Sarah Abdelnour

  • La nouvelle préface des «Nouveaux prolétaires» aborde la question des travailleurs indépendants et du phénomène de l'uberisation qui fait tant débat aujourd'hui. Quels liens entre ces indépendants exclus du cadre protecteur du droit du travail et la classe ouvrière décrite par Marx ? Quel potentiel d'organisation collective et de résistance ? Un texte important à l'heure du bicentenaire de la naissance de Marx.

  • « Faire de la France un pays d'entrepreneurs ». Tel a été l'un des objectifs des politiques menées ces dernières années, dont le point d'orgue est le régime d'auto-entrepreneur, mis en place en 2008, qui a suscité depuis plus d'un million d'inscriptions.
    Le modèle du « tous auto-entrepreneurs » est ici exploré, depuis sa fabrication dans les ministères jusqu'au foyer des auto-entrepreneurs eux-mêmes.
    L'analyse fait ressortir l'origine libérale de ce type de politiques, mises en place par des adversaires au modèle salarial et à son système de protection sociale.
    Elle montre aussi que la promotion de l'auto-entrepreneuriat séduit plus largement, notamment car elle se présente au service des exclus qui veulent s'en sortir et qu'elle permet une autonomie parfois recherchée.
    /> Enfin, elle met en lumière la fragilité des auto-entrepreneurs, puisque 90 % d'entre eux gagnent moins que le SMIC et que tous perdent les acquis sociaux du salariat dans une société en voie d'ubérisation.

  • Que reste-t-il des prolétaires, cette classe ouvrière décrite par Marx comme exploitée, mais aussi comme capable de se révolter et d'entrainer la chute du capitalisme ? A première vue, il n'en reste rien : le monde ouvrier semble disparu, le travail moins dur et plus intellectuel, les luttes envolées, et le capitalisme toujours bien en place. Pourtant, l'auteur montre que la notion n'est pas si anachronique qu'il y parait, et qu'elle permet d'aborder les transformations du monde du travail.
    Les nouveaux prolétaires, ce sont d'abord les mêmes que les anciens, soumis à un travail dur et des salaires faibles, puisqu'il ne faut pas oublier qu'un tiers des hommes en emploi aujourd'hui encore sont des ouvriers. Mais ce sont aussi désormais les employés. Et plus largement, ce sont les précaires, ces salariés fragiles et mal protégés qui se multiplient aujourd'hui, notamment parmi les femmes, les jeunes ou encore les immigrés.
    Si des prolétaires, il y en a donc encore, sont-ils pour autant unis et capables de se mobiliser collectivement, et donc de former une classe sociale ? Les obstacles sont nombreux et les luttes fragiles, mais les classes populaires continuent de se battre pour exister politiquement.

  • Quels impacts les applications numériques et Internet peuvent-ils avoir sur nos manières de travailler et sur nos statuts d'emploi ? En quoi le fait de commander un véhicule via une application plutôt que par téléphone constituerait la révolution que suggère le terme d'« ubérisation » ? Le passage en ligne de la commande de travail a fourni l'occasion à de nombreuses entreprises de contourner le code du travail, tout en leur offrant de nouveaux outils de contrôle des travailleurs.
    Ces processus sont l'objet d'étude de cet ouvrage de chercheurs en sociologie et en droit, à partir d'enquêtes sur les chauffeurs et livreurs, les micro-travailleurs ou encore les chefs à domicile. Les diverses contributions permettent d'envisager les platesformes numériques non seulement comme une innovation technique, mais aussi comme un nouvel espace où modifier les règles du jeu en matière d'emploi et de travail.

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