Paul-Denis Navez

  • L'âme allemande

    Paul-Denis Navez

    • Memogrames
    • 3 Novembre 2014

    24 août 1914. Troupes allemandes et françaises s'affrontent en divers lieux de la Lorraine belge. À l'issue de ces sanglantes batailles, les soldats du Kaiser se rendront coupables d'atroces barbaries à l'encontre des populations civiles, sous le fallacieux prétexte de francs-tireurs belges. Ce fut notamment le cas à Musson et dans les hameaux voisins de Mussy et Signeulx : 268 maisons et l'église incendiées, des arrestations arbitraires et 56 exécutions sommaires, ainsi que la déportation en Allemagne de deux cent quarante Mussonnais, dont six ne reviendront pas. Des comportements dignes des Nazis de la Seconde Guerre mondiale et qu'on qualifierait de nos jours de « crimes contre l'humanité » . Parmi ces déportés, Paul, Denis Navet, un instituteur qui a vécu dramatiquement la tragédie du 22 août 1914 et la captivité qui s'en est suivie. Il fut interné successivement dans les camps de Ohrdruf, de Hassenberg et de Holtzminden et ne regagna Musson que le 28 juillet 1915. De sa déportation en Allemagne, il a ramené de minuscules papiers sur lesquels, d'une écriture serrée, il relatait ce qui allait devenir son livre, L'âme allemande, qu'il publia à Liège en 1919 en un millier d'exemplaires sous le pseudonyme de P.-D. Navez. Un siècle après le début de la « Grande Guerre », qu'il convient de qualifier de « première grande boucherie » de l'histoire de l'humanité, avec 7 millions de morts à son passif, il est salutaire de rééditer un témoignage tel celui de Paul-Denis Navez et de le compléter de quelques documents inédits. Parce que « la mémoire est l'avenir du passé », comme l'écrivait Paul Valéry, mais aussi la conscience du futur. Ce devoir de mémoire est accompli.

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