Atlantica

  • En 1471, le chef de clan biscayen Lope García de Salazar est enfermé par l'un de ses fils dans sa tour de Muñatores, à l'ouest de Bilbao. Il y reste jusqu'à sa mort en 1476, prisonnier, heureusement dans sa bibliothèque. Ce seigneur de Salazar surmonte son désespoir en écrivant une Histoire universelle qui s'achève dans ses derniers Livres par le récit détaillé des guerres de clans dans le Pays basque espagnol. Pour l'historien actuel, ce « Livre des Chances et des Fortunes » est surtout le témoignage de la culture et du sens de l'Histoire que pouvait posséder un homme de guerre de la fin du XVe siècle.

  • Tudela ; une ville de Navarre au Moyen Age

    Béatrice Leroy

    • Atlantica
    • 1 Octobre 2009

    Une documentation très abondante, venue des divers fonds d'archives de Navarre, permet de connaître dans des détails inédits, la vie de Tudela, au sud du royaume de Navarre. Du IXe au XVe siècle, on peut suivre la naissance et le développement de la cité de l'Ebre. Aux XIV et XVe siècles, on connaît nominalement et quasi quotidiennement les Navarrais, les Maures et les Juifs de Tudela dans leurs métiers, leurs familles, leurs quartiers, leurs champs, leurs vignes, leurs préoccupations religieuses et sociales, leur rôle dans la vie municipale et politique. Ainsi, cette monographie de Tudela permet d'approcher de l'intérieur la vie du royaume de Navarre au Moyen Age.

  • L'auteur a réuni plusieurs articles clés issus des recherches menées par des spécialistes, historiens universitaires espagnols ou français. Trois thèmes ont été retenus : - Les villes de Navarre et leurs sociétés - La cour de Navarre - Les écrits castillans laissés par les rois, les nobles, juifs et hommes des villes.

  • Une famille juive, à elle seule, peut se laisser observer si elle illustre toutes les facettes des diverses sociétés juives, de l'époque médiévale au monde contemporain.
    Ceci est possible pour la famille Menir, bien connue du XIIe au XVe siècle à Tudela en Navarre, puis installée dans l'Orient méditerranéen. On observe chez ces Menir le viticulteur et l'intellectuel du Moyen Age espagnol, le grand rabbin homme d'Etat, le faux converti, l'imprimeur, le petit artisan du Caire, le militant sioniste : du XIIe au XXe siècle, les Menir représentent bien les Juifs de la Méditerranée.

  • Un prince écrit des livres . Don Juan Manuel de Castille (1282-1348), l'un des petits-fils de Ferdinand III, le roi qui a reconquis Cordoue et Séville, le neveu du roi Alphonse X le Savant, est un témoin de l'histoire de la péninsule ibérique comme de la vie littéraire de la fin du XIIIe siècle et de la première moitié du XIVe siècle. Il n'est jamais absent de la vie des armes ni de la vie du gouvernement du royaume de Castille de ces décennies. Prenant la plume, car, il le dit à plusieurs reprises, il aime écrire et il a beaucoup à raconter, à expliquer, à exposer, voire à remontrer, il écrit sans hésitation ni difficulté, du moins sa prose castillane, lisse et élégante, en donne-t-elle l'impression.
    Son oeuvre abondante est bien connue et bien travaillée par les hispanistes et les historiens du castillan ancien, du royaume de Castille et de l'ensemble du XIVe siècle. Mercedes Gaibrois de Ballesteros et Andrès Gímenez Soler, dans les années 1930-1950, ont présenté l'auteur, sa condition d'écrivain, les documents officiels ayant trait au personnage. Beaucoup de spécialistes continuent cette recherche, par des monographies savantes, sur sa vie politique, ou sur l'un ou l'autre des aspects de son oeuvre, recherchent ses sources et mettent en exergue son style et son originalité. C'est ce que s'est attachée à faire Béatrice Leroy tout au long de cet essai

  • Vivre en Navarre à la fin du Moyen-âge

    Béatrice Leroy

    • Atlantica
    • 29 Avril 2010

    La vie en Navarre au Moyen Âge a déjà fait l'objet de bien des éditions, notamment grâce à Atlantica, concernant sa vie politique et l'existence de ses Juifs, éditions de thèse, de recueil d'articles, de monographies portant sur des familles juives et sur la ville de Tudela. On ne saurait oublier les autres maisons d'édition, ni les oeuvres de nos collègues espagnols, dont nos amis de l'université de Navarre. La Navarre médiévale est donc fort bien servie ; et pourtant à son sujet, on trouve toujours à écrire, à compléter, elle ne se laisse jamais de côté, et tout nouveau coup d'oeil, toute synthèse ou nouvelle lecture de ses textes ont leur utilité pour faire revivre ce royaume médiéval. Quand on commence à travailler dans ses archives, à se déplacer dans ses villes et dans ses campagnes, on veut toujours, comme on le faisait naguère, franchir le col de Roncevaux, saluer le tombeau des rois dans la cathédrale de Pampelune, passer le pont sur l'Arga à Puente la Reina, et franchir l'Ebre à Tudela, donc revivre avec les hommes qui ont peuplé ces lieux dans les belles heures du royaume au Moyen Âge. Car la Navarre, certes, ce peut être la région de Saint-Jean-Pied-de-Port ; pour un historien, c'est plus encore cette portion de l'Espagne, bien ibérique, mais bien originale, qui, de la crête des Pyrénées descend au-delà de l'Ebre, et qui court de Sangüesa à Viana, comme le faisaient et le font toujours les pèlerins de Santiago de Compostelle sur leur Camino. L'administration, l'histoire, l'économie du royaume de Navarre, qui a vécu de sa vie intéressante au Moyen Âge seulement, ont été maintes fois étudiées et publiées. Mais il m'est agréable de revoir de plus près, en les hissant au-dessus de la foule anonyme, ceux qui ont parlé ou dont on a parlé en leur temps, les hommes qui ont animé ce petit royaume, un État de 10 000 à 12 000 km2 environ, au XIVe siècle, mais si riche de ses seigneurs et de ses artisans, ses moines et ses évêques comme ses Juifs et ses Musulmans, ses Basques, et ses Français installés sur l'Ebre et dans ses cités. Les archives de Navarre, celles de la cathédrale et celles de la ville de Pampelune, celles de Tudela, sont dignes de cette population, de cette histoire. Il sera constamment nécessaire de les citer, et grâce à elles de côtoyer Juan Cruzat, ou Josef Orabuena, ou Semen de Aïbar, ou Pes de Laxague, et puis l'évêque, l'abbé, et les rois Charles II, Charles III, leurs frères, leurs épouses, leur entourage. Cette brève étude est un hommage porté à leur existence, quelques années dans les XIIIe, XIVe, XVe siècles, les siècles les mieux servis par la documentation, les plus dramatiques peut-être, mais les plus riches en créations, en expériences et en témoignages.

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