Albin Michel

  • Le roi vient quand il veut : propos sur la littérature

    Pierre Michon

    • Albin michel
    • 5 Janvier 2022

    «Parmi les entretiens que j'ai donnés depuis 1984, j'en ai réuni trente. On y trouvera le jeu de masques que ce genre exige, des contrevérités peut-être, de l'incongru, des traits de mauvaise foi, mais sûrement aussi quelques vérités, pas toutes involontaires.

    Et puis, relisant ces propos, je me dis qu'à défaut de la vérité introuvable, on y trouve enlacés les souvenirs et les lectures qui m'ont constitué : le panthéon aztèque et la chasse à Dieu dans Moby Dick, "le petit roman de trente pages" de Lautréamont et le rasoir d'un théologien anglais, une écoute enfantine de Salammbô qui est ma scène primitive, des lieux et des noms. Melville et Faulkner, Beckett y voyagent parmi des toponymes limousins. Mes morts bavards, Flaubert, Rimbaud et Villon, Giono et Borges, Hugo, y fréquentent des prolétaires morts sans discours.» Pierre Michon.

  • Ce que sait la main : la culture de l'artisanat

    Richard Sennett

    • Albin michel
    • 2 Mars 2022

    En proposant une définition de l'artisanat beaucoup plus large que celle de "travail manuel spécialisé", Richard Sennett soutient que le programmateur informatique, l'artiste, et même le simple parent ou le citoyen font oeuvre d'artisans. Ainsi pensé, l'artisanat désigne la tendance foncière de tout homme à soigner son travail et implique une lente acquisition de talents où l'essentiel est de se concentrer sur sa tâche plutôt que sur soi-même. Dans ce livre stimulant, Richard Sennett aborde l'expertise sous toutes ses déclinaisons. Nous voyageons ainsi à travers le temps et l'espace, des tailleurs de pierre de la Rome antique aux orfèvres de la Renaissance, des presses du Paris des Lumières aux fabriques du Londres industriel ; nous observons les expériences de l'informaticien, de l'infirmière, du médecin, du musicien ou du cuisinier. Face à la dégradation actuelle des formes de travail, l'auteur met en valeur le savoir-faire de l'artisan, coeur, source et moteur d'une société où primeraient l'intérêt général et la coopération. Et tandis que l'histoire a dressé à tort des frontières entre la tête et la main, la pratique et la théorie, l'artisan et l'artiste, et que notre société souffre de cet héritage, Richard Sennett prouve que "Faire, c'est penser".

  • Un malaise profond s'est emparé de la politique : les citoyens n'ont plus confiance en leurs représentants, les gouvernements paraissent s'opposer à l'intérêt du peuple, la société se crispe. Face à une politique qui semble oublier sa valeur et se perdre en discours sans cohérence, il est urgent de clarifier les mots et les idées.

    De la fragilité de la démocratie à la place des femmes en passant par le ras-le-bol fiscal, Antoine Houlou-Garcia interroge la crise actuelle à travers des expériences politiques surprenantes, des idées originales et des personnages visionnaires ayant jalonné l'Histoire, ici et ailleurs.

    Très accessible, facile à lire, ce manuel citoyen s'adresse aux étudiants en sciences politiques comme à toutes celles et tous ceux qui veulent éclairer leur opinion et leurs jugements - et sans doute devrait-il faire réfléchir l'ensemble de la classe politique !

  • Journal d'un curé de campagne

    Georges Bernanos

    • Albin michel
    • 2 Janvier 2019

    Dans la petite paroisse d'Ambricourt dans le nord de la France, un jeune prêtre tout droit sorti du séminaire arrive avec pour seule force sa foi - car il est sans illusions sur ses propres faiblesses et sur la condition humaine. Son journal décrit la misère d'une population à qui il doit prêcher... l'esprit de pauvreté, et l'arrogance d'une aristocratie déchristianisée. Mais le temps fort de ce chef-d'oeuvre est celui de son dialogue avec la comtesse, qu'il réussira à convaincre de l'existence de Dieu, juste avant qu'elle ne meure. Lui-même mourra à la fin, d'un mal qui l'aura fait souffrir à l'estomac durant toute sa mission.
    Publié en 1936 chez Plon, Grand prix du roman de l'Académie française, ce livre exceptionnel s'est vendu à des millions d'exemplaires dans des dizaines de pays. Il a fait l'objet en 1951 d'une adaptation elle-même exceptionnelle par le cinéaste Robert Bresson.Surtout, il reste toujours aussi actuel dans sa description sans concession des failles de l'âme humaine, que seule la foi peut sauver.

  • Au début des années 1860, l'Amérique décide d'en finir une bonne fois pour toutes avec les Indiens. C'est principalement dans les Grandes Plaines que des tribus entendent résister à l'avancée des Blancs. La guerre de Sécession terminée, c'est à l'armée qu'incombe la tâche de régler le problème indien. Ironie de l'histoire, le 25 juin 1876, le général Custer et son régiment sont anéantis par l'ennemi sur les rives de la Little Bighorn. Ce jour-là, Crazy Horse et Sitting Bull infligent à l'Amérique sa plus désastreuse défaite. Et pourtant, elle annonce la fin d'un monde : lors des années qui vont suivre, tous les Indiens finiront parqués sur des réserves.
    C'est la version indienne de l'Histoire que James Welch s'attache ici à faire revivre. Relatant par-delà les mythes et les malentendus un des épisodes les plus sombres de l'histoire américaine, il dit la fierté et le désespoir d'un peuple privé de ses droits, devenu étranger sur sa propre terre.

  • Depuis les premiers liens entre les tribus juives d'Arabie et le Prophète Muhammad jusqu'aux récents conflits du Proche-Orient, en passant par les civilisations de Bagdad et de Cordoue, sans oublier l'Empire ottoman, le monde perse et même l'espace européen, les relations tour à tour fécondes ou tumultueuses entre juifs et musulmans sont ici exposées et analysées en toute impartialité.
    Quelque cent vingt auteurs de tous les pays ont participé à cette encyclopédie unique en son genre, dans un esprit d'interdisciplinarité qui permet de rendre compte des multiples facettes du sujet. Les difficultés du temps présent se trouvent ainsi réinterprétées à la lumière d'une histoire resituée dans la longue durée.
    Un ouvrage de référence richement illustré, à la fois clair et accessible, qui constitue un outil précieux pour une meilleure compréhension entre les cultures.

  • Chemins de traverse ; vivre l'économie autrement

    Emmanuel Faber

    • Albin michel
    • 30 Mars 2022

    Peut-on être vice-président d'une grande multinationale - Danone, l'un des premiers groupes alimentaires mondiaux-, et vouloir garder vivantes les aspirations d'une jeunesse bouleversée par la lecture de Kant et de Lévinas, et l'inspiration initiatique d'un Christian Bobin ou d'une Christiane Singer ? Comment peut-on être à la fois efficace et utopique, manager et dissident, affirmer qu' "un autre monde est possible" sans verser dans l'imposture, se retrouver au Forum social mondial pendant que son président, Franck Riboud, participe au Forum de Davos ?

    Emmanuel Faber nous fait part des interrogations provoquées par ces situations et nous livre les réflexions que lui inspire le fonctionnement de la finance internationale. Et surtout, il nous raconte les multiples projets que les équipes de Danone ont contribué à faire naître dans le monde entier, avec son ami le Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus, et avec beaucoup d'autres.

    D'une écriture élégante et vivante, il nous ouvre des chemins de traverse.

  • Ce livre est la synthèse du travail de toute une vie. Synthèse en forme d'appel, en écho au « Va vers toi ! » qu'entendit Abraham et qui le fit se mettre en marche. Annick de Souzenelle s'attache ici à formuler ce qu'elle appelle les « lois ontologiques » dont la Bible, à travers la Loi, les Prophètes et le Christ, nous rappellent la nécessité vitale : « L'Homme est un et chacun est unique » ; « Sans la bénédiction divine, l'Homme ne peut s'accomplir » ...

    Autant de vérités fondamentales qui convergent dans la vocation ultime de l'humanité, qui est une vocation divine, comme l'avait annoncé au IIe siècle saint Irénée : « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu. ».

    Ce livre est aujourd'hui complétée d'un texte inédit, ultime message d'une auteure qui a marqué les dernières décennies de la spiritualité.

  • Le geste et la parole t.1 technique et langage

    André Leroi-Gourhan

    • Albin michel
    • 30 Mars 2022

    Après les deux volumes d'Evolution et Techniques (L'Homme et la Matière et Milieu et Techniques) qui donnaient le cadre systématique d'une étude générale des techniques, de la préhistoire au début de la période industrielle, André Leroi-Gourhan dans Le Geste et la Parole, dont Technique et langage est le premier volume, donne une synthèse sur le comportement matériel de l'homme.
    Partant des observations de la neuro-physiologie, il montre que l'emploi simultané de la main et de la face mûrit dans le comportement d'un nombre important d'espèces depuis les origines. L'évolution du corps et du cerveau et celle des manifestations techniques et esthétiques permettent de dégager une véritable "paléontologie du langage". La notion zoologique du territoire est ensuite exploitée pour définir l'économie des sociétés de chasseurs-ramasseurs, les modalités de l'apparition de l'élevage et de l'agriculture, puis l'enchaînement des conséquences techno-économiques qui conduit aux techniques du feu (céramique, métallurgie), à la formation des classes sociales et au développement du dispositif urbain.
    Technique, économie, langage se coordonnent ici depuis le plus lointain passé jusqu'à l'examen des chances biologiques de l'homme futur, dans la recherche d'une image totale du développement humain.

  • Le geste et la parole t.2 ; la mémoire et les rythmes

    André Leroi-Gourhan

    • Albin michel
    • 30 Mars 2022

    Prolongeant Technique et langage, premier volume du Geste et la Parole, dans une perspective sociologique et esthétique, André Leroi-Gourhan continue d'explorer sa vision biologique du phénomène social sous deux aspects, l'un consacré à la mémoire et au geste technique, l'autre au symbolisme des rythmes et des formes.
    Dans une première partie, geste et mémoire sont considérés dans leur évolution, du silex taillé à la machine automatique, des recettes orales à la programmation électronique. La seconde partie débute par une "introduction à une paléontologie des symboles", où sont définis les rapports du comportement esthétique avec les attitudes de l'espèce et la personnalisation du groupe ethnique. L'auteur donne ici les éléments d'une analyse esthétique qui se développe progressivement des perceptions viscérales à l'art figuratif. D'une esthétique physiologique sans symbolisation, le lecteur passe à l'esthétique des formes fonctionnelles, puis aux "symboles de la société" où l'évolution spatio-temporelle du groupe aboutit à la domestication urbaine de l'espace et du temps.
    Revenant sur le langage des formes dans lequel l'art figuratif est pris comme témoin d'une expression abstraite du langage, antécédente puis parallèle à l'écriture, l'auteur tire le bilan des libérations successives de l'espèce humaine, pour poser le problème de l'évolution technique comme substitut et prolongement de l'évolution biologique.

  • L'encre du voyageur

    Gilles Lapouge

    • Albin michel
    • 5 Janvier 2022

    « Un jour, ils m'ont mis dans les écrivains voyageurs. Je n'avais pas vu venir le coup mais j'ai conservé mon sang-froid. J'ai réagi. J'ai cherché mes voyages. J'en ai trouvé plusieurs. » Nomade, c'est pourtant « comme une huître sur son rocher » que Gilles Lapouge aimait relater ses voyages, célébrant autant le lointain que le proche - le Brésil, l'Inde, l'Islande ou Tahiti, son Algérie natale et les oeuvres qui lui sont chères. L'écrivain sait, en effet, « qu'un voyage non seulement n'existe qu'à partir du moment où on le convertit en encre, mais encore que tout voyage, y compris dans les terres inconnues, n'est que le souvenir d'une encre ancienne (...) : vous ne marchez jamais que dans les encres des explorateurs qui vous ont précédé. » En lisant, en écrivant, il partage ici ses enthousiasmes comme son érudition, dans une prose élégante et poétique. Journaliste, Gilles Lapouge (1923-2020) était aussi essayiste, critique et romancier. L'essentiel de son oeuvre, couronnée de nombreux prix, depuis Les Folies Koenigsmark (1989), est publié aux éditions Albin Michel. L'Encre du voyageur a reçu le prix Femina Essai 2007.

  • Pourquoi certains surdoués sont-ils malheureux ?
    Hélène Vecchiali, psychanalyste, propose des réponses à cette question à travers le récit de la vie d'Henri et de sa compagne Sylvie, deux zèbres autrefois malheureux. Malheureux en raison de leur surdouance, cadeau paradoxal qui les a sauvés d'une enfance difficile, mais qui a décuplé leurs émotions négatives et amplifié les effets des traumatismes.
    À mesure du récit, l'auteure pointe les ressources qu'ils ont puisées pour faire face à leur mal-être, à leur haute sensibilité et trouver une sorte d'équilibre... équilibre trop précaire qui nécessitera une psychanalyse pour devenir un socle et faire de leurs fragilités une force.
    Avec ce livre qui en appelle à des experts mais aussi à Camus, à Brel, à Antigone, à Ulysse, à Cassandre... et à l'humour, Hélène Vecchiali permet de comprendre le désir, la rage narcissique, le perfectionnisme, mais aussi les inhibitions intellectuelles, le recours à la sublimation...
    Oui, il existe des surdoués heureux comme en témoigne dans ce livre Cédric Villani, et ceux qui ne le sont pas peuvent le devenir.

  • Le jardin de fruits

    Saâdi

    • Albin michel
    • 26 Janvier 2022

    Le jardin de fruits (Boustân) est un recueil poétique d'une soixantaine d'histoires écrit par le poète persan Saadi au XIIIe siècle. C'est son autre grande oeuvre avec Le Jardin de roses (Gulistân). Pendant ses longues années de voyage, Saadi a connu beaucoup de difficultés, vivant parfois comme un mendiant. Il commença la rédaction du Boustân dans les années 1250 à Damas, avant de retourner dans sa Shirâz natale. Ces histoires, mêlant récits de voyage, anecdotes et réflexions morales, écrites à la manière des fables, et souvent drôles, sont autant de perles de sagesse de l'Iran médiéval. Abordant tour à tour la justice, l'art de gouverner, l'amour physique ou spirituel, la voie mystique et mille autres choses encore, Saadi se fait aussi le chantre de la nature et traduit dansses vers l'inexprimable beauté de la nature afin de réveiller dans l'homme le plaisir esthétique

  • Le symbolisme du corps humain

    Annick de Souzenelle

    • Albin michel
    • 5 Mai 2021

    Le corps a un langage par lequel il exprime sa jouissance et ses souffrances, mais il est aussi lui-même un langage en soi, un «livre de chair». Apprendre à lire le corps, c'est être attentif à son dessin, savoir décrypter les formes du labyrinthe anatomique ; c'est aussi entendre ce que nous disent les grands mythes de l'humanité sur la nature et la fonction subtile de chacun des organes ; c'est enfin, nous dit Annick de Souzenelle, redécouvrir l'Arbre des kabbalistes, car si l'homme est « créé à l'image de Dieu », l'image de son corps doit être lue comme le reflet terrestre de cet «Arbre de Vie » dont nous parle la tradition de la Kabbale.

  • L'âme et le soi : renaissance et individuation

    Carl Gustav Jung

    • Albin michel
    • 10 Novembre 2021

    Renaissance et individuation.
    Jung a établi une conception nouvelle d'une réalité de l'âme, puis d'un monde propre à cette âme. Une grande part de son travail a consisté à forger une psychologie pratique fondée sur la différenciation, en particulier l'individuation, processus par lequel l'âme se découvre dans son entièreté, c'est-à-dire dans sa vérité singulière, qui ne s'exprime que sous la puissance du symbole.
    Ce volume est centré sur l'accès que nous avons à la vie de cette âme, sur les étapes successives du processus d'individuation, qui garantit qu'elle organise les relations entre le moi et le soi, le conscient et l'inconscient. D'une certaine façon, tout homme est comme l'objet d'un autre sujet que lui-même. Il doit pouvoir le considérer dans sa pleine lumière et, en le reconnaissant, le mettre en rapport avec sa subjectivité initiale. L'inconscient, selon Jung, est en effet empli d'« étincelles », autant de conscience qui réclame à advenir.
    Psychiatre de renommée internationale, président de la première Association psychanalytique internationale et dauphin désigné de Freud avant de rompre avec lui en 1912-1914 sur la question du religieux et du sens à accorder à la mythologie, Carl Gustav Jung (1875-1961) a été l'inventeur et le fondateur de la psychologie analytique.

  • Anthologie du chamanisme

    ,

    • Albin michel
    • 9 Juin 2021

    Rassemblée par deux ethnologues internationalement reconnus, la présente anthologie est la plus complète qui soit sur le chamanisme. Jeremy Narby et Francis Huxley ont en effet recueillis les textes et témoignages essentiels écrits sur ceux qu'on appelait jadis « sorciers indigènes », « ministres du diable », « magiciens »... Ces écrits, dont le premier remonte à 1535, soit à la conquête espagnole, nous offrent un aperçu unique de ces traditions longtemps persécutées qui renaissent aujourd'hui. Au fil de ces soixante-dix textes, des explorateurs inconnus côtoient Alfred Metraux, Mircea Eliade, Claude Lévi-Strauss, R. Gordon Wasson, Carlos Castaneda et bien d'autres, retraçant cinq siècles d'études sur les chamanes, leurs pratiques, leurs pouvoirs et leur vision du monde qui passionnent nos contemporains.

  • Physique et philosophie Nouv.

    Physique et philosophie

    Werner Heinsenberg

    • Albin michel
    • 27 Avril 2022

    Un ouvrage essentiel qui interroge les implications philosophiques de la recherche scientifique (notamment en mécanique quantique) et ses conséquences sur le développement de l'humanité.

  • Le ventre des femmes ; capitalisme, racialisation, féminisme

    Françoise Vergès

    • Albin michel
    • 10 Février 2021

    Dans les années 1960-1970, l'État français encourage l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ?
    Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'État français prône en effet le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration. Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes d'outre-mer, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
    En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes d'outre-mer, héritage douloureux d'un système esclavagiste, capitaliste et colonialiste encore largement ignoré aujourd'hui.

  • Les califes maudits t.1 ; la déchirure

    Héla Ouardi

    • Albin michel
    • 1 Septembre 2021

    L'imaginaire musulman, en particulier salafiste, a tendance à présenter le règne des quatre premiers successeurs de Muhammad, celui des « califes bien guidés », comme un temps idyllique. Or les textes les plus anciens révèlent une toute autre réalité : celle d'une déchirure précoce avant même que le Prophète soit porté en terre. Ses plus proches Compagnons rivalisèrent alors de trahisons, de pactes secrets, de corruption et de menaces de mort pour s'emparer du pouvoir. Voici l'histoire stupéfiante des Califes maudits, dont ce premier volume révèle les enjeux et les acteurs.
    Fidèle à la méthode déployée dans Les Derniers Jours de Muhammad, Hela Ouardi est allée fouiller dans les replis des sources les plus classiques - mais en réalité très peu consultées - pour reconstituer cette histoire secrète. Les protagonistes sont tous des figures majeures de l'islam naissant : Abû Bakr, le plus proche Compagnon, 'Umar, son second impétueux et violent, 'Alî, le gendre bien-aimé, Fâtima, la fille chérie au destin funeste, qui lancera une terrible malédiction à ses spoliateurs, les futurs premiers califes. Entre tous ces personnages hauts en couleur se noue une véritable tragédie grecque aux conséquences durables. Car au-delà des querelles de personnes, c'est bien le destin de l'islam et, par conséquent, du monde entier qui se joue.

  • Le harem politique : le prophète et les femmes Nouv.

    Le harem politique : le prophète et les femmes

    ,

    • Albin michel
    • 27 Avril 2022

    « Est-ce qu'une femme peut diriger un État musulman ? » demanda un jour Fatema Mernissi dans son épicerie de quartier. On lui rétorqua ce célèbre hadith : « Ne connaîtra jamais la prospérité le peuple qui confie ses affaires à une femme. ».

    Comment en est-on arrivé là ? Lorsque naît l'islam en 622, l'intention du Prophète est d'instaurer une communauté religieuse et démocratique au sein de laquelle hommes et femmes discuteront les lois de la cité. Quels méandres ont mené jusqu'à la femme voilée, mise à l'écart de la vie politique, confinée dans l'espace privé au nom de la foi religieuse ?

    La sociologue a mené une véritable enquête policière à travers l'énorme masse de la littérature religieuse. Elle dresse l'état des lieux dans la Médine du viie siècle, lorsque les épouses du Prophète discutaient politique et allaient à la guerre...

  • Rubai'yat

    Djalal-Od-Din Rumi

    • Albin michel
    • 1 Septembre 2021

    Djalâl-od-Dîn Rûmî que le monde de l'Islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au Xllle siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs.
    La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât : comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".

  • Les oies cendrées Nouv.

    Les oies cendrées

    Konrad Lorenz

    • Albin michel
    • 27 Avril 2022

    Konrad Lorenz a consacré une grande partie de sa vie à l'étude de l'oie cendrée dont il a suivi, pendant près de soixante-quinze ans, les moeurs étranges.

    Ses travaux mondialement connus privilégient l'observation minutieuse et patiente ; il a ainsi pu étudier, outre leurs caractéristiques physiologiques (locomotion, cris, nourriture, reproduction...), les comportements de ces animaux étonnants : vie de couple, vie familiale, vie à l'intérieur d'un groupe dont la hiérarchie est en grande partie fondée sur l'agressivité mais aussi sur l' " empreinte ", ce mouvement qui pousse l'oison à s'attacher au premier être vivant qu'il rencontre.

    Ainsi ce livre abondamment illustré nous offre-t-il une étude éthologique d'un animal aux comportements proches des comportements humains, car, nous dit Konrad Lorenz, si l'" anthropomorphisme " est tombé en discrédit, " on oublie que les similitudes entre les systèmes comportementaux humain et animal - ambition hiérarchique, jalousie, comportement d'attachement - existent effectivement et sont remarquables ".

  • Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de l'Afrique elle-même avec la traite interne, des différentes terres musulmanes avec les traites orientales, de l'Europe avec la traite atlantique.
    Pour comprendre l'ampleur et la complexité historique de l'esclavage des Noirs, il faut donc en faire la géographie, qui passe par les routes des différentes traites. C'est cette synthèse que Catherine Coquery-Vidrovitch nous présente ici avec rigueur et pédagogie, loin de toute polémique. Elle s'appuie sur son savoir immense d'historienne de l'Afrique, mais aussi sur le riche matériau réuni dans une série de quatre films intitulée Les Routes de l'esclavage, diffusée par la chaîne ARTE, dont elle a été la conseillère historique, et où interviennent les meilleurs spécialistes issus de nombreux pays.
    Un ouvrage aussi passionnant que terrible, qui révèle les rouages d'un système criminel sur lequel s'est construit en grande partie notre monde actuel.

  • Françoise Dolto défendait la cause des enfants et la cause des adolescents, mais cela n'allait pas sans défendre la cause des parents. À la relecture de ses textes les plus concrets, Elisabeth Brami et Patrick Delaroche, tous deux spécialistes de terrain, ont voulu la situer dans la lignée des grands penseurs de l'éducation et montrer combien elle insista sur le retour au bon sens, sur le respect mutuel, la confiance et l'apprentissage précoce des limites en matière d'éducation.
    Ils abordent ici les problèmes quotidiens en vue de soutenir dans leur tâche délicate les adultes trop souvent démunis. Car, contrairement aux idées reçues, on ne trouve dans les principes de Françoise Dolto ni laxisme, ni laisser-aller, ni culpabilisation des parents, mais des règles de vie fondatrices qui s'opposent au dressage à l'ancienne. Humaniser le petit d'homme - personne à part entière en devenir - c'est le nourrir au « lait du langage », écouter son désir, sa souffrance, lui signifier la loi et doser sa frustration avec autorité mais sans autoritarisme. « Médecin d'éducation », Françoise Dolto souhaitait inculquer aux parents l'art d'« éduquer avec des mots ».
    Réentendre sa voix est toujours une occasion pour chacun de repenser son rôle, de reprendre sa place respective (et respectueuse) au fil des générations. Et de le faire en confiance.

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