Andrzej Stasiuk

  • Mon bourricot

    Andrzej Stasiuk

    Stasiuk, grand bourlingueur devant l'éternel, repart en voyage dans le grand Est. Cette fois-ci, il est accompagné d'un ami, un type introverti et taciturne. Le trajet est bien tracé, en ligne droite : Ukraine, Russie, Kazakhstan, Mongolie. À l'image du parcours, la narration aussi est linéaire et se fait au gré des kilomètres avalés. Andrzej Stasiuk ne cesse de nous surprendre. Il a beau changer de style, de registre, ses variations autour du voyage nous touchent toujours autant par leur sincérité et par ce sens de l'observation aiguisé dont il est le maître. Ode à la voiture, carnet de rencontres drolatique et dénonciation acerbe des stéréotypes que les peuples entretiennent les uns à l'égard des autres, «Mon bourricot »est tout cela à la fois. On a tout simplement envie de monter dans sa voiture et de parcourir avec lui des milliers de kilomètres, sans but précis... Parce qu'un voyage se passe de motifs. Parce qu'on part pour mieux se quitter soi-même.

  • L'est

    Andrzej Stasiuk

    Grand écrivain voyageur polonais, Andrzej Stasiuk part cette fois-ci en Sibérie, en Mongolie, en Chine, en Kirghizistan... à la recherche du « Far Est », de grands espaces, de l'infini, des terres arides, des paysages inchangés depuis des siècles. La fascination de ces contrées est toujours mêlée d'appréhension car le berceau du communisme, c'est ici. En parallèle à son périple, Stasiuk entreprend alors un voyage dans le temps, et se confronte à sa jeunesse, à l'expérience du régime de la Pologne populaire. Sa vision de l'Est, très personnelle, est à la fois politique, intellectuelle et culturelle. « On voyage pour se confronter à son esprit, à sa pensée, à sa mémoire», écrit-il. Faisant partie des cinq écrivains polonais les plus traduits dans le monde, Stasiuk nous invite à changer notre regard sur ces pays très méconnus en Europe.

  • " j'aime ce bordel balkanique, hongrois, slovaque et polonais, cette merveilleuse pesanteur de la matière, ce sublime endormissement, ce je-m'en-foutisme face aux faits, cet esprit de suite dans la saoulerie à midi pile.
    " sur la route de bahadag est un voyage à travers l'" autre europe ": en pologne, slovaquie, slovénie, albanie, moldavie, hongrie et roumanie. stasiuk parcourt cet espace par tous les moyens ; en train, en stop, en bateau, il cherche à saisir au plus près le rapport au monde des habitants de cette région. a la recherche d'indices, il scrute avec tendresse tout ce qui s'offre à son regard : paysages, lumière, animaux, odeurs, pièces de monnaie, photos...
    l'intensité de ses souvenirs et la chaleur de ses descriptions donnent au lecteur envie d'explorer à son tour cette europe méconnue.

  • Longtemps après Pourquoi je suis devenu écrivain (seulement publié en français en 2013), Stasiuk poursuit son entreprise autobiographique en lui donnant une tout autre direction. Les temps ont changé autant que l'écrivain. Les rêves insouciants du jeune homme sont confrontés au déclin : celui de l'aïeule, celui de l'animal domestique aimé, celui de plusieurs amis. L'oeuvre revient sur ces pertes subies au cours de l'existence, à la fois comme expériences intimes et comme sujets de méditations subtiles sur le temps qui passe, la solitude et la mort.
    Un vague sentiment de perte avance au gré des souvenirs, sans contrainte, sans lourdeur. Stasiuk approche quatre êtres disparus auxquels il rend hommage avec une légèreté qui tient du paradoxe.
    Voilà qui provient sans doute de l'enfance, et du premier et doux visage que prit à ses yeux la mort :
    Celui de cette grand-mère disparue en automne. Son histoire, ancrée dans une Pologne d'un autre temps, dans l'une de ces maisonnettes bordées d'arbres fruitiers et de forêts, nous est livrée par brefs éclats. Sont ainsi évoquées des bribes de récits embarquant son petit-fils vers d'autres réalités, celles des esprits et des revenants, mais aussi ces heures dédiées à l'exploration, à la découverte du monde environnant, passées en compagnie d'une immense conteuse dont Stasiuk se fait ici l'héritier.

  • Stasiuk, chef de file de la littérature polonaise, nous entraîne à l'époque de sa jeunesse révoltée : ambiance rock'n'roll garantie. Musique, littérature, alcool ? la venue à l'écriture de l'auteur se fait en opposition à la déprime d'un quotidien socialiste. Il est entouré de personnages hauts en couleur, eux aussi sur le chemin de la rébellion. L'histoire est en marche, les événements se précipitent : service militaire, désertion, prison, état de siège, clandestinité... Écrite d'un seul souffle, cette confession iconoclaste se moque de tout, et d'abord de Stasiuk lui-même.
     

  • Taksim

    Andrzej Stasiuk

    Dans leur camionnette déglinguée, deux amis sillonnent les Carpates pour faire du business avec le rebut des pays occidentaux. L'excellent auteur polonais Andrzej Stasiuk raconte, avec ironie et plein de verve, l'arrière-cour de la grande maison européenne.

  • Fado

    Andrzej Stasiuk

    Les textes brefs qui constituent ce recueil offrent autant d'instantanés d'une civilisation en train de disparaître, celle de l'Europe Centrale et Orientale qui s'occidentalise à toute vitesse. À travers une série de réflexions sur des auteurs yougoslaves, des récits de voyage en Roumanie, en Slovaquie, en Ukraine et sur les routes de Pologne, Stasiuk célèbre la diversité ethnique et linguistique de ces territoires.

    La nostalgie se transforme peu à peu en une célébration de la mémoire - personnelle et individuelle, bien éloignée des commémorations officielles. « Le passé et la mémoire sont ma patrie et ma maison » : qu'il s'agisse du passé du sud-est de l'Europe qu'il arpente inlassablement, ou des souvenirs de son enfance qu'il magnifie d'une manière digne de Bruno Schulz, Stasiuk donne une aura quasi métaphysique à la banalité apparente des choses.

  • Dukla est une petite ville au sud de la Pologne à la limite des Carpates, proche de la frontière avec la Slovaquie. La place du marché concentre tout le vide du monde et le vent souffle directement de l'Alaska et de la Sibérie.
    Dukla, avec ses murs croulants, le château du duc von Brühl, ses deux églises baroques et sa synagogue incendiée, exerce un pouvoir magique sur le narrateur, qui y retourne toujours comme s'il y était forcé.
    Plus le narrateur essaie d'expliquer les raisons de cette fascination et plus il s'approche de "l'autre côté du temps et de la réalité". De manière subtile, Dukla amène le narrateur à s'interroger sur sa vie actuelle. Le monde, tel qu'il est décrit, apparaît comme une succession d'images qui, captées par la rétine, se gravent sur la pellicule sensible de la mémoire. Ces images sont comme des plaques photographiques : on peut les superposer, mais l'image qui en résultera n'aura gagné ni en netteté ni en profondeur de champs. Sa tentative de dépeindre l'esprit du lieu, d'arracher à la matière sa mémoire, fait de cette quête une aventure poétique à haut risque.
    Dukla est considéré comme le meilleur roman de l'année 2000 en Pologne. Il est sans conteste le plus beau que l'auteur ait écrit jusqu'à présent. Dukla a été l'événement littéraire de la Foire du Livre de Francfort 2000 : aucun autre livre n'a fait l'objet de discussions aussi âpres et n'a été accueilli avec autant d'enthousiasme.

  • Ce livre se situe dans la veine que La route de Babadag et Fado : cest le récit subjectif dun périple en terre inconnue et hostile, lAllemagne. Pour une fois néanmoins, Stasiuk ne raconte pas ses pérégrinations dans « lautre Europe » (Balkans, Europe Orientale), mais dans lun des pays les plus riches de ce continent : lAllemagne. De plus, il sagit de voyages organisés, puisquil est invité à un nombre impressionnant de soirées littéraires. Ses nombreux trajets en train, les chambres dhôtel, les taxis, lui permettent dobserver, souvent avec émerveillement, la vie des gens, leurs comportements, et de les comparer à lidée préconçue quil avait, sachant que lanimosité envers les Allemands est profondément ancrée dans la population polonaise (animosité qui concerne pas leurs voitures). Il observe le pays et ses habitants en Polonais, en Européen, il se les approprie et en donne une image attachante autant que subjective. En définitive, « un voyage en Allemagne, cest une psychanalyse. »
    Le lecteur français naura pas de mal à suivre Stasiuk dans ses flâneries et ses réflexions et pourra à loccasion confronter ses propres préjugés à ceux de lauteur.


    Andrzej Stasiuk est né en 1960 à Varsovie. Il est écrivain, poète et critique.
    Dans sa jeunesse, militant pacifiste, il refus de faire le service militaire et passe deux ans en prison. Il a ensuite travaillé pour des journaux clandestins. Il a quitté Varsovie en 1987 pour sétablir à Wolowiec, petit village des montagnes de Beskides. Depuis 1996, il dirige avec sa femme Monika Sznajderman la maison dédition Czarne, spécialisée dans la littérature dEurope centrale et publie régulièrement dans les meilleurs journaux polonais et étrangers.


    « Légère et lumineuse, la prose de Stasiuk sépanouit entre veille et sommeil agité, rêve et réalité télévisuelle, passé et promesses incrédules. () En France, on connaît peu Andrzej Stasiuk, voix majeure et rebelle de la littérature contemporaine polonaise. Cela prendra le temps quil faudra, mais cela va changer. Alors autant le lire tout de suite. » (Judith Steiner, Les Inrockuptibles)

    Sur Fado :

    « C'est de l'intérieur que Stasiuk nous parle, des pays slaves, de la Roumanie, de l'Albanie, des Balkans... en connivence avec cette vaste étendue que le XXè siècle n'a cessé d'ébranler. Vingt-quatre chapitres comme vingt-quatre balades mélancoliques, subjectives, infiniment précieuses à notre compréhension de ce monde à nos portes que nous ne savons pas regarder. » (Nathalie Crom, Telerama)

    « Une fois encore, en extrême Europe, l'écrivain polonais nous guide sur ses chemins - qui ne conduisent nulle part ailleurs qu'en nous-mêmes. [...] Andrzej Stasiuk répertorie, avant qu'elle ne s'efface totalement, cette Europe qui s'est pressée à nos portes et qu'aujourd'hui nous engloutissons - sans vraiment la digérer. Cette Europe extrême, s'étendant de la Pologne à la Macédoine, de l'Ukraine au Kosovo, c'est celle que l'Histoire martyrisa puis figea - et qui n'avait que son passé pour héritage. » (Thierry Cecille, Le Matricule des anges)

    « Stasiuk n'a pas commencé à résister sur le tard. Résister, modestement, c'est aussi écrire sur l'Europe centrale, une Europe pour laquelle "l'Histoire des changements est l'histoire des défaites". [...] Dans l'Europe de moindre qualité qu'arpente Stasiuk, le cours du Temps est bousculé. L'anachronisme n'existe pas. Il suffit, pour s'en rendre compte, de circuler sur une route roumaine. Quant au futur... Stasiuk interroge notre vieille Europe, si fière de ses beaux billets, de son progrès perpétuel et du reste: "Nous voulons devenir vous, mais vous, voulez-vous être nous? J'en doute." » (Norbert Czarny, La Quinzaine littéraire)
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  • Oui, le monde est devenu étrange. Les voitures et les diamants vont à l'Est, les poumons et les foies à l'Ouest. Les voitures sont volées, les corps débités en morceaux. Mais pas ceux des femmes. On les découpe plutôt rarement. On préfère les faire passer en entier. Le Mur est tombé, mais d'autres barrières mentales ne l'ont-elles pas remplacé? D'un côté, les nantis de l'Ouest confits dans la graisse de leurs certitudes; de l'autre, les voleurs de grosses cylindrées et trousseurs de poules. Andrzej Stasiuk livre de noires imprécations sur une Europe désertée par la solidarité à coups de clichés qu'il détourne. Pour asseoir sa démonstration, il forge une allégorie puissante lorsque le coeur d'un trafiquant de l'Est est transplanté dans la poitrine d'un tenant des valeurs occidentales. Le choc des cultures.

  • Neuf

    Andrzej Stasiuk

    Varsovie, dans les années 90. À six heures moins cinq, Pawel quitte son appartement saccagé par les hommes de main du parrain de la mafia locale. Il a trois jours pour régler la dette qu'il a contractée à leur égard. Incapable de réunir la somme d'argent, il erre à travers la ville, cher-chant désespérément à échapper à son destin. Ce palpitant roman noir nous plonge au coeur de la vie de cette grande métropole et de ses habitants. Stasiuk dépeint ainsi sans complaisance une Pologne en pleine mutation depuis son ouverture au monde capitaliste. " J'ai retrouvé un parfum des écrits de Hamsum, Sartre, Genet et Kafka dans l'écriture au scalpel de Stasiuk. Neuf est une oeuvre majeure de la littérature contemporaine, qui dresse le portrait d'une génération déracinée et nerveuse, celle des Européens de l'Est, et d'une ville qui doit se résigner à l'ère post-communiste. (Irvine Welsh, The New York Tunes Book Review)

  • L hiver

    Andrzej Stasiuk

    Cinq nouvelles comme autant de portraits s'inscrivant dans le cycle dédié par Stasiuk à sa région d'adoption, les Bieszczady, inauguré par Contes de Galicie et Dukla, récemment publiés en France aux éditions Christian Bourgois. Les héros en sont les pauvres habitants d'un village du fin fond de la Pologne orientale saisis dans leur quotidien frugal qui semble être soumis une fois pour toutes aux lois immuables de la nature. Pawel, Mietek, Grzesiek, Monsieur Henio et Edek vivent de peu de chose mais ils sont attachés à leur « ici et maintenant » dont ils supportent les imperfections avec une belle philosophie qui leur permet de concilier l'ancien et le nouveau, les rituels du passé et les
    bouleversements de la modernité. Ces fragments de vie, saisis ici avec humour et fantaisie sont liés entre eux, les histoires des uns et des autres s'entrecroisent et tissent le tableau émouvant de la vie d'un village où le présent s'écoule très lentement, où les hommes semblent vivre aux
    frontières de l'éternité, loin du chaos du monde et des dangers d'une civilisation de surabondance.

  • Cinq trentenaires paumés errent dans la montagne en plein hiver. Ils cherchent un sens à donner à leur vie, mais leur expédition, à cause d'un assassinat qui n'a peut-être pas même eu lieu, se transforme en une fuite éperdue. Mêlant suspense et réflexion philosophique, Stasiuk transforme le récit de cette escapade à rebondissements inattendus en une quête métaphysique. Dans le paysage nu, à la fois ouvert et fermé, la neige est comme le miroir de leur situation : tous les chemins du passé sont effacés, ceux qu'ils tracent à grand peine disparaîtront la nuit d'après, et le froid, et la peur, et ce qui n'a pas de nom, les obligent encore à poursuivre la marche.

  • Dans les nouvelles qui composent les Contes de Galicie, Stasiuk raconte un lieu, un village du fin fond de la Pologne, au travers de la vie de ses habitants.
    Ces nouvelles, comme autant de portraits, peuvent exister de manière autonome, mais les histoires des uns et des autres s'imbriquent, s'entrecroisent, se lient et tissent une toile des correspondances qui échafaudent progressivement une histoire commune, celle du village.Stasiuk retranscrit la vie du village d'après ce que l'on y raconte, voit ou entend.
    Edek, Gacek, Maryska, Józek- des ivrognes, des convertis au capitalisme, un ouvrier agricole désoeuvré, un tombeur en survêtements, un policier mélancolique, une femme fatale déchue et un fantôme philosophe en sont les héros.
    Leurs histoires personnelles s'inscrivent non seulement dans l'histoire du lieu, mais aussi dans l'époque. Stasiuk dépeint ici avec humour et fantaisie une campagne polonaise vivant difficilement la période de transition entre les deux régimes, ce temps hybride où l'ancien et le nouveau coexistent en un mélange curieux et bouleversant.

  • En l'an 2000, l'idée vient à Andrzej Stasiuk et Yuri Andrukhovych, deux écrivains reconnus, respectivement polonais et ukrainien, de cerner leur " place " dans l'Europe élargie en train de se construire.
    Chacun compose alors un texte très personnel et d'essence amplement autobiographique. Imitant les cartographes d'antan, Stasiuk dessine au compas un espace aux confins de la Pologne, de l'Ukraine, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Hongrie, qu'il définit comme " son " Europe centrale et, au fil de considérations essentiellement géographiques, nous donne à saisir l'esprit du lieu. S'il explore les mêmes territoires, Andrukhovych, lui, emprunte d'autres itinéraires, en retraçant l'histoire de sa famille sur trois générations au gré des bouleversements tantôt tragiques, tantôt absurdes de l'histoire contemporaine.
    Ces deux essais à l'écriture singulière, qui donnent à entendre des voix d'une profonde originalité, permettent de mieux saisir l'identité et l'arrière-plan culturel d'une région en pleine mutation.

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