Editions Léo Scheer

  • La Vie énigmatique des signes Le Cours de linguistique générale de
    Ferdinand de Saussure, texte fondateur dont se revendiqueront Lévi-Strauss, Lacan, Barthes et tout le mouvement connu sous le nom de structuralisme, est pourtant un texte mystérieux, rédigé par des disciples après sa mort à partir de notes de cours. Montrant que cette énigme de Saussure n'est autre que celle des signes eux-mêmes, qui se transforment à mesure qu'on les utilise, ce livre reconstitue dans toute son ampleur et dans toute son actualité la pensée fragmentée du maître du structuralisme.
    On comprend alors comment une obscure découverte linguistique de la fin du XIXe siècle a ouvert aux grandes oeuvres de la philosophie française des années 50 et 70. Loin d'être un ouvrage d'érudition, ce livre plaide en faveur d'une réouverture des questions du structuralisme. Il nous apprend que parler, c'est toujours parler une langue en train de se transformer. Par les signes, nos pensées nous échappent et se mettent à vivre d'une vie propre - nous entraînant dans une histoire dont nul n'est jamais maître.

  • Que faire de la souveraineté, d'une idée de la souveraineté qui semble sortir plus dense de toutes nos tentatives pour nous en débarrasser ? Ne devons-nous pas plutôt l'effriter de l'intérieur, depuis son caractère absolu, exclusif, purement théorique, depuis son indifférence, depuis sa suffisance, pour comprendre qu'elle se joue en fait toujours dans le repli et la négation, qu'elle est d'abord un signe de faiblesse. L'analyse de la construction du principe de souveraineté et de sa mise au centre du politique à l'aube des Temps Modernes nous montre en effet une souveraineté essentiellement inquiète d'elle-même et n'ayant de sens que dans cette inquiétude, dans le projet de signifier, à l'encontre de Machiavel, que le politique peut être à l'abri de la variation et de la division. Cette souveraineté-là, dont on peut suivre pas à pas la construction dans les textes de Bodin, se révèle avant tout dans les relations de manque et de repli qu'elle doit entretenir avec le droit et le gouvernement.

  • Il est temps de proposer une autre lecture de Heidegger. Il est temps de situer enfin le vif de sa pensée : la transformation originaire. La question de l'être abrite en effet celle du change : changement, échange, convertibilité, substitution. De la métaphysique à l'autre pensée, l'être n'est rien - que sa mutabilité.
    Qu'est-ce qui vient avec le change et comment allons-nous nous transformer maintenant que l'histoire est terminée ? Dans quelles métamorphoses, quelles migrations, quelles révolutions sommes-nous engagés ? À l'heure des façonnements de soi dans l'ordre sexuel, biologique, politique, à l'heure de la plasticité identitaire, ces questions trouvent toute leur actualité fantastique. Une vision entièrement neuve de la différence peut alors prendre forme.

  • Deux types d'adversaires s'affrontent en permanence sur la question de l'évolution technique : d'un côté, ceux qui pensent que cette évolution suit une logique interne, inéluctable et en somme infernale (« on n'arrête pas le progrès ») ; de l'autre, ceux qui pensent qu'aucune téléologie n'oriente inexorablement le changement et que l'homme est maître de son destin. Ces positions s'accordent toutefois sur le sens de l'expression « évolution technique », qui équivaudrait à « développement autonome des techniques dans l'histoire ».
    Or c'est cette définition a minima qui peut être mise en doute. Le présent livre n'a pas pour objectif de réfléchir aux grandes orientations des changements en cours ; il a pour but d'apporter un éclairage sur les significations multiples du mot même d'évolution. Non pas donc dire s'il y a, oui ou non, une évolution technique mais examiner les sens de ce « il y a ».

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