Belles Lettres

  • Cet ouvrage retrace le lent cheminement de la discipline généraliste de 1945 à nos jours, dans le contexte de fortes transformations du système de santé français : l'avènement de l'assurance maladie, la démultiplication des spécialités médicales, puis la création des CHU, concomitante de multiples avancées scientifiques et technologiques. Le champ de la santé se polarise alors sur les spécialités et l'hôpital ; à l'écart de ce mouvement, la médecine générale devient « un segment dominé du monde médical », nanti d'un double déficit, d'identité et de légitimité.

  • Medecine, sante et sciences humaines - manuel (nouvelle edition)

    College Des Humanite

    • Les belles lettres éditions
    • 6 Juillet 2021

    Cet ouvrage pluridisciplinaire est destiné à accompagner l'enseignement des sciences humaines et sociales au sein des études médicales et des études en santé, de la formation initiale aux Masters et à la formation professionnelle continue. Il s'adresse aux étudiants et à tous ceux qui s'engagent dans les métiers du soin ou qui s'intéressent aux questions épistémologiques, éthiques et sociales impliquées par la médecine contemporaine. Il est principalement l'émanation du Collège des humanités médicales, fondé en 2008, qui réunit les enseignants chercheurs en charge de cet enseignement en France, avec le concours de spécialistes des thématiques abordées.

  • Genèse et développement d'un fait scientifique

    Ludwik Fleck

    • Belles lettres
    • 18 Mai 2005

    Publié en allemand en 1934, Genèse et développement d'un fait scientifique est l'un des textes les plus importants jamais écrits en épistémologie.
    Avec lui, Fleck inaugure ce qu'on appelle aujourd'hui la sociologie ou l'histoire sociale des sciences et entreprend d'élaborer une théorie de la connaissance qui sera reprise dans les années 60-70 par Thomas Kuhn.
    A partir du cas idéalement complexe de l'histoire de la syphilis et, plus particulièrement, de la « réaction » de Wassermann, Ludwik Fleck élabore une vision extrêmement originale de l'activité de recherche et de la production de nouveaux savoirs scientifiques.
    Fort de sa propre expérience de bactériologiste et d'immunologiste, Fleck montre que les « faits scientifiques » sont construits par des groupes de scientifiques qui définissent autant de « collectifs de pensée ». Chaque collectif possède un « style de pensée » spécifique, avec des normes, une conceptualité et des pratiques particulières. Fleck s'intéresse au fonctionnement du collectif, à l'incommensurabilité des faits scientifiques produits par différents collectifs, aux conséquences de cette incommensurabilité, ainsi qu'aux transformations des styles de pensée.
    La pensée riche et complexe qu'il propose intègre des analyses qui, portant aussi bien sur la psychologie des chercheurs que sur leurs techniques matérielles ou sociales, s'intéressant à la recherche médicale comme aux conditions de l'élaboration d'une théorie de la connaissance, rendent compte de la réalité de la production des savoirs scientifiques au moment où émergent les technosciences.

  • Médecine, santé et sciences humaines ; manuel

    Collectif

    • Belles lettres
    • 22 Août 2011

    Cet ouvrage pluridisciplinaire est destiné à accompagner l'enseignement de sciences humaines et sociales au sein de la formation médicale et des formations en santé.
    Il s'adresse aux étudiants et à tous ceux qui s'engagent dans les métiers du soin ou qui s'intéressent aux questions épistémologiques, éthiques et sociales impliquées par la médecine contemporaine. Il est principalement l'émanation du Collège des enseignants de sciences humaines et sociales en faculté de médecine et en santé fondé en 2008, qui réunit les enseignants, médecins et non médecins en charge de cet enseignement en France, avec le concours de chercheurs étrangers spécialistes des thématiques abordées.

  • La nature humaine à la lumière de la psychopathologie

    Kurth Goldstein

    • Belles lettres
    • 17 Septembre 2021

    La Nature humaine à la lumière de la psychopathologie (Human Nature in the Light of Psychopathology) réunit un ensemble de confe ? rences ("The William James Lectures") prononce ? es par Kurt Goldstein a` l'Universite ? Harvard, en 1938-1939 et publie ? es pour la premie`re fois en 1940 par Harvard University Press. Premier ouvrage de Goldstein paru aux Etats-Unis où il commence une nouvelle vie, tant personnelle que professionnelle, après avoir été chassé d'Allemagne par le gouvernement nazi.
    Formé à la médecine, spécialiste de psychiatrie, mais également féru de philosophie, il est confronté dans ses premières années de pratique aux cérébrolésions des soldats de la Première Guerre mondiale, sources de séquelles irréversibles. C'est le point de départ d'une réflexion qui transcende les découpages disciplinaires entre biologie et philosophie, anthropologie et neurologie, théorie médicale et pratique clinique.
    Goldstein propose en effet une conception de la clinique qui engage le rapport de l'être humain à lui-même, aux autres et au monde, et fait de la biologie une science qui doit être autant capable d'appréhender de façon "atomistique" les phénomènes qu'elle analyse que de développer une compréhension de l'organisme tout entier, malade ou en bonne santé.

  • La médecine et la question du sujet ; enjeux éthiques et économiques

    Frédéric Dubas

    • Belles lettres
    • 19 Octobre 2004

    D'un côté, il est possible de montrer que la maladie est l'unique objet de la médecine scientifique. D'un autre côté, il est évident qu'un malade, toujours sujet, n'est pas réductible à sa maladie. De ces deux constats naît un problème. Quelle en est la source ? Et quels en sont les enjeux éthiques et économiques ?

    L'injonction de qualité en tant que simple normalisation des pratiques et l'introduction du productivisme dans les hôpitaux sont-elles adaptées à la pertinence des soins ? Rentabilité et souci de véritable qualité (non quantifiable) ne sont-ils pas contradictoires dès lors qu'un soin n'est évidemment pas un bien de consommation ordinaire ?

    Accompagner de réflexion éthique chaque acte médical, y compris le plus courant, peut-il contribuer au maintien d'une médecine oeuvrant à la solidarité nationale ?

    La psychanalyse peut-elle orienter l'écoute d'un médecin et permettre une réponse non étroitement biomédicale à la demande d'un sujet ?

    Telles sont quelques-unes des questions auxquelles tente de répondre cet essai, qui explore les limites de la médecine scientifique non pour la mettre en cause mais au contraire pour en accroître la pertinence.

  • Le soin, une valeur de la république

    Emmanuel Hirsch

    • Belles lettres
    • 10 Mai 2016

    Depuis les attentats des 7 et 9 janvier 2015, l'Espace de réflexion éthique de la région Île-de-France, que dirige l'auteur, a initié au plan national une réflexion sur les « Valeurs de la République, du soin et de l'accompagnement » afin de mieux comprendre comment contribuer à ce besoin de démocratie, à cette exigence de sollicitude et de fraternité qui s'exprime aujourd'hui au vif de notre société. Il assume ainsi, dans son domaine de compétence, une éthique impliquée, engagée et partagée au service des valeurs de la cité.
    L'engagement et la responsabilité pris dans les multiples domaines de compétences que recouvrent les pratiques du soin et de l'accompagnement témoignent d'une attention portée aux droits de la personne. Cette sollicitude s'avère d'autant plus exigeante en situation de vulnérabilités.
    Les professionnels et les bénévoles associatifs intervenant dans les champs du sanitaire et du médico-social incarnent des valeurs de sollicitude, de solidarité, de justice et d'inclusion. Leur souci du bien commun renforce le lien social. Ils sont ainsi représentatifs, dans l'exercice de leurs missions, d'autres formes d'engagements dont on saisit davantage la signification et l'importance dans les circonstances extrêmes qui menacent la sécurité publique. Ils partagent un même sens du bien commun où servir l'autre s'impose comme une valeur de société, que ce soit dans les champs de l'éducation, de la justice, de la défense, de l'économie ou de la communication.
    Quelles sont les valeurs constitutives du soin et de l'accompagnement ?
    Que représentent-elles dans la vie démocratique ? Qu'en est-il aujourd'hui de la notion du care tellement sollicitée dans les discours et pourtant si peu intégrée dans les choix politiques ? En quoi l'engagement soignant peut-il contribuer à l'urgence d'une concertation nationale visant à repenser, voire « restaurer », notre projet de société ? Telles seront quelques-unes des questions traitées. Au-delà d'enjeux politiques évidents dans le contexte actuel de fragilisation de notre démocratie, la démarche que propose ce livre vise également à susciter (ou du moins à aviver) une dynamique de réflexion devenue indispensable à l'heure où les évolutions biomédicales, la médicalisation souvent par défaut de questions de société, les normes sociales et les modes de vie actuels pourraient nous inciter à nous désapproprier de la culture du soin et à déserter le champ des valeurs.

  • éléments pour une philosophie de la santé

    Arnaud François

    • Belles lettres
    • 9 Mars 2017

    Pourquoi la santé ? Le sujet est piégé, à la fois pour des raisons politiques (le poids idéologique et prescriptif qu'il porte avec lui) et théoriques (sa relative imprécision, sans doute irréductible). Mais justement : si les philosophes ne le prennent pas en charge, en l'analysant et en le situant historiquement, ils l'abandonnent à ceux qui, pressés par la nécessité de prises de décision, voire orientés par des projets volontaristes, risquent d'en faire un usage funeste. Le présent travail prend ainsi en charge une analyse, historiquement étayée et procédant par l'examen d'un certain nombre d'exemples précis de maladies, des notions mêmes de santé et de maladie (au-delà de celles de « normal » et de « pathologique »), ce qui fait sa spécificité au sein du champ actuel d'études en matière de philosophie de la santé.

  • Prendre soin de la nature et des humains ; médecine, travail, écologie

    Pierron Jean-Philipp

    • Belles lettres
    • 15 Mars 2019

    La thèse de cet ouvrage est qu'il faut prendre soin du monde et qu'une « anthropologie relationnelle » permet de penser ce soin. Une pensée spécifique de la relation devient particulièrement nécessaire en médecine, dans le monde du travail et vis-à-vis de l'environnement. Elle entend s'opposer à une attitude peu soigneuse qui se répand à l'égard des personnes et des différents contextes de vie. L'exigence du soin, se faisant catégorie critique, permet ainsi de relier des domaines souvent envisagés comme distincts où, à rebours de l'exploitation générale du monde, elle invite à porter attention aux relations humaines et aux différentes formes de vulnérabilité.
    Si la philosophie du care occupe désormais une place importante au sein de la philosophie contemporaine, cet ouvrage fait apparaitre la diversité des philosophies du soin, montre la pluralité des champs qu'elles investissent, et l'unité d'une démarche d'attention au monde.

  • Les principes de l'éthique biomédicale

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    • Belles lettres
    • 9 Janvier 2008

    Les principes de l'éthique biomédicale constituent, par leur influence, l'ouvrage majeur de l'éthique médicale contemporaine. Au-delà de son contexte nord-américain d'élaboration, de la déontologie médicale traditionnelle et des théories morales classiques, la réflexion proposée a reconfiguré l'analyse des questions éthiques liées à la relation de soin et au monde de la santé. Depuis la première édition de ce texte (1979), les auteurs n'ont eu de cesse de le remanier et d'en présenter des versions intégrant toujours davantage leurs réponses aux objections et critiques qu'ils recevaient ou se formulaient eux-mêmes. C'est la 5e édition, datant de 2001, qui est ici traduite pour la première fois. Livre en débat, né lui-même des discussions engagées aux États-Unis dans les années 1970, notamment sur l'éthique des essais cliniques, il vise à déterminer des principes-repères susceptibles d'éclairer les pratiques médicales et les argumentations qui les accompagnent dès lors qu'elles engagent un rapport aux normes et aux valeurs : le principe d'autonomie, le principe de non-malfaisance, le principe de bienfaisance et le principe de justice. Le statut de la théorie dans la vie morale, les rapports entre les principes et les éléments factuels, les rapports des différents principes entre eux sont les problèmes qui structurent continûment la réflexion des auteurs. Ainsi s'édifie une approche se voulant fine, souple et rigoureuse de ce qui peut justifier et guider le raisonnement éthique dans les prestations de santé et les relations de soin.

  • Des cobayes et des hommes ; expérimentation sur l'être humain et justice

    Philippe Amiel

    • Belles lettres
    • 23 Février 2011

    Aujourd'hui, des malades atteints de pathologies graves pour lesquelles les alternatives thérapeutiques sont limitées ou inexistantes réclament, non plus tant une protection contre les essais cliniques, qu'un droit d'y participer. Cette nouvelle revendication est le point de départ de la présente enquête, à la fois historique, juridique et sociologique, qui montre comment s'est formée, dans les normes et dans les pratiques, du XVIIIe au XXe siècle, la distinction entre l'animal de laboratoire et le sujet humain. Entre les cobayes et les hommes. La première partie de l'ouvrage décrit la formation, de part et d'autre du " procès des médecins " de Nuremberg (1946-1947), d'un consensus normatif international en réponse aux crises sanitaires, accidents et scandales qui émaillent l'histoire des essais médicaux sur l'être humain. La seconde partie détaille la situation en France, l'émergence d'une législation sur les recherches biomédicales, les paradoxes qui persistent dans la loi et les réalités nouvelles, sociologiques et scientifiques, qu'elle doit affronter. L'ouvrage montre l'urgence d'un nouveau contrat social en matière de recherche biomédicale, articulant respect de l'autonomie, équité d'accès et protection des personnes. Et il propose des solutions.

  • à qui appartient le corps humain ? medecine, politique et droit

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    • Belles lettres
    • 9 Février 2004

    C'est souvent à partir des situations exceptionnelles et dramatiques que la question de la propriété du corps humain se trouve posée dans nos sociétés, que l'on songe aux débats relatifs à l'euthanasie. Dans ce contexte, les juristes mais aussi les philosophes et les hommes politiques se voient reprocher d'être toujours en retard par rapport aux avancées des pratiques médicales. Les outils manqueraient aux citoyens pour comprendre et mesurer l'importance de ce qui se joue dans les décisions qu'ils ont à prendre tout au long de leur vie, au sujet de leur corps ou des corps de ceux qui leur sont proches.
    L'histoire des pratiques médicales, celle de nos traditions religieuses, politiques, et philosophiques, l'examen des doctrines juridiques et des concepts qu'elles proposent pour définir le statut du corps humain, la prise en compte enfin des théories de la justice permettent pourtant de constater que nous sommes loin d'être démunis pour penser le statut du corps dans nos sociétés. Cette voie rend possible une véritable confrontation entre les différentes positions et revendications exprimées à propos de la propriété du corps, en lieu et place du dialogue de sourds auquel nous assistons trop souvent.

  • La médecine personnalisée ; un essai philosophique

    Francois-Xavier Guchet

    • Belles lettres
    • 10 Mai 2016

    Depuis une quinzaine d'années, la médecine personnalisée est le nouvel horizon des politiques de santé à l'échelle internationale. Sa définition ne fait toutefois l'objet d'aucun consensus. Il s'agit de manière générale d'un grand programme qui doit mobiliser tous les acteurs de la santé - chercheurs, cliniciens, pouvoirs publics, industriels, associations de patients - autour d'un objectif commun : améliorer le diagnostic et la prise en charge des malades grâce aux nouvelles technologies du séquençage des génomes, de l'analyse des biomolécules et de la modélisation informatique. D'importants crédits lui sont consacrés, notamment dans la recherche en cancérologie et certaines pathologies chroniques. La médecine personnalisée est ainsi la promesse d'une application massive des connaissances et des technologiques biomédicales dans la clinique, au bénéfice des patients. Ses buts semblent par conséquent indiscutables. Et pourtant.
    La médecine personnalisée ne manque pas de susciter des perplexités. La notion elle-même peut surprendre : en quoi prétend-elle se démarquer de ce que les médecins font depuis toujours, à savoir adapter leurs diagnostics et leurs prescriptions à chaque patient ? S'agit-il d'un nouveau paradigme médical, et si oui en quoi consiste-t-il exactement ? En quoi une médecine fondée avant tout sur la capacité technologique à acquérir, à stocker et à traiter des méga-données peut-elle être dite « personnalisée » ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une intensification de la médecine scientifique, d'une médecine moléculaire qui repose plus que jamais sur de l'impersonnel (des technologies de pointe, des algorithmes statistiques, des modèles informatiques) ? Que devient le patient dans ce grand programme qui intéresse avant tout les industriels et les autorités de santé ? Les enjeux éthiques de la médecine personnalisés, pourtant épineux, sont-ils suffisamment pris en considération ?
    L'ouvrage questionne cette tension entre une médecine ultratechnologique qui confère une signification moléculaire à la personne, et une médecine qui entend d'abord être une médecine du soin, centrée sur le patient. Entre les deux, le conflit de valeurs est-il indépassable ? La médecine personnalisée n'est-elle pas l'occasion de renouveler en profondeur les termes de l'opposition entre la médecine comme science et de la médecine comme art ? C'est ce que l'ouvrage entend discuter.

  • L'éthique du préférable partageable ; lecture du principisme

    Jean-Marc Mouillie

    • Belles lettres
    • 10 Mai 2019

    La démarche dite « principiste » exposée dans le livre de Tom Beauchamp et James Childress, Les Principes de l'éthique biomédicale (Principles of Biomedical Ethics), paru aux États-Unis en 1979, et dont la dernière édition à ce jour date de 2013, s'est imposée comme une référence centrale dans la littérature d'éthique médicale et les pratiques d'éthique clinique. Très discutés dans le monde anglo-saxon, les Principes n'ont fait l'objet d'aucun commentaire d'ensemble en français. Le présent essai vient combler cette lacune. Dans l'esprit même du principisme, il situe les questions théoriques à partir des enjeux du soin. Le fil conducteur de cette lecture n'est donc pas tant un texte qu'un problème : justifier les choix relatifs à l'éthique médicale dans un contexte démocratique de respect du pluralisme des convictions morales. Ce dialogue avec les propositions des Principes conduit à préciser une « éthique du préférable partageable », c'est-à-dire une approche concrète pour penser une justification des normes qui n'emprunte ni aux rapports de domination ni à l'arbitraire, question majeure de notre temps.

  • Une théorie du soin ; souci et amour face à la maladie

    Gérard Reach

    • Belles lettres
    • 22 Mai 2010

    Entre la personne devenue malade et le médecin qui la soigne se noue une relation singulière, dont l'éthique médicale contemporaine, mettant fin au paternalisme, suggère qu'il devrait s'agir d'une relation d'égal à égal. Ce livre analyse la double signification du concept de soin : soin de soi du point de vue de la personne malade, soin du malade par le médecin. Son but est de montrer comment ces deux aspects du soin ne cessent de se correspondre dans une relation certes égalitaire, mais aussi asymétrique.
    Soin et souci de soi s'apparentent car tous deux mettent en jeu une relation profonde à la temporalité : le malade se soigne s'il a le souci de son devenir, dont la forme la plus haute est l'amour de soi. Chez certaines personnes, l'entrée dans la maladie conduit à une ambivalence de l'esprit qui les en empêche, et ceci est source d'angoisse. Le médecin soigne : ce livre suggère qu'il ne s'agit pas seulement pour le médecin d'apporter un traitement, mais aussi d'aider le patient à mettre fin à cette ambivalence. Pour cela, il met en oeuvre vis-à-vis du patient dont il a le souci une forme d'amour compatible avec le respect de son autonomie.
    Ainsi se construit pas à pas une théorie du soin dans laquelle les concepts d'empathie, de sympathie, d'autonomie, de respect, de confiance et, finalement, de personne humaine trouvent leur véritable place.

  • L'affaire du sang contaminé (1983-2003)

    Sophie Chauveau

    • Belles lettres
    • 18 Mai 2011

    En 1991 éclate en France le scandale du sang contaminé: plusieurs centaines de malades sont contaminés par le sida et l'hépatite C en recevant des dérivés sanguins et des transfusions de sang. Les dirigeants des établissements de transfusion, en particulier ceux du Centre National de la Transfusion Sanguine, et les pouvoirs publics sont mis en cause pour ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour protéger la population.
    Souvent présentée comme la première crise sanitaire française, l'affaire du sang contaminé a conduit les responsables politiques à réorganiser l'administration sanitaire en France de manière à accroître la sécurité des produits de santé.
    Quelles sont les origines de cette crise? Est-elle le résultat de négligences? Les intérêts financiers l'ont-ils emporté sur la protection de la santé publique? Faut-il considérer le sang comme un médicament? Derrière l'idéal de la transfusion sanguine comme expression d'une solidarité nationale se dissimulent bien des conflits.
    Ce livre analyse les nombreux dysfonctionnements de l'organisation de la transfusion sanguine provoqués par l'industrialisation des produits sanguins ainsi que par les intérêts divergents des médecins, des industriels de la transfusion, des malades, des donneurs de sang, des pouvoirs publics. Richement documenté, il est le premier à proposer une étude historique de l'une des plus graves crises sanitaires françaises.

  • La liberté au risque de la santé publique

    Nicolas Tanti-Hardouin

    • Belles lettres
    • 14 Mars 2013

    Manger cinq fruits et légumes par jour, surveiller son poids, ne pas fumer, faire de l'exercice physique, ne pas abuser de l'alcool, contrôler sa sexualité pour éviter le Sida et autres maladies sexuellement transmissibles, prendre garde aux addictions, lutter contre le cancer, le diabète, les accidents de la route : telles sont quelques-unes des injonctions qui envahissent au quotidien nos vies privées.La définition des conduites à risques est aujourd'hui configurée par les experts de la santé publique à partir d'une rhétorique du contrôle et du gouvernement des corps.Le citoyen, le patient, voit son espace de vie, même le plus intime, largement codifié ou normé par ces diverses incantations de la politique de prévention au moment même où la loi (texte du 4 mars 2002 sur la « démocratie sanitaire ») veut faire du citoyen un acteur autonome, responsable, capable de bien gérer son « capital santé » (homo medicus), le tout dans le contexte culturel d'une modernité où s'ancrent la recherche de la santé parfaite et la culture du corps.L'ambition de cet essai est de proposer une réflexion sur le débat qui se développe à cet égard en santé publique à la lumière des sciences sociales.Nicolas Tanti-Hardouin, Professeur d'Économie de la santé, enseigne les sciences sociales de la santé et la santé publique au Laboratoire de Santé Publique de la Faculté de Médecine de Marseille (Aix-Marseille Université).

  • La valeur de la vie

    Marie Gaille

    • Belles lettres
    • 5 Février 2010

    « Ce n'est plus une vie », « je veux encore vivre, même avec cette maladie », « ma vie n'a plus de valeur » : confronté à la maladie, à la déchéance physique, à la perte provisoire ou définitive de certaines capacités, chacun d'entre nous peut être conduit à énoncer de tels propos. Quoi de plus délicat cependant, que l'évaluation de la valeur de la vie ? Cet ouvrage aborde le sens et la portée de cette réflexion dans une situation où elle s'impose dans toute sa radicalité : celle des décisions de maintien ou d'interruption de la vie prises au chevet du patient dans les hôpitaux. En choisissant d'aborder ainsi la question de la valeur de la vie, ce livre fait le pari qu'une approche philosophique nourrie par une rencontre avec l'univers de la médecine contemporaine éclairera davantage le sens de cette notion, son fondement et ses limites, qu'une approche abstraite de tout contexte.
    La démarche cherche aussi à établir un dialogue entre philosophes et médecins en proposant une analyse des différents contextes thérapeutiques où une décision de maintien ou d'interruption de la vie doit être prise. À la lumière de cette analyse, l'ouvrage propose une réflexion critique sur les usages de l'idée de valeur de la vie pour en désavouer la pertinence et en nier la légitimité éthique. Les patients, malades mais aussi citoyens, doivent forger en concertation avec les médecins d'autres critères pour fonder une décision aussi déterminante que celle de maintenir ou d'interrompre le cours d'une vie humaine.

  • Alzheimer et autonomie

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    • Belles lettres
    • 17 Mars 2010

    La maladie d'Alzheimer inquiète, angoisse, bouleverse.
    Elle remet en question l'identité personnelle et notamment l'autonomie, altérant l'existence en termes de choix, de relation à l'autre, d'expression de la volonté et de la pensée. Elle impose aux sujets malades de nouvelles règles de décision ; elle demande une adaptation du milieu et des autres à ce nouveau mode d'être. Ce livre réunit les interrogations de différents acteurs (médecin, cadre infirmier, psychologue, sociologue, philosophe, juriste) sur celte question difficile et les problèmes qui en découlent.
    Quelle représentation se fait-on de la maladie ? Que va susciter son annonce ? Quelle place nos sociétés, nos institutions, nos prévisions de santé publique peuvent-elles accorder au statut de la personne dite " démente " ? Que peut être l'accompagnement d'un patient dont on pense qu'il est " déchu " de son identité et d'une partie de ses droits ? L'enjeu de celte réflexion pluridisciplinaire est d'une part épistémologique, en exposant l'écart existant entre l'image de la maladie, sa conception scientifique, la réalité vécue, et d'autre part éthique, en invitant à ne pas confondre entrée dans la dépendance et perte d'autonomie.
    Cet ouvrage défend le principe d'un respect de l'autonomie propre à motiver soignants et " aidants " vers plus d'écoute, de confiance, de nuances, d'échanges, de compréhension et de sollicitude.

  • Histoire de l'expérimentation humaine en france ; discours et pratiques, 1900-1940

    Christian Bonah

    • Belles lettres
    • 13 Mars 2007

    La représentation publique de l'expérimentation humaine oscille entre demande de tentatives thérapeutiques audacieuses et crainte d'abus médicaux. La profession médicale et les scientifiques n'utilisent quasiment jamais le terme d'« expérimentation humaine ». La loi encadre la pratique expérimentale et le tribunal peut être saisi en cas de dommages. Habituellement, les détails concrets de l'expérimentation humaine restent invisibles, indicibles et inaccessibles. Ici, le détour historique peut jouer un rôle essentiel : rendre visible des pratiques mettant en jeu des expériences sur l'homme. À travers une analyse des discours et des pratiques en France entre 1900 et 1940, cet ouvrage établit que les trois représentations - publique, médicale et juridique - sans forcément s'opposer, témoignent de décalages et contradictions significatifs. Jusqu'à la promulgation de la loi Huriet-Serusclat en 1988, juristes, médecins et public souscrivent en théorie au principe d'une distinction claire entre une expérimentation thérapeutique (avec bénéfice direct) admissible et une expérimentation non-thérapeutique (sans bénéfice direct) répréhensible. Toutefois, en pratique, la notion de « thérapeutique » se révèle d'une plasticité extrême. Entre une vision de la « science faite » - universelle, éprouvée et sûre - et celle d'une science toujours « à faire » - fragmentaire, instable et réfutable - le statut et le degré de certitude que les uns et les autres attribuent à « la science » varient. Dans ce cas, comment distinguer entre expérimentation et traitement ? Comment encadrer une science toujours à faire oe

  • éthique et cerveau

    Bernard Baertschi

    • Belles lettres
    • 19 Novembre 2013

    Depuis quelques années, les neurosciences connaissent un développement foudroyant, grâce notamment à l'imagerie cérébrale. D'où l'essor de la neuropsychologie, faisant naître l'espoir d'une meilleure connaissance du fonctionnement de l'esprit humain et de nos capacités morales (neuroéthique).Ce livre est consacré à l'examen de trois questions éthiques que cet essor a renouvelées.La première est celle de savoir quelle est la «vraie» éthique normative. L'utilitarisme et le kantisme s'affrontent depuis longtemps au plan philosophique. Des études récentes en neurosciences ont amené certains auteurs à soutenir que l'utilitarisme serait meilleur, en ce sens qu'il serait la conception la plus adéquate pour diriger notre conduite. Mais est-ce vrai ? Des études expérimentales peuvent-elles avoir un impact aussi décisif ?La seconde concerne le statut moral des êtres humains qui paraissent ne pas posséder les facultés psychologiques nécessaires à l'exercice de la morale. La question est ancienne, pensons à l'épineux problème du statut moral des embryons ou des patients en état végétatif. Récemment, on s'est demandé si les psychopathes étaient capables d'un comportement authentiquement moral. Si ce n'est pas le cas, quel impact cela aurait-il sur leur statut moral ?La dernière est celle de la portée morale de certains traits de la psychologie humaine. L'être humain ne se comporte pas toujours de manière correcte, et il existe des situations où il est important de le détecter. Ainsi, l'imagerie cérébrale a récemment été proposée pour identifier les menteurs. Peut-on faire confiance à cette technologue ? Et puis, si nous sommes souvent moralement déficients, ne devrait-on pas utiliser les neurosciences pour nous améliorer moralement ?Bernard Baertschi est Maître d'enseignement et de recherche à l'Institut d'éthique biomédicale et au Département de philosophie de l'Université de Genève. Il a notamment publié La valeur de la vie humaine et l'intégrité de la personne (PUF, 1995), La neuroéthique (La Découverte, 2009) et La vie artificielle. Le statut moral des êtres vivants artificiels (CENH, 2009).

  • Les fondements de la bioéthique

    Hugo Tristram Engelhardt

    • Belles lettres
    • 12 Mars 2015

    The Foundations of Bioethics (1986) inscrit la bioéthique dans un cadre très large. L'auteur prend acte de l'impossibilité, dans les sociétés contemporaines, de parvenir à un consensus général en éthique : il n'existe pas de conceptions du monde rationnellement défendables, universellement recevables et dotées de contenu concret. Dans les sociétés laïques et pluralistes, les gens se rencontrent comme des étrangers moraux dont les valeurs et les normes diffèrent du tout au tout.
    Sous la seule condition que la résolution des désaccords peut prendre une forme pacifique, Hugo Tristram Engelhardt, Jr distingue deux principes, différents mais complémentaires, qui permettent de reconstruire à nouveaux frais une bioéthique acceptable. Le principe d'autonomie met en avant la liberté, caractérisée non comme une valeur à promouvoir, mais comme une condition de possibilité de l'éthique.
    Formel et d'application universelle, il proscrit l'usage de la violence, privée ou étatique, à l'encontre des choix innocents, c'est-à-dire des choix qui ne causent pas de préjudice aux personnes. Le principe de bienfaisance, fondé sur la sympathie et l'intérêt pris à la traduire en acte, indique à quelles conditions on peut ou doit faire le bien d'autrui. Concret, il ne peut se réaliser effectivement que dans le cadre de communautés diverses, avant tout des communautés de croyants, où il prend des formes elles-mêmes diverses, éventuellement aberrantes aux yeux des membres des autres communautés.
    La bioéthique reconstruite sur ces fondements est parfois conforme au sens commun et à la sagesse immémoriale des médecins et des patients ; mais elle en diffère souvent de façon radicale, en particulier par l'accent mis sur l'autonomie des personnes, par opposition à la condition qui est celle des êtres humains.

  • Médecine et sciences humaines ; manuel pour les études médicales

    Jean-Marc Mouillie

    • Belles lettres
    • 22 Août 2007

    Cet ouvrage pluridisciplinaire est destiné à accompagner l'enseignement de sciences humaines et sociales au sein de la formation médicale. Il s'adresse aux étudiants de médecine et à tous ceux qui s'engagent dans les métiers du soin ou qui s'intéressent aux questions épistémologiques, éthiques et sociales posées par la médecine contemporaine. Les nouvelles relations entre soignants et patients, l'interrogation sur l'identité scientifique de la médecine, le développement spectaculaire des techniques médicales, l'exigence d'une sensibilisation aux enjeux éthiques et bioéthiques du soin face à l'évolution des demandes, individuelles et sociales, et aux perspectives ouvertes par les sciences du vivant appellent une réflexion spécifique. Fournir des repères historiques et conceptuels à cette réflexion, interroger les présupposés de la pensée médicale, évaluer les multiples responsabilités liées au soin, promouvoir l'indépendance du jugement, le sens des problèmes et la clairvoyance critique sont les objectifs de l'introduction des sciences humaines dans le monde médical. L'ambition de ce recueil est d'y contribuer. Sans prétention encyclopédique, il invite le lecteur à s'approprier les questions à partir de regards croisés et à prendre ainsi la mesure de la diversité et de la complexité des problèmes humains de la médecine. Les auteurs, médecins et non médecins, sont des spécialistes des thèmes abordés travaillant aussi bien en sciences humaines (comme anthropologues, économistes de la santé, historiens, juristes, philosophes, psychanalystes, psychologues, sociologues) que dans le monde de la santé (en biologie, cancérologie, génétique, gériatrie, médecine générale, médecine interne, neurologie, neurochirugie, psychiatrie, rééducation fonctionnelle, et dans les soins infirmiers). Le projet résulte notamment de la collaboration de responsables et enseignants en sciences humaines et sociales des facultés de médecine d'Amiens, Angers, Brest, Créteil, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Paris VII, Strasbourg, Tours. Le livre se compose d'une centaine d'études présentées par thématiques, de plusieurs annexes « ressources » (chronologies, références littéraires et cinématographiques, textes de référence en éthique et bioéthique) et d'un index analytique.

  • Comment mon médecin est-il formé ?

    Collectif

    • Belles lettres
    • 22 Novembre 2012

    Comment nos médecins sont-ils formés? Que sait et ne sait pas un médecin? Que doit-il savoir? Quels sont les principes et les visées de la formation médicale? Quel sens du métier les études configurent-elles? Peut-on définir ce qu'est un « bon » médecin?Ce livre propose pour tous, acteurs de la formation ou non, une réflexion sur « l'envers du décor ». Par la description des contextes historique, sociologique, politique et pédagogique des études de médecine, il analyse la formation actuelle des médecins en France et l'enjeu des évolutions. Entre institution pédagogique et conceptions réfléchies ou profanes de la médecine, le médecin et le patient partagent-ils bien, ou pas, les mêmes définitions et compréhensions du métier de médecin?En annexe, le lecteur trouvera pour la première fois la traduction des chapitres essentiels du rapport réalisé en 1910 aux États-Unis par Abraham Flexner, texte fondateur pour l'enseignement médical du vingtième siècle, dont les aperçus demeurent étonnamment modernes.Jean-Paul Saint-André, Professeur d'anatomie et cytologie pathologiques est Président de l'université d'Angers après avoir été de 2001 à 2011 doyen de la faculté de médecine.Isabelle Richard, Professeur de Médecine Physique et de réadaptation est actuellement doyen de la faculté de médecine d'Angers après avoir occupé les fonctions de vice-doyen chargée de la formation.

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