Langue française

  • Alors qu'elles avaient diminué au XX siècle, les inégalités économiques se creusent de nouveau, depuis plusieurs décennies, dans la plupart des pays occidentaux. Mais la seule dimension économique ne suffit pas à rendre compte des inégalités, qui doivent aussi être saisies dans leur ensemble, quelle que soit la forme qu'elles prennent.
    Afin d'appréhender leur pluralité, Nicolas Duvoux dresse un panorama des différentes définitions qu'on donne des inégalités sociales, des outils qui permettent de les mesurer ainsi que des interprétations de la façon dont elles se construisent et s'enracinent. Comprendre les inégalités sociales, c'est dès lors décrypter comment chaque société les conçoit, les critique et tente (ou non) de les combattre.

  • Les dispositifs de lutte contre la pauvreté sont souvent accusés d'entretenir l'oisiveté des " privilégiés " qui en bénéficient. Non seulement il est scandaleux de présenter les plus vulnérables comme des paresseux, mais l'assistance ne saurait être confondue avec l'État social. Au contraire, elle résulte de la décomposition de ses protections collectives. Son extension continue marque le passage du système de protections universalistes érigé après-guerre à des politiques ciblées, centrées sur la pauvreté et l'exclusion. Le développement de l'assistance, que la crise amplifie encore, est un choix de société non explicité et non assumé. Il conduit à un délitement progressif de la solidarité, à l'indifférence envers la pauvreté, mais aussi à un double mouvement de responsabilisation de l'individu, d'un côté, et de justification des inégalités, de l'autre. Ce livre vise à conjurer l'engrenage de la stigmatisation des assistés et du recours croissant à l'assistance dans lequel notre pays s'est engagé. Pour éviter que ce cercle vicieux n'aboutisse à un démantèlement délibéré des droits sociaux, il faut repartir des héritages historiques et sociaux de la gauche et chercher les voies d'une articulation nouvelle entre la responsabilité de la collectivité et celle de l'individu.

  • Alors que le « rêve américain » n'a rien perdu de son attraction, Nicolas Duvoux a entrepris une enquête ethnographique auprès de fondations philanthropiques et du tissu associatif qui tentent de pallier la déliquescence des quartiers pauvres et minoritaires d'une grande métropole du nord-est des États-Unis : Boston. Véritable laboratoire des sciences sociales du XXIe siècle, Boston, mieux qu'aucune autre, fait ressortir le spectacle de la coexistence de la richesse et de l'ouverture d'esprit avec la pauvreté et la ségrégation raciale. Cette plongée auprès de ceux qui vivent dans l'envers du mythe étasunien, fait de pauvreté, de marginalité sociopolitique et de violence, comme auprès de ceux qui leur viennent en aide, permet de cerner la forme et les limites de l'organisation communautaire qui cherche à se recréer autour du don philanthropique. Elle montre comment, sur les débris du ghetto, des philanthropes cherchent à régénérer la communauté indispensable pour faire vivre le rêve américain et justifier leur propre réussite.

  • Le titre de cet ouvrage a une apparence paradoxale, voire provocatrice.
    Il accole en effet une condition stigmatisée, celle d'« assisté », et une valeur reconnue et centrale dans les sociétés modernes avancées : « l'autonomie ». Le paradoxe n'est cependant qu'apparent. S'interroger sur l'autonomie des assistés revient simplement à se défaire de la prénotion selon laquelle les assistés sont passifs et dépendants, pour se demander comment des individus qui reçoivent une assistance de la part de la collectivité parviennent à faire face au stigmate et à la pauvreté.
    Ce livre se présente tout d'abord comme la restitution des résultats d'une enquête de terrain menée auprès d'allocataires du RMI interrogés en île-de-France dans les années 2000. L'auteur restitue le sens que ces individus donnent à la norme institutionnelle d'autonomie à laquelle ils sont soumis via la signature d'un « contrat d'insertion ». Comment les individus font-ils face à l'injonction à se raconter jusque dans leur intimité et à se réaliser dans leur « projet » personnel alors qu'ils sont souvent dépourvus de ressources ? Pourquoi et comment certains individus, mieux dotés que d'autres en capitaux économiques et culturels, peuvent-ils résister à l'incitation forte à rentrer dans les rangs du « précariat » ? Quelles marges de liberté les individus les plus vulnérables peuvent-ils conquérir ? En apportant des éléments de réponse à ces questions, cet ouvrage contribue à approfondir les logiques et les paradoxes de l'insertion des populations qui dépendent des services sociaux pour leur survie.
    Il constitue en cela une référence incontournable aussi bien pour la réflexion que l'action dans ce domaine.

  • La sante sociale Nouv.

  • Qui sont les « classes populaires » ? C'est à cette question que répondent les auteurs de « La vie des idées » à travers des prismes variés : travail et emploi, trajectoires résidentielles, conditions de revenus, pratiques culturelles, ressorts moraux. Ils dressent une cartographie des classes populaires, scindées entre, d'une part, des strates qui s e rapprochent des classes moyennes et, d'autre part, des groupes qui s'enfoncent dans la précarité voire la pauvreté. Or, cette fragmentation du milieu ouvrier est le principal facteur du désarmement identitaire et politique du groupe.

  • Hier les institutions prenaient en charge l'individu du berceau à la tombe sans qu'il ait son mot à dire. A l'inverse, ce dernier est aujourd'hui sommé d'être autonome et de se forger un récit biographique à l'adresse de ces mêmes institutions. Cette libération de l'individu peut aisément se retourner en contrainte et le condamner à une sorte de mise en récit perpétuelle. Ce livre étudie le tournant en cours dans les modes de socialisation dans les sociétés européennes et soumet au lecteur les enjeux de l'émergence d'une société où le lien social repose en grande partie sur une mise en récit de soi.

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