Le Pommier

  • Précédé de Jean de La Fontaine, Michel Serres et le palimpseste des Fables par Jean-Charles Darmon La Fontaine n'a cessé d'accompagner Michel Serres. Cet inédit inachevé en est l'ultime témoignage. Serres y explore les Fables comme de prodigieux palimp­sestes donnant accès aux origines de notre pensée. Il montre comment, en des zones indécises ouvertes entre l'animal et l'humain, elles mettent en oeuvre toutes sortes de métamorphoses interrogeant différentes manières de « faire l'homme ». Chemin faisant, Serres fait apparaître une pensée en réseau d'une étonnante fécondité, dont il scrute les balancements les plus subtils. On l'aura compris : ceci n'est pas seulement un livre sur La Fontaine. C'est aussi et surtout un livre avec La Fontaine, où l'on voit Serres réfléchir pas à pas avec le « fablier », mettant joyeusement à l'épreuve ses propres hypothèses, et nos manières de vivre.    

  • Habiter Nouv.

    Habiter

    Michel Serres

    Depuis l'embryon lové dans le ventre de sa mère jusqu'aux métropoles qui couvrent la Terre de leurs lumières permanentes, les humains habitent le monde de mille et une façons. Mais les animaux et, plus étonnant, les végétaux ont eux aussi, bien avant nous, conçu des demeures. Des grottes aux cathédrales en passant par les cabanes et les hôtels, de la coquille au terrier, Michel Serres nous dévoile les secrets d'architectures séduisantes et multiples, nous en montre le sens et esquisse ainsi, par biomimétisme, le monde de demain. Édité à l'origine avec une riche illustration, ce texte, empreint de poésie, est pour la première fois rendu disponible dans une édition courante.

  • « "Comme c'est curieux, dit John. L'homme est allé sur la Lune, en Antarctique et se déplace à travers la galaxie. Mais personne n'a jamais posé le pied sur cette écume." Les chutes Murchison grondaient au-dessus de nos têtes, absorbant nos regards vers ce coeur spumescent d'où naissait la cascade. [...] Il est communément admis qu'il ne reste sur la planète plus aucun lieu inconnu de l'homme et que tout a été plus ou moins quantifié. Mais en foulant les sentiers poussiéreux de Budongo naissait dans mon esprit la conviction qu'il existait un monde vivant impossible à appréhender, car encore dissimulé. »   
    Traduit de l'espagnol par Eric Reyes Roher

  • La forêt vierge d'Amazonie n'existe pas Nouv.

    Depuis trop d'années, le grave état de santé de l'Amazonie inquiète. Déforestation sauvage, incendies, élévation de la température... Autant de symptômes d'un fatal déséquilibre aux prochaines implications climatiques globales, et irrémédiables. En cause ? Une destruction systématique menée, depuis trois siècles à peine, par les sociétés occidentales. Mais celles-ci, contrairement aux idées reçues, ne menacent pas seulement la plus grande forêt tropicale du monde, mais également les Amérindiens, qui ont pourtant toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel. Dans cet essai original d'écologie historique, Stéphen Rostain brosse un panorama complet de ces relations et des puissantes dynamiques à l'oeuvre. Il se propose, plutôt que d'en rester à un constat d'échec, de comprendre les divers usages qui ont été faits de cette nature sylvicole - du plus néfaste au plus bénéfique -, ouvrant des horizons face à la chronique habituelle d'une mort annoncée.

  • « L'autre jour, j'ai tué ma volaille : un vieux canard dont le renard avait emporté le dernier compagnon et qui traînait sa neurasthénie sur le bord de la mare ; une poule bleue boiteuse.  « La ferme, on l'a achetée pas trop cher, et pas trop loin de P. la capitale où se trouve le travail ; on la retape dans ce qui reste de temps. Rurbains nous sommes, en rurbains nous agissons. J. rêvait de retrouver un jardin, moi d'adopter des bêtes, des poules surtout. »  

  • Le puritanisme vert : aux origines de l'écologisme Nouv.

    Pour la plupart d'entre nous, l'écologie est un courant politique de gauche qui s'appuie sur la science du même nom. Or, écologie « punitive », injonctions de tous ordres (alimentaires, comportementales...), frugalité austère et catastrophisme sont autant de signes qui devraient nous interroger : et si l'écologisme (le courant politique) s'enracinait aussi dans le puritanisme anglo-saxon conservateur ? C'est du moins l'hypothèse de Philippe Pelletier qui met au jour un « puritanisme vert » ayant partie liée avec la confession protestante du même nom, dont les membres, embarqués sur le Mayflower, choisirent d'émigrer en Amérique à partir de 1620. L'homme, depuis Adam chassé du paradis terrestre (un jardin !), serait pécheur et viendrait, par essence, déséquilibrer une nature sans lui harmonieuse, création parfaite du Créateur de toutes choses. Est-ce un hasard si la protection de la nature passe par la création de parcs naturels et de réserves où l'homme n'est plus le bienvenu, et si les collapsologues nous prédisent l'apocalypse (au sens de « révélation ») ? Cet essai solide, stimulant et iconoclaste, mobilise une abondante littérature internationale et permet d'éclairer d'une lumière neuve l'histoire des pensées liées à l'écologisme. Il présente le mérite de nous forcer à repenser les responsabilités des crises environnementales actuelles, qui sont peut-être moins liées à la nature pécheresse et définitivement déchue de l'humanité qu'à un système économique et politique bien particulier. Des incursions du côté du Japon ou encore de la mésologie y sont autant d'invitations à penser selon d'autres schémas peut-être plus fructueux...  

  • Depuis quelques années, des groupuscules transhumanistes fantasment une mutation humaine. En nous « augmentant », nous pourrions vaincre la mort, et véritablement être « comme des dieux ». Mais opportunément, les mêmes, refusant tout déterminisme biologique, minimisent la véritable mutation en cours : celle de la planète. Or, si une mutation humaine est l'enjeu du siècle, elle doit nécessairement prendre acte des limites de la Terre. Elle procédera non d'une amélioration ou d'une augmentation de l'individu, mais d'un changement radical de la façon dont nous coexistons, entre humains, et entre humains et non-humains. Elle portera sur cet espace qui est « entre ». Elle sera politique. Dans cet essai, Nathanaël Wallenhorst poursuit son travail d'analyse critique de l'Anthropocène en dénonçant cette soif qui nous pousse à la possession illimitée et à la domination. La mutation qu'il appelle de ses voeux ? Repenser l'humanité comme une aventure en conciliant biologie et politique, jaillissement de la vie et organisation de la pensée. Et cela ne va pas sans soulèvement ni résistance...  

  • Ma galerie de l'évolution : le vivant de A à Z Nouv.

    Comment le blé est-il devenu tendre ? Pourquoi les chauves-souris hébergent-elles tant de virus ? Comment l'éléphant trompe-t-il le cancer ? L'homme s'est-il autodomestiqué ? Ces questions, et bien d'autres, Hervé Le Guyader se propose d'y répondre en vous invitant à parcourir sa propre galerie de l'évolution. De l'amibe aux zèbres, en passant par les bactéries, les crocodiles du Nil, la guêpe, l'ours polaire, la rose de Chine, les serpents à sonnettes ou encore les tardigrades, voilà autant de prétextes pour s'interroger sur le vivant emporté dans l'aventure de l'évolution. D'où il ressort que, loin du néodarwinisme, qui la présentait comme une marche graduelle vers le progrès, l'évolution est en réalité un processus haché, parsemé de mutations sans utilité visible, et non seulement fondé sur la sélection naturelle mais aussi sur les symbioses...  

  • Dans cet essai provocateur de 1978, pierre angulaire de la littérature féministe et de l'écoféminisme, traduit pour la première fois en français, Susan Griffin explore une représentation traditionnelle qui a cours depuis l'Antiquité : la femme serait du côté de la nature ; l'homme du côté de la culture. Mais ce postulat essentialiste, elle le pousse jusqu'à l'absurde pour mieux en montrer le ridicule. Si un lien particulier existe entre la femme et la nature, c'est bien plutôt celui de l'oppression dont elles sont toutes deux l'objet. Usant de l'esthétique débridée du collage, portée par le souffle d'une écriture unique et qui se transforme presque en expérience physique, Susan Griffin dévoile non seulement comment, depuis la division fatidique entre l'âme et la matière chez Platon, la philosophie et la religion patriarcales ont, par le biais du langage et de la science, assis leur pouvoir sur la femme et la nature, mais aussi combien est destructrice l'impulsion qui pousse l'homme à vouloir se séparer du monde auquel il appartient.

    Polyphonie virtuose, patchwork entretissé de mille fragments, mêlant des sources allant du traité gynécologique au manuel de sylviculture en passant par les Écritures, des extraits de biographies et des essais scientifiques, ce livre est un texte dense et puissant, un poème en prose vibrant, un appel éloquent à réparer, à réunir ce qui a été séparé.

  • Cet ours qui va et vient aux limites de son enclos vous semble déprimé ? Votre chat, qui s'acharne furieusement à déchirer tous les coussins, et votre chien, qui tente obstinément d'attraper sa queue sans raison, sont-ils devenus fous ? Autant de suppositions qui ne sont pas sans fondement : la folie, comme le plaisir et la souffrance, n'est pas le propre de l'homme. On le sait désormais : les animaux disposent de compétences proches des nôtres, fût-ce à un degré différent. Il n'y a donc aucune raison de croire qu'ils ne peuvent être sujets au dérèglement. Parfois, leurs folies ressemblent aux nôtres ; parfois, elles leur sont spécifiques. Parfois même, nous sommes la cause de leurs tourments (car il n'est pas toujours bon de fréquenter l'espèce humaine !). Mais au juste, qu'est-ce que la « folie » ? Michel Kreutzer ouvre ici le grand livre de la zoopsychiatrie. Où l'on verra que, pas plus chez l'homme que chez l'animal, il n'y a de solution de continuité entre le normal et le pathologique...

  • Depuis quelques années, on parle beaucoup de l'Anthropocène, cette période de l'ère quaternaire qui se caractérise par la marque que les êtres humains impriment sur l'environnement. Mais l'espèce humaine n'est qu'une espèce parmi d'autres et, dans l'histoire longue de la Terre, c'est la vie en tant que telle, depuis son apparition, qui a modifié les propriétés physiques de la planète. Son rôle a même été bien supérieur à celui des humains : sans la prolifération des cyanobactéries, pas d'oxygène ; sans oxygène, pas de couche d'ozone. Sans les organismes marins à squelette, pas de roches calcaires ! Dès lors, ne doit-on pas intégrer l'Anthropocène dans un plus vaste « Biocène » ?
    Une différence existe, et de taille : les modifications induites par l'Anthropocène se font à une vitesse bien plus rapide que celles du Biocène, avec des conséquences encore imprévisibles sur les capacités d'adaptation des êtres vivants.  

  • L'Anthropocène, cette « ère de l'humain », nous met face à un défi sans précédent dans l'histoire de la Terre. Face à l'anéantissement total de la nature dont nous sommes les artisans, et donc aux dangers qui pèsent sur nos propres conditions d'existence, nous devons façonner une nouvelle éthique de la cohabitation - plus encore : de la solidarité profonde avec tous les autres êtres vivants. Dans ce manifeste, Andreas Weber et Hildegard Kurt posent les jalons de cette pensée neuve, qu'ils appellent « vitalité ». Partie intégrante d'un système terrestre où la culture est inséparable de la nature, l'être humain doit désormais se faire créateur. Une responsabilité nouvelle qui nous incombe et que le discours de l'Anthropocène entend affirmer. Plaidant pour une nouvelle politique du vivant, ce texte courageux, lumineux, écrit dans une langue fluide et puissante, touchera tous ceux qui cherchent des réponses à la crise globale que nous traversons.

  • L'Occident s'est construit sur le rêve, devenu cauchemar, d'une rationalité capable de congédier définitivement les pulsions, de contrôler les affects et de domestiquer les corps. De ce geste est née la modernité, à partir de laquelle l'homme s'est séparé de l'ensemble auquel il appartient. Bref, le rationalisme nous a conduits à une vision virile et conquérante de ce continent noir que nous avons nommé « nature ». L'époque qui s'ouvre marque le retour de l'exil. Après avoir écrasé et ignoré la fragilité du vivant, nous la voyons faire irruption dans notre quotidien sous les traits d'une pandémie et d'un écocide. Nous sommes liés et ne pouvons plus prétendre, en toute impunité, exister depuis un point de vue abstrait, de nulle part. La fragilité est expérience, non savoir hors-sol. À nous d'en tirer les leçons, d'inaugurer une pensée et un agir qui intègrent cet autre de la rationalité, qui est non pas l'irrationnel des relativismes identitaires ni l'hyper-rationalité de la machine algorithmique, mais un savoir qui se tisse au plus proche de nos sensations, de nos émotions et du vécu du corps : le sens commun.     

  • Le confinement et la généralisation du télétravail l'ont confirmé : nous sommes plus que jamais « en déficit de nature ». Une grande majorité de la population habite en ville et travaille dans des espaces clos, passant de longues heures devant des écrans. Pourtant, même si nous ne sommes pas « dans » la nature, nos besoins essentiels comme notre désir de verdure et de ciel bleu nous rappellent que nous « sommes » la nature ! Les recherches les plus récentes le prouvent, qui montrent que notre cerveau ne fonctionne jamais aussi bien que lorsque nous nous mettons au vert. De fait, nos représentations tendent à séparer l'humain de la nature : l'idéologie capitaliste a prospéré en faisant de l'exploitation du vivant un pilier fondateur. Questionner nos rapports au vivant, c'est donc aussi questionner notre rapport au système productiviste qui nous asservit aux écrans. Se déconnecter pour mieux se reconnecter ? Tel est le défi auquel nous invite Alix Cosquer : nous détacher de l'intelligence artificielle pour adhérer, tant individuellement que, surtout, collectivement, à des valeurs, à des objectifs, à des savoirs qui mettent le vivant au coeur de... notre vie.  

  • Depuis les années 1950, et plus particulièrement la fin des années 1980, une poignée de scientifiques américains, à la solde de lobbies industriels (tabac, énergie, pétrole), ont élaboré un savant travail de sape des vérités scientifiques. Une stratégie toute simple, qui a consisté à nier en bloc les preuves de la dangerosité du tabac, du DDT, de la réalité du trou de la couche d'ozone, des atteintes environnementales des pluies acides... Discréditer la science et les scientifiques, semer la confusion : grâce aux efforts d'un petit groupe d'« experts indépendants » et de médias naïfs ou complaisants, cette stratégie a fonctionné et fonctionne toujours. Il a fallu cinq ans à Naomi Oreskes et Erik M. Conway pour documenter et analyser les techniques de manipulation utilisées par ces marchands de doute, auxquels on doit une bonne part du climatoscepticisme contemporain. Cet ouvrage, qui ne relève en rien du pamphlet conspirationniste écrit à la légère, est aujourd'hui un classique, que chacun, scientifique ou citoyen, devrait lire.

  • Avant même l'arrivée d'Homo sapiens sapiens, le chien nous tenait compagnie. Comment expliquer cette étrange association, cette place unique occupée par le « meilleur ami » de l'homme ? L'étude du chien se révèle riche d'enseignements, sur lui, évidemment, mais aussi sur nous.  Au fil de la lecture se dessine le paysage de la subjectivité canine, un monde bien différent du nôtre (non, le chien ne parle, ni ne rêve, ni ne voit comme nous), mais avec lequel nous entrons facilement en interaction. Même tissée de malentendus, la communication est réelle, nous imposant d'abandonner l'idée d'une frontière infranchissable entre l'homme et l'animal. Il faut se rendre à l'évidence : le chien, avec qui nous avons construit une véritable société, caractérisée par ses constantes, ses variations culturelles et son histoire, est finalement plus proche de nous que le chimpanzé.  
    Grand prix Moron de l'Académie française (2009) 

  • Tous collapsologues ? Très médiatisée depuis la fin de l'année 2019, la collapsologie vise à produire une réponse politique face à l'ampleur des crises écologiques cumulées. Ce courant militant disparate et encore peu stabilisé, qui puise ses justifications dans le registre scientifique et rencontre un succès éditorial et militant certain, suscite des réactions intellectuelles vives et composites. Parmi elles, conservateurs et progressistes s'accordent sur une dizaine d'arguments qui révéleraient l'inconséquence de la collapsologie : irrationalité, illégitimité de ses acteurs, psychologisation puérile, religiosité sectaire, dimension réactionnaire ou apolitique, perspective incapacitante... En décryptant ces accusations-clés, Bruno Villalba propose une contre-argumentation, révélant que de nombreuses objections sont en réalité sans fondements en raison de leur faiblesse démonstrative. L'originalité de son approche ? Une confrontation honnête et étayée qui permet tout à la fois de répondre aux limites de la critique, de clarifier les propositions de la collapsologie, mais aussi de mettre au jour certaines de ses lacunes théoriques et militantes.    

  • Observez le funambule sur son fil : il adapte sans cesse ses mouvements pour conserver son équilibre. Ainsi va la Terre ! Mais l'humanité, par sa croissance démographique, son activité et la croissance de sa consommation, cause désormais au système terrestre des modifications d'une ampleur sans précédent. La chute du funambule est-elle inévitable ? Éric Lambin met à notre portée une synthèse des données scientifiques récentes, des théories actuelles, optimistes et pessimistes, et des enseignements que l'on peut tirer du passé, avant de proposer une analyse originale du problème des changements de l'environnement naturel et des solutions pour que la Terre continue à avancer sur son fil.    

  • Comment éviter l'écueil où le néolibéralisme nous a conduits ? Pour parer aux logiques d'accélération et de croissance, qu'il identifie comme étant à l'origine de l'aliénation contemporaine, le sociologue Harmut Rosa a dessiné une voie, magistrale : un rapport au monde renouvelé. À rebours de l'instrumentalisation que nous impose la société moderne, il nous invite à une relation vivante, responsive. En un mot, à la « résonance », seule en mesure de nous sortir de l'ornière sans violence. Mais ce concept est-il assez puissant pour penser une nécessaire transformation ? La résonance est subversive, mais un renouvellement en profondeur peut-il faire l'économie de la rupture ? Les convivialistes dont les contributions sont ici réunies s'interrogent : comment éduquer les générations futures à un nouveau rapport au monde ? Comment se former pour transformer ? Faut-il entrer en résonance ou en résistance ?

  • D'où nous vient la morale ? Beaucoup pensent que c'est une spécificité purement humaine, à laquelle les autres animaux seraient totalement étrangers. Nous serions moraux par choix, et non par nature. Pourtant, si l'on observe la longue lignée qui nous précède, on s'apercevra qu'elle s'est toujours préoccupée des plus faibles. Et que les membres du groupe ont su établir entre eux des liens de coopération pérennes. Force est alors de constater qu'entre les comportements animaux et ceux des humains, il y a une continuité très forte. Entre empathie animale, théorie de l'esprit, sens de la communauté et droits des animaux, les frontières se redessinent sous la plume de l'un des plus grands spécialistes des primates, pour peut-être finir par disparaître... Ces thèses révolutionnaires, issues des leçons données par Frans de Waal à l'université de Princeton en 2003, viennent s'enrichir des réponses de trois philosophes et d'un spécialiste de la psychologie évolutionniste.  

  • Que cherchons-nous dans les jardins, ceux que nous cultivons jour après jour de nos propres mains, ceux où nous nous promenons pour en apprécier les beautés et nous y ressourcer ? Que retirer de l'humilité, la dévotion, la culture du soin du jardinier ? Pour y répondre, Robert Harrison nous fait cheminer dans des jardins anglais, zen ou secrets ; déambuler dans les compositions de Le Nôtre comme dans les jardins transitoires des sans-abris new-yorkais ; et emprunter en imagination bien d'autres contre-allées fantasmées. De L'Épopée de Gilgamesh aux poètes américains contemporains, en passant par Platon, la Bible et le Coran, nous y croisons Homère, Dante et Voltaire mais aussi Rilke, Hannah Arendt, Thoreau et Mallarmé. Autant de parcours buissonniers qui élèvent le jardin au rang d'objet philosophique, tout à la fois antidote et refuge par temps de crise et emblème de la condition humaine.    

  • Cancers, broncho-pneumonies, asthmes... C'est aussi par la santé que nous prenons conscience des ravages de la pollution. Nos ancêtres de même : la première grande pollution date de la Belle Époque et fut consécutive à la révolution industrielle. Poussières de houille, traitement inexistant des eaux usées, exploitation animale provoquèrent anthracoses, fièvres typhoïdes, tuberculoses et autres grandes faucheuses.

    Par la force des choses, les premiers médecins hygiénistes sont donc écologistes. Avec l'aide des ingénieurs, ils luttent contre la pollution de l'air, le gâchis d'eau potable, les montagnes de déchets. Déjà obsédés par le recyclage, ils exploitent l'« engrais flamand », celui des humains, qui fait un bon compost, et mettent au point les stations d'épuration biologique.

    Le front sur lequel ils seront le plus performants ? La microbiologie. Et Semmelweis d'inventer les gestes barrières, Pasteur, le vaccin contre la rage, Koch, un faux remède contre le bacille qui porte son nom...

    Ce qui revit sous la plume de Pierre Darmon, c'est le monde du fog londonien, des chiffonniers de Paris, de Mary « Typhoid » la cuisinière porteuse saine. Où l'on verra que la concurrence entre médecins ne date pas d'aujourd'hui, pas plus que les foules confinées opposées aux mesures sanitaires et aux vaccins.

    Un panorama captivant et éclairant sur les rapports entre environnement et santé.

  • Qu'avons-nous vécu ? appris ? Qui sommes-nous ? La mémoire est cette pierre angulaire qui permet de nous souvenir et de décrypter le monde qui nous entoure, mais aussi de faire des choix en fonction de notre histoire et de nous projeter dans le futur. Ces dernières années, nos connaissances sur la structure et le fonctionnement de la mémoire humaine ont beaucoup progressé. Les maladies de la mémoire (syndromes amnésiques et maladie d'Alzheimer essentiellement) nous renseignent, mieux que toute autre démonstration, sur cette fonction mentale au coeur de notre identité. Véritable synthèse des connaissances actuelles, cet ouvrage permet de comprendre la mise en place progressive de la mémoire chez l'enfant comme ses modifications au cours du vieillissement.

  • La Covid-19, à l'origine d'une crise sanitaire mondiale sans précédent, a eu des précédents : SRAS, sida, vache folle, grippe aviaire, rage, Ebola, chikungunya... Ces maladies émergentes ou réémergentes sont-elles une fatalité contre lesquelles seules sont possibles des réponses radicales, ou sont-elles révélatrices des rapports contestables (et de plus en plus contestés) que nous entretenons avec le monde vivant ? François Moutou n'a pas attendu le confinement pour relire l'histoire des maladies et des épidémies à la lumière des relations que nous entretenons avec les autres composantes de la biodiversité. Un regard pas banal sur la cohabitation du monde des humains avec les mondes animaux, sans oublier son cortège de micro-organismes, qui aide à mieux appréhender la vie et à mieux nous situer : au milieu des autres espèces et non au-dessus... Un regard qui, en somme, dédramatise et nous responsabilise, et qu'il était bon de proposer dans une nouvelle édition mise à jour.  

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