Minuit

  • " il est d'une importance qui dépasse de loin les effets immédiats que l'opposition de la jeunesse contre la "société d'abondance" lie rébellion instinctuelle et rébellion politique.
    La lutte contre le système, qui n'est portée par aucun mouvement de masse, qui n'est impulsée par aucune organisation effective, qui n'est guidée par aucune théorie positive, gagne dans cette liaison une dimension profonde qui compensera peut-être un jour le caractère diffus et la faiblesse numérique de cette opposition. "

  • Eros

    Andreas-Salome

    • Minuit
    • 1 Avril 1984

    Ces quatre essais sur l'amour et le sexe sont de nature et d'écriture diverses : les deux premiers, destinés à la revue littéraire et philosophique de l'avant-garde berlinoise, au début du siècle, datent de la liaison avec rilke, des deux voyages en russie et de leur rupture : sous leur aspect analytique, ils contiennent, entre les lignes, des aveux passionnés et une défense de la forme féminine de l'amour, dont rilke devait tenir compte, bien plus tard, dans le malte laurids brigge de 1911 et dans la troisième elégie de duino.
    Le second est en réalité un traité complet, offert à martin buber, et une contribution à l'effort du penseur juif pour définir ce que d'autres esprits inquiets cherchaient alors, au moment oú sombraient la civilisation européenne : "une sorte d'humanisme nouveau", écrira hermann hesse dans le demian de 1919. pour lou salomé, la femme y revendiquera sa place, sa liberté, son action spécifique, et toutes les formes d'amour s'y intégreront, y compris celles que rejetait alors un "racisme sexuel" qui n'a pas tout à fait disparu.
    Le dernier texte est, après son adhésion à la pensée freudienne, une somme de ce qu'elle doit à son maître - et aussi une revue des points sur lesquels lou diffère de lui, et maintiendra toujours sa pensée propre. ces travaux de deux décennies jalonnent donc l'évolution de sa réflexion et de sa sensibilité, qu'on ne peut en séparer; tous portent la marque d'une personnalité dont la richesse, l'indépendance et la générosité ont paru exceptionnelles, de manière diverse, aussi bien à nietzsche, l'ami de sa jeunesse, qu'à celui de sa maturité, rilke, et à freud.
    Dans le dernier, publié en 1917, on verra, tout à la fin, la révolte discrète et ferme de la femme contre les pulsions de mort masculines et la guerre qui les a libérées : elle proteste au nom de toutes les mères, dans tous les camps. ce petit livre est plus et mieux encore qu'une invite à réfléchir sur la place de la sexualité dans la totalité de la vie de l'esprit, fût-ce la plus haute mystique, et sur la direction que devrait prendre la révolte de la femme contre les idéologies sexistes : c'est un auto-portrait d'une "penseuse libre" (mais non d'une libre-penseuse, car lou est toujours restée ardemment croyante, bien qu'à l'écart de toutes les eglises) : sa franchise et la justesse de ses vues demeurent pour nous, comme pour ses contemporains, irrésistibles.

  • éros et civilisation

    Hebert Marcuse

    • Minuit
    • 1 Novembre 1963

    La libre satisfaction des besoins instinctuels de l'homme est-elle compatible avec l'existence d'une société civilisée ? C'est à cette question qu'essaie de répondre la présente étude. Prolongeant la pensée de Hegel, de Marx et de Freud, ce livre ne révèle ni de la psychologie des profondeurs, ni de la philosophie, ni de l'anthropologie, ni de l'interprétation des mythes, ni de la sociologie des systèmes culturels ; il est pourtant tout cela à la fois. La thèse de Freud, selon laquelle le bonheur n'est pas une valeur culturelle, est radicalement mise en question. Le pessimisme freudien, lié à la structure de la société répressive, est situé dans son contexte historique, et l'auteur montre qu'une civilisation est finalement possible qui ne serait pas payée au prix d'une restriction quasi totale de la vie instinctuelle. L'ouvrage de Herbert Marcuse offre la première synthèse entre psychanalyse théorique et marxisme ouvert.

  • La guerre des juifs

    Flavius Josèphe

    • Minuit
    • 1 Janvier 1977

    Né à Jérusalem, prêtre et descendant des rois, Joseph fils de Matthias reçut l'éducation d'un rabbin et fréquenta toutes les sectes qui se partageaient le judaïsme. Mais, au lieu de devenir un docteur, il fait partie d'une ambassade à Rome, puis, quand la guerre éclate, prend un commandement en Galilée. Vaincu et fait prisonnier, il passe dès lors aux Romains. Le nouveau Titus Flavius Josephus assiste à la chute de Jérusalem, et nous lui devons le seul récit complet de la guerre de 66-73, jusqu'à la chute de Masada, que l'on ne connaît que par lui. L'oeuvre de ce juif pieux nous a été transmise par les chrétiens, qui l'ont souvent considérée comme une sorte de « cinquième évangile ».
    La présente édition, établie à partir du texte publié par Josèphe, dans une traduction nouvelle de Pierre Savinel, est précédée d'une introduction de Pierre Vidal-Naquet qui, situant l'ouvrage dans son contexte historique et idéologique à la lumière des connaissances actuelles, lui redonne sa place exceptionnelle au centre des polémiques rattachées à l'identité juive depuis vingt siècles.

  • Six leçons sur le son et le sens

    Roman Jakobson

    • Minuit
    • 1 Octobre 1976

    Les " six leçons sur le son et le sens " furent données en 1942 par roman jakobson à l'ecole libre des hautes études, que des savants français et belges exilés venaient de fonder à new york.
    Ces cours furent suivis, entre autres, par des professeurs de l'ecole comme henri grégoire, jacques hadamard et claude lévi-strauss, ainsi que par des linguistes comme j. mattoso câmara, paul l. garvin, charles f. hockett, henry m. hoenigswald et thomas a. sebeok. n'ayant pas à l'époque l'habitude de parler français en public, roman jakobson avait rédigé d'avance des notes très complètes, inédites à ce jour, et qui n'ont subi, dans la présente édition, que de légères modifications de forme.

  • La culpabilité allemande

    Karl Jaspers

    • Minuit
    • 8 Novembre 1990

    " celui qui est resté passif sait qu'il s'est rendu moralement coupable chaque fois qu'il a manqué à l'appel, faute d'avoir saisi n'importe quelle occasion d'agir pour protéger ceux qui se trouvaient menacés, pour diminuer l'injustice, pour résister.
    Même lorsqu'on se soumettait par impuissance, il restait toujours du jeu permettant une activité, certes non exempte de danger, mais que la prudence pouvait pourtant rendre efficace.
    On se reconnaîtra, en tant qu'individu, moralement coupable d'avoir par crainte laisser échapper de telles chances d'agir.
    L'aveuglement devant le malheur des autres, cette absence d'imagination du coeur, et l'indifférence intérieure au malheur même qui frappe la vue, tout cela constitue une culpabilité morale.
    ".

  • Sophocle

    Reinhard

    • Minuit
    • 1 Mars 1971
  • Héraclite et la philosophie

    Kostas Axelos

    • Minuit
    • 1 Mars 1962

    Pour comprendre la dialectique - platonicienne, théologique et chrétienne, hégélienne et marxiste - il faut remonter à héraclite, chez qui nous rencontrons une pensée originelle, avant la constitution systématique de la philosophie et de la métaphysique, avant le fractionnement des disciplines (en logique, théologie, métaphysique, physique, biologie, anthropologie, éthique, politique et esthétique).
    On s'efforce de présenter ici la pensée d'héraclite dans son ensemble cohérent, dans sa totalité fragmentée et fragmentaire. car cette pensée, qui reconnaît la vérité de l'errance et la puissance de la bêtise, contient déjà les pensées qui se développèrent ensuite dans les perspectives autonomisées ; elle éclaire toute la problématique de la fondation et du dépassement de la philosophie. il s'agissait donc de grouper autour des grands foyers - du logos, du cosmos, du divin, de l'homme, de la cité - les fragments qui s'y rapportent le plus explicitement, tous les fragments émanant d'un même centre et convergeant vers lui : l'être en devenir de la totalité une, le jeu suprême.

  • Le cinéma ou l'homme imaginaire ; essai d'anthropologie

    Edgar Morin

    • Minuit
    • 1 Avril 1958

    L'art du cinéma, l'industrie du film ne sont que les parties émergées à notre conscience d'un phénomène qu'il nous faut essayer de saisir dans sa plénitude. Mais la partie immergée, cette évidence obscure, se confond avec notre propre substance humaine, elle-même évidente et obscure, comme le battement de notre coeur, les passions de notre âme. Avec le cinéma nous entrons dans les ténèbres d'une grotte artificielle. Une poussière lumineuse se projette et danse sur un écran ; nos regards s'y abreuvent ; elle prend corps et vie ; elle nous entraîne dans une aventure errante : nous franchissons les temps et les espaces, jusqu'à ce qu'une musique solennelle dissolve les ombres sur la toile redevenue blanche. Nous sortons, et nous parlons des qualités et des défauts d'un film. Interroger le cinéma, l'envisager dans sa totalité humaine, tel est le dessein du présent ouvrage.

  • Strindberg et Van Gogh

    Karl Jaspers

    • Minuit
    • 1 Avril 1970
  • Le dialogue avec Heidegger t.1 ; philosophie grecque

    Jean Beaufret

    • Minuit
    • 1 Février 1973

    Les études qui composent ce recueil sont autant d'étapes dans l'approche d'une pensée encore secrète, celle de martin heidegger.
    Son unique question est peut-être : qu'est-ce que la philosophie ? on peut dire de toute grande philosophie ce que hegel disait de la philosophie de descartes, à savoir que c'est " tout à son départ qu'elle reprend à nouveau la question ". cette reprise initiale d'une même question apparaît chaque fois qu'elle est portée à la parole ; comme ayant la portée d'une thèse sur l'être. c'est ainsi que, selon le mot de valéry : " penseurs sont gens qui re-pensent et qui pensent que ce qui fut pensé ne fut jamais assez pensé ".
    Mais ces thèses sur l'être, dont le début est grec, et qui, pendant plus de deux millénaires, a rempli l'espace d'une histoire dite de la philosophie, d'oú tient-elle son commencement ? et de là peut-être son unité encore non pensée ? commencer (entrer dans la question) et débuter (y prendre le départ) font deux. dans tout début s'abrite l'énigme d'un commencement qu'il appartient au début de laisser dans l'ombre.
    Les grecs sont, en philosophie, nos débutants. c'est à partir d'eux et d'eux seulement que philosophie il y a. mais d'oú ont-ils commencé ? d'oú ont-ils été eux-mêmes commencés, c'est-à-dire initiés à leur propre début ? la parole grecque, sur ce point, demeure énigmatique.

  • Dialogue avec heidegger t.2 ; philosophie moderne

    Jean Beaufret

    • Minuit
    • 18 Novembre 2020

    Descartes, selon Hegel, est le héros de la philosophie moderne. Si l'affaire de la philosophie était déjà pour Platon celle de la « vérité de l'étant », il s'agit donc d'une nouvelle décision concernant l'essence même de la vérité. Au sens de Descartes, celle-ci est, dans son fond, certitude. À la différence des philosophes modernes pour qui, de Descartes à Nietzsche, l'entreprise grecque était déjà projet de certitude, Heidegger conçoit la certitude et le mode d'assurance qu'elle comporte comme l'interprétation cartésienne de la vérité. De conséquence qu'elle était pour les Grecs, la sûreté devient avec Descartes principe. Là où s'établit l'homme nouveau, autrement dit le Sujet, certitude et méthode vont de pair. Leur combiné se nomme science. La philosophie moderne est alors le pays même des sciences dont elle exige le développement.
    Pour la méthode au sens moderne, les sciences avec leur certitude constituent cependant un domaine encore trop étroit. C'est pourquoi Nietzsche oppose à la méthode scientifique qui demeure en deçà du bien et du mal un nouveau « projet méthodologique » qui se déploiera au-delà de leur distinction, jusque-là où les deux « coïncident ». En quoi Nietzsche provient de Descartes, dont il promeut à son insu et pousse à bout l'initiative, mettant plutôt un point final aux « temps modernes » qu'il n'ouvre un nouvel horizon.

  • La philosophie de Nietzsche

    Eugen Fink

    • Minuit
    • 1 Avril 1965

    Eugen fink repense nietzsche à la fois à partir de toute la tradition philosophique et en direction d'une pensée neuve et métaphilosophique.
    Hegel, marx, husserl et heidegger accompagnent discrètement cette tentative d'interprétation ouvrante.
    Remontant jusqu'à la pensée poétique d'héraclite et anticipant le proche et le lointain avenir, fink fait surgir l'intuition centrale du penseur de la mort de dieu et de la volonté de puissance, du nihilisme et du retour éternel du même. car nietzsche qui essaie de dépasser la philosophie et la métaphysique, vise à montrer que tout sens est intérieur au monde, le monde lui-même n'ayant pas de sens, puisqu'il se déploie comme jeu.

  • Le règne de la critique

    Reinhart Koselleck

    • Minuit
    • 1 Septembre 1979
  • Dialogue avec Heidegger t.3 ; approche de Heidegger

    Jean Beaufret

    • Minuit
    • 18 Novembre 2020

    Les textes jusqu'ici proposés au lecteur ne rejoignaient Heidegger qu'à partir des penseurs dont la parole avait avant lui porté au langage la question de l'être en mode philosophique. Heidegger cependant n'est pas un nouveau philosophe. Sa pensée n'est pas une nouvelle « thèse sur l'être » qui répondrait encore une fois à la question de l'étant par où il est. Avec lui, c'est bien plutôt cette question qui devient à son tour question. Sur quoi repose donc la possibilité même de la question posée traditionnellement par toute philosophie, sans que jamais aucune ne se soit avisée de ce qu'abrite en elle, dans l'inapparence du « non-dit », une telle question ? Cette tentative d'approche de la question de l'être est par elle-même l'unique approche possible de la pensée de Heidegger.

  • De la phénoménologie

    Fink/Franckl

    • Minuit
    • 1 Février 1975

    Que ce soit en définissant la question phénoménologique fondamentale comme celle de l'origine du monde ou en insistant sur le rôle central de la réduction, ces quatre études (1930-1939) restituent d'abord toute sa rigueur et sa singularité à la pensée husserlienne.
    Mais, simultanément, elles conduisent la phénoménologie à ses limites, c'est-à-dire à son enracinement spéculatif, à ses présupposés métaphysiques.
    Edmund husserl souscrira à ce double mouvement. aussi dira-t-il d'un de ces textes centraux : " il ne contient pas une seule phrase que je ne puisse intégralement m'approprier, que je ne puisse expressément reconnaître comme ma propre conviction. ".

  • La pensee et le feminin

    Wladimir Granoff

    • Minuit
    • 1 Novembre 1976

    Wladimir Granoff est l'un des rares, l'un des premiers, à poser la question du féminin autrement. Il ne se laisse pas subjuguer par la grande énigme : «Que veut une femme ?» mais choisit d'interroger en amont : «Que produit le féminin ?», et accomplit une véritable avancée théorique. Si le féminin tend, comme le pense Granoff, à abolir les contradictions, il n'est pas le lieu de l'harmonie ni, du reste, de son contraire. Le féminin, ça fait penser.
    Davantage, il est la condition même de la pensée.Dans ce séminaire tenu en 1974-1975 - à la suite de Filiations, consacré à la question du complexe paternel -, Granoff aborde un continent dont la psychanalyse, en dépit de ses découvertes sur la bisexualité et le roc du féminin, entretient la méconnaissance. Il approche par des détours imprévus cette inquiétante étrangeté dont le féminin serait porteur : menace pour la représentation, pour la certitude narcissique et phallique.
    Il cherche à éclairer les origines refoulées de la révolution freudienne, notamment autour du mot-clé Spalt(ung), fente du sexe de la femme mais aussi fente dans la pensée.La Pensée et le Féminin, ça ne se lit pas seulement, ça s'écoute.
    Voyage des mots, signifiants polyglottes prélevés ici et là dans le lexique freudien : Granoff a l'écriture buissonnière, le souffle inépuisable, à la manière d'un conteur.

  • Le parler frais d'Erving Goffman

    Erving Goffman

    • Minuit
    • 1 Janvier 1990

    Nous avons découvert, avec erving goffman (1922-1982), combien la vie sociale est une scène : image inversée de l'institution, son drame c'est de n'être jamais totale mais morcelée.
    Comédie de la disponibilité ou chorégraphie des attentions rituelles, la scène est congestionnée. les questions qui l'agitent, nos histoires sociales fondamentales - comment inviter ? comment saluer ? comment réparer une offense ou apaiser un échec ? - concernent les conditions de félicité de nos actes, les définitions partagées de l'acceptable, le traitement normal, civil ou moral, de ces " objets de valeur ultime " que sont nos visages.
    Les lectures de goffman réunies ici explorent l'art du sociologue comme metteur en scène, son inlassable étonnement devant l'étendue de nos vulnérabilités comme devant les ressources qu'elles nous procurent pour savoir ce qui peut ou non le dire, dans quel contexte et avec quelle pertinence.

  • Au moyen de textes rarement ou jamais utilisés, l'auteur tente de décrire quelques aspects d'un système de représentation essentiel à la compréhension de Shakespeare et de rendre sensibles, par l'étude de Titus Andronicus, de Jules César, de Macbeth, d'Othello, de La tempête et d'autres oeuvres dramatiques, l'extrême proximité et l'extrême éloignement d'un auteur et d'une culture qui ont marqué au plus profond le monde occidental.
    Quatre sujets principaux sont abordés : la forêt et la chasse ; le sacrifice et le sang répandu ; les relations entre le roi, le royaume, les sujets et les étrangers ; la différence ethnique, théologique et culturelle. L'auteur utilise, pour l'effet de contraste et de miroir qu'elles produisent, quelques oppositions attestées à l'époque élisabéthaine et importantes dans les sciences humaines aujourd'hui : entre la nature et la culture, le sacrifice et le sacrilège, le pur et l'impur, la nourriture et le poison.
    Le rapport - ou le conflit - entre le " proche " et le " lointain " donne son titre à l'ouvrage, car, à propos d'une époque où se produisent des mutations sociales, religieuses, politiques et économiques en même temps que l'expansion du monde exploré, il unifie des thèmes à première vue disparates : l'Indien (ou le Noir) et l'Anglais, le braconnier et le cerf, le roi et l'assassin, la violence et la vertu, le religieux et le politique, la chasse, l'inceste et le meurtre.
    Il permet en outre de parler simultanément de l'espace, du temps, des relations de parenté, de l'amour et de la haine destructrice. Des oeuvres dramatiques, juridiques, théologiques et des récits de voyage s'épaulent ainsi les uns les autres pour parler, à l'unisson, d'une voix qui est la leur et d'une voix qui est celle de notre temps.

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