William Marx

  • Les étoiles se lèvent-elles à l'ouest ? Et un poème peut-il faire polémique dans les journaux plusieurs semaines durant ? Que doit aux éléphants la rondeur de la Terre ? Et à Dürer La Guerre des étoiles ? Lequel des deux est le plus sémiologue, Tintin ou Milou ? Une boucle de cheveux et une bulle de savon méritent-elles de monter au ciel ? Et quels vers inédits de Shakespeare dans Hamlet auraient suffi à modifier l'oeuvre de Proust ?
    À tant de questions fondamentales comme à bien d'autres ce livre apporte des réponses précises et argumentées, ainsi qu'à celle-ci, qui les résume toutes : que peut une image ? À partir de deux mots pris dans l'un des poèmes les plus célèbres de la langue française, l'ouvrage raconte la découverte du monde, de la terre et du ciel par le langage et la littérature.
    Car ce livre traite des étoiles et de la poésie. Il parle du plus loin de nous, le firmament, et de ce qui nous touche au plus près, les mots du poète, des mots qui parfois nous découvrent le ciel. C'est un livre sur tout et sur l'inaccessible, sur l'altérité et les relations Nord-Sud, sur l'esthétique, la science et le pouvoir, sur la mémoire et les possibles de l'histoire. À partir de deux mots seulement, il dévoile les métamorphoses de la poésie en même temps que celles de notre connaissance du monde.

  • William Marx invite à entrouvrir la porte de cette bibliothèque mondiale et à en parcourir quelques rayonnages, trop peu nombreux certes, afin de faire de nous des lecteurs sans limite, capables de lire par-delà la littérature, en nous dégageant de notre propre historicité.
    « Notre amour historiquement situé de la littérature nous impose paradoxalement, comme premier devoir, de nous arracher à l'historicité de cette même littérature. C'est au nom de la littérature que nous devons nous détacher de celle-ci. Voilà pourquoi il nous faut d'un seul mouvement construire et explorer la bibliothèque mondiale ou totale - et je dis bien bibliothèque mondiale, et non pas littérature mondiale. On lit la littérature mondiale, mais on lit dans la bibliothèque mondiale, on vit dans la bibliothèque du monde : deux attitudes radicalement différentes. »

  • Un savoir gai

    William Marx

    Le sexe est chose mentale. Il colore notre vision du monde, il transforme la connaissance que nous en avons, et même il la crée. La sexualité implique un rapport particulier au vrai, au beau, au bien, autrement dit, un savoir, une esthétique, une éthique, une politique.
    Or, quand le désir change, la vision du monde en est changée. Que sait un gai sur le monde ?
    Quelle expérience en a-t-il ? Qu'en ignore-t-il ? Trois mille ans de littérature occidentale ont exploré l'intellect hétérosexuel et la vision du monde qui l'accompagne. Il est temps d'explorer une autre face, celle du savoir gai, celle de l'étrangement.
    Il ne sera pas seulement question de drague, de fantasmes, de pornographie et de taille du pénis, mais aussi de Platon, Vélasquez, Proust, Oshima et Cat Stevens, des chauffeurs de taxi, des colonies de vacances, du mariage pour tous et de la longévité des chats et des baleines bleues. De la vie sexuelle de Jésus, également. Bref, de la vie tout court.
    Lecteur, tu en apprendras ici beaucoup sur l'homosexualité, sur l'hétérosexualité, mais d'abord et surtout sur toi-même. Tu es l'objet de ce livre, toi et ta sexualité.

  • Ils l'ont attaquée, conspuée, condamnée, sous tous les prétextes, sous tous les régimes, avec les meilleures ou les pires intentions, pour de mauvaises raisons et parfois même pour de bonnes. Ils ont exilé les poètes, brûlé leurs livres - ou en ont simplement formulé le souhait. Voilà 2500 ans que la littérature est sujette à toutes les critiques et toutes les accusations de la part de philosophes et de théologiens, de prêtres et de pédagogues, de scientifiques et de sociologues, de rois, d'empereurs et même de présidents.
    De Platon à Nicolas Sarkozy, ce livre fournit toutes les pièces de ce procès ahurissant, fait le portrait d'une incroyable galerie de grotesques et de ridicules, et retrace à sa manière une autre histoire de la littérature occidentale depuis les origines, pleine de bruit et de fureur, de haine, d'hypocrisie et d'ignorance, avec ses querelles et ses combats, ses défaites et ses triomphes, ses stratèges, ses traîtres et ses héros.
    Avec la haine de la littérature se révèle la face cachée de l'histoire de la littérature - celle qui lui donne peut-être son sens véritable.

  • Il faut sauver la tragédie grecque de toute la gnose philosophique et tragique qui l'accable depuis près de trois siècles. Il faut la sauver de notre conception moderne de la littérature et du théâtre. Il faut la sauver de nous-mêmes pour la retrouver ailleurs, très loin, dans les lieux les plus improbables : le nô japonais, la messe catholique, la psychanalyse freudienne. À moins qu'elle ne soit déjà plus nulle part.
    Car la tragédie est aussi introuvable que le tombeau d'oedipe, ce tombeau que Sophocle prit pour thème de sa pièce ultime, laquelle est également la dernière tragédie grecque connue.
    Avec oedipe à Colone pour fil conducteur, ce livre raconte l'histoire édifiante d'une incompréhension à laquelle nous sommes voués. Il révèle les incroyables trahisons et mutilations dont ces chefs-d'oeuvre furent les victimes et propose en retour quelques thèses - ou hérésies - susceptibles de bouleverser non seulement notre vision de la tragédie, mais notre conception même de la littérature et de ses pouvoirs - sur les lieux, les corps et les dieux.
    Nul détour n'est aujourd'hui si troublant ni si salutaire.

  • Vie du lettré

    William Marx

    Ils lisent des textes, les rassemblent, les éditent, les commentent, les transmettent aux générations futures, produisent à leur tour d'autres textes : ce sont les lettrés, apparus parmi nous voici déjà quelques millénaires. Voués à l"écrit, ils forment le socle d'une civilisation, en garantissent la continuité, mais participent aussi à sa contestation. Le plus souvent invisibles ou méconnus, ils composent une communauté secrète, reliée à travers les temps et les lieux par des rites partagés, des habitudes analogues, des affinités mystérieuses.
    Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? Où habitent-ils ? Que mangent-ils ? À quelles amours s'adonnent-ils ? Comment naissent-ils et meurent-ils ? À toutes ces questions et à bien d'autres, ce livre apporte des réponses précises et concrètes. Il peut se lire comme la description d'un mythe fondateur des civilisations à écriture, de Confucius à Barthes, en passant par Cicéron, Pétrarque et Freud. Mais peut-être vaut-il mieux le prendre comme une invitation à se détacher de l'existence ordinaire, pour entrer dans un autre rapport au monde et au temps. C'est un manuel de savoir-vivre. Ou de savoir-livre.

  • La littérature n'a peut-être jamais été plus mal considérée qu'aujourd'hui. Tous les signes montrent cette fragilisation. Mais plutôt que de s'arrêter à la description d'un mal contemporain dont nul ne doute, ce livre propose de retrouver les causes profondes de cette baisse d'influence, qui résulte
    d'une évolution de longue durée. La thèse est simple : entre le XVIIIè et le XXè siècle eut lieu en Europe une transformation radicale de la littérature ; sa forme, son idée, sa fonction, sa mission, tout fut bouleversé. Du magnétisme animal aux cultural studies, du sublime selon Boileau au plaisir selon Barthes, du tremblement de terre de Lisbonne au camp d'Auschwitz, de l'apothéose de
    Voltaire au départ de Rimbaud et aux silences de Beckett, le récit des métamorphoses de la littérature est présenté en une vaste fresque européenne qui met en évidence trois phases successives.
    A la charnière du XVIIIè et du XIXè siècle, l'importance attribuée à la littérature augmenta de façon démesurée : ce fut la religion de la littérature ; au milieu du XIXè siècle, la littérature provoqua la rupture et s'enferma dans le culte de la forme : ce fut le temple de l'art pour l'art ; à partir de la fin du XIXè siècle, souffrant de la situation marginale dans laquelle ils étaient eux-mêmes placés, les écrivains se mirent à dénigrer leur art : ce fut l'adieu à la littérature. Expansion, autonomisation, dévalorisation : il existe une dialectique qui conduit inévitablement au sommet de l'abîme. Comprendre ce mécanisme de dévalorisation, ce traumatisme de l'adieu, c'est pénétrer au coeur de
    la crise existentielle permanent où se débat maintenant la littérature ? Mais c'est aussi se donner les moyens d'en sortir.

  • L'évolution de la littérature et des arts est communément envisagée comme une succession de ruptures, dont chacune définit une école ou un mouvement dit d'avant-garde.
    Mais il serait temps de s'interroger sur la face cachée de ce récit : celle des continuités et des retours, de la tradition et des arrière gardes, qui s'inscrivent dans les marges ou même à contre-courant de la dynamique générale. il s'agit de transformer en profondeur notre perception de l'évolution littéraire et artistique et d'inventer une nouvelle manière d'écrire l'histoire. cet ouvrage montre l'intérêt d'une diversité des approches pour étudier un objet aussi ambigu.
    Face cachée de la modernité, l'arrière-garde pourrait bien aussi en être la clé, apte à ouvrir des perspectives nouvelles et faire surgir des aspects inattendus. s'il faut penser les arrière-gardes, c'est pour pouvoir penser tout le reste.

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