Tetras Lyre

  • Au dos des nuits

    Maxime Coton

    Recueil de poèmes soulignant l'importance du doute pour intégrer et redécouvrir le mouvement de la vie dans ce qu'elle comporte de tendresse et de difficultés. Prix de la biennale de poésie Robert Goffin 2018.

  • Aujourd'hui un ange et un oiseau sont morts Je les ai vus dans mon jardin tomber hors de la vie comme dans un ciel à l'envers - C'est pourquoi ce soir je voudrais faire un enfant, dit rêveusement la jeune femme.
    (Déjà pour lui un ballon roule sur l'herbe.)

  • Et surtout j'étais blonde est un texte grave, terrible même. Il y est question de l'acharnement à anéantir l'innocence, la fragilité et la fraîcheur ; de la rage dévastatrice, manipulatrice, meurtrière avec laquelle certains hommes s'approprient les femmes comme s'il s'agissait d'objets. Il y est question de la confusion qu'elles font entre l'amour et la possession, de leur besoin de se leurrer pour avoir le sentiment d'être aimées, de leur nécessité d'imaginer qu'un regard porté sur elles c'est de l'amour, que la concupiscence c'est de l'amour, et de supporter pour cela d'être maltraitées, morcelées, découpées en morceaux, d'être objets, objets de convoitise, de violence, de sadisme. Il y est question du goût installé dès la petite enfance pour cette blessure infligée par le père, entretenue par les hommes abuseurs, et de l'assuétude à être objet d'un abus de pouvoir.

  • Presque poèmes

    Jérôme Poloczek

    Chaque jour, même la nuit, du réel surgit. On ne l'attendait pas, même s'il revient parfois. Un singe vole votre savon. Ou vous vous souvenez que vous tournez avec la Terre. Quand ça surgit, on peut s'exercer à le tracer vite, avec peu de gestes sur le papier. Les Presque poèmes s'approchent de ritournelles. Étonnement, concision, tension entre petitesse et grandeur, observations dérisoires, sinon désespérées, cruauté parfois : chaque texte est un caillou à peine donné, à peine trouvé. Il y en a 99.
    «ta chaussure a éraflé l'escargot qui, voilà restera là».

  • À l'ombre du ventre est un recueil dont les mots blottis les uns contre les autres au fil des pages sont les survivants d'une enfance blessée. Ces mots avancent pourtant, irrésistiblement portés par la force de délivrance innée qui soutient les âmes meurtries. Et ils font oeuvre tantôt de pioche, tantôt d'onguent ou de bistouri, avec un seul désir : rejoindre l'enfant terré sous les décombres du passé, le ramener à la conscience et l'aider à guérir, à grandir...

  • Athènes du Nord? Chicago-sur-Meuse? Cité ardente? Ville en déglingue, ou qui redresse sa crête? Soeur ennemie de Bruxelles? Petite France de Meuse? Depuis plus d'un millénaire, Liège est une ville qui se parle.
    Exploitant la formule littéraire des mythologies, lancée par Roland Barthes, les auteurs prennent avec les images contrastées produites à son propos la distance de la critique ironique. Mais adoptant l'allure tantôt de féroces gravures à l'eau-forte, tantôt de tendres croquis anthropologiques, leurs petits textes n'ajoutent-ils pas de nouveaux chapitres à la grande mythologie de Liège?

  • Une année sans lumière

    Alexis Alvarez

    Une année sans lumière rassemble slogans tapageurs pour briller en société, vérités glanées dans le bus, professions de mauvaise foi, blagues d'un goût douteux et poèmes d'amour vitriolé.

  • Cobalt

    Maud Joiret

    Tout est mise en rythme des pulsations, de la marche, des flux, de l'emprise. Quête et fuite, la poésie est ecchymose. Traquer les indices de la survie, et en exhiber les traces, après. Cobalt est le récit d'une obsession calibrée CO27 . Ce qui reste est bleu, ce qui demeure est vivant. Tu es vivante. L'écriture ici oscille entre rage, férocité et justesse. Cette poésie débridée et moderne interroge le monde qui nous entoure, en l'état, tel qu'il se donne à nous : Je me plonge à fond dans les scènes de la vie ordinaire. J'arpente trottoirs villes bureaux supermarchés galeries restaurants trains parcs boîtes soupentes caves parkings coton dentelle latex toisons rendez-vous conversations

  • 68-18

    Christophe Kauffman

    68-18 déroule cinquante ans d'histoire personnelle dans une poésie d'une grande simplicité. C'est la traversée d'un demi-siècle de vie, par petites touches poétiques, constituant une sorte d'anniversaire impressionniste. De fragment en fragment, un vécu sincère et décomplexé se dessine, derrière lequel transparaissent un esprit épris de liberté voire d'anarchie, ainsi qu'un amour du théâtre et de la scène.

  • En une écriture lyrique et dépouillée, avec retenue et sensibilité, Luc Baba déroule le monologue de toute une vie, celle d'une femme blessée mais habitée par la volonté de vivre, de l'enfance à l'âge mûr. Dans ce poème, paroles, images et sentiments, tout allie la justesse à la délicatesse.

  • Avec quelques amis, Marc Imberechts fonde en 1988 les éditions Tétras Lyre. Chaque année, il propose au public des ateliers de fabrication de livres collectifs entièrement fait main. Régulièrement, il organise des événements littéraires et artistiques. Pour lui, Le tapis ininterrompu de nos pensées spontanées est invisible. Les artistes, les poètes ont la tâche de rendre perceptible la totalité invisible de notre être en relation avec le monde d'aujourd'hui, avec tous les mondes. L'expression de l'invisible n'a en soi aucune valeur marchande, elle parait donc inutile et pourtant elle est absolument nécessaire pour dynamiser notre présence au monde, tous les mondes.
    Il a publié une dizaine d'ouvrages poétiques dont, aux éditions Tétras Lyre : Chronique de monotonie, 1999. La nuit Le jour, 2007.

  • Homo saltans

    Demoulin

    "Homo saltans, l'homme qui danse... L'origine du texte? Une soirée à la campagne, une danse autour d'un grand feu à l'occasion d'une naissance. Ecrit en 1992, ce poème est illustré par Antoine Demoulin, le frère du poète. Il s'est inspiré du texte, entier, mais également de textes issus de la littérature mondiale, qu'ils soient littéraires ou philosophiques. « Sa création s'origine donc dans la mienne mais jouit d'une totale indépendance, ce qui me convient parfaitement: j'aime voir mes textes vivre indépendamment de moi. Antoine s'est complètement approprié mon texte, et il en a fait cette oeuvre personnelle que je trouve vraiment magnifique graphiquement » explique Laurent. En 2012, il a réécrit le texte en vers qu'Antoine a également calligraphié."

  • Danser dessous

    Carmelo Virone

    "Danser dessous est un recueil de poésie en trois sections. Les trois parties qui le composent répondent à une espèce de dialectique. « Coins cassés » fait écho à la violence -guerres, misère, exclusions- à laquelle nous sommes tous confrontés au quotidien. « Sommeil demeure » est davantage tourné vers l'intime : amour, amitiés, solitude... « Danser dessous », le long poème qui forme à lui seul la troisième partie du recueil offre une synthèse de l'intime et du collectif dans un monde bouleversé où tout est sens dessus dessous, à commencer par le langage lui-même.
    Le texte est structuré par tout un jeu d'oppositions, notamment entre notre culture et celle des Aborigènes, pour qui le rêve est plus réel que toute action qu'on peut exercer."

  • Sculptures

    Jooris Roland

    Ce recueil de Roland Jooris ne se lit pas comme des oeuvres complètes, ni une anthologie représentative qui contiendrait 'les poèmes emblématiques', mais un regroupement de vers qui, aux yeux du poète, l'ont mené à son travail d'aujourd'hui.
    La poésie de Jooris ne représente pas la réalité, mais évoque par elle-même un univers. Non pas un univers concret, mais une réalité sous-jacente, cachée sous la surface des choses. Par conséquent, le défi que cette poésie nous lance, n'est pas en premier lieu de voir, mais de percevoir. Loin d'un néoréaliste qui par la langue tenterait de s'emparer de la réalité, nous avons affaire à poète métaphysique qui, avec l'outil de la langue, dévoile un monde invisible qu'il rend saisissable.

  • Revolution

    Van Gasse Lies

    «Il s'agit d'une collection en tant que morceau de musique, dans lequel les mêmes thèmes sont intégrés à une composition, avec ici et là de belles improvisations, des variations» explique l'auteur elle-même.
    Le recueil Révolution de Lies Van Gasse se lit comme un tourbillon dans lequel nous risquons d'être entraînés, que nous le voulions ou non. Le pouvoir du langage de Lies Van Gasse est provocateur et addictif.

  • Un coeur lent

    Karel Logist

    Un coeur lent se déploie comme tétraptyque poétique. Moderne, mais parfois classique, la poétique du recueil épouse de multiples formes, fixes ou libres. Parfois métapoétique, le propos du recueil se laisse à lire comme des fragments des instants, de vie. Le narrateur questionne le monde proche qui l'entoure, avec la justesse, voire la sagesse du spectateur. Lucide, il ne s'empêche pas pour autant d'exploiter, par touche, une certaine sensualité descriptive. Dès lors, Un coeur lent se donne à nous comme une vision, personnelle, mais multiple d'une société perçue par le prisme de la poésie. Les textes sont accompagnés de photos de Serge Delaive.

  • La ville endormie

    Thibaut Creppe

    Comme d'un sommeil torturé dont on ne parvient à sortir, comme d'un songe que l'on ne saurait rejoindre, La Ville endormie rassemble les errances d'un je prisonnier des regards qu'il a croisés, des vies qu'il a menées, de ce qui n'est plus ou aurait pu être, l'empêchant seul parmi les autres de trouver le repos. Sans se figer dans une forme classique ou moderne, ces réflexions s'égrènent au long d'une rythmique libre, proche des ritournelles qui occupent ou obsèdent par leur éclat - parfois lumineux, souvent aveuglant. Et quand on essaye de dessiller son âme dans le souvenir des autres, on finit par se dire - de soi à soi - sans jamais plus réussir à s'oublier.

  • Estwales

    Jacqueline Boitte

    Èstwales est un recueil de poésie en wallon. Autour du thème hautement symbolique de l'étoile, le je poétique fait jaillir des images, des émotions et des souvenirs, comme des évidences, dans une poésie simple, qui peut être partagée par tous.
    Jacqueline Boitte a reçu le Prix triennal de Poésie en Langue régionale endogène décerné par la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2020 pour ce recueil.

  • Ce recueil, travail d'une dizaine d'années de la vie du poète, retrace les ressentis du je poétique avec des flashs du passé et du futur. Les poèmes se pressent les uns contre les autres, et semblent se dérouler presque malgré les réticences de ce je.
    «Pas de tempête entre les mains qui se disent faire le monde mais la mort ordinaire et les pauvres gestes cris d'amour me concernent vent et pavots.» Après lecture, le cours des choses n'est plus le même et on est appelé à s'arrêter un instant. Finalement, c'est cet instant qui est décisif pour le vécu du fameux « instant présent », un instant poétique nécessaire et vital.

  • André Romus qui, en cinquante ans d'activité littéraire, n'a publié que des poèmes, nous livre ici un récit poignant, servi par une langue simple et chatoyante. Si l'enfance avec ses colères, ses angoisses et ses espoirs est au coeur du questionnement, il s'agit plus d'en relever l'éternel présent que de proposer un recueil de souvenirs, de sentiments passés. Ainsi, les situations sont restituées de l'intérieur, avec humour et tendresse et ce qui sourd, au fil de la lecture, ce sont les mouvements de ceux que l'auteur est parvenu à ériger, pour notre plus grand plaisir, en personnages.

  • Une recette de cuisine en forme de conte noir, un banquet de complices, la solitude de leur proie : telle est la trame de ce poème qui allie l'ingénuité à la gravité. Qui sont ces morts? La victime? Les convives? Et que mange-t-on, exactement? Caroline Lamarche révèle et masque un crime qui, pour être particulier, n'en est pas moins universel. Une inquiétante et douce étrangeté qui a inspiré à Aurélie William Levaux une somptueuse réponse graphique.
    Caroline Lamarche, Aurélie William Levaux, deux rêveuses éveillées pour un secret bien gardé : celui de l'alchimie d'une création qui adosse à la maîtrise de l'outil - écriture, dessin - un imaginaire intensément féminin.

  • Palimpseste insistant est un recueil de poèmes-pastiches écrit par Laurent Demoulin. Composé au fil des ans et au gré des nombreuses lectures de son auteur, cet ouvrage se présente à nous comme un hommage à ces poètes et à ces écrivains de tous bords qui ont façonné l'histoire de notre littérature sous ses formes les plus diverses. Et si, entre toutes, c'est d'abord la poésie régulière qui se trouve mise à l'honneur ici, cela est moins pour réaffirmer, à l'encontre des modernes, une quelconque forme de supériorité de la rime et de la métrique, que pour retrouver l'importance et la singularité de celles-ci dans le paysage poétique actuel. Car non, pour Laurent Demoulin, il n'y a plus rien aujourd'hui de rétrograde à écrire en vers rimés et mesurés.

  • Lavis à l'encre

    Charles Ducal

    «Dans le poème "Le Flamand" Ducal écrit: "Je n'ai pas le talent de me traduire" et il conclut : "J'étouffe dans ma langue, la mienne, la seule". Ces vers révèlent une attitude ambigüe vis-à-vis du néerlandais. Comme le montre ce qui précède, la langue est d'une importance capitale en ce sens que la poésie nous apporte un univers parallèle qui fait contrepoids à notre existence banale. En même temps, l'usage de la langue relativement petite dont se sert le poète est ressenti comme une limitation. Avec cette excellente traduction française, un ultime rêve poétique se réalise. L'histoire intime qui grâce à la littérature se voit conférer une dimension plus large, reçoit à présent, grâce à cette conversion vers une grande langue, accès à un public plus large, ce qui en fera aussi une plus grande histoire.» (Extrait de la préface de Carl De Strycker).

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