Isabelle Astier

  • Le social renvoie à un univers protecteur qui nous concerne tous, par l'affiliation de chaque individu à un système de solidarité. Une sociologie du social et de l'intervention sociale permet de suivre l'affirmation de cet idéal où s'impose la dette de chacun envers tous ceux qui chutent. Cet ouvrage revient sur l'État et ses politiques sociales depuis la fin du XIXe siècle, dessine les lignes forces des interventions sociales depuis 1960, et présente les professionnels, de plus en plus nombreux, spécialisés, technicisés. Chaque intervention sociale crée ses publics, ses cibles, ses conceptions de l'action suivant une ancienne ligne de partage entre les populations relevant du secours et les autres du travail. Or, les « usagers » montent au front, bousculent ces habitudes établies et retravaillent le social en somme, usant désormais d'un droit de réplique.

  • A travers le Revenu minimum d'insertion, des personnes vivant toutes sortes de situations de précarité sont amenées à passer de véritables épreuves pratiques . Des commissions locales composées de professionnels du social, de l'ANPE, d'élus locaux et de représentants des forces économiques évaluent les possibilités d'agir sur ces situations concrètes, autour de cette question inquiète : Mais de quoi les gens sont capables ? En traitant les débats et les disputes, les dilemmes et les désaccords qui animent ces commissions, Isabelle Astier présente une pragmatique du jugement sur l'aptitude des personnes à anticiper et à s'auto-conduire, à maîtriser une part de leur destin et à exercer une action sur leur devenir. C'est bien l'individu en situation négative, avec ses capacités et ses fragilités, qui est l'objet central des débats. Donne-moi ton récit et je te donnerai de l'aide , ce dispositif se révèle être une machine à produire de la biographie publique, avec tous les risques et toutes les ambiguïtés d'un tel exercice.

  • ce livre explore un grand renversement dans trois secteurs de l'intervention publique : les politiques d'insertion et d'accompagnement du chômage, le travail de médiation urbaine dans les cités difficiles et l'intervention sociale dans les collèges.
    mais quel renversement ? celui de la dette sociale. activer, reconnaître, se rapprocher, personnaliser, accompagner, responsabiliser : tels sont les gestes qui orientent désormais les nouvelles règles du social. la société n'est plus la première redevable envers les individus et ces derniers doivent faire montre de leur adhésion pour être protégés. il ne suffit plus de plier l'échine pour bénéficier de l'état-providence.
    être actif, construire sa vie et produire son avenir au travers de projets est attendu en échange du filet minimal de protection.
    le client passif du travail social est détrôné par la figure de l'usager coopérant. on n'attend plus seulement des jeunes qu'ils se soumettent à la discipline scolaire, mais, qu'ils deviennent aussi des entrepreneurs d'eux-mêmes. le droit au respect de sa dignité est non seulement une exigence d'être reconnu pour ce que l'on est, mais autant pour ce que l'on aspire à être.
    dans cette vaste entreprise de responsabilisation, chacun devenant le reflet de l'autre, l'intervention sociale redevient une question politique.

  • Le social renvoie à un univers protecteur qui nous concerne tous, par l'affiliation de chaque individu à un système de solidarité. Une sociologie du social et de l'intervention sociale permet de suivre l'affirmation de cet idéal où s'impose la dette de chacun envers tous ceux qui chutent.

    Cet ouvrage revient sur l'État et ses politiques sociales depuis la fin du XIXe siècle, dessine les lignes forces des interventions sociales depuis 1960, et présente les professionnels, de plus en plus nombreux, spécialisés, technicisés.
    Chaque intervention sociale crée ses publics, ses cibles, ses conceptions de l'action suivant une ancienne ligne de partage entre les populations relevant du secours et les autres du travail. Or, les « usagers » montent au front, bousculent ces habitudes établies et retravaillent le social en somme, usant désormais d'un droit de réplique.

  • Hier les institutions prenaient en charge l'individu du berceau à la tombe sans qu'il ait son mot à dire. A l'inverse, ce dernier est aujourd'hui sommé d'être autonome et de se forger un récit biographique à l'adresse de ces mêmes institutions. Cette libération de l'individu peut aisément se retourner en contrainte et le condamner à une sorte de mise en récit perpétuelle. Ce livre étudie le tournant en cours dans les modes de socialisation dans les sociétés européennes et soumet au lecteur les enjeux de l'émergence d'une société où le lien social repose en grande partie sur une mise en récit de soi.

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