Sciences humaines & sociales

  • Août 1969, à El Barrio, le quartier portoricain de New York, des jeunes gens descendent dans la rue, en treillis et bérets à la Che Guevara. Dans leurs mains, pas de fusils, mais des balais. Ils nettoient les rues délaissées par les pouvoirs publics. Une émeute éclate. L'embrasement menace, la mairie accepte d'envoyer plus souvent ses éboueurs.
    El Barrio vient de découvrir ses Black Panthers, les jeunes membres du Young Lords Party. Ils ont entre 16 et 25 ans, sont les enfants de l'immigration portoricaine, arrivée en masse depuis la colonisation de l'île par les États-Unis.
    Inspirés par les Black Panthers, et les nationalistes portoricains, ils veulent remplacer l'État capitaliste et raciste par des alternatives communautaires et politisées. Ainsi, ils défilent pour l'indépendance de Porto Rico mais sont surtout très actifs dans les quartiers, où ils développent notamment des programme autour de la santé.
    Pour eux, la révolution est aussi une transformation personnelle. Sous l'influence des femmes, qui font comprendre aux hommes qu'on ne peut être révolutionnaire et machiste, les membres du parti travaillent ensemble à se libérer du sexisme, de l'homophobie et de leur propre racisme.
    En 1971, ils sont quelques milliers sur la côte Est. Leur presse est lue, leur action efficace. Mais le parti, déchiré par des luttes internes, affaibli par des erreurs stratégiques, déstabilisé par le Cointelpro, se sépare en 1976.
    L'histoire trépidante des Young Lords est un moment essentiel de l'imaginaire politique des Latinos aux États-Unis, et un pan méconnu des luttes des années 1960.

  • Quel avenir se dessine en ville sous l'oeil des machines ? Si nos navigations en ligne sont depuis longtemps enregistrées à des fins publicitaires ou de surveillance, l'espace urbain s'équipe aujourd'hui d'outils numériques destinés à capter, tracer, compter, fluidifier, prédire et punir. Ce manuel nous emmène à Marseille à la rencontre du collectif Technopolice qui documente la mise en place de dispositifs de surveillance à des fins de contrôle en France. L'initiative invite à se réapproprier l'espace urbain et affirme le droit à une ville vivante, humaine et conviviale.

  • Petit ouvrage d'autonomie technologique

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    • 369 editions
    • 1 Juillet 2018

    À qui appartient notre vie en ligne ? Plus que jamais, la croissance hégémonique des géants du numérique repose sur l'exploitation des données personnelles : nos connexions sont tracées et nos vies calculées. Nous sommes ainsi dépossédés malgré nous de nos identités et de notre capacité à agir. Autrefois territoire décentralisé et foisonnant, le Web s'est transformé en un espace commercial largement structuré autour de quelques plateformes qui captent une part grandissante du trafic sur Internet. Dans ce système de services gratuits financés par la publicité, c'est l'internaute qui est le produit.
    Les technologies que nous utilisons tous les jours ne sont pas de simples additifs à nos vies : elles produisent des effets politiques, sociaux et économiques. L'usage verrouillé qui nous en est imposé actuellement ne contribue ni à notre bien-être ni à l'émancipation individuelle ou collective. Au contraire, il contraint nos comportements et nos actions en nous rendant dépendants. Comprendre les mécanismes par lesquels ces technologies opèrent et le monde qu'elles contribuent à façonner est un enjeu citoyen de premier plan.
    Ce manuel se situe au-delà de la critique, nécessaire et constructive mais qui, seule, peut s'avérer paralysante, pour se faire l'écho de solutions autonomes, domestiques et joyeuses qui émergent un peu partout. Certaines se rassemblent autour de la « souveraineté technologique », concept présenté dans l'ouvrage qui invite à imaginer des rapports aux outils techniques prenant en compte leurs dimensions écologiques, humaines et politiques. Toutes ces initiatives construisent des possibles et ouvrent des voies pour faire resurgir des espaces communs, de pensée, de joie et d'action, et réinventer d'autres rapports aux autres et au monde.

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