Tourisme & Voyages

  • La ville franchisée

    David Mangin

    • La villette
    • 17 Mai 2004

    L'impression de chaos procurée par la suburbia et le mitage du paysage renvoient aux contours d'un territoire nouveau où s'imbriquent espaces ruraux et urbains. Désormais planétaires, les effets sur les modes d'urbanisation de ce " sprawl " ou étalement restaient à être analysés de manière circonstanciée. À travers des questions touchant aux infrastructures routières, aux centres commerciaux et aux lotissements pavillonnaires, David Mangin décrit la ville sectorisée, celle des enclaves privées, à laquelle il oppose la ville passante et métissée, celle du domaine public. Partant de l'observation du contexte français, il confronte la situation nationale aux phénomènes rencontrés au sein des villes asiatiques et s'interroge sur l'idée d'une importation d'un soit disant modèle américain.

    Si l'auteur s'est intéressé principalement à trois entités omniprésentes dans la périphérie des villes : les infrastructures routières, l'urbanisme commercial et les ensembles de maisons individuelles, c'est pour mieux étudier les effets de la croissance urbaine de ces trente-cinq dernières années ainsi que leurs conséquences morphologiques et sociales .
    Pour mettre en évidences les interactions qui se sont nouées en matière d'aménagement entre les sphères économiques, politiques et spatiales, l'auteur a croisé travaux cartographiques, enquêtes de terrains, entretiens et modèles. Contrairement aux méthodes anglo-saxonnes recourant largement aux analyses perceptives, il a volontairement choisi de tester, sur ces territoires, les outils de l'analyse urbaine apparus, en Italie, en Espagne et en France notamment dans les années soixante. Tracés, voiries, découpages du sol, règles d'édification, rapports publics/privés sont donc les objets privilégiés de cette recherche et des observations souvent consignées par le biais d'une abondante documentation cartographique.

  • La maîtrise du dessin comme celle de la maquette s'impose comme un point de passage obligé dans toute formation à l'architecture.
    De sorte que l'acquisition des outils nécessaires à la représentation demeure un des apprentissages fondamentaux. par-delà cet enseignement, il convient d'exposer, de manière pratique et critique, les modalités les plus habituelles des représentations, de préciser leur nature, les diverses expressions de leurs codes, les conditions de leur utilisation ainsi que leurs limites. la représentation, avant d'être un outil de communication, constitue un outil de conception pour organiser l'espace et lui donner une forme.
    Le recours à des figures codifiées : plan, coupe, élévation, axonométrie, perspectives, etc, vise à présenter une réalité absente et à permettre de percevoir ce qui demeurera caché jusqu'à l'achèvement de la construction.

  • Dessin/chantier

    Sergio Ferro

    • La villette
    • 18 Novembre 2005

    La figure de l'architecte issue de la Renaissance repose sur la séparation du savoir et du faire, de l'artisanat et de l'art mais dans le même temps apparaissent les indices d'une rupture profonde inaugurée par le capitalisme naissant et reproduit depuis quels que soient les régimes ou pays. Ainsi, Dessin/Chantier, c'est en finir avec la bienséante trilogie vitruvienne (utilitas, firmitas, venustas), c'est voir autrement le monde et saisir comment se produit la valeur dans un monde dominé par la marchandise qui se saisit même de l'espace.
    Le propos tranche par son approche idéologique à l'opposé du libéralisme actuel. L'auteur est marqué par les luttes des années 60 au Brésil, son pays d'origine, par la violence faite aux ouvriers bâtissant Brasilia, humbles paysans affamés, déportés sur ce site ingrat et abjectement exploités. Son propos s'en ressent, parfois difficile, oscillant entre ombre et clarté. Mais il faut lire Dessin/Chantier avec l'application du maçon qui trace au cordeau, avoir l'oeil du charpentier, saisir la coupe du verrier et avoir éprouvé l'endurance du manoeuvre.
    Alors le voici parti à la recherche d'une autre pratique de l'architecture et de son édification, une pratique heureuse passant par un changement radical des rapports de production. Une pratique non hiérarchisée et non spécialisée qui encourage l'autonomie, le savoir collectif, le perfectionnement dans l'expérimentation. Loin des pratiques narcissiques et de l'affirmation ostentatoire des ego, le sujet abordé par Ferro dans sa démarche c'est la recherche de l'assomption par le travailleur du savoir et du savoir-faire objectivement inscrit dans le métier, dans la situation historique de son matériau. C'est la recherche d'une liberté radicale associée à une nouvelle poétique, celle de la main heureuse.


  • Métropolitique

    Jean-Paul Dollé

    • La villette
    • 15 Octobre 2002
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