Vincent Tholomé

  • C'était à Dubna. Au centre atomique. À la cafétéria du centre. C'était il y a cinquante ans. À l'ère soviétique. C'était tôt le matin. Avant le travail.
    "C'est un texte joyeux. Bordélique. Mêlant, sans se prendre la tête, fiction et poésie, sens et non-sens. C'est un texte venu de loin. Trouvé sur une brocante, un matin d'hiver, en Russie. C'est un texte à lire lentement. À haute voix. C'est quelque chose à porter en scène."(Vincent Tholomé)

  • Dans une Islande intemporelle en pleine déliquescence, Sven, touriste lambda, est abandonné par ses amis sur la lande désolée. Son errance furieuse et ridicule l'amènera à croiser sur sa route une nuée d'oiseaux philosophes, un bastion d'autochtones aussi hilares qu'hostiles ou encore un duo d'esprits frappeurs amnésiques - derniers vestiges vivants d'un monde qui part en couilles. Un road-movie absurde et déjanté.
    Cette "sag ga" est ici suivie de "The John Cage experiences", tentative formelle inédite qui propose d'appliquer la méthode de composition par le hasard théorisée par John Cage à un objet littéraire dont le célèbre musicien est le référent fictionnel principal.

  • Vuaz

    Vincent Tholomé

    Puis avons braillé. Encore une fois. Une seule. Et puis zou ! zou ! en route. Fini de grincher a dit Mère. Et : Oui et oui avons-nous dit. Nous autres. Tous les autres. Fini de grincher. En route. Puis avons bu. Mangé. Un peu. Puis beaucoup. Puis beaucoup beaucoup. Puis : Allez ! dehors garnements a dit Mère. Puis sommes sortis. Dehors. Tous dehors. Dans VUAZ. Avons enfin respiré au grand air.

    VUAZ est un texte écrit durant une résidence à Saute-Frontière, Maison de la poésie transjurassienne. VUAZ est un texte né de la friction avec l'hiver, le froid, la neige. VUAZ suit la vie et la survie d'une sale bande de gaillards et de nanas obsédés par le manger et le boire. VUAZ est un livre de Vincent Tholomé.

  • Un nouveau livre de Vincent Tholomé coécrit avec des étudiants en ateliers d'écriture. On s'est vus dix fois. On a écrit ensemble. Co-écrit plutôt. Eux, fournissant des idées, de sublimes éclats de langue. Se prêtant au jeu malgré les craintes, les réticences. Moi, assemblant les morceaux disparates. Eux et moi, appliquant à l'écriture l'art japonais du kintsugi. Vous savez, cet art d'accommoder les restes, les ruines. De faire coller ensemble à l'aide d'une pâte d'or les morceaux d'un bol brisé. Cela donne ceci : Rêves et vies d'Alphonse Brown, Mike Triso, Henri M et Diego Dora. Une espèce de monologue. De long discours intérieur un peu « barré ». Parce que, dès le début, on a tous décidé qu'on ne choisirait pas. Qu'on ferait parler d'une seule voix Alphonse Brown, Mike Triso, Henri M et Diego Dora. Comme si quatre personnalités partageaient un même corps, une même vie... Vincent Tholomé

  • Le point de départ : l'envie de tenter une expérience.
    Ecrire un texte - un seul - où le hasard interviendra non comme thème mais comme élément structurant, nécessaire à la composition. Tout y sera tiré au sort : le nombre de phrases, ce dont elles parleront, etc. Puis : on se prendra au jeu. On écrira un autre récit. Puis un autre. On se dira que, mais oui, tout ça peut faire un ensemble. On complétera les choses. On tirera encore au sort le nombre de textes qui composeront l'ensemble.
    On retouchera à peine. Et puis voilà : 8 solos, duos, ou trios. 8 textes à lire chez soi, pour soi, ou à porter en scène. En une fois. Par petits bouts. Seul, à deux, à trois. Comme on voudra.

  • Un jour j'ai rencontré une classe. À l'institut technique de Namur. La 4TQMA. J'ai dit à la classe : «Moi, j'écris. Je viens bosser avec vous. Vous faire écrire un peu. Vous faire dire surtout. Vous enregistrer. Vous fournissez la matière première. Je mets cela en forme. Comme je peux. Comme je veux. D'accord ?» «D'accord» a dit la classe. Et puis voilà : ça donne un livre. La Mécanique automobile, ça s'intitule. Parce qu'en TQMA, on étudie la mécanique automobile. Parce qu'avec la classe, on a parlé automobile. Essentiellement automobile.

  • Voici l'arrivée de Vincent Tholomé, et de ses steppes, chez publie.

    De grandes vignettes poétiques, un travail en cours, qui trouvera sans doute peu à peu un fil narratif.


    Vincent Tholomé revendique ce texte comme un montage, avec son côté retravaillé, pas du tout "naturel". Une façon de concevoir le "réalisme" : pas le "vrai" mais quelque chose que fait "vrai" tout en sonnant carton-pâte...


    Livre en cours donc, dans l'état d'avancement. Monde in progress. Mais quel monde serait achevé ? C'est le principe même du vivant : rien d'éternité et rien d'achevable. Une exploration qui se déroule sous nos yeux. En même temps que se constitue le livre, se constitue le monde. Le monde de steppes.

    "La grande HISTOIRE SECRÈTE DES PRAIRIES DU NORD-EST ASIATIQUE ? Ça ne serait que ça, dans le fond. Un concert de voix. Tuant le temps en parlant. Tuant le temps avant de disparaître. D'aller voir ailleurs ce qui se passerait. Dans un autre temps. Un autre espace. " La steppe donc. Longues lignes. Terre d'herbes.

    L'armée de paille de Kouropatkine, hantant "une Sibérie de carton-pâte".

    Les camarades d'affection, de rudesse et de plein air "La putain de toundra et son putain de permafrost. " Et les noms : "Dalandzadagad. C'est nom que donne lui. Boosniikhon. À là. C'est anciennement Molan. Si bien que tout le monde oublie Molan. Et Sansar. Et Altantsetseg. Et Narantsetseg. Et tout le monde parle. Maintenant. De Dalandzadagad. De Boosniikhon. Bazarragchaa et Tsetsegmaa." C'est une cosmogonie de la nature. Et l'on se rappelle alors Brautigan, ou Kessel dans ses "Les cavaliers" et le grand jeu du bouzkachi.
    Fred griot Petit mot sur le texte par l'auteur :


    Maintenant je me plonge dans l'idiome, je suis à la trace les souffles et la syntaxe des autres, je plaque sur leurs mots mon propre souffle, ma syntaxe singulière, ce qui en sort sont des espèces de visions, de textes improbables, toute une série d'affaires concernant une bande, un troupeau de bad boys et leurs nanas, c'est comme un hommage caché, une façon de renvoyer l'ascenseur à tout ce qui, jusqu'ici, m'a nourri, alimenté, une façon de faire surgir mes propres histoires depuis les mots des autres, ce faisant j'écris comme un ancien très ancien, un vieux sorcier, avant, dans l'ancien, pour rendre compte de ses propres visions, un vieux sorcier chevauchait littéralement les mythes, les mots de sa tribu, dans le fond, HISTOIRE SECRÈTE DES PRAIRIES DU NORD-EST ASIATIQUE n'est que ça, une première façon de montrer, d'exposer ces visions littéralement venues d'ailleurs, plus tard, j'espère qu'il y aura STEPPE, et d'autres choses encore, toute une série d'affaires qui se préparent, on pourrait résumer tout cela, ce travail-là, d'une formule simple et claquante, on pourrait résumer ça par être là, dans l'idiome, oui, DANS L'IDIOME me convient parfaitement pour l'instant, j'adopte

  • En décembre 2013 et janvier 2014, Xavier Dubois, musicien, et Vincent Tholomé, poète et romancier, se sont rendus, régulièrement, de nuit, dans le pavillon Lilas, un bâtiment abandonné de l'hôpital psychiatrique du Beau Vallon, à Namur. Durant ces visites nocturnes, Vincent Tholomé a pris note des mots laissés sur les murs par les patientes et le personnel soignant. Des papiers évoquant des consignes, des procédures, ont également été recueillis.
    Les textes qui composent KAAPSHLJMURSLIS ont été écrits à partir de certains de ces mots et consignes. Un peu plus de la moitié des pièces sonores et des interactions entre textes et musiques a été, quant à elle, conçue et composée de nuit, lors de nos répétitions au pavillon Lilas. Un livre-disque illustré par Klervi Bourseul.

  • Rocco Mc Call est un personnage fictif. Inventé par une classe de futurs menuisiers et employés en travaux publics. En avril et mai 2020, nous avons co-écrit, eux et moi, ces textes relatant ce qu'il vit, pense, dit et fait quarante jours durant, relatant ainsi sa traversée du monde et du temps, si semblable à la nôtre.

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