Albin Michel

  • La supériorité de l'économie européenne sur celle de la Chine a longtemps fait figure d'évidence, en particulier chez les historiens occidentaux. Au moment où l'actualité proclame ce qu'il y avait de transitoire dans cette suprématie, le livre de Kenneth Pomeranz pose la question de son caractère inéluctable. Récusant l'idée qu'une telle hiérarchie soit à chercher dans les civilisations elles-mêmes, il s'interroge sur la manière dont chacune a su résoudre les problèmes économiques, écologiques et géopolitiques posés par les processus de développement et par l'essor de l'industrie. C'est toute l'histoire de la mondialisation de l'économie depuis 1750 qui fait ici l'objet d'un nouvel examen, remettant en cause bien des idées reçues, tant sur l'Europe que sur la Chine, l'Inde ou les deux Amériques. On comprend ainsi que c'est l'inégale allocation géographique des ressources en charbon et la conquête du Nouveau Monde qui ont donné l'impulsion finale à l'économie européenne.
    Dès sa parution en 2000, Une grande divergence a soulevé chez les historiens et économistes du monde entier un débat qui est loin d'être clos sur la naissance d'une économie globalisée. Sa traduction permettra aux lecteurs français de mesurer l'importance d'un livre unique, tant par sa perspective effectivement mondiale que par l'ampleur de son information et l'originalité de ses thèses.

  • La pensée chinoise

    Marcel Granet

    • Albin michel
    • 12 Janvier 1998
  • Renaissances italiennes, 1380-1500

    Elisabeth Crouzet-Pavan

    • Albin michel
    • 13 Mars 2013

    Au mythe de la « Renaissance » et aux débats qui s'y attachent, à la figuration célébrée d'un présent fécondé par une restitution des sagesses de l'Antiquité, à l'imaginaire humaniste d'un recommencement, Élisabeth Crouzet-Pavan préfère substituer l'horizon des Renaissances italiennes.
    Le pluriel s'impose à ses yeux, parce qu'il existe une autre Renaissance, moins démonstrative que celle des savants et des artistes, mais tout aussi vivante, par laquelle continuent à vivre et à revivre des passés plus ou moins proches.
    Les représentations, les mémoires et les actions s'enchâssent et jouent alors les unes avec les autres parce que les temps communiquent sans cesse. C'est un âge du paradoxe qui surgit sous nos yeux : de grandes espérances coexistent avec l'appréhension de l'imminence du Jugement dernier, des rêves enthousiastes d'harmonie voisinent avec l'angoisse du péché, la quête de la beauté est confrontée à la conscience du mal...
    Renaissances italiennes, de Milan à Naples, de Florence à Venise, de Rome à Ferrare, invite ainsi le lecteur à déplacer son regard. Et dans cette somme magistrale, Élisabeth Crouzet-Pavan nous guide dans la complexité d'un univers humain qui éprouvait autant un immense amour de la vie qu'une tenace peur de la mort, autant une extraordinaire exaltation créatrice qu'une profonde sensation de finitude...

  • La révolution de 1917

    Ferro-M

    • Albin michel
    • 22 Mai 1997

    Quitter le devant de la scène, celle où s'affrontent les personnages principaux de l'histoire, pour rejoindre la société et ses aspirations : confronter le système des grandes idées (bolchevisme, communisme, etc.
    ) aux comportements des hommes vivants (ouvriers, paysans, soldats), dont les projets rencontrent ou contredisent ceux des partis et des organisations : ces déplacements dans l'analyse caractérisent la magistrale synthèse de marc ferro. ni fruit d'une nécessité historique, ni accident dû à la guerre et la défaite, la révolution d'octobre redevient un événement qui s'intègre à une histoire de longue durée, ouvrant un cycle qui, après quatre-vingts ans, n'est toujours pas clos.
    Comprendre la naissance et la nature de la société soviétique ainsi que son évolution reste un des enjeux majeurs de notre temps.

  • Le grand Empire (1804-1815)

    Tulard-J

    • Albin michel
    • 18 Novembre 2009

    En 1811, l'Empire napoléonien englobe la moitié de l'Europe.
    Rome, Bruxelles, Amsterdam, Hambourg, Cologne sont françaises. L'empereur décide du destin des Allemands, des Italiens, des Suisses et de la majeure partie de l'ancienne Pologne ; son frère aîné règne à Madrid cependant qu'un maréchal français est choisi par le roi de Suède comme prince héritier. Pourquoi la France domine-t-elle l'Europe en ce début de XIXe siècle ? Pour la première fois on trouvera ici un tableau complet des causes de cette suprématie : universalité de la langue française, poids de la démographie, innovations militaires...
    Et cet impérialisme n'est pas né avec Napoléon : le Grand Empire est fils de la Grande Nation. L'écroulement de cette Europe française est dû à de multiples facteurs : refus de Napoléon de créer une solidarité économique entre les Etats, réveil des nationalismes, hétérogénéité des armées levées par l'empereur à partir de 1807.

  • Enfers et paradis ; l'Italie de Dante et de Giotto

    Elisabeth Crouzet-Pavan

    • Albin michel
    • 27 Octobre 2004


    le xiiie siècle italien est un long siècle mal connu qui, par sa densité historique, ne le cède pourtant en rien aux " gloires " ultérieures de la " renaissance ".
    un formidable mouvement paraît en effet l'animer, plus vif, plus net à mesure que le temps avance. dante et giotto sont les figures symboliques de ce grand remuement au rythme duquel une autre italie surgit. tout bouge, tout change : les hommes, les paysages, les rues et les places comme les cultures de la colline, les pratiques du politique ou les techniques économiques et artistiques. elisabeth crouzet-pavan s'attache ici à retracer l'histoire de cette capacité de création qui fut peut-être, alors que la violence envahissait implacablement les cités, les déchirait, alors que le sang coulait et que les factions s'affrontaient avec constance et âpreté, un art de continuer à penser la vie sous " le cours du ciel et de la lune ".
    une vie entre enfers et paradis.

  • Le livre des vies coupables ; autobiographie de criminels (1896-1909)

    Philippe Artières

    • Albin michel
    • 14 Mai 2014

    Prison Saint-Paul de Lyon, il y a tout juste un siècle. Sur un petit cahier d'écolier, un détenu écrit. Il raconte sa vie, cette existence qui l'a mené là, entre les quatre murs d'une cellule. Page après page, il fait le récit de ses errances, de ses déroutes et de son long parcours vers le crime. Cette autobiographie, ce criminel la rédige, comme neuf autres codétenus le feront après lui, non pour lui-même, mais pour un destinataire prestigieux : le célèbre criminologue Alexandre Lacassagne. Le professeur de médecine légale a en effet un projet fou : celui de rassembler des archives de la déviance, de constituer une encyclopédie vivante du crime à partir des seuls récits autobiographiques produits par des criminels. Maîtres-chanteurs, apaches, parricides, dépeceurs, prostituées ont ainsi écrit en quelques années un Livre des vies coupables, resté jusqu'alors inédit.

    Philippe Artières a retrouvé ces manuscrits éparpillés dans le fonds Lacassagne de la bibliothèque municipale de Lyon. Il en a reconstitué la genèse, en montrant comment ces textes s'inscrivent dans l'histoire paradoxale de l'écriture en prison et comment ils participent du développement de la criminologie à la fin du XIXe siècle. Mais l'historien se fait aussi passeur et donne à lire ces étranges vies. Il faut écouter avec lui ces voies sorties du mitard de l'histoire, entendre ces murmures, fragiles traces des peines et des émotions de ces infâmes ordinaires, accepter cette plongée dans le monde d'en bas pour appréhender ce que Michel Foucault appelait le " marmonnement du monde ".

  • L'apparition du livre

    ,

    • Albin michel
    • 4 Février 1999

    En 1958 était publié, sous la signature conjointe de lucien febvre et henri-jean martin, l'apparition du livre.
    Ecrit par henri-jean martin sous l'inspiration de lucien febvre, cet ouvrage va devenir très vite un classique et provoquer une véritable révolution. pour la première fois, la naissance et la diffusion du livre étaient analysées dans toutes leurs dimensions: intellectuelle, culturelle, économique, sociale, esthétique. les hommes, les ateliers typographiques, l'invention des caractères, l'édition des textes, la mise en pages, tous ces points se voyaient éclairés à travers une grande histoire sociale.
    Ce fut l'acte de naissance d'un nouveau regard historique sur le livre qui n'a cessé depuis de se renouveler. frédéric barbier, directeur d'études à l'e. p. h. e. , assure la postface de cette réédition qui vise à comprendre le travail commun de lucien febvre et henri-jean martin et à montrer l'extraordinaire fécondité de leur ouvrage.

  • Venise triomphante ; les horizons d'un mythe

    Elisabeth Crouzet-Pavan

    • Albin michel
    • 15 Septembre 2004

    Faire l'histoire de Venise, c'est retracer l'aventure unique d'une communauté humaine redoutée et conquérante, toujours âpre et dure, parfois haïe et combattue pour ses violences et son orgueil.

    Élisabeth Crouzet-Pavan s'attache dans cet ouvrage à expliquer comment, en maîtrisant des espaces proches aussi bien que lointains, en cultivant le mythe d'une élection divine, Venise a pu devenir le centre d'un monde.

    Aux temps obscurs et précaires, la ville surgit lentement, au milieu d'une eau saumâtre, protectrice comme une muraille. Cette ville, par un effort de tous les jours, les hommes ne cessèrent de la construire et de la reconstruire, de l'embellir et de l'orner, de l'aménager et de la préserver, jusqu'à en faire une image de gloire. Sur tous les théâtres de son histoire, Venise triomphante est alors regardée : l'empire maritime et la Terre Ferme qu'elle contrôle et exploite ; le port, le marché et les ateliers où s'affaire une humanité cosmopolite ; les lieux de pouvoir où les élites façonnent l'ordre et la grandeur de la République ; les maisons, les cours, les ruelles où vivent et meurent hommes et femmes.

    Ainsi naît Venise, au croisement de l'imaginaire et de l'histoire : imaginaire de fragilité suscitant un intense attachement à la vie et à la puissance, histoire d'une cité dont la longue geste, dans un conscient défi au temps, est demeurée inscrite dans un dernier espace de palais et d'églises...


    Élisabeth Crouzet-Pavan est professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université de Paris IV-Sorbonne. Elle est également l'auteur de Enfers et paradis. L'Italie de Dante et de Giotto (Albin Michel, 2001).

  • Les marchands et le temple

    Giacomo Todeschini

    • Albin michel
    • 25 Octobre 2017

    Le Moyen Âge chrétien, ennemi de l'argent, n'a pas connu de pensée économique, car celle-ci ne pouvait émerger que dans le monde sécularisé que permit la Réforme.
    Et si cette conviction si largement diffusée était fausse ? Et si les processus économiques avaient été au coeur de la pensée médiévale ?
    Parcourant, à l'écoute des moines, évêques, frères mendiants et universitaires, les voies de la pensée européenne entre Antiquité et Époque moderne, Giacomo Todeschini fait émerger un monde intellectuel passionné par les problèmes spirituels, moraux et politiques que posent la circulation de la richesse, sa création, sa distribution, son usage, son contrôle. L'économie chrétienne qu'il fait apparaître, avec ses controverses et ses voies de consensus, engage la vie tout entière de la communauté des fidèles, et participe des dynamiques d'exclusion (des juifs, des hérétiques, des pauvres) qui donneront à la société européenne sa force propre, sa capacité à la solidarité et sa brutalité.
    Cet ouvrage révèle les liens étroits qui unirent, dans les sociétés médiévales, religion et économie, richesse matérielle et spiritualité. Ce faisant, il s'adresse à tous ceux qui veulent comprendre aujourd'hui pourquoi et comment est née une « science » économique.

  • Dans La Comptabilité de l'au-delà, Jacques Chiffoleau étudie les deux siècles qui constituent ce que l'on a appelé le " Bas-Moyen Age ", le XIVe et le XVe siècle, par le prisme de la mort, catalyseur des fantasmes et des intérêts matériels d'une époque. La mort est en effet au coeur du siècle sombre qui s'étend de 1340 à 1460 : les pestes, les épidémies, la crise démographique qui réduit du tiers ou de la moitié, selon les cas, la population des villes et des villages marquent profondément les consciences. Le corps mort envahit l'art et la littérature ; la multiplication des cadavres, squelettes et danses macabres sur les murs des églises, dans les cimetières et les livres d'heures est le signe d'un trouble dont les racines les plus profondes n'ont pas encore été toutes dégagées. Une " crise mélancolique " se profile, accentuée par le spectre de la grande peste noire où ce n'est pas tant la mort qui a affecté les consciences, mais le dérèglement des relations humaines que l'épidémie a entraîné : abandon des malades par leurs proches, carence des pouvoirs publics, oubli de la pudeur, mort en vrac et à la hâte. Et alors que la peur de la mort en elle-même remplace peu à peu la peur de l'au-delà, l'effort constant des clercs et de l'Eglise consiste à contrôler, à investir ce moment essentiel à travers le culte des saints et des reliques, le contrôle des cimetières, la mise en place de la liturgie des trépassés et la célébration de la Toussaint. La longue préface de Jacques Le Goff montre bien qu'autour de la transformation des attitudes face à la mort, c'est toute une société, dans ses pratiques et ses croyances, son rapport à l'Eglise et au religieux, que Jacques Chiffoleau analyse brillamment.

  • L'impossible citoyen ; l'étranger dans le discours de la Révolution française

    Sophie Wahnich

    • Albin michel
    • 3 Novembre 2010

    L'impératif de Saint-Just : « Il faut que vous fassiez une cité, c'est-à-dire des citoyens qui soient amis, qui soient hospitaliers et frères », côtoie un décret qui exclut les étrangers de l'espace politique. En l'an II, les étrangers sont devenus d' « impossibles citoyens », et tout en affirmant l'universalité du droit qui la fonde, la nation souveraine construit ses limites. En analysant le regard que la Révolution française a posé sur les étrangers, Sophie Wahnich a saisi, dans ce livre publié en 1997, les questions qui ne cessent de se poser aujourd'hui encore à la conscience politique. C'est bien à une méditation sur les fondements contradictoires de l'appartenance nationale que cette étude passionnante nous invite.

  • La fin du monde antique et le début du moyen âge

    Lot-F

    • Albin michel
    • 19 Avril 1989

    La Fin du monde antique et le début du Moyen Age fut un succès lors de sa parution en 1927.
    On avait traité jusqu'alors soit de l'empire romain, soit du Moyen Age en scindant les deux époques à la mort de Théodose. Pionnier du concept d'Antiquité tardive, Ferdinand Lot est le premier à consacrer un travail d'ensemble à l'histoire romaine entre le IIIe et le Ve siècle et à affirmer que " le Moyen Age ne peut se comprendre si l'on ne remonte pas au Bas Empire ". Se dégageant du carcan de l'histoire événementielle, il met l'accent sur l'analyse économique et sociale.
    En ce domaine aussi, Ferdinand Lot innove, deux ans avant la fondation des Annales, la revue de Marc Bloch et Lucien Febvre. Mais il n'oublie pas seulement les faits matériels et les institutions : son véritable objet d'études est l'âme humaine. " Si les apports de l'archéologie ces dernières décennies ont bien changé nos connaissances des temps barbares, Ferdinand Lot reste d'actualité lorsqu'il écrit : " Il est impossible de comprendre quoi que ce soit à l'histoire contemporaine si on ne sait rien de la dislocation du monde ancien, rein du nouveau peuplement de l'Europe du IVe au Xe siècle...
    " Une bonne raison de se féliciter de la réédition de ce classique que maîtres et étudiants ont lu et relu.

  • Les institutions de l'empire byzantin

    Louis Brehier

    • Albin michel
    • 15 Octobre 1970

    Lorsque, à la fin de sa vie, Louis Bréhier (1868-1951) fit entrer Byzance dans la prestigieuse collection de L'Évolution de l'Humanité en publiant Le Monde byzantin en trois volumes, Vie et mort de Byzance, Les Institutions du monde byzantin, La Civilisation byzantine, il achevait par une ample synthèse une oeuvre d'historien que l'on découvre encore avec admiration.

    La civilisation byzantine, est le troisième volume de cette trilogie. Après les événements, après les institutions, qui faisaient l'objet des deux premiers volumes, c'est, dans les pages qu'on va lire, la civilisation, la vie matérielle, la vie spirituelle et intellectuelle sous tous leurs aspects qui sont présentées.
    Byzance trouve ainsi sa véritable place dans le long développement de l'esprit humain.

  • L'Europe de Peiresc ; savoir et vertu au XVIIe siècle

    Peter N. Miller

    • Albin michel
    • 15 Avril 2015

    Au coeur de l'Europe savante du XVIIe siècle, Peiresc (1580-1637) s'intéresse au Nord comme au Sud, à la topographie de la lune autant qu'aux camées et aux pierres, aux langues orientales comme au breton, aux traces présumées de géants comme à l'apprivoisement des chats persans ou à l'observation des caméléons. Les nombreux champs qu'il explore relèvent d'abord de l'universalité de sa curiosité, ensuite du soin qu'il apporte aux conditions de découvertes des objets, monuments ou phénomènes naturels. Depuis Aix-en-Provence, il crée l'un des plus efficaces réseaux savants de l'époque qui rayonne sur toute l'Europe et au-delà, jusqu'à Tunis et aux échelles du Levant. Il communique en français, en latin et en italien pour s'adonner aux mathématiques comme aux sciences de l'homme. Astronome réputé, il observe les satellites de Jupiter et découvre la nébuleuse d'Orion en 1610. Depuis l'observatoire qu'il a installé sur le toit de sa maison, il dresse la première carte de la lune à partir de ses observations au télescope.
    Peiresc est un magnifique exemple de grand intellectuel, à la charnière de la Renaissance et de l'époque moderne, ce qui lui vaut le titre de « Prince de la république des Lettres ». Il correspond avec tout ce que l'Europe du XVIIe siècle compte de savants et est l'ami de Gassendi, Galilée, Campanella et Rubens, notamment. Ce livre passionnant n'est pas seulement indispensable à qui veut découvrir la culture scientifique et historique de la France du XVIIe siècle, il représente aussi une source de réflexion privilégiée pour explorer la figure nationale et internationale d'un géant du savoir.

  • La philosophie du moyen age

    Emile Bréhier

    • Albin michel
    • 5 Mars 1971

    Émile Brehier nous propose ici une présentation claire et précise de la philosophie au Moyen Âge : à partir du sommeil de la philosophie au VIe-VIIIe siècle, il dresse une histoire chronologique qui aboutit à la fin de la scolastique au XVe siècle. Il fait une courte biographie et un résumé des idées de tous les philosophes importants de cette longue période. Ce livre montre que le Moyen-Âge, loin d'être la période d'obscurantisme que l'on a longtemps décrit, a été le cadre d'une activité intellectuelle très importante.

  • Le monde juif vers le temps de Jésus

    Charles Guignebert

    • Albin michel
    • 17 Novembre 1969

    Le temps de Jésus : ce fut l´une des périodes les plus complexes et les plus troublées de I´Histoise de I´Humanité, mais aussi l´une des plus grosses d´avenir. Les progrès de la pensée, la conscience qu´une élite prend des misères humaines, aboutissent à une crise morale ; l´homme a besoin de comprendre la vie et la mort, il veut expliquer le mal.
    Tout cela était sensible dans ce grand carrefour de l´Antiquité qu´était la Palestine, où passèrent tant de peuples. Et Charles Guignebert « montre ce qui prépare la levée de Jésus dans le milieu palestinien, mais il montre également ce qui, dans le milieu juif de la Diaspora, prépure le mythe du Christ et le christianisme » (Henri Berr).

  • La Chrétienté et l'idée de croisade

    ,

    • Albin michel
    • 7 Février 1995

    Salué comme novateur lors de sa parution dans les années cinquante, cet ouvrage issu d'un manuscrit laissé inachevé par Paul Alphandéry (1875-1932), repris et augmenté par son disciple Alphonse Dupront (1905-1990), a considérablement renouvelé l'historiographie de la Croisade. Comme l'écrit Michel Balard, professeur d'histoire médiévale à l'université de Paris 1er, dans une postface qui enrichit cette édition en un seul volume, les deux auteurs ont su mettre "au premier plan la masse du peuple chrétien dans sa sensibilité et ses comportements quotidiens en un moment où l'histoire des mentalités en était encore à ses premiers balbutiements".

  • Galilée copernicien

    Maurice Clavelin

    • Albin michel
    • 12 Mai 2004

    Pourquoi, bravant hostilité et dangers, Galilée s'engagea-t-il dès 1610 dans un combat passionné en faveur du système copernicien ? Pour comprendre les raisons de ce soutien à Copernic, la seule voie est celle des textes dans lesquels, de 1610 à 1616, Galilée développa toutes les raisons de préférer définitivement l'héliocentrisme au géocentrisme. C'est ce dossier que Maurice Clavelin, avec beaucoup de science, s'est attaché à instruire. Nous découvrons ainsi les textes essentiels, en traduction nouvelle, par lesquels Galilée espéra neutraliser la pseudo-incompatibilité entre l'héliocentrisme et tel ou tel passage de l'Ancien Testament, ainsi que les principales pièces de l'instruction menée par le Saint-Office en 1615 et 1616.


    Maurice Clavelin, professeur émérite de philosophie à l'université de Paris IV-Sorbonne, est également l'auteur de La Philosophie naturelle de Galilée, publiée dans la même collection.

  • Cet ouvrage s'inscrit de façon tout à fait originale dans le champ foisonnant de l'histoire de l'esclavage atlantique. L'objet de cette étude cherche avant tout à comprendre la place du débat suscité par l'opposition à l'esclavage dans une histoire de la réflexion intellectuelle et politique. Pro- et anti-esclavagistes sont donc convoqués également par l'analyse. Quels sont les éléments qui doivent être retenus pour constituer le prix du travail servile ? Comment le mettre en relation avec celui de la main-d'oeuvre libre ? Quelles sont les dimensions à prendre en compte pour estimer la productivité de l'esclave et du travailleur libre ? Comment évaluer la rentabilité du travail si l'on admet qu'elle dépend non seulement des prix, mais aussi de la productivité de celui qui l'exécute ? Et quels sont les effets politiques de ces calculs ?
    Du milieu du XVIIIe siècle jusqu'à l'abolition de 1848, ce livre explore le terrain nouveau qui s'ouvre pour les penseurs français de l'économie et de la société à mesure que se développe le mouvement abolitionniste. Plus particulièrement, il met en lumière la façon dont les économistes, les militants abolitionnistes et même les colons vont étroitement nouer calcul économique et morale. En démontrant que les maîtres et/ou la nation toute entière trouveraient leur intérêt dans l'emploi d'une main-d'oeuvre libre dans les colonies, les calculateurs abolitionnistes prétendent souligner l'irrationalité des défenseurs coloniaux et métropolitains de la servitude.

  • Histoire des villes d'Afrique noire ; des origines à la colonisation

    Catherine Coquery-Vidrovitch

    • Albin michel
    • 1 Novembre 2016

    L'Afrique fut durablement considérée comme un continent enfoui dans sa ruralité. Les historiens de l'Afrique ont assez peu écrit sur les villes, surtout anciennes (précoloniales), ils ont laissé ce champ à quelques anthropologues et, à partir de l'époque coloniale, aux géographes. Il ne s'agit pas, ici, de « réhabiliter » purement et simplement une Afrique urbaine oubliée : le continent subsaharien fut, en très grande majorité, peuplé de paysans, à plus de 95, sinon 99 %. Mais, pour peu nombreuses et minoritaires qu'elles furent, les villes n'en ont pas moins été présentes, comme ailleurs, tout au long de son histoire. Qui plus est, elles ont joué - elles continuent de jouer - un rôle essentiel de creuset et de diffuseur culturel, d'accélérateur des mutations sociales et politiques. Elles ont, à leur façon, exercé une influence sans commune mesure avec leurs dimensions apparentes.

  • Le gihad dans l'islam médiéval

    Alfred Morabia

    • Albin michel
    • 9 Octobre 2013

    Le monde musulman, divisé, voit renaître, dans les années 1990, des mouvements qui réclament la levée de l'Islam tout entier contre les « impies » de l'extérieur et les tièdes de l'intérieur. L'influence grandissante du courant islamiste a donné lieu à toutes sortes d'interprétations.
    Seule l'analyse des origines anté-islamiques puis scripturaires de l'élaboration théologique et de l'intériorisation progressive du Gihad, seule la ressaisie globale d'une notion fondamentale et de son évolution historique jusqu'à l'époque classique permettent d'entrer au coeur de l'Islam pour en comprendre les rythmes, les aspirations et les tentations. C'est précisément l'oeuvre accomplie ici avec rigueur et exhaustivité ; ouvrage de référence depuis sa première publication en 1993.
    Grâce au travail d'Alfred Moravia, il est désormais possible de comprendre les métamorphoses d'une doctrine aux multiples résonances, politiques et spirituelles, et de mesurer l'écart entre l'Islam classique et les réélaborations récentes du Gihad.

  • Les institutions politiques romaines

    Léon Homo

    • Albin michel
    • 18 Novembre 1970

    « Avec raison Léon Homo insiste beaucoup, dans ce livre, sur ce qui différencie profondément Rome des cités grecques. Tandis que ces dernières visaient à la démocratie et en ont laissé le goût à la postérité, l'héritage de Rome est - avec le droit, évidemment - un modèle parfait de l'empire militaire et de l'organisation administrative. Double héritage, qui fut décisif pour l'Occident ». Paul Chalus, préface.

    Léon Homo, spécialiste d'histoire romaine, fût ancien membre de l'Ecole française de rome (1897-1900), puis professeur à la Faculté de lettres de Lyon.

  • Le dominicain Tommaso CAMPANELLA (1568-1639), éternel prisonnier, pourchassé sans trêve par le pouvoir espagnol et par l'Inquisition, régulièrement accusé d'hérésie, mais qui clame sans relâche son orthodoxie, a laissé une oeuvre considérable et difficilement classable, dont le titre le plus célèbre, La cité du soleil, est présenté généralement comme une utopie, sans que soient bien considérés sa filiation à l'oeuvre célèbre de Thomas More et son rapport avec le contexte européen des premières années du XVIe siècle.
    Jean-Louis Fournel propose ici une analyse approfondie et nouvelle de la vie et de la pensée de Campanella. Il les aborde dans leur véritable contexte, la grande mutation de l'Europe sous domination hispanique. L'objet de la pensée de Campanella est le monde, dont il cherche dans ses textes successifs à penser la nouvelle unité, rendue possible par les découvertes et les progrès techniques de la Renaissance, et à laquelle le catholicisme, qu'il faut comprendre ici comme religion de l'univers et de l'universel, doit donner sa figure.
    Campanella apparaît alors comme le penseur d'un espace mondialisé, où chaque puissance réalisée (Espagne, France) ou virtuelle (Italie, Belgique, Amérique) reçoit une mission et exerce une fonction particulière, qui peut la faire progresser vers le but louable qu'est la construction de la « cité du soleil ». L'enquête érudite et passionnante de J.-L. Fournel restitue la méditation historique originale et de grand souffle de Campanella sur un moment crucial de l'histoire du système monde.

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