Desjonqueres

  • Retour sur le don

    Mario Rigoni Stern

    • Desjonqueres
    • 1 Septembre 1999

    Dans cette évocation de la campagne de Russie à laquelle il participa en tant que chasseur alpin italien, Rigoni Stern fait revivre à nos yeux les moments forts de sa vie.
    Au-delà des hostilités imposées et de l'absurdité des combats, les contacts humains avec la population locale, élémentaires et essentiels, demeurent. Trente ans après, l'auteur du Sergent dans la neige, revient dans les steppes russes parcourir à nouveau le tragique itinéraire où la plupart de ses camarades sont tombés. Passé et présent alternent, mais l'identité des souffrances vécues rapproche les deux camps autrefois opposés ; l'auteur retrouve alors les qualités de l'âme russe découvertes dans les camps de prisonniers.
    La guerre n'a pas épargné non plus le plateau d'Asiago, en Vénétie, haut lieu de la Résistance. De tout cela, Rigoni Stern porte témoignage. Avec un réalisme sobre, nourri d'émotion et de poésie face à la nature, il fait sortir de l'anonymat des humbles qui, forcés par les horreurs de la guerre à se révéler, acquièrent une dimension légendaire.

  • Point de lendemain

    Dominique-Vivant Denon

    • Desjonqueres
    • 3 Février 1995

    « J'aimais éperdument la comtesse de... ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna : et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes. » L'esprit le plus vif, la fermeté dans la manière dont cette histoire de dupes est conduite, cette brièveté de trait qui fait mouche dès les premières lignes: ce sont là quelques-uns des mérites de ce fragile et parfait chef-d'oeuvre, dur et fini comme un bijou.

  • Enquête sur un sabre

    Claudio Magris

    • Desjonqueres
    • 22 Août 2007

    Après la révolution de 1917, les Cosaques de Russie, de Géorgie, d'Arménie, du Caucase combattent le pouvoir révolutionnaire, puis s'enfuient à l'étranger. Lorsque les nazis déclenchent les hostilités contre l'URSS, ils engagent les cosaques, leur promettant une terre en échange. Quand l'offensive allemande échoue, les cosaques se retrouvent en Carnie, au nord du Frioul. Ils vivent là de façon précaire, avec femme, enfants, chevaux et chameaux... Lorsque le IIIe Reich s'effondre définitivement, les cosaques négocient avec les Anglais , mais ceux-ci vont les trahir et les livrer aux soviétiques. Certains seront pendus, d'autres s'enfuient, d'autres enfin se jettent collectivement dans la Drave, du haut d'un pont. Voilà les faits historiques. Pour raconter l'histoire de Krasnov, le chef cosaque, Magris choisit la fiction d'un vieux prêtre, qui cherche, non pas à reconstituer la vérité de Krasnov mais à débusquer les raisons de tous les mensonges, de toutes les trahisons, de toutes les duperies qui tissent cette farce sanglante.

  • De la veille de la colonisation à nos jours, la condition féminine en Afrique noire a connu d'extraordinaires mutations, à des rythmes différents d'un point à l'autre du Continent, du Sénégal à l'Afrique du Sud et du Kenya au Zaïre.
    Dans ce monde où modes de vie anciens et nouveaux se côtoient et se mêlent, la vie, le rôle et les activités des femmes offrent un éventail de situations extrêmement diversifiées. En un siècle, tout y a changé, à commencer par le déplacement, à un rythme accéléré, des femmes de la campagne vers les villes. De leurs tâches quotidiennes à leurs activités économiques, de leur éducation à leur sexualité, de leur influence sociale à leur rôle politique, de leur affectivité à leur créativité, tout contribue à faire des femmes africaines un des moteurs de leurs sociétés.
    Connaître leur histoire, c'est comprendre le rôle essentiel qu'elles ont joué dans l'histoire du Continent, mais aussi, par l'espoir dont elles sont porteuses, les possibilités d'évolution des sociétés africaines.

  • L'enfant du carnaval

    Pigault-Lebrun

    • Desjonqueres
    • 6 Novembre 1992

    Narrant sur des modes très variés, du burlesque au tragique, la naissance et les premières années d'un enfant naturel sans nom et sans fortune, puis ses amours avec la fille d'un richissime lord anglais pendant la guerre franco-anglaise de 1776-1783 et les années sombres de la Révolution française, L'Enfant du carnaval, publié en 1796, a connu trente ans de franc succès. C'est l'un des premiers romans populaires français, et l'amorce, par son rythme effréné d'aventures à jet continu, des romans de Paul de Kock et de Ponson du Terrail.
    Dans ce roman truculent, à rebondissements multiples, le burlesque, le picaresque sont mis à contribution en même temps que le pathétique et le dramatique.
    Pigault-Lebrun, montreur d'images, nous offre également les portraits hauts en couleurs de nombreux types sociaux de la bourgeoisie de province et du peuple de Paris.

  • Narcisse ou l'amant de lui-même

    Rousseau/Jean-Jacque

    • Desjonqueres
    • 18 Avril 2008

    « J'ai écrit cette comédie à l'âge de dix-huit ans » annonce Rousseau dans sa préface. L'intrigue a pour prétexte la mystification dont est victime un jeune fat à qui la soeur, par malice, fait voir un portrait de lui-même déguisé en femme et qui devient amoureux de la femme représentée, en qui il ne se reconnaît pas. Adroitement construite, comique, émouvante, cette pièce est la satire des erreurs où sont entraînés de jeunes êtres par l'engouement pour une mode ridicule ou par une sensibilité irréfléchie. Elle est intéressante par la bonne humeur, la sensibilité de ses jeunes héros. Narcisse est une pièce heureuse. Cette comédie est précédée d'une longue préface de Rousseau dans laquelle il défend ses idées. Et l'une des plus importantes est que la société civilisée repose sur l'imposture des uns et la méconnaissance de soi qui fait des autres des complices ou des victimes.

  • Littérature et esclavage ; XVIII-XIX siècles

    Sarga Moussa

    • Desjonqueres
    • 18 Novembre 2010

    Dès le début du XVIIIe siècle, la littérature met en scène et construit une figure de l'esclave qui dit, non sans ambiguïté, sa souffrance et sa révolte et qui prête sa voix à toutes sortes de revendications libertaires ultérieures. L'entrée des esclaves dans la fiction chez des auteurs comme Montesquieu, madame de Staël, Flaubert, Olympe de Gouges, Hugo etc. montre toute la richesse d'un thème qui traverse les siècles (de la fin du XVIIe au début du XXe) et les genres (roman, poésie, théâtre) et sera toujours utilisé pour dénoncer différentes formes d'oppression, de discrimination - de la femme, de l'ouvrier, du peuple.

  • Passion torquemada (la) tome 2 - purgatoire

    Perez Galdos/Benito

    • Desjonqueres
    • 1 Novembre 1998

    Dans ce grand cycle romanesque, Galdós, le « Balzac espagnol » dépeint l'ascension sociale d'un usurier sordide dans l'Espagne de la fin du XIXe siècle. Marqué de façon définitive par la mort de son jeune fils promis à un grand avenir, Torquemada épouse Fidelia, jeune aristocrate ruinée qui fera de lui un personnage de la haute société madrilène. La description de cette ascension permet à Galdós d'écrire une véritable parabole sociale, plaidant en faveur de l'Espagne, pour un mariage de raison entre la bourgeoisie enrichie et une aristocratie aussi hautaine que désargentée. Il brosse ainsi un portrait exact, drôle et tendre des relations entre deux mondes que les événements amènent à se croiser pour la première fois.
    Les personnages décrits avec un humour féroce, sont loin d'être des archétypes sociaux : vivants au point d'en être attachants, ils se voient brillamment campés dans une intrigue alerte que rythme un style dont la richesse sait jouer sur tous les registres.
    Grande figure de la vie politique et littéraire du XIXe siècle, Galdós (1843-1920) est considéré comme l'un des auteurs majeurs de la littérature espagnole.

  • Passion torquemada (la) tome 3 -torquemada et st pierre

    Perez Galdos/Benito

    • Desjonqueres
    • 1 Novembre 1998

    Dans ce grand cycle romanesque, Galdós, le « Balzac espagnol » dépeint l'ascension sociale d'un usurier sordide dans l'Espagne de la fin du XIXe siècle. Marqué de façon définitive par la mort de son jeune fils promis à un grand avenir, Torquemada épouse Fidelia, jeune aristocrate ruinée qui fera de lui un personnage de la haute société madrilène. La description de cette ascension permet à Galdós d'écrire une véritable parabole sociale, plaidant en faveur de l'Espagne, pour un mariage de raison entre la bourgeoisie enrichie et une aristocratie aussi hautaine que désargentée. Il brosse ainsi un portrait exact, drôle et tendre des relations entre deux mondes que les événements amènent à se croiser pour la première fois.
    Les personnages décrits avec un humour féroce, sont loin d'être des archétypes sociaux : vivants au point d'en être attachants, ils se voient brillamment campés dans une intrigue alerte que rythme un style dont la richesse sait jouer sur tous les registres.
    Grande figure de la vie politique et littéraire du XIXe siècle, Galdós (1843-1920) est considéré comme l'un des auteurs majeurs de la littérature espagnole.

  • Le siège de Calais

    Claudine-Alexandrine Guérin Tencin

    • Desjonqueres
    • 1 Mars 1983

    De Madame de Tencin, l'une des personnalités les plus fascinantes du XVIIIe siècle, Voltaire avait loué le talent romanesque et le style pur et naturel.
    Le Siège de Calais se lit comme Les trois Mousquetaires, la passion anime les personnages, l'honneur leur dicte leur conduite face aux multiples aventures auxquelles ils se trouvent confrontés.
    Monsieur de Canaple aime Madame de Granson qu'il croit indifférente à son égard. Madame de Granson aime Monsieur de Canaple, dont elle se croit méprisée ; le lecteur connaît les sentiments des personnages, mais eux vivent dans un quiproquo entretenu par les nombreuses circonstances auquelles ils doivent faire face.
    L'intervention de Mademoiselle de Mailly et de Monsieur de Châlons, dont les aventures se mêlent à celles des deux principaux personnages, crée un chassé-croisé amoureux augmentant les malentendus que les guerres et les séparations s'ingénient à compliquer. Le lecteur est ainsi entraîné dans une série de péripéties passionnelles et héroïques dont le dénouement ne surviendra qu'à la fin du récit.
    Bref, un scénario que l'on croirait écrit pour Hitchcock, avec en plus l'admirable écriture du XVIIIe siècle.

  • Oeuvres de jeunesse

    Germaine de Staël-Holstein

    • Desjonqueres
    • 1 Novembre 1998

    Présentation de Simone Balayé.
    Texte établi par John Isbell et annoté par Simone Balayé.


    Tel un prisme réfractant sa pensée et sa production ultérieures, les oeuvres de jeunesse de madame de Staël présentent à la fois des essais théoriques et de brefs romans.
    Parmi les premiers, les Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau révèlent ses opinions philosophiques. L'Essai sur les fictions résume quant à lui ses conceptions esthétiques en matière littéraire : elle privilégie « la seule peinture des mouvements du coeur », à l'instar de Rousseau, Fielding et Richardson.
    Loin de s'en tenir à ses théories, la fille de Necker les applique : elle n'avait pas vingt ans qu'elle avait déjà écrit ses nouvelles. Les principales se déroulent dans le cadre pré- romantique de lointains exotiques. Partout, dans ces récits tragiques d'aventure, de passion et de sacrifice, les héroïnes tombent, innocentes victimes d'un monde d'hommes qu'elles surmontent cependant grâce à leur grandeur d'âme.
    Dans ces premières oeuvres, c'est tout l'art et la pensée de l'inspiratrice du romantisme français qui déjà se révèle.

  • Sir walter finch et son fils william

    Charriere (De) I.

    • Desjonqueres
    • 20 Janvier 2000

    édition présentée, établie et annotée par Valérie Cossy Cette oeuvre est le roman du lien d'un père à son fils, avec tout ce que ce lien comporte d'illusions, de malentendus, de craintes, de connivences et d'espérances.
    Le texte commence à la naissance de William en 1780 et s'arrête en 1799. Les problèmes de l'éducation, la critique des préjugés, la diffusion des Lumières, les relations entre nobles et roturiers, entre générations, entre hommes et femmes, ces grands thèmes qui traversent toute la littérature du XVIIIe siècle sont ici abordés à la lumière d'une chronique familiale très concrète et dans le contexte d'un moment dramatique de l'histoire européenne.
    On retrouve dans ce roman la pénétration psychologique d'Isabelle de Charrière, son sens de l'originalité des êtres, sa profonde tolérance teintée de scepticisme et de désillusion. oeuvre attachante, Sir Walter Finch et son fils William non seulement est d'un vif intérêt romanesque, mais nous invite à des réflexions de la plus directe actualité.

  • L'Italie à vélocipède

    ,

    • Desjonqueres
    • 25 Mai 2005

    En octobre 1884, Joseph et Élizabeth Pennell, jeunes américains, récemment mariés, entreprennent, en tricycle, un voyage entre Florence et Rome. Ils sont encouragés par leurs amis qui leur promettent une mort certaine dans cette contrée où sévissent les brigands, le choléra et la malaria ! Vaillamment pourtant, les Pennell, perchés sur leur drôle de machine, empruntent les routes de Toscane et d'Ombrie sous le regard ébahi des populations locales. Leurs
    tribulations où s'entremêlent le passé et le présent, les légendes et la réalité font de ce livre un document tout à fait original. Publié en 1887, L'Italie à vélocipède est un classique de la littérature de voyage. Le livre est illustré par les dessins de Joseph Pennell.

  • Lettres d'adelaide de dammartin

    Riccoboni Madame

    • Desjonqueres
    • 24 Novembre 2005

    Dans ce roman par lettres, les deux épistoliers, liés par une amitié sincère,
    explorent les difficultés de l'amour et du mariage. Deux intrigues, menées à vive allure, se déroulent en parallèle : Adélaïde, jeune veuve, est amoureuse de Montalais, homme marié. Son amie madame de Martigues, femme très libre ne capitule qu'à la dernière minute devant son soupirant : "Pauvre Piennes ! Il va faire une grande perte, j'étais son amie, je serai sa femme, quelle différence!". Une grande partie du charme de ce livre est dans son écriture, son style incisif, fougueux, qui sert sans faillir la modernité de l'histoire.

  • Le coffret d'or

    Rilke/Rainer Maria

    • Desjonqueres
    • 23 Mai 2007

    L'auteur : Rainer Maria Rilke, écrivain autrichien, est né à Prague en 1875 et mort à Montreux en 1926. Grand amoureux de la France, il vécut longtemps à Paris, où il
    fut notamment le secrétaire de Rodin. Il est célèbre pour son oeuvre lyrique (Le Livre d'heures, 1905 ; Élégies de Duino, Sonnets à Orphée, 1923) et dans le domaine de la prose, surtout pour son roman Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, 1910.

    Le livre : Parmi les 21 nouvelles de jeunesse de Rilke, non traduites en français, nous avons publié l'an dernier les 13 qui étaient restées à l'état manuscrit (Serpents d'argent). En restaient 8, dont le texte allemand original avait été publié au cours du temps dans diverses revues. Les voici aujourd'hui pour la première fois traduites en français. Parmi les récits de jeunesse de Rilke, il s'agit des plus achevés. L'auteur y est en possession de tous ses moyens stylistiques, maniant souverainement sa langue. Comme dans les nouvelles du recueil précédent, celles du Coffret d'or présentent l'homme comme un être livré à un monde hostile ; son art évoque les situations extrêmes mais il sait aussi faire ressortir le tragique des situations les plus simples, les plus banales, jusqu'à l'insoutenable.


  • nana, tess, effi : les destinées de ces trois héroïnes sont tout entières orientées par la responsabilité morale qui leur est imputée.
    chacune d'elles est " coupable " d'un choix existentiel qui contrevient aux lois régissant le comportement des femmes, en cette fin du xixe siècle, oú se situe l'action des trois romans. le corset des moeurs et des circonstances, dont seule nana semble se jouer, infléchit cruellement le destin de tess comme celui d'effi briest : il les tord, puis les brise. c'est à cette emprise que l'écriture résiste : liée à son objet par une fascination passionnée, elle en épouse la respiration, les souffrances, les combats et les plaisirs, luttant contre l'entrave jusqu'à rompre les digues.
    au-delà de l'évocation d'un milieu et d'un inoubliable portrait, c'est bien d'une émancipation impossible, et vitale, qu'il est ici question.

  • L'art de vivre d'une femme au XVIII siècle ; discours sur le bonheur de madame de Châtelet

    Mauzi/Robert

    • Desjonquères editions
    • 27 Novembre 2014

    L'histoire de la littérature, telle que l'a pratiquée Robert Mauzi, tient à la fois de la science et de l'art. Dans cet essai sur madame du Châtelet, trop souvent réduite au statut de compagne de Voltaire, R. Mauzi met en valeur une femme passionnée par la vie, douée pour la philosophie comme pour les sciences, animée par l'exigence de comprendre le monde. Une vraie femme des Lumières, la seule peut-être qui incarne, en France, le coeur et l'esprit de son siècle.Sous la plume de Robert Mauzi, la connaissance du passé vibre d'une interrogation sur les sensibilités d'aujourd'hui, nos plaisirs et nos peines.Robert Mauzi (1927-2006) fut professeur à l'Université de Lyon, puis à la Sorbonne. Dès sa parution en 1960 L'idée du bonheur dans la littérature et la pensée françaises au XVIIIe siècle s'est imposé comme une somme sur les Lumières, régulièrement rééditée. Elle a fait connaître Robert Mauzi, l'ami intime de Michel Foucault et de Roland Barthes, comme un de nos plus subtils historiens des idées.

  • Avant d'être un texte philosophique ou une confession transposée, La Nouvelle Héloïse est un roman, le plus beau roman français du 18e siècle, qui a marqué de son infl uence toute l'évolution ultérieure du genre. Rousseau y intègre la totalité du monde contemporain : gens et choses, société et nature, idées et sensibilités. L'importance de cet ouvrage va se manifester à longue échéance,ouvrant la voie à de nombreux imitateurs, qui inventent un nouveau roman sensible et un nouvel idéal social et féminin.
    L'exploitation idéologique, esthétique et poétique du modèle proposé par Rousseau est l'objet du présent livre.

  • L'école de la gourmandise ; de Louis XIV à la révolution

    Frédéric Charbonneau

    • Desjonqueres
    • 21 Novembre 2008

    Notre époque n'a pas l'exclusivité des débats sur la nourriture. Au XVIIe siècle déjà, le moraliste, le prêtre et le médecin s'acharnent contre la bonne chère. Combattu en public, le mangeur trouve dans le privé son refuge ; exclu de la hiérarchie littéraire, absent des genres nobles, il habite les genres ignobles : la farce, le conte, le roman comique, la poésie burlesque. C'est en ces basses terres qu'on le trouve : là, l'homme de lettres, l'historien, le dévôt, le libertin, le philosophe, l'homme de science, même le représentant de l'ordre, chacun tour à tour s'en empare pour le brûler ou l'adorer. Pourtant, malgré tous ces obstacles, entre la Fronde et la Révolution, quelque chose se constitue qui rendra possible l'apparition de l'écriture gastronomique. Pour que viennent Grimod de la Reynière et Brillat-Savarin, il fallait d'abord que se définisse une légitimité culturelle de la bonne chère et de l'art culinaire, une cuisine mise au rang des beaux-arts, comme on le dira au XIXe siècle. Il fallait que ses détracteurs s'apaisent ; que le plaisir gustatif obtienne une noblesse ou, mieux, une caution bourgeoise ; que la cuisine enfin acquière son autonomie, qu'elle s'extraie de l'agriculture, de l'économie domestique et de la pharmacopée, parmi lesquelles elle demeurait comme engoncée. L'École de la gourmandise a pour objet cette émancipation. Il ne s'agit donc pas ici d'histoire de l'alimentation, mais plutôt d'histoire littéraire de la sensibilité gastronomique. En parlant du passé, il s'agit encore de nous, de nos angoisses, de nos plaisirs.

  • Voyage en Angleterre

    Malesherbes

    • Desjonqueres
    • 13 Novembre 2009

    Au printemps 1785, Malesherbes cède à son goût légendaire pour les voyages et part faire le tour de l'Angleterre. Il en rapporte une moisson d'informations qu'il nous livre sous la forme d'un journal, notant à chaque étape ses observations et ses réflexions. Curieux, méthodique, notre voyageur itinérant séjourne à Londres bien sûr, puis à Oxford, va de Manchester à Bristol en passant par Birmingham, sillonne la campagne anglaise avec ses châteaux et ses parcs mais aussi ses cités industrielles et ses ports. Malesherbes s'intéresse à tout : à l'organisation sociale et urbaine, aux nouvelles industries et aux manufactures, au commerce, aux jardins, à la botanique, science qu'il cultive en professionnel ; il note tout ce qui l'étonne : le coût des logements, des denrées, les règles commerciales, il décrit avec talent les châteaux où il séjourne et leurs habitants et surtout se passionne pour leurs parcs. Instructif et passionnant, ce Voyage en Angleterre est un inédit. Le manuscrit est resté dans une collection privée jusqu'en 1960 et depuis lors dans les archives d'une bibliothèque américaine où il a été découvert par madame Crogiez Labarthe, professeur de littérature française à Berne qui présente le livre.

  • Rétif de la bretonne, le paysan de Paris

    Pierre Hartmann

    • Desjonqueres
    • 25 Septembre 2009

    L'oeuvre de Rétif de la Bretonne - plus de 200 ouvrages - apparaît, comme emblématique de la grande mutation sociale qui au cours de la Révolution française opposa les valeurs communautaires de l'Ancien régime et les valeurs individuelles de la civilisation urbaine. Rétif, en observateur éclairé du monde extérieur, greffe toutes ses fictions sur une expérience vécue. Romancier de la paysannerie et du petit peuple des villes happé par la modernité urbaine, Rétif exprime admirablement cette tension entre une communauté rurale et familiale fondée sur des liens affectifs et spirituels à laquelle se serait substituée une civilisation urbaine fonctionnelle et impersonnelle.

  • L'histoire de la littérature, telle que l'a pratiquée robert mauzi, tient à la fois de la science et de l'art.
    Dans cet essai sur madame du châtelet, trop souvent réduite au statut de compagne de voltaire, r mauzi met en valeur une femme passionnée par la vie, douée pour la philosophie comme pour les sciences, animée par l'exigence de comprendre le monde. une vraie femme des lumières, la seule peut-être qui incarne, en france, le coeur et l'esprit de son siècle. sous la plume de robert mauzi, la connaissance du passé vibre d'une interrogation sur les sensibilités d'aujourd'hui, nos plaisirs et nos peines

  • Relation du voyage d'Espagne

    Marie-Catherine d' Aulnoy

    • Desjonqueres
    • 1 Janvier 2005

    La structure est fort simple. Une aristocrate française entreprend un voyage vers Madrid où elle doit retrouver une parente qui s'y est installée. Elle écrit alors à sa cousine restée en France ; ce faisant elle offre un des plus passionnants tableaux de l'Espagne à la fin du 17e siècle. En effet, le récit est riche d'observations en tous genres : description minutieuse des routes empruntées et des auberges, peinture des châteaux et des églises visités, des paysages et des villages traversés. Madame d'Aulnoy présente les habitants des régions qu'elle découvre à travers les modes, la gastronomie, les pratiques sociales, la musique, le théâtre. Elle n'oublie pas d'inclure des anecdotes piquantes à propos de la vie de cour, et de faire le portrait des grands seigneurs espagnols. Le succès de l'oeuvre tient tant à la curiosité que suscite alors l'Espagne, qu'à la qualité de l'écriture et du style de Mme d'Aulnoy.
    C'est sans conteste le plus célèbre récit de voyages dans la péninsule Ibérique de l'âge classique. Il n'existe aucune édition modernisée de ce texte.

  • La maison enchantée

    Robert Musil

    • Desjonqueres
    • 18 Février 2010

    Avec une précision parfois clinique, presque cruelle, Musil exprime ici sa fascination pour la femme, le corps de la femme, et surtout la perception qu'elle-même peut en avoir, dans le vain écoulement de sa vie ou dans le brusque éveil de ses sens.
    La «maison enchantée», ce n'est donc pas seulement la grande demeure vide où se consume Victoria, l'héroïne d'un de ces quatre récits (tous inédits en français). C'est la tour imprenable qu'est pour Musil le corps de l'autre, cet espace intime que l'on peut certes explorer, mais non voir avec les yeux de son habitante; investir, saturer, mais jamais véritablement posséder.

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