Armand Colin

  • Qu'est-ce que le réel ? Comment le connaître ? Comment se produit l'articulation entre les faits objectifs et les significations subjectives ? Par quels processus un ensemble de typifications devient-il une réalité socialement établie ? Comment finissons- nous par vivre, au milieu de sociétés plurielles, dans un monde commun ?
    L'importance et le succès durable de ce livre majeur du constructivisme tiennent à la place unique qu'il occupe dans l'histoire de la théorie sociale.
    L'ouvrage, présenté par D. Martucelli et F. de Singly, s'enrichit d'une introduction inédite qui facilite la compréhension de ce texte exigeant.

  • Pendant des siècles, de débats Jean-Claude Kaufmann passionnés en illusions déçues, l'amour a rêvé de guider le monde. Chaque tentative fut un échec, parfois terrible. Alors l'amour s'est replié sur la vie privée. Il a laissé l'économie prendre le pouvoir, et s'est contenté de construire un univers de consolation et de caresses face aux duretés du monde. 
    Jean-Claude Kaufmann renouvelle ici l'histoire d'un sentiment pas comme les autres. Il nous entraîne dans l'aventure des grandes utopies et nous révèle la face cachée des épisodes fondateurs de nos vécus amoureux. 
    À travers ce récit, émaillé d'anecdotes savoureuses, il questionne les valeurs de notre époque et nous pousse à nous interroger sur notre positionnement personnel. 
    Devant la souffrance suscitée par une conception étroitement économique et cynique de la vie collective, la question de l'amour dans sa dimension sociale et politique est en train de resurgir. Elle explique l'intensité et les espoirs renouvelés que nous mettons aujourd'hui dans la quête du bonheur amoureux. été traduits en quinze langues.

  • Paru en 1923, Le Hobo de Nels Anderson est l'une des plus célèbres enquêtes d'ethnologie urbaine qui firent la réputation de l'École de Chicago dans l'entre-deux-guerres.  Ouvriers migrants qui se déplaçaient de Chicago vers l'Ouest pour suivre les chantiers, les hobos représentent au tournant du XXe siècle toute une époque de la classe ouvrière américaine.  Anderson, lui-même hobo, livre une description précise, vivante et sans misérabilisme de cette vie de débrouille. La figure culte de ce vagabond libre a nourri l'imaginaire américain à travers les textes de Kerouac et de London, la chanson folk et ce qui s'apparente à la sous-culture libertaire.
     

  • Ce volume propose les deux grands textes de John Dewey (1859-1952) sur l'éducation : son traité de pédagogie, Démocratie et Éducation (1916) et Expérience et Éducation (1938).
    Ces textes rendent compte de la modernité de la pédagogie de Dewey ou du moins de l'actualité des questions qu'il pose :
    Comment centrer l'éducation sur « les propres activités sociales de l'enfant » plutôt que sur les savoirs ? Comment l'éducation peut-elle préparer l'enfant aux conditions sociales qu'il connaîtra hors de l'école ? Comment rétablir la continuité de l'école et de la société ?

  • Cet ouvrage du grand anthropologue  Jack Goody (1919-2015) propose une perspective inédite sur les implications de l'écriture dans le développement  et l'organisation des sociétés. Il  en rend compte  sur le très long terme à travers quatre domaines essentiels des activités humaines : la religion, l'économie, l'administration et le droit.
    L'originalité de la thèse de Jack Goody réside dans l'importance accordée au rôle des moyens de communication dans le fonctionnement et l'évolution des sociétés, minimisant, par là même, celui généralement imputé aux modes et aux struc­tures de production.

  • On étudie peu l'anorexie chez les adultes. Dans le cadre d'une recherche qualitative, Christine Durif-Bruckert a rencontré des femmes anorexiques adultes et les a invitées à parler de ce qu'elles vivent, à expliquer ce qui leur est arrivé : comment l'anorexie a pris ses droits, s'est durcie, et comment elles se sont laissées prendre dans une progression quelquefois effrayante de l'anorexie.
    Elles ont raconté avec force leur obstination à maigrir, à faire disparaître leur corps dans une confrontation troublante avec la mort, vers la conquête d'une identité anorexique à laquelle elles sont désespérément attachées, jusqu'à ce que, pour certaines d'entre elles, un travail de détachement devienne envisageable et possible.
    L'auteure les a écoutées depuis cette forme d'exil qui n'est jamais seulement une fuite, pas seulement un renoncement, mais qui est à considérer comme une métamorphose existentielle majeure, une recherche de soi inédite. L'analyse de l'ensemble de leurs récits permet de mieux saisir ce mal qui questionne et qui ne se réduit jamais à l'expression de ses symptômes et sûrement pas à la seule question alimentaire.
    Comment ces savoirs peuvent-ils trouver leur place dans la pratique clinique et le projet thérapeutique ?

  • Oui, la famille a profondément changé : terminés, les schémas traditionnels de l'homme tout-puissant et de la femme qui obéit. Place à l'écoute et à la construction de l'identité personnelle au sein de la sphère conjugale, mais aussi dans la relation parent/enfant. Quelle différence y a-t-il entre un époux «Pygmalion» et un époux «Gentleman» ? Quels sont les éléments indispensables à l'épanouissement d'un enfant ? Comment préserver son intimité au sein d'une vie de famille ?
    C'est à ces questions - et à beaucoup d'autres - que le sociologue François de Singly répond judicieusement dans cet ouvrage stimulant et vivant, dédié à ceux qui souhaitent rétablir le bon équilibre entre soi et les autres.

  • Il y a 30 ans, la pédophilie était une cause défendue par certains milieux, au nom de la libération des moeurs : intellectuels, éditeurs, journaux , de gauche comme de droite. La pédophilie est même parfois devenue un combat politique. Plongez au coeur d'une des plus grandes polémiques de la fin du XXe siècle, grâce à une analyse détaillée des articles de presse de l'époque. Pourquoi et comment la pédophilie est devenue scandaleuse dans les années 80-90. Loin de toute prise de position, cet essai nous propose une sociologie de la controverse.

  • Fini la télévision ? Abandonnée pour d'autres écrans ? Dans les familles ouvrières et employées, elle occupe toujours une place très importante.

    Alors qu'elle a pu être décrite comme la reine des foyers populaires, réunissant parents et enfants autour des programmes du soir, elle apparaît aujourd'hui comme un invité permanent. Bien plus longtemps allumée, elle rythme la vie quotidienne tout en offrant plus qu'un simple divertissement : celles et ceux qui la regardent cherchent à travers elle à répondre aux contradictions de leur position autant qu'aux exigences du monde contemporain. Elle s'impose dans les foyers populaires autant qu'elle y est attendue.

    Cet ouvrage fait découvrir ces téléspectateurs en brossant plusieurs portraits. Trois questions l'organisent : Quelle place la télévision prend-elle dans les existences des familles populaires d'aujourd'hui ? Quelles relations entre les femmes et les hommes et entre les parents et les enfants ses usages mettent-ils au jour ? Que font les individus des images et des personnages reçus tous les jours à domicile ?

  • Un classique de Kaufmann complété par une nouvelle préface. Par l'étude du linge, de sa propreté et de son rangement, le lecteur comprend combien le couple est une unité fragile où beaucoup de choses doivent demeurer cachées.

  • Y a-t-il une solution aux malaises enseignants ?
    Comment et pourquoi le regard sociologique peut transformer la vision que les enseignants ont de leur métier.

  • Au-delà des discours et des chiffres, l'ouvrage, issu d'une enquête approfondie menée dans quatre directions ministérielles, offre une contribution originale sur la question  des inégalités de carrières entre hommes et femmes, décrites par la métaphore du plafond de verre, et sur le monde des élites administratives. 
    L'enquête s'appuie sur une centaine de récits de vie de femmes et d'hommes. Au-delà de l'éducation familiale et d'un inégal accès à la voie royale de l'ÉNA, les blocages de carrières des femmes sont décelés au coeur des administrations, à travers des règles de disponibilité, de mobilité géographique, qu'elles s'imposent.
    Le livre offre aussi des portraits d'hommes qui ne peuvent ou ne veulent pas devenir «  chefs  » et de femmes qui franchissent avec brio les étapes conduisant aux plus hautes sphères. 

  • Observateur hors pair de l'individu et de l'individualisme dans tous leurs états, Jean-Claude Kaufmann en aborde ici la face cachée, qui n'est pas la moins intéressante. Cet homme et cette femme d'aujourd'hui tout à leurs désirs et à leurs peines, cet individu qui s'est placé au centre de tout, qu'il s'agisse de la cellule familiale ou de la société globale, apparaît étrangement insaisissable. Plus que contradictoire, évanescent. Ces petits "moi" si exigeants en attention et en reconnaissance se révèlent dépourvus de toute identité fixe, solide. Nous sommes devenus changeants, versatiles, nous aspirons à « être nous-mêmes » mais nous n'arrêtons pas de nous fuir ou de nous démentir. Selon les lieux, les moments, les fonctions, nous jouons tout un petit théâtre de rôles disparates dont l'assemblage ne forme pas une pièce cohérente. Pourquoi ? Utilisant le matériau de ses meilleures enquêtes, Kaufmann construit dans un langage très accessible un texte majeur sur l'ego contemporain. Chacun s'y reconnaîtra, car il nous montre comment nous n'arrêtons pas de nous faire et de nous défaire à partir de la trame du quotidien et des micro-événements de notre relation à notre environnement.

  • Communautés virtuelles, e-relations, cyber-amitiés, sociabilités en ligne, ou encore liens numériques... Cet ouvrage propose à un public large une réflexion sur les transformations du lien social associées aux Technologies de l'Information et de la Communication et plus spécifiquement à Internet. Il permet de s'interroger sur la manière dont ces technologies participent à l'instauration et à la reconfiguration des liens et des attachements, électifs ou non, entre des individus également susceptibles d'être déliés.
    Allant parfois à l'encontre d'idées reçues ou conduisant à clarifier des représentations spontanées, il souligne d'une part la variété des usages par-delà les prescriptions et usages communément imaginés, et d'autre part les régularités communément constatées dans l'observation de ces pratiques.

  • The Discovery of Grounded Theory (1967) est l'un des ouvrages de méthodologie les plus importants dans l'histoire de la sociologie américaine. À l'origine d'un vaste mouvement de redéfinition des paramètres de l'enquête de terrain, de l'analyse des données et de la production théorique, la méthode novatrice qu'il présente a connu des développements constants et suscite un intérêt de plus en plus large à l'échelle internationale. Longtemps resté à l'écart des débats qu'il suscite, le public francophone peut enfin accéder, grâce à cette traduction, au texte fondateur de ce courant.  À partir d'une critique des démarches statistiques et expérimentales en sciences sociales assortie de nombreux exemples, l'ouvrage promeut une forme nouvelle d'analyse comparative pour produire une théorie « ancrée », c'est-à-dire enracinée dans les données du terrain. Parce qu'il pose les bases de cette approche dans un style à la fois simple et rigoureux afin d'en diffuser la pratique, ce classique peut également être considéré comme un manuel d'introduction.

  • Pour caractériser la modernité occidentale, on oublie presque toujours de nommer ce qu'on peut nommer la révolution de l'identité. Les rôles sociaux, les appartenances deviennent des apparences, masquant une identité cachée, la vraie.
    Ce livre montre qu'on ne peut comprendre les individus contemporains sans la  prise en compte de cette identité   personnelle qu'ils revendiquent, au-delà de ses rôles sociaux. Quels sont  les mécanismes par lesquels chacun cherche à s'affirmer comme unique? Quelles sont les conséquences de cette "double" identité sur le fonctionnement du couple et de la famille? Pourquoi la sociologie doit-elle aussi penser le « Je » et ses conséquences?
    François de Singly nous livre des repères pour comprendre clairement les transformations du lien social dans une société moderne où s'affirme le primat de l'individu.
    Un livre bilan par l'un des grands sociologues de notre temps.

  • L'adonaissance, voici une notion nouvelle et nécessaire pour désigner cette réalité moderne : les jeunes grandissent plus tôt et différemment. Les adultes le comprennent mal et ne savent pas comment y faire face.
    Les longs entretiens recueillis et analysés par François de Singly sont sans appel : les jeunes n'attendent plus la « crise d'adolescence » pour s'affirmer. Ils le font dès l'entrée au collège, dès 10-11 ans. Mais attention ! Contrairement à certains discours dénonciateurs, ces adonaissants ne se donnent pas le mot pour être des « tyranneaux domestiques » commandant des parents sans autorité.
    Plutôt bien intégrés dans la vie de famille et ses contraintes, ils s'individualisent en douceur, ils s'émancipent en prenant appui sur les codes culturels de leur génération. Ils sont déjà « ailleurs » quand on les croit encore « là ». Ils apprennent à avoir un certain pouvoir sur eux-mêmes.
    Alors comment se comporter face à ce mouvement d'individualisation précoce qui peut créer un réel désarroi, un sentiment de perte d'emprise des parents sur leurs... adonaissants ? Comment accompagner sans intrusion, comment respecter l'exigence d'autonomie sans s'installer dans une sorte d'apartheid - adultes d'un côté, enfants de l'autre - qui couperait court à toute possibilité de transmission ?
    François de SINGLY - auteur de Libres ensemble (2000), Les Uns avec les autres (2003) et autres livres manquants - prend sa meilleure plume pour nous ouvrir l'univers secret des « nouveaux jeunes » dans des milieux sociaux contrastés. Il met en valeur la parole de ces adonaissantes et adonaissants publiques, drôles et émouvants qu'il a su écouter et comprendre, sans, comme tant d'autres « experts » autoproclamés, parler à leur place !
    Qu'est-ce qu'un adonaissant ? L'adonaissant n'est pas un adulte. L'adonaissant devient en partie « propriétaire » de lui-même. L'adonaissant veut être reconnu comme « jeune ». Apprendre à être propriétaire de soi en milieu cadre. Une identité clivée, et idéalement équilibrée. Une balance identitaire mail réglée. La négociation de la propriétaire de soi. Apprendre à être propriétaire de soi en milieu populaire. Une identité cumulative. La dépossession de soi. Les modes d'affirmation de soi. Le pouvoir adonaissant sous contrôle parental. L'inspection des habits d'élève et de jeune. Libres ensemble ?

  • S'il est devenu un lieu commun d'annoncer et souvent de dénoncer une prétendue uniformisation du monde, il conviendrait plutôt, au-delà de la convergence des préoccupations planétaires, de se demander si nos sociétés ne sont pas désormais avant tout gouvernées par un idéal massivement partagé de singularité, et travaillées en leur coeur par les multiples processus de singularisation qui en découlent. L'auteur du présent ouvrage suit à la trace les effets en tous domaines de cette expansion singulariste ; ce qui le mène à prendre acte, comme il est devenu urgent de le faire, d'une radicale déstabilisation de nos approches du social et du politique. Au-delà du bouleversement induit des habitudes les plus enracinées de la pratique sociologique, c'est toute notre conception de l'individualisme et, avec lui, de nos manières de faire société qui est remise en question. Le temps est venu de concevoir et de mettre en oeuvre une nouvelle articulation entre les enjeux collectifs et les épreuves des individus, susceptible de singulariser l'étude des phénomènes sociaux. Il s'agit donc de rien moins que de bâtir une sociologie pour les individus.

  • Pour atteindre l'harmonie en couple il faudrait nécessairement partager les mêmes valeurs. Aimer et détester selon les mêmes registres. Voir le monde avec les mêmes lunettes. Pousser à l'extrême l'idéal de similitude comme condition de l'authenticité et de la force du lien.

  • Comment arrivons-nous à dessiner le cours de notre vie ? Être sujet de son existence - une conquête historique - implique un travail complexe, éprouvant et risqué. Jean-Claude Kaufmann nous ouvre les portes de cette petite fabrique de s'inventer. Où l'on trouve beaucoup de passion créative, mais aussi beaucoup de désarroi, d'implosions individuelles et d'explosions collectives.Délivré des cadres traditionnels, l'individu moderne tombe en panne sitôt qu'il ne croit plus à sa propre histoire : l'analyse, parfaitement documentée, ouvre sur la question de l'identité. Une notion devenue omniprésente sans être jamais clairement définie. Après un bilan critique de l'histoire du concept, Jean-Claude Kaufmann nous propose une théorie, ancrée dans l'actualité la plus vive, qui rend subitement plus intelligible notre horizon brouillé.Une révolution est en passe de changer la face du monde. Comprendre où elle nous entraîne est une urgence vitale : pour le meilleur et pour le pire, nous sommes désormais entrés dans l'âge des identités.Jean-Claude Kaufmann, sociologue, directeur de recherche au CNRS (CERLIS, université Paris 5-Sorbonne) est l'auteur notamment d'Ego pour une sociologie de l'individu, ainsi que de plusieurs livres d'enquêtes, sur le couple ou la vie quotidienne, qui ont connu un large succès, et sont réutilisés ici même comme illustration.
    L'identité et son histoire. D'où vient le concept d'identité ? Le retournement historique : une théorie de l'identité. L'identité et ses contraires. La nature de l'identité. Identité individuelle et identité collective. Identité biographique et identité immédiate. L'identité comme condition de l'action. Le social reformulé par l'identité Voice. Les explosions identitaires. Exit. Le retrait. Loyalty. Les identités froides. Conclusion Post-Scriptum : La fable du Système.

  • Enfin une approche inédite, un regard vraiment émancipé sur la France contemporaine !
    L'individu est devenu l'horizon de nos perceptions de la vie sociale. Soit. Reste à en tirer les conséquences, en termes épistémologiques notamment. L'ambition centrale de cet ouvrage est de faire reposer l'analyse sociologique sur un nouvel axe, l'individuation, le plus à même de nous faire comprendre le monde dans lequel nous sommes fabriqués.
    À la différence d'autres travaux, essais ou recherches thématiques, ce livre propose une vision d'ensemble. Sur la base d'une enquête de terrain exigeante, menée sur plusieurs années, il cerne en parfaite rigueur l'unité des processus d'individuation à l'oeuvre dans la société française ainsi que la diversité de ses formes concrètes.
    Nous voici installés de plain-pied au coeur d'un va-et-vient permanent entre dimensions sociétales et expériences subjectives ; de très fines et vivantes analyses mettent en résonance éléments de la vie quotidienne et grandes transformations sociales.
    Une ligne de force se dégage : chacun d'entre nous se forge au travers d'une série d'épreuves, selon des modalités inédites et selon un éventail renouvelé de contraintes et de possibles. Ces épreuves, inégalement déclinées, sont affrontées pour l'essentiel individuellement, mais le parcours de vie, de l'école à la famille, du travail à la ville, de l'histoire à l'intimité n'en est pas moins. profondément collectif.
    Une démonstration est faite : l'attention au mouvement central de singularisation permet seule de rendre compte de manière unifiée des phénomènes sociaux. Deux grandes leçons sont tirées : la compréhension de soi passe d'une manière plus décisive que jamais par l'intelligence de la société ; les grands enjeux sociaux et politiques sont désormais redéployés, recadrés et en attente de reformulation explicite. Ce qui risque d'en prendre certains de court.
    Danilo MARTUCCELLI est chargé de recherches au CNRS-CLERSÉ-IFRESI. Il est l'auteur, notamment, de Sociologies de la modernité (1999), Grammaires de l'individu (2002) et de La consistance du social (2005).
    Domaines. L'empreinte scolaire. Le travail ou le génie des modernes. Dans les rues de la ville. Vies de famille. Dimensions. L'histoire des individus. Le rapport au collectif. La participation défective. Le labyrinthe de l'altérité. À l'épreuve de soi. Topographies et temporalités. La déclination des épreuves. Conclusion : la singularité sociétale.

  • Cet ouvrage rend compte de l'intérêt manifesté par les sociologues contemporains pour Wittgenstein, et propose une réflexion innovante sur les conditions d'avènement d'une sociologie plus en phase avec la réalité fondamentale des processus sociaux. Le détour wittgensteinien, utile pour s'émanciper d'une certaine tradition "bourdivine", prend tout son sens avec la promotion d'une approche du social inspirée par une théorie de la connaissance. Ce livre répond de manière lucide et engagée à la question lancinante de la scientificité et de la fécondité réelles de la sociologie.

  • Dans un couple s'affirme aujourd'hui la nécessité d'une des fonctions centrales de la vie commune : apprendre le respect mutuel. Car il ne s'agit plus seulement de vivre ensemble mais aussi d'être libres ensemble, donc de trouver l'équilibre entre le maintien d'une vie personnelle et d'une vie conjugale. L'individualisme peut mener à l'atomisation de la société - chacun se repliant sur soi - si la vie commune, vécue sous le mode de la contrainte, empêche l'épanouissement. Il s'agit donc de résoudre cette tension éternelle entre l'individuel et le collectif. Libres ensemble montre comment les personnes vivant en couple, en famille, en collectivité mènent une «double vie» faite de temps personnel et de temps partagé. Chacun se retrouvant ainsi à la fois «seul» et «avec».

  • Ce livre né d'une vaste enquête de terrain nous offre le "roman amoureux" des jeunes des cités. Au fil des témoignages recueillis, toute une mythologie se voit sérieusement relativisée. Néanmoins si les filles sont "tenues" par les logiques de la "réputation", elles savent en jouer volontiers stigmatisés. 
    Compte tenu de la place de cette jeunesse des cités dans les générations montantes, les conclusions de ce livre sont particulièrement intéressantes pour comprendre les évolutions à venir des logiques de couple en France. Et répondre à la question qu'on se pose : est-on vraiment menacés d'une régression sensible en matière de statut de la femme ?

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