Seuil

  • Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres qui constituent le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la Vie nue (Seuil, 1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : État d'exception (Seuil, 2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (Points Essais, 2015), Le Sacrement du langage (Vrin, 2009), Le Règne et la Gloire (Seuil, 2008), Opus Dei (Seuil, 2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (Payot-Rivages, 1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, Payot-Rivages, 2011 ; L'Usage des corps, Seuil, 2015). L'archéologie de la politique et de la philosophie occidentale dont il est question dans le projet Homo Sacer ne se borne pas à critiquer et corriger tel ou tel concept, telle ou telle institution politique de l'Occident, mais il s'agit plutôt de remettre en cause le lieu et la structure originaire mêmes de la politique et de l'ontologie, pour révéler l'arcanum imperii - le secret du pouvoir - qui en constitue le fondement et était resté à la fois pleinement exposé et obstinément dissimulé.

  • Ce volume donne une image riche, nuancée et authentique d'une jeune femme d'exception: non pas une sainte étrangère au monde, mais une personnalité audacieuse et libertine. amoureuse de la vie, qui tente de dompter des dons intellectuels et artistiques dont le foisonnement anarchique l'entrave. C'est aussi un merveilleux journal intime. la chronique minutieuse et inlassable d'une passion, avec ses moments exaltants et ses crises de jalousie. et en contrepoint des tentatives toujours recommencées pour reconquérir un peu de distance et de sérénité. En outre, ce qu'on n'a jamais dit, Etty Hillesum a beaucoup d'humour et un vrai talent satirique, qui éclate dans le tableau qu'elle brosse de son entourage, même dans les heures les plus tragiques. crin, cette oeuvre nous confronte au mystère d'un cheminement spirituel qui est un refuge sans être un rejet du monde et des hommes, qui semble au contraire être un acquiescement. parfois même un émerveillement, et ce au pire moment de notre histoire.

  • Ce volume réunit 13 des 23 ouvrages publiés par Freud et 7 de ses 123 articles. Leur point commun : Freud y traite de l'art, de la culture, de la politique, des origines de l'humanité. De la psychanalyse appliquée, en quelque sorte. D'où le titre donné au recueil, qui comprend :

    Livres (*) et articles .
    * L'Interprétation du rêve (1899-1900) .
    * Sur le rêve (1901) .
    * Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905) .
    * Le Délire et les rêves dans Gradiva de W. Jensen (1907) .
    « L'Auteur et l'Imagination » (1908) .
    * Cinq conférences sur la psychanalyse (1909) .
    « Sur le sens contradictoire des mots primitifs » (1910) .
    * Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910) .
    * Totem et tabou (1912-1913) .
    « Le Motif du choix entre les coffrets » (1913) .
    « Le Moïse de Michel-Ange » (1914) .
    « Une difficulté de la psychanalyse » (1917) .
    « Un souvenir d'enfance dans Poésie et vérité » (1917) .
    « L'Inquiétante étrangeté » (1919) .
    * Au-delà du principe de plaisir (1920) .
    * Psychologie de masse et analyse du Moi (1920) .
    * Le Moi et le Ça (1923) .
    * L'Avenir d'une illusion (1927) .
    * Le Malaise dans la civilisation (1930) .
    * L'Homme Moïse et la religion monothéiste (1939) .

    On a ajouté à l'apparat critique des éditions originales en poche, un index des noms et une chronologie très fournie, en fin de volume.
    Préface d'Élisabeth Roudinesco, postface de Jean-Pierre Lefebvre, directeur du programme de la « petite bibliothèque Freud » au Seuil.

  • Il aura fallu attendre 1999 pour que J. M. Coetzee, aussi réputé pour ses romans que pour sa réticence à parler de lui, sorte de l'ombre et décide dans un premier récit autobiographique, Scènes de la vie d'un jeune garçon, de nous restituer la fraîcheur, la spontanéité de son enfance sud-africaine, entre deux langues et plusieurs cultures.

    Dans le deuxième volet, Vers l'âge d'homme, le futur auteur de Disgrâce poursuit sa quête identitaire, s'exilant à Londres pour échapper au carcan familial, fuir les tensions de son pays déchiré par l'apartheid, consacrer enfin sa vie à l'art. Malgré la frustration et la solitude, c'est le temps des révélations ? celle, notamment, de Samuel Beckett, modèle ultime de l'oeuvre à venir. Troisième saison : dans L'Été de la vie un universitaire anglais entreprend d'écrire la biographie posthume de « Citizen Coetzee » (supposé mort en Australie en 2003, l'année de son prix Nobel !) en interrogeant ceux qui l'ont connu dans les années soixante-dix. Au fil de cette traversée romanesque, perçant la cuirasse de la pudeur et explorant toutes les provinces d'un coeur tourmenté, l'un des plus grands écrivains de notre temps se dévoile sous un jour rare, souvent poignant, parfois malicieux, toujours passionnant.

  • Agota Kristof a cessé d'écrire, mais cette oeuvre si insolite, si dérangeante reste d'une actualité absolue. Il était temps d'en offrir une vision d'ensemble, en allant au-delà de la " Trilogie des Jumeaux ". Ce volume Opus réunit donc les quatre romans d'Agota Kristof : Le Grand Cahier,La Preuve, Le Troisième Mensonge, Hier-les nouvelles et récits bref de C'est égal -l'intégralité des pièces de théâtre, à savoir : John et Joe, La Clé de l'ascenseur, Un ratquipasse, L'Heure grise ou le dernier client, Le Monstre, La Route, L'Epidémie, L'Expiation, et enfin,inédit en France, Line, le temps. En exergue à ces regards croisés sur la condition humaine, où l'humour (noir) le dispute à la gravité, on aurait pu placer ces mots : " Si triste que soit un livre, il ne peut jamais être aussi triste qu'une vie. " - Agota Kristof est née en 1935 en Hongrie, Csikvand. Elle s'enfuit de son pays en 1956, arrive en Suisse où elle travaille en usine. Puis elle apprend le français et écrit pour le théâtre. En 1987, elle connaît une renommée internationale avec son premier roman, Le Grand Cahier, qui est traduit maintenant dans plus de cinquante langues.

  • La méthode

    Edgar Morin

    Voici rassemblés les six volumes de la méthode, dont la publication s'est échelonnée sur presque trente ans, de 1977 a 2006. Penseur de la complexité, Edgar Morin définit ainsi le projet de cette fresque sans équivalent : " Nous avons besoin d'une méthode de connaissance qui traduise la complexité du réel, reconnaisse l'existence des êtres, approche le mystère des choses ".

  • - L'Opus regroupe six titres (cinq romans et une pièce de théâtre) :Les Soleils des Indépendances (1970) :Depuis l'ère des Indépendances, la République de la Côte des Ebènes est en proie à de profonds bouleversements. Fama, prince déchu de la lignée des Doumbouya, respecte malgré tout la tradition des Anciens. Il organise les processions funéraires et prie Allah pour que sa femme, la belle Salimata, lui donne enfin un enfant...Monnè, outrages et défis (1990) :Le roi Djigui Keita règne sur ses terres lorsqu'il voit arriver les "Nazaréens" de Faidherbe. Il décide de résister, mais petit à petit devient l'infortuné complice des envahisseurs et conduit son peuple vers le "monnè" (l'outrage en malinké) de la colonisation, au terme de ses 120 ans de règne.En attendant le vote des bêtes sauvages (1998) :Dans un pays africain imaginaire, le vénérable président-dictateur Koyaga écoute, durant six veillées, les louanges chantées en son honneur. Repu de compliments, il ne soupçonne pas l'ambiguïté et les féroces critiques que ces flatteries dissimulent...Allah n'est pas obligé (2000) :Un enfant-soldat du Liberia, Birahima, raconte comment il tue des gens pour gagner sa vie. L'errance, la guerre, les pillages, les massacres, les copains qui tombent sous les balles... Témoin lucide et fataliste, il nous offre l'image terrifiante d'une Afrique qui sacrifie ses enfants.Quand on refuse, on dit non (2004) :Birahima, l'enfant-soldat malicieux et espiègle d' Allah n'est pas obligé, est pris dans la tourmente d'une nouvelle guerre tribale en Côte-d'Ivoire. Fasciné par la beauté et l'intelligence de Fanta, la jeune fille d'un iman, il accepte de l'escoter en zone rebelle. Elle lui raconte l'histoire de leur pays...Le Diseur de vérité (1998) :L'unique pièce de théâtre de l'écrivain, qui raconte les travers et les mensonges de l'histoire; cette pièce lui valut un exil de vingt ans.

    Ahmadou Kouroumal a reçu le prix du Livre Inter (1999) pour En attendant le vote des bêtes sauvages et le prix Renaudot 2000 pour Allah n'est pas obligé.

  • À travers son détective Pepe Carvalho, Montalbán se livre à une analyse de la société espagnole au sortir du franquisme. Dès la première enquête, Tatouage, les personnages évoluent dans l'univers de leur auteur : la Barcelone de la fin des années soixante-dix, avec ses bars louches, ses maquereaux, ses prostituées, les séquelles de la police franquiste, les milieux anarchistes et les partis de gauche ( Meurtre au Comité central ), le monde des affaires ( Les Mers du sud ). L'une après l'autre, les enquêtes de Pepe Carvalho reflètent les conflits personnels et sociaux de l'Espagne vus par les yeux d'un alter ego de l'auteur, sceptique et désabusé, hédoniste et jouisseur : Pepe Carvalho, fin gourmet, a pour maîtresse Charo, une prostituée libérée et libérale du Barrio chino et pour secrétaire-cuisinier Biscuter, un ancien détenu de droit commun des geôles franquistes.Mythique, la série constitue une oeuvre incontestablement originale qui redonne vie avec une remarquable intensité à une Barcelone aujourd'hui disparue agitée par les soubresauts d'un monde passant d'un siècle à l'autre.

  • Religions, rationalités, politique contient l'univers, les dieux, les hommes ; les origines de la pensée grecque ; mythe et pensée chez les grecs ; mythe et société en grèce ancienne ; mythe et religion en grèce ancienne ; l'individu, la mort, l'amour ; la mort dans les yeux ; religions, histoires, raisons ; entre mythe et politique et la traversée des frontières mais aussi les écrits issus d'ouvrages collectifs, notamment mythe et tragédie en grèce ancienne et les ruses de l'intelligence, la mètis des grecs.
    Plusieurs index - index des notions et des figures mythiques, index des noms anciens, index des noms d'auteurs modernes - viennent compléter cet ouvrage de référence.

  • On pourrait dire que les nombreuses vies de François Maspero, libraire-éditeur, écrivain, traducteur, sont les brouillons d'une oeuvre littéraire plurielle faite de romans, de récits, de témoignages, de livres de voyages. Les ouvrages ici réunis regroupent cinq oeuvres de fiction, traversées par un fil rouge qui les explique et parcourt la vie même de l'auteur : la confrontation à l'histoire. L'enfance, la guerre, la disparition des êtres aimés, l'engagement aux côtés de l'indépendance algérienne puis des peuples opprimés du Tiers-Monde, la fin des dictatures latino-américaines, qui n'est pas synonyme de la fin du Mal, les Balkans.
    Les personnages se retrouvent de livre en livre, s'engagent, s'interrogent, se répondent avec une rare tendresse, vieillissent en même temps que leur auteur, et à la fin de ce cycle se demandent s'il y a encore une place dans le monde pour ceux qui se sont battus, ont résisté, connu la prison et l'exil, rêvé d'amour. L'oeuvre littéraire de François Maspero est en quelque sorte la chronique d'un demi-siècle de combats et d'espérance, portée par l'émotion et le style d'un grand écrivain.

  • Les trois enquêtes de ce deuxième volume ont été écrites entre 1977 et 1984, c'est-à-dire pendant les années où l'Espagne se grise de société permissive : movida, cartes de crédits, salons de massage, sexe à gogo, drogue et magouilles, alors que les nouveaux maîtres de la société néo-libérale sont déjà en train de prendre le contrôle des affaires. Ce n'est donc pas un hasard si les meurtres concernent des hommes d'affaires appartenant à des multinationales, des femmes disparues au coeur de la jungle et des bordels thailandais, des marins qui se terrent aux Caraïbes, paysages de tous les fantasmes de l'Occident. Carvalho est là, en justicier et analyste lucide, avec ses recettes de cuisine, sa manie de brûler les livres, sa méfiance envers tous les pouvoirs, son amour de Barcelone et son pessimisme désabusé.
    Redécouvrir Montalban à travers son détective et alter ego Pepe Carvalho force l'admiration pour un écrivain qui a révolutionné le genre poplicier.

  • À la fin des années quatre-vingts et au début des années quatre-vingt dix, Pepe Carvalho, vieilli et fatigué contemple la disparition progressive de la vieille Europe et l'émergence d'un néo-libéralisme incarné dans la transformation de Barcelone en ville olympique. On peut affirmer sans crainte que les trois romans de ce volume sont visionnaires et annoncent le paysage du XXIe siècle tel qu'il se dessine aujourd'hui. Dans l'espace clos des Thermes, métaphore d'une unification européenne vouée à l'échec et où s'agite le monde cosmopolite et individualiste des bourgeoisies en voie de mondialisation, on s'entretue, on meurt beaucoup et on mange peu. En écrivant Hors jeu, Montalbán n'imaginait sans doute pas jusqu'où irait la corruption du monde du football, l'enrichissement de ses clubs ni le drame qu'a entrainé pour l'Espagne une spéculation immobilière encore balbutiante à la veille des Jeux Olympiques de 1992. Et dans Le Labyrinthe grec, Carvalho n'est qu'un simple spectateur de la mort, impuissant à découvrir l'assassin qui n'est plus un individu mais bien le système lui-même. Pourtant, dans ces deux derniers romans, Pepe semble prendre sa revanche sur l'aventure des Thermes et cuisine plus que jamais, les fourneaux étant sans doute la meilleure des consolations lorsque le vieux monde se dérobe.

  • Meurtriers sans visage, 1991 en Suède, 1994 en France (chez Bourgois)Un matin de janvier 1990, un couple de vieux paysans bien tranquilles est découvert sauvagement assassiné chez lui. Le mot " étranger " que la femme a seulement la force de balbutier, déclenche des événements violents, dont un meurtre raciste en plein jour et un incendie volontaire.Les Chiens de Riga,1992 en Suède, 2003 au SeuilFévrier 1991. Un canot pneumatique s'échoue sur une plage de Scanie. Il contient les corps de deux hommes exécutés d'une balle dans le coeur. L'origine du canot est vite établie : de fabrication yougoslave à l'usage des Soviétiques et de leurs satellites. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d'origine russe liés à la mafia.La Lionne blanche, 1993 en Suède, 2004 au SeuilEn Scanie, Louise Åkerblom, agente immobilière et jeune mère de famille disparaît dans des conditions mystérieuses. Pendant ce temps en Afrique du Sud, un groupe d'Afrikaners fanatiques prépare avec soin un attentat contre une importante figure politique (Mandela ?). Quelques jours plus tard, aux environs d'Ystad, le corps de Louise, le front troué d'une balle, est repêché dans un puits. Les policiers découvrent sur les lieux du crime le doigt tranché d'un homme noir. Y aurait-il un lien entre les deux affaires ?

  • Les Morts de la Saint-Jean (1997 en Suède, 2001 au Seuil) : le crime gratuit, pur produit de nos sociétésJuin 1996. Nuit de la Saint-Jean. Les étranges jeux de rôle auxquels se livrent trois jeunes gens tournent au drame. Août 1996, un proche collègue de Wallander est retrouvé mort, défiguré. Qui était véritablement ce policier ? Sa mort est-elle liée à celle des trois jeunes gens ? Wallander a pour seuls indices deux photographies : celle des jeunes gens costumés, et un portrait de femme trop maquillée.

    La Muraille invisible (1998 en Suède, 2002 au Seuil) : La vulnérabilité des sociétés hyper informatisées.Falk, consultant en informatique, s'écroule mort devant un distributeur bancaire. Au même moment, deux adolescentes tuent à coups de marteau un chauffeur de taxi. L'une s'enfuit du commissariat. Son corps est retrouvé à l'intérieur d'un transformateur à haute tension. Puis Wallander découvre le sanctuaire clandestin informatisé de Falk : les centres financiers de la planète sont menacés par un ennemi omniprésent, et invisible.

    L'Homme inquiet (2009 en suède, 2010 au Seuil) : Evocations de la guerre froide. Fragilité de l'homme face à la maladie.Wallander, à présent grand-père, s'est retiré à la campagne. Quiétude vite troublée : le beau-père de sa fille, ancien officier de marine haut gradé, disparaît après avoir évoqué avec Wallander la guerre froide et les sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises. Puis la belle-mère est retrouvée morte. Soupçons d'espionnage. Au profit de qui ? Wallander mène sa dernière enquête et amorce simultanément sa propre plongée en profondeur.

  • L'homme qui souriait (1994 en Suède, 2005 en France) : trafic d'organes humainsLe commissaire Wallander apprend l'assassinat d'un ami, un avocat, à qui il avait refusé d'enquêter sur la mort suspecte de son père. Il s'engage alors dans une traque, découvre un réseau criminel d'une nature atroce orchestré par un homme singulier, élégant et sûr de lui, à qui tous obéissent, un homme qui sourit toujours.Le guerrier solitaire (1995 en Suède, 1999 au Seuil) : jeunes filles prostituées et enfants martyrs1994, été caniculaire. La torpeur d'Ystad est rompue par le suicide d'une jeune fille qui s'immole par le feu dans un champ de colza. Peu après, se déclenche une série de meurtres d'une sauvagerie terrifiante. Quel rapport y-a-t-il entre les victimes du tueur, un ancien ministre en retraite, un riche marchand d'art, ou un petit truand sans envergure ? Pourquoi les victimes sont-elles scalpées ? Quel lien entre la jeune suicidée et ces meurtres ?

    La Cinquième Femme (1996 en Suède, au Seuil 2000) : la violence faite aux femmesSeptembre 1994. Une série de meurtres de citoyens apparemment paisibles frappe la Scanie: un vieil ornithologue empalé dans un fossé, un passionné d'orchidées ligoté à un arbre et étranglé, un chercheur à l'université, noyé dans un sac lesté de pierres. Pourquoi cette férocité et ces mises en scène sadiques ? Et si le crime était la vengeance d'une autre victime contre ses bourreaux ?

  • Devenue centenaire en 2007, germaine tillion a eu un destin exemplaire et a produit une oeuvre remarquable.
    Son désir de comprendre les hommes et leurs sociétés lui a permis de devenir une ethnologue et une historienne exigeante. son sens irréductible de la justice en a fait l'une des premières résistantes en france, en 1940 - un combat interrompu par son arrestation et sa déportation à ravensbrück. au moment de la guerre d'algérie, l'ethnologue spécialiste de ce pays ne peut rester indifférente : elle emploie toute son énergie pour empêcher l'horreur et agir.
    Sans jamais se prendre pour une incarnation du bien, germaine tillion a écrit l'une des pages les plus lumineuses de l'histoire de france au xxe siècle. combats de guerre et de paix contient trois de ses grands ouvrages : a la recherche du vrai et du juste, qui réunit l'ensemble de ses interventions dans la vie publique (1941-2000) ; l'afrique bascule vers l'avenir, une analyse de la situation algérienne publiée en 1957, complétée en 1999 ; enfin les ennemis complémentaires, son livre sur la guerre d'algérie paru en 1960, qu'elle continuera de réécrire jusqu'en 1998.
    La réédition de ces textes a été coordonnée par tzvetan todorov, le président de l'association germaine-tillion.

  • Ce recueil rassemble cinq romans importants, cinq histoires où il sera question d'un enfant - ballotté, mal né, nié dans son corps. Un seul sujet : la violence de la vie.
    L'oeuvre de TAHAR BEN JELLOUN, peuplée d'errants de toutes sortes, peut se lire comme une vaste quête initiatique. Elle touche des publics universels : un éclat dont il faut rechercher l'origine dans une forme romanesque héritée de la littérature arabe classique, mais au fond tout à fait singulière. Ici, les charmes et les embuscades du conte à l'orientale conduisent le lecteur vers des contrées dont il ne soupçonne guère le danger. Enfance saccagée, folie et sagesse, désir et cruauté, malentendu de l'homme et de la femme. Un seul sujet : la violence de la vie.


    Ce recueil rassemble cinq romans importants, dont l'unité est évidente. Cinq histoires où il sera question d'un enfant mal né, ballotté, nié dans son corps. Jamais d'enfance heureuse.

    Le premier d'entre eux est retrouvé abandonné au milieu des tombes du cimetière de Fès, dans La Prière de l'absent. Cette découverte conduira deux vagabondssur les traces d'un héros de la résistance marocaine.

    Dans L'Enfant de sable, un père de famille vit dans la honte de ne pas avoir d'héritier mâle, et décide que le prochain, quel qu'il soit, s'appellera Ahmed. L'enfant naît : c'est une fille. Qu'importe, elle sera élevée dans l'ignorance de son propre sexe.

    Nous la retrouvons dans La Nuit sacrée. C'est désormais une vieille dame. Elle aura dû attendre ses vingt ans pour que son père la reconnaisse comme femme.

    Avec Les Yeux baissés, une autre jeune fille doit s'arracher à la sécurité de son village pour suivre sa famille à Paris.

    Quant à Zina, l'héroïne de La Nuit de l'erreur, sa seule faute est d'avoir été conçue la nuit où mourait son grand-père. Frappée par le sort, elle se vengera des hommes par une séduction empoisonnée.

  • Cet « Opus » rassemble six essais de Galbraith, publiés dans les 20 dernières années de sa vie. Si l'on peut définir l'hétérodoxie en économie comme le refus de la doxa simpliste des néolibéraux anglo-saxons et le développement d'une analyse plus complexe, qui intègre l'héritage de Smith, Marx, Veblen et Keynes, alors le testament intellectuel livré dans ces essais est une riche illustration de cette approche. Et ce, dans trois directions. 1°) La relecture de l'histoire. L'Économie en perspective (1987) retrace le parcours de la pensée économique depuis Aristote, en la resituant dans son contexte politique et culturel. C'est là un outil pédagogique original pour l'étudiant et passionnant pour le citoyen, tant la lecture en reste aisée et vivante. Dans Voyage dans le temps économique (1994), Galbraith réalise le même tour de force de synthèse et de clarté en racontant l'histoire économique et politique du monde au XXème siècle. 2°) La critique et la refondation de la démocratie. Anatomie du pouvoir (1983) propose une analyse originale des sources et des instruments du pouvoir politique et montre notamment leur mutation vers des formes qui privilégient la manipulation psychologique et le rôle des grandes organisations. La République des satisfaits (1992) est une critique radicale de la démocratie américaine où s'installe la domination des riches satisfaits d'eux-mêmes, et où la politique est impuissante à représenter et défendre les intérêts des classes populaires. 3°) La critique et la refondation du capitalisme et de l'économie de marché. La Brève histoire de l'euphorie financière (1990) démontre et raconte l'inéluctable propension du capitalisme à engendrer des crises elles-mêmes nourries par la spéculation. Pour une société meilleure (1996) tente de dessiner une alternative : une économie où la réduction de inégalités et la cohésion sociale sont compatibles avec un capitalisme régulé.

  • Quel peut-être l'utilité civique de l'Histoire ? Les essais ici regroupés répondent à cette question de diverses façons.

    Soucieux d'éclairer la vie publique en faisant surgir du passé des références pour le présent, Jean-Noël Jeanneney a forgé l'expression de « concordance des temps » qui donne son titre au recueil de chroniques du Monde repris dans ce volume. La Leçon d'Histoire pour une gauche au pouvoir met en lumière l'actualité d'une expérience ancienne, celle du Cartel des gauches de 1924-1926, avec l'ambition de contribuer à prévenir un échec de ce camp après un succès électoral. L'Avenir vient de loin propose de raviver les valeurs de la gauche en faisant appel à l'intermédiaire de plusieurs grandes figures, de Victor Hugo à Jean Jaurès, Clemenceau et Léon Blum. Au lendemain du procès Papon, Le Passé dans le prétoire démêle les fils du jeu compliqué, parfois violent, qui tisse les relations entre la Justice et l'Histoire, sous le regard de la presse, et cet ouvrage jette une lumière neuve sur le dialogue d'une nation avec son passé. L'Histoire va-t-elle plus vite ? traite des différentes temporalités qui sont à l'oeuvre dans le fonctionnement des démocraties et de l'évolution de leur mémoire collective, pour servir à une analyse plus sereine et plus sagace des défis contemporains.

    Une longue préface inédite, qui s'interroge sur la place du hasard en Histoire, complète cet ensemble.

  • L'opus regroupe trois ouvrages :Les Flamboyants : Voici une saga de l'Afrique moderne légendaire centrée autour d'un général roi fou, véritable héros d'épopée, de western et de bande dessinée. Une guerre, une révolution, une quête du sacré s'enchaïnent dans un foisonnement de vie végétale et animale. Dans tout ce roman règne l'arbre tropical, symbole de cette aventure baroque.Le Paradis des orages : A travers le récit de plusieurs liaisons amoureuses, le narrateur du Paradis des orages compose un autoportrait sensuel et sensible, sans feinte ni fausse pudeur.L'Orgie, la neige : Le narrateur revient sur son enfance, un hiver 1962 en Normandie. Il retrouve la violence de son adolescence, ses premiers émois amoureux, les parties de chasse avec son père. C'est l'orgie, la neige, une saison pour découvrir le secret de sa naissance, les audaces et les angoisses de l'amour.

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