Langue française

  • Ces Lettres ont été écrites au printemps 2020 avant et pendant le confinement. Elles ont été échangées d'une bicoque à l'autre distantes de quelques centaines de mètres sur un chemin de pierres.
    L'idée de cette correspondance entre deux personnes qui vivent ensemble depuis plus de 40 ans nous est venue après plus d'une année passée à l'écart de bien des choses pour concentrer notre attention sur les souvenirs et les amitiés lointaines qui nous ont accompagné tout le temps de ce confinement volontaire, et qui nous a semblé le frein d'urgence indispensable à l'usage que nous pensions faire de nos vies. Les événements nous ont rejoints dans cet isolement et l'ont rendu contraint, si bien que les lettres ont pris aussi un autre tour, sans pour autant nous détourner de notre projet de départ.

  • En électronique la bande passante désigne le volume d'informations transporté d'un point à un autre en une seconde. À travers les lettres électroniques d'une mère et son fils, deux écritures et deux générations se répondent comme en un cadavre exquis. Les lettres parlent de l'éloignement réel et de la proximité fictive, des images démultipliées qui se substituent à la réalité des choses ou des amitiés comptabilisées qui constituent le spectacle de notre société concentré désormais dans un écran 5 pouces. Comme les bandes passantes d'une transmission électronique dont la qualité dépend du bruit qui les perturbe ou les enrichit, les lettres parlent du monde alentour et des aspirations et souvenirs intimes ou littéraires d'un monde ancien qu'a balayé le nouvel ordre électronique mondial.

  • D'un noir illimité est le roman d'une époque des amitiés extrêmes, de l'explosion d'une violence jusqu'alors contenue, de la construction d'un monde à coups de destructions.
    Dans cette histoire entre Arthur, Nell, Sam, Dita et quelques autres, que reste-t-il, près de 40 ans plus tard, de ces «années 70» qu'on croyait de 'liberté', alors que chacun, à sa manière, s'est tenu radicalement à l'écart du spectacle des apparences? Quelle place accorde-t-on dans ce monde d'aujourd'hui à ces ironiques intempestifs que la vie a dispersés? Quel regard portent-ils sur une jeunesse qui a repris toute leur panoplie, sans leurs espérances ? Ne sont-ils pas condamnés, comme Arthur le saxophoniste devenu aveugle, à la Vie des termites, dans quelque «trou des Buttes Chaumont»?

  • Berlin, mémoire pendant les travaux raconte la trajectoire d'une femme dans quelques rues de Berlin au cours de l'été 2003. À sa mémoire incertaine se mêle la mémoire de la ville bouleversée par les transformations incessantes des tracés de rues et des bâtiments depuis la réunification en 1989. Aux images du Berlin contemporain viennent aussi se superposer des visions du Berlin de Moïse Mendelssohn (XVIIIe) dans les traces infimes ou reconstituées de cette époque. Cette errance méticuleuse d'un jour est une magnifique initiation littéraire au chaos berlinois tel qu'il a pu exister pendant quelques années après la chute du mur.

  • Photographe du détail et l'infiniment petit, Elina échappe par hasard à un attentat qui soufflera l'immeuble où elle habitait à Tel-Aviv.
    La vie sauve, elle perd pourtant le fil d'une existence qui l'avait menée jusqu'au seuil ultime de cette Méditerranée problématique. Personnages, lieux, époques se juxtaposent dans sa mémoire comme les îles d'un archipel vertical dont elle photographie les contours. La ville devient alors le personnage central autour duquel gravitent un poète qui porte encore le deuil d'une fille disparue, un médecin, fils d'un juif allemand et d'une Arabe de Haifa, une jeune colombienne rencontrée dans un bar ou les souvenirs d'amis disparus.

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