1926 : Edward Weston photographie Tina Modotti, en Californie puis au Mexique. 1926 : Mercedes Pinto publie El, roman dans lequel la narratrice est victime de la paranoïa maladive de son époux. 1952 : Autre exilé espagnol au Mexique, Luis Bunuel adapte El au cinéma.
    1976:
    Mercedes Pinto est enterrée à Mexico. Pablo Neruda signe son épitaphe : Mercedes Pinto vit dans le souffle de la tempête, avec le coeur à tous vents. Energiquement seule. Urgemment vivante.

  • En raison de la situation politique espagnole et des liens de l'auteur avec la France, Le Clou brûlant parut d'abord dans sa traduction française en 1972.
    Malencontreusement la première édition contenait une coquille typographique rendant incompréhensible le raisonnement de l'auteur. Informé de la bévue, Bergamin affirma qu'enlever toute espèce de sens à un livre qui le gênait était bien une preuve de l'existence de Dieu ! De foi il est pleinement question dans ces pages : " la foi, ce n'est pas vouloir croire, mais au contraire c'est croire sans vouloir ".
    S'appuyant sur les poètes plus que sur les textes sacrés, Calderon et son théâtre des songes, Ruben Dario et le diable dans l'Eglise, Goethe et son Faust, Nietzeche et le surhomme et bien sûr, le Don Quichotte, Bergamin explore " le mystère central du christianisme, le mystère de la foi " et donc le mystère de l'Espagne.

  • Prises de vue est constitué de vingt reportages littéraires extraits du Reporter enragé (1924), un recueil qui valut à son auteur la reconnaissance du public et de la critique.
    Après nous avoir narré l'hilarante histoire de ses tatouages, Kisch soliloque au fond de la mer en scaphandre, dissèque des puces - celles de Clignancourt - et rencontre le bourreau de la ville de Vienne. On le trouvera encore parmi des migrants slovaques en France, avec les pêcheurs de harengs de la Baltique, dans les bas-fonds de Londres, à la Bourse de fret de la City, à Essen - royaume des Krupp -, ou avec les chauffeurs d'un géant des mers.
    Si dans ses bagages Kisch n'oublie jamais une bonne dose d'humour et d'insolite, voire d'autodérision, il reste à l'affût des injustices sociales. Pourtant, au-delà du témoignage du journaliste, ses écrits, où l'on croise Schiller, Goethe, Heine et Emma Bovary, demeurent éminemment littéraires et poétiques. Parmi l'héritage de la bouillonnante Mitteleuropa, les articles de Kisch trouvent leur place au côté de ceux de Karl Kraus et de Joseph Roth.

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