L'echappee

  • Homo confort : le prix a payer d une vie sans efforts ni contraintes

    Stefano Boni

    • L'echappee
    • 8 Avril 2022

    La recherche d'un mode de vie centré sur le confort, c'est-à-dire débarrassé de toute forme de contrainte, de fatigue ou d'effort, est devenue un idéal absolu. Répandu dans la plupart des classes sociales des pays développés, il fait l'objet d'un consensus que brise ce livre original, qui se situe à la croisée de l'anthropologie et de la philosophie. Stefano Boni réactualise les analyses d'Ellul, Anders, Illich ou Latouche, pour révéler le prix à payer de l'expansion du confort moderne : affaiblissement de nos capacités cognitives et sensorielles, perte d'autonomie au profit de dispositifs technologiques, renforcement de l'individualisme, appauvrissement et instrumentalisation des relations sociales, mise à distance de la nature, et destruction des écosystèmes. En nous privant de toute expérience désagréable ou négative, le confort nous enferme dans un cocon protecteur qui nous coupe du monde extérieur et de nous-mêmes.

  • Le piège identitaire : l'effacement de la question sociale

    Daniel Bernabé

    • L'echappee
    • 18 Mars 2022

    Ce livre dénonce la gigantesque opération de diversion qui a consisté à remplacer la question sociale par celle de l'identité. « Je suis plus spécial que toi » : telle pourrait être la devise de notre époque, tant nombre de nos contemporains sont rentrés en compétition pour faire reconnaître leur identité, surtout s'ils l'estiment bafouée. Cette surenchère à la singularité ne peut se comprendre que replacée dans le contexte de l'irrésistible ascension du néolibéralisme. Ce livre en retrace les étapes : de l'émergence des théories postmodernes jusqu'à l'essor d'un marketing centré sur l'individu, en passant par les gouvernements Reagan et Thatcher. Il dénonce également la gigantesque opération de diversion qui a consisté à remplacer la question sociale par celle de l'identité, qu'elle concerne le genre, l'origine ethnique, l'orientation sexuelle, le rapport à la nature ou aux animaux. Le capitalisme a ainsi neutralisé les mouvements contestataires.
    Pire encore : il tire des bénéfices commerciaux de leurs revendications. Face à l'idéologie néolibérale de la « diversité » qui occulte les inégalités économiques, l'auteur en appelle à dépasser le narcissisme des petites différences pour réinvestir le terrain sur lequel l'humanité a tout à gagner : la lutte contre le capitalisme.

  • Berceau des nouvelles technologies (Google, Apple, Facebook, Netflix, Twitter, etc.), la Silicon Valley incarne l'insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d'or, symboles du rêve américain, devenue le coeur du développement de l'appareil militaire et des systèmes informatiques, est le lieu d'une frénésie innovatrice. Les nouveaux pionniers, attirés par les revenus potentiellement infinis du numérique, prétendent oeuvrer au bien de l'humanité.
    Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c'est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde entier. Une colonisation d'un nouveau genre - une silicolonisation -, moins violence subie qu'aspiration de ceux qui s'y soumettent. Ce processus est porté par de nombreux missionnaires :
    Industriels, économistes, universités, think tanks, lobbys..., mais aussi par une classe politique qui encourage l'édification de « valleys » sur les cinq continents, sous la forme de parcs industriels et d'« incubateurs » de start-ups.
    Après avoir retracé la généalogie de la Silicon Valley, ce livre, à la langue claire et précise, montre comment l'alliance entre la pointe avancée de la technoscience, le capitalisme le plus conquérant et les gouvernements sociaux-libéraux, profite à un groupe restreint d'entités détenant un pouvoir démesuré sur nos vies. Par l'algorithmisation des sociétés, elles entendent instaurer une marchandisation intégrale de la vie, façonner le monde à partir de leurs seuls intérêts et faire triompher un technolibéralisme sans limites.

  • La numerisation du monde : un désastre écologique

    Fabrice Flipo

    • L'echappee
    • 8 Octobre 2021

    Le mythe de l'immatérialité du numérique est enfin en train de s'effondrer. Il s'avère que ce secteur est le plus mauvais élève de tous, notamment sur le plan des émissions de gaz à effet de serre :
    Pire que l'aviation, à tous points de vue. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et quelles en sont les conséquences ? En s'appuyant sur une étude exhaustive des rapports scientifiques sur le sujet, Fabrice Flipo définit avec précision les enjeux de la numérisation du monde et ses implications écologiques - énergétiques, climatiques et matérielles. Il rapproche le numérique de la logistique et explique ce qu'il faut comprendre lorsqu'il est question de « plateformes ».
    Il décrit comment les modes de vie ont évolué, sous la pression conjointe des entreprises et de l'État. Les consommateurs sont manipulés, canalisés vers des besoins qu'ils n'avaient pas, au nom du progrès et de la compétitivité. Il esquisse également une théorie nouvelle du changement social et politique. Renvoyant dos à dos « petits gestes » et « révolution », il montre que tout se joue, dans le numérique comme ailleurs, dans l'affrontement entre réseaux de différentes natures.

  • Béton ; arme de construction massive du capitalisme

    Anselm Jappe

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    • 6 Novembre 2020

    Une critique implacable du béton, incarnation de la logique capitaliste, mais aussi - et peut-être avant tout - de l'architecture moderne et de l'urbanisme contemporain.

  • La vie algorithmique ; critique de la raison numérique

    Eric Sadin

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    • 12 Mars 2015

    Depuis une trentaine d'années, un mouvement de numérisation se développe indéfi niment, dépassant aujourd'hui le seul cadre du Web pour gagner des pans de plus en plus étendus de notre quotidien, notamment par la prolifération des capteurs et des objets connectés.
    Dorénavant les fl ux numériques rendent compte de la quasi-intégralité des phénomènes, s'instituant comme l'instance primordiale de l'intelligibilité du réel. La raison numérique ordonne progressivement l'action individuelle et collective via des algorithmes qui transforment les pratiques du commerce, de l'enseignement, de la médecine, les rapports aux autres, à soi-même, à la ville, à l'habitat.
    Ce livre examine, en s'appuyant sur de nombreux exemples, ce mouvement de rationalisation et de quantifi cation intégrale de la vie qui entraine une marchandisation continue du monde ainsi qu'une désintégration progressive de tout horizon universel.
    Créé et sans cesse dynamisé par un techno-pouvoir omnipotent, l'environnement numérique détermine désormais la forme de l'expérience et infl échit le cours de la vie des individus et des sociétés, perturbant nombre d'acquis démocratiques fondamentaux.
    Avec une rare lucidité, Éric Sadin en dévoile les impensés, analyse les processus en cours, dresse une cartographie précise des forces à l'oeuvre. Réfl exions qui dessinent une nouvelle condition humaine et en appellent à la politisation des enjeux induits par la puissance totalisante des technologies numériques.

  • Contre la résilience ; a Fukushima et ailleurs

    Thierry Ribault

    • L'echappee
    • 5 Mars 2021

    Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C'est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l'accommodation intégrale, l'"? élément humain ? " encombre. Tout concourt à le transformer en une matière malléable, capable de "? rebondir ? " à chaque embûche, de faire de sa destruction une source de reconstruction et de son malheur l'origine de son bonheur, l'assujettissant ainsi à sa condition de survivant.
    A la fois idéologie de l'adaptation et technologie du consentement à la réalité existante, aussi désastreuse soit-elle, la résilience constitue l'une des nombreuses impostures solutionnistes à la critique de laquelle cet essai, fruit d'un travail théorique et d'une enquête approfondie menés durant les dix années qui ont suivi l'accident nucléaire de Fukushima, entend prendre part. La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d'une ignorance organisée.
    Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vies insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d'un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite. Autant d'impasses et de dangers appelant à être, partout et toujours, intraitablement contre elle.

  • Visionnage boulimique de séries, addiction aux jeux vidéo, gamification des activités sociales, consommation devenue divertissement ordinaire, pornographie banalisée, invasion des musées par les marques, etc. Plus aucun espace n'échappe aux productions culturelles du capitalisme hypermoderne. Le culte du fun et de la transgression, le refus immature des contraintes, la quête de sensations fortes, l'exaltation du narcissisme et les bricolages identitaires, fabriquent un nouveau type d'individu.
    Face à cette déferlante, journalistes, chercheurs et intellectuels, y compris les plus subversifs - et peut-être même surtout eux -, ont rendu les armes. À tel point que certains voient dans la culture de masse l'art de notre temps, démocratique et... rebelle. D'autres se contentent d'y dépister les stéréotypes et les rapports de domination et de fantasmer une possible réappropriation des contenus.
    Ce livre prend le contre-pied de ces abdications. Il s'inscrit dans une tradition de critique de l'aliénation, du spectacle et des modes de vie capitaliste, qu'il ravive en démontrant comment les derniers avatars de la culture de masse, omniprésents et plus efficaces que jamais, laminent les sociétés et domestiquent les esprits.

  • Divertir pour dominer ; la culture de masse contre les peuples

    Collectif

    • L'echappee
    • 4 Mars 2010

    Le développement de la culture de masse a entraîné l'érosion des formes autonomes de culture populaire et la dissolution des liens sociaux au profit d'un monde artificiel d'individus isolés, fondement de la société de consommation.
    Le capitalisme ne peut donc être réduit à un système d'exploitation économique, il représente un "fait social total".II ne tient que sur l'intériorisation d'un imaginaire et grâce au développement d'une culture du divertissement permanent. Cette uniformisation des comportements et des aspirations se présente comme l'affranchissement de toutes les contraintes (sociales, spatiales, temporelles, etc.).
    Survalorisée et triomphante, la culture de masse (séries américaines, nouvelles technologies, football, jeux vidéos, etc.) trouve des défenseurs même chez les intellectuels dits contestataires. Il est donc urgent et nécessaire de mener une critique intransigeante du mode de vie capitaliste et de démontrer comment notre civilisation du loisir participe de la domestication des peuples.

  • Technopoly ; comment la technologie détruit la culture

    Neil Postman

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    • 11 Septembre 2019

    Le grand penseur critique américain de la communication Neil Postman montre que la soumission de la culture à la technologie menace de détruire les sources vitales de notre humanité.

  • Remplacer l'humain ; critique de l'automatisation de la société

    Nicolas Carr

    • L'echappee
    • 19 Septembre 2017

    Censés alléger le travail des ouvriers et accroître les gains de productivité, les systèmes automatisés ont été introduits dans les manufactures pendant la révolution industrielle et n'ont cessé, avec l'essor de la robotique et de l'informatique, de se développer par la suite.
    Tout d'abord dans l'industrie puis dans tous les domaines : de l'aviation civile à la médecine, en passant par l'enseignement, l'architecture, la finance, ou encore les ressources humaines.
    Mais l'automatisation s'est aussi immiscée dans notre quotidien via le développement des applications pour smartphone, des GPS, des robots ou drones domestiques - et bientôt des voitures sans chauffeur. Ces technologies, de plus en plus puissantes, se proposent de soulager notre esprit, de nous épargner des efforts inutiles et de supprimer frictions et ralentissements dans nos vies.
    En s'appuyant sur des études en psychologie, neuroscience, ergonomie, sociologie... et sur de nombreux exemples concrets, Nicolas Carr montre comment, à force de trop dépendre des systèmes automatisés et des technologies numériques, nous perdons notre autonomie, nos savoir-faire et notre pouvoir de décision, et faisons de moins en moins appel à nos sens, à notre expérience et à nos facultés intellectuelles. Il nous invite à remettre en question le primat de la technologie sur l'humain, et à nous opposer à l'automatisation intégrale de la société.

  • Le syndrome du bien-être

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    • L'echappee
    • 13 Avril 2016

    Vous êtes accros à la salle de sport ? Vous ne comptez plus les moutons mais vos calories pour vous endormir ?
    Vous vous sentez coupables de ne pas être suffisamment heureux, et ce malgré tous vos efforts ? Alors vous souffrez sûrement du syndrome du bien-être. Tel est le diagnostic établi par Carl Cederström et André Spicer.
    Ils montrent dans ce livre comment la recherche du bien-être optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoque un sentiment de mal-être et participe du repli sur soi. Ils analysent de multiples cas symptomatiques comme ceux des fanatiques de la santé en quête du régime alimentaire idéal, des employés qui débutent leur journée par un footing ou par une séance de fitness, des adeptes du « quantified self » qui mesurent - gadgets et applications à l'appui - chacun de leurs faits et gestes, y compris les plus intimes. Dans ce monde inquiétant, la bonne santé devient un impératif moral, le désir de transformation de soi remplace la volonté de changement social, la culpabilisation des récalcitrants est un des grands axes des politiques publiques, et la pensée positive empêche tout véritable discours critique d'exister.
    Résolument à contre-courant, ce livre démonte avec une grande lucidité, en s'appuyant sur de nombreux exemples, les fondements du culte du corps et de cette quête désespérée du bien-être et de la santé parfaite.

  • Le cauchemar pavillonnaire

    Jean-Luc Debry

    • L'echappee
    • 14 Avril 2012

    Découvrez Le cauchemar pavillonnaire, le livre de Jean-Luc Debry. Les zones pavillonnaires, affublées à l'occasion du joli nom de lotissement, envahissent inexorablement les abords des villes et des villages, selon un modèle administratif et économique qui, indifféremment du lieu, se reproduit à l'identique. Elles incarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l'aliénation désirée. L'obsession de l'hygiène et de la sécurité, le culte de la marchandise et de la propriété privée ont remplacé les solidarités et la culture de résistance des classes populaires.
    L'expérience de la relation à autrui se réduit au désir mimétique de posséder les mêmes signes de la réussite individuelle. Cet univers, parfaitement structuré, enferme l'imaginaire dans un espace étriqué, accentue le repli sur soi et appauvrit la vie sociale. L'espace, quadrillé, découpé en plans de circulation, repose sur une logique de flux. La notion de "ville" ?et bientôt de "campagne"? s'efface. Désormais réduites à leur centre historique, les villes sont cernées par des zones spécialisées: industrielles, commerciales, résidentielles, vertes, de loi-sir... Les enjeux de pouvoir se sont toujours traduits dans l'organisation de l'espace social. Tout système politique peut être analysé au travers de son architecture. Ce livre permet de comprendre celui dans lequel nous vivons.

  • Contre les publicités sexistes

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    • L'echappee
    • 23 Février 2012

    La publicité exploite le corps des femmes pour susciter du désir, générer de l'envie, exacerber les frustrations et rendre le produit à vendre "appétant".
    Soumise aux normes aliénantes d'une beauté stéréotypée, symbole du plaisir sexuel, ou encensant la ménagère passive cantonnée dans sa cuisine, l'image des femmes n'a jamais été autant instrumentalisée. Omniprésentes et conçues pour marquer les esprits, ces représentations modèlent notre imaginaire et participent à la construction des normes de genre : d'un côté, la féminité associée à la jeunesse, à la beauté et à la maternité et, de l'autre, la virilité à la force, à la puissance et à l'action.
    Loin d'être un art, tout sauf inoffensive - c'est-à-dire perçue au second degré par des consommateurs responsables -, la publicité véhicule les pires clichés sexistes et renforce la domination patriarcale.

  • Media crisis

    Peter Watkins

    • L'echappee
    • 22 Avril 2015

    « Par l'expression « Media crisis » (crise des médias), j'entends l'irresponsabilité des mass media audiovisuels (MMAV) et leur impact dévastateur sur l'Homme, la société et l'environnement.
    Je parle des processus manipulateurs et autoritaires mis en place par les médias audiovisuels dont la « Monoforme », le langage dominant employé pour structurer les fi lms, journaux télévisés, documentaires.
    Et l'« horloge universelle », cette camisole temporelle qui formate l'ensemble des programmes télévisuels.
    Je parle aussi du silence étourdissant de la part des professionnels des médias et du système éducatif autour de l'impact de la « Monoforme » sur la société en général, et de ses conséquences sur la crise environnementale qui affecte la planète.
    Je parle enfi n du refus systématique des MMAV d'associer le public à tout débat critique sur les processus de fabrication et de diffusion de leurs productions audiovisuelles dans la société contemporaine. » Peter Watkins Une remise en cause radicale, par un grand cinéaste, des formes de langage qui structurent les messages des fi lms ou des programmes télévisés, ainsi que des processus (hiérarchiques

  • La condition nucléaire est l'exploitation des générations à venir que l'on contraint à vivre au milieu des radionucléides et qui auront à gérer pendant des millénaires des millions de tonnes de déchets hautement radioactifs. La condition nucléaire est l'annulation de la valeur de l'humain et du vivant au profit de la jouissance technologique absolue, et, corrélativement, la négation de la différence entre démocratie et dictature et entre guerre et paix. Elle est aussi la destruction de la responsabilité éthique et de la valeur morale des actions, au bénéfice d'une extension illimitée du pouvoir des innovations technologiques, que l'élite techno-politique ne contrôle même plus. Elle est, sur le plan intellectuel, le renoncement forcé à la construction dialectique du savoir sur le réel et, conséquemment, le fait de devoir s'en remettre uniquement à la chance. La condition nucléaire est le retour du magisme au sein même du savoir technoscientifique moderne. C'est le projet anthropologique d'un surhomme débarrassé de la vie.

  • Pourquoi les sociétés modernes ont-elles décidé de sacrifier les paysans ? Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Pour tenter de répondre à ces questions fondamentales, ce livre montre comment, depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s'est étendu à l'ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie.
    L'époque est aujourd'hui aux fermes-usines et aux usines que l'on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience.
    Le sacrifice des paysans est l'un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Ainsi, les auteurs analysent le mouvement historique au sein duquel s'est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années, des « Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses ».
    Puis ils expliquent comment le long travail d'« ensauvagement des paysans » a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales.
    De ce véritable ethnocide, qui a empêché l'alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n'avons pas fini, tous, de payer le prix.

  • L'usure du monde ; critique de la déraison touristique

    Rodolphe Christin

    • L'echappee
    • 12 Septembre 2014

    Une critique implacable du tourisme, abordé dans ses différentes dimensions (management et folklorisation du monde, impératif de mobilité, etc.). La puissance d'enchantement de l'industrie touristique repose sur sa capacité à faire oublier son caractère précisément industriel, par conséquent soumis aux règles d'un productivisme et d'un consumérisme sans frontières. Afin d'étendre le marché, la massification du désir touristique s'appuie sur la diffusion d'un.

  • L'horreur managériale ; gérer, instrumentaliser, détruire

    Etienne Rodin

    • L'echappee
    • 21 Octobre 2011

    Le management, cette technologie sociale érigée en discipline scientifique par les"gourous" du rendement, coachs, consultants et autres penseurs des organisations, serait la manière la plus efficace de gérer des individus et des projets pour atteindre des objectifs.
    Entendez plutôt : comment obtenir toujours plus avec toujours moins de moyens. Avatar de l'économisme, c'est-à-dire de l'économie pensée comme finalité de l'activité humaine, le management entend faire de l'homme une ressource qui doit être rentabilisée le plus possible, et ce dans tous les domaines. Il s'agit de tout étudier, tout formaliser, tout programmer, tout vérifier, au nom de l'anticipation permanente, du contrôle et de l'évaluation, de la qualité et de la performance.
    Le management est une discipline - au sens disciplinaire du terme - médiocre et subtile à la fois. Médiocre car elle tente d'opérer une réduction anthropologique qui ferait de nous, corps et âmes, les instruments du profit édifié en principe existentiel. Subtile car elle est aussi bien capable de nous susurrer des mots doux que de nous presser comme des citrons, sous prétexte de favoriser notre réussite, et même notre "bonheur".

  • Les illusions renouvelables ; énergie et pouvoir : une histoire

    José Ardillo

    • L'echappee
    • 17 Mars 2015

    Hors du Léviathan industriel, point de salut. Cette vérité révélée doit se graver dans nos esprits indisciplinés.
    Il faut toujours plus d'énergie pour continuer à nous soumettre. Il faut extraire des entrailles de la terre jusqu'aux derniers combustibles. Et ce, au plus vite.
    Il faut renouveler l'illusion que tout doit changer pour que tout continue de la même façon : faire que le monde entier s'agite pour que notre pauvre quotidien reste le même. Nous nous sommes égarés en chemin à force d'être éblouis.
    Et un jour nous exploiterons l'énergie des volcans, la puissance des mers et des étoiles. C'est le grand défi du XXIe siècle : enrôler toutes les forces, y compris armées, pour que nous continuions à utiliser notre grille-pain.
    Analyse très riche et documentée de l'histoire récente de l'exploitation énergétique, abordée dans son rapport au pouvoir, ce livre développe une critique implacable du modèle énergétique et social actuel, y compris de certaines illusions écologistes sur les énergies renouvelables.

  • Le néant et le politique ; critique de l'avènement Macron

    Harold Bernat

    • L'echappee
    • 20 Octobre 2017

    On ne compte déjà plus les révélations sur les coulisses de l'avènement d'Emmanuel Macron. Certains voient dans son élection une preuve de la toute-puissance des médias, d'autres, un putsch démocratique orchestré par le monde de la finance. Dans tous les cas, il faudrait s'enquérir de ce que l'on nous cache. Notre réflexion est aux antipodes de la démarche de ces enquêteurs du spectacle.
    En effet, une des raisons pour lesquelles nous peinons à exercer notre esprit critique, aujourd'hui plus qu'hier, tient à ce que nous refusons de voir ce qui est sous nos yeux. Dans un univers de simulation, les simulacres se précèdent eux-mêmes. Ils ne représentent plus rien, mais font force de loi. Notre attention se perd dans un labyrinthe de signes. Ce qu'ils montrent est à ce point irréel que nous cherchons en vain derrière eux une réalité plus consistante.
    Mais derrière, il n'y a rien. Tout est là, étalé au grand jour. Cette transparence rend les nouvelles stratégies de pouvoir d'autant plus inquiétantes. Macron se fond dans le discours qui s'adresse à lui, prend la forme du réceptacle. Il n'est pas brillant, il est plastique. Il apprend de ses erreurs, se corrige, affine en « se confrontant au réel ». Comme un logiciel, il intègre, classe et change de niveau. À côté des anciennes formes symboliques de représentation politique, cette stratégie du vide nous fait entrer dans un univers de simulation binaire, algorithmique, dont Emmanuel Macron est, en France, le premier 0. C'est à ce titre, et à ce titre seulement, qu'il mérite d'être pensé.

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