Pierre-Henri Castel

  • Non, la psychanalyse d'enfant n'est pas une technique médico-psychologique pour traiter les symptômes des enfants, qui leur appliquerait juste les procédés mis au point pour les adultes par Freud. C'est chez nous, comme il y en a dans toutes les sociétés, un rituel thérapeutique pour parer aux échecs de la socialisation primaire des enfants. Pour le démontrer, Pierre-Henri Castel ne part pas des « grandes théories » d'Anna Freud, Melanie Klein ou Winnicott. Il examine ce que font les psychanalystes avec leurs petits patients : ils dessinent, racontent des contes et des fables et, surtout, ils jouent avec eux. Les notions-clés de la psychanalyse d'enfant, soutient-il, ne font jamais qu'expliciter l'implicite de ce savoir-faire. Ce renversement d'approche radical mobilise autant l'histoire que l'ethnologie et la théorie de l'art. Mais sa visée est morale et politique : comment des enfants naissent-ils à l'autonomie et à la subjectivité, et que faire quand le malheur et l'angoisse les en empêchent ? La psychanalyse d'enfant est alors reconstruite à la lumière de ces enjeux majeurs.

  • Le mal qui vient

    Pierre-Henri Castel

    Ce bref essai procède d'une idée à première vue insupportable : le temps est passé où nous pouvions espérer, par une sorte de dernier sursaut collectif, empêcher l'anéantissement prochain de notre monde. Le temps commence donc où la fin de l'humanité est devenue tout à fait certaine dans un horizon historique assez bref - autrement dit quelques siècles.
    Que s'ensuit-il ? Ceci, d'également insupportable à concevoir : jouir en hâte de tout détruire va devenir non seulement de plus en plus tentant (que reste-t-il d'autre si tout est perdu ?), mais même de plus en plus raisonnable.
    La tentation du pire, à certains égards, anime d'ores et déjà ceux qui savent que nous vivons les temps de la fin. Sous ce jour crépusculaire, le Mal, la violence et le sens de la vie changent de valeur et de contenu. Pierre-Henri Castel explore ici quelques paradoxes de ce nouvel état de fait, entre argument philosophique et farce sinistre.
    Êtes-vous prêts pour la fin du monde ?

  • Culpabilité excessive, voire monstrueuse, petites manies angoissées, perfectionnisme, sentiment d'être forcé à toucher, à laver, à vérifier, idées horribles qu'on redoute de mettre en oeuvre malgré soi, ces symptômes, que la psychiatrie qualifie aujourd'hui d'obsessions-compulsions, n'ont pas toujours existé.
    Pierre-Henri Castel raconte ici comment toutes ces souffrances, souvent secrètes, se sont compliquées à mesure que la conscience morale devenait la valeur suprême de l'individu occidental.

    Des « scrupules religieux?» au début du XVIIe siècle à l'invention par Freud de la « névrose obsessionnelle », il retrace, telle une épopée morale, la douloureuse naissance de notre intériorité.

  • Voici deux essais sur le problème du Mal. Leur sécheresse conceptuelle, leur caractère argu­mentatif, sont de principe. Car ils sont tous deux animés d'une conviction forte : le Mal est une question philosophique qu'il faut ôter des mains des théologiens, des psychologues du crime et des critiques littéraires assoiffés de sublime. Faire le mal, et le plus de mal possible, obéit en effet à des règles rigoureuses, et il faut mettre ces règles au jour.
    Adoptant une posture analytique, Pierre-Henri Castel combat, dans un premier essai, deux idées communes : être pervers n'est pas soluble dans le relativisme culturel ou historique, pas plus qu'il n'existe de disposition naturelle à faire le mal. Le second essai, prenant la forme d'une lecture critique de l'Histoire de Juliette de Sade, interroge, au-delà de la forme littéraire, le programme philosophique et éthique de son oeuvre pour en révéler toute la portée : la pensée de Sade n'est pas une source de frissons délicieux - elle est objectivement dangereuse, elle ne parle pas juste du Mal ; elle le fraye.

  • L'esprit malade

    Pierre-Henri Castel

    • Ithaque
    • 26 Novembre 2009

    Le formidable développement des neurosciences depuis les années 1980 présente un paradoxe, dont l'état actuel de la psychiatrie est particulièrement révélateur. Bien qu'on en ait jamais su autant sur le fonctionnement du cerveau, les avancées accomplies dans ce domaine n'ont permis d'éradiquer aucune des grandes pathologies mentales connues depuis deux siècles. En revanche, le style de rationalité exigible pour les décrire, les étudier et évaluer leur traitement s est profondément transformé. La plupart des concepts psychologiques traditionnels ont été ou sont en cours de naturalisation : c'est en termes de neurobiologie et de biostatistiques que sont désormais jugés les états mentaux. L'esprit, c'est ce qui s'explique à partir du cerveau. En abordant ici les modèles animaux de la folie, les hystéries modernes, la dépression, l'énigme des " fous criminels " ou celle de la conscience schizophrénique, l'auteur poursuit en réalité trois tâches. Il présente d'abord, sous leur jour le plus incisif, les mutations actuelles de quelques théories psychiatriques marquées par la domination conjointe des paradigmes neuroscientifique et évolutionniste. Il vise, ensuite, à dégager les présuppositions philosophiques ultimes de la naturalisation de la folie et des états psychiques morbides qui inspirent ces théories. Il interroge, enfin, les conditions anthropologiques du succès de l' " esprit-cerveau " en psychiatrie. L'enjeu de ces essais, qui sont animés d une intention constamment polémique, est de défendre une perspective holiste sur l'esprit, qui en dévoile la nature essentiellement sociale (l'esprit des représentations collectives, des règles sociales, des institutions, des formes de vie, etc.) sans pour autant épouser le relativisme historique. Il s'agit de mobiliser, outre des concepts, des objets concrets et exemplaires afin de montrer que le constructivisme social, largement inspiré par Michel Foucault, ne constitue pas la seule alternative à la naturalisation de l'esprit.

  • Le Cas Paramord s'essaie à un projet inhabituel dans la littérature psychanalytique : livrer le récit d'une cure entière. Or une telle entreprise, déontologiquement délicate, ne se justifie qu'à la lumière d'enjeux graves et généraux.
    Ce problème fondamental, c'est ici la vieille question de la « contrainte psychique ». Car, selon Pierre-Henri Castel, même si l'enveloppe formelle des symptômes de la névrose obsessionnelle freudienne subsiste, beaucoup parmi nous vivent autrement cette contrainte. Le contexte anthropologique, philosophique et moral de cette mutation est patiemment déplié, enrichissant de façon tout à fait inédite l'analyse clinique.
    Mais loin de se réduire à l'illustration d'un point de doctrine, le récit d'une psychanalyse met toujours sur la table ce qu'on juge être la psychanalyse. Aussi l'auteur tente-t-il, en postface, de donner forme conceptuelle à certains mouvements inconscients dans lesquels il s'était trouvé emporté avec son patient. Rêves, affects, étrangetés du langage en ressortent éclairés d'un nouveau jour. Fortement marqué par Lacan et Bion, lecteur critique de Bollas, Ogden et Ferro, Pierre- Henri Castel présente alors la psychanalyse qu'il appelle de ses voeux, ce qui donne à cet ouvrage valeur de manifeste.

  • Être un homme ou une femme est-il naturel ou culturel ? L'identité sexuelle s'enracine-t-elle dans le corps, est-ce un donné physiologique, voire neurobiologique ? Ou ne s'agit-il que d'un rôle qu'on joue, qu'on pourrait intervertir avec d'autres et dont on puisse altérer le texte ?
    La métamorphose transsexuelle est une voie d'accès privilégiée à ces interrogations, parce que le réel de l'identité, avant d'avoir pu dire son mot, est ici forcé par un fabuleux acte autoconstructif : si tant de magistrats, tant de psychiatres sont embarrassés par les transsexuels, si leur affaire est à la pointe avancée de la bioéthique, de la critique de la culture ou de la protestation libertaire, c'est justement parce qu'ils assument leur identité comme une «construction sociale». Dans la sphère éthérée des débats savants, ils font sentir l'urgence d'une affaire de vie ou de mort, en un court-circuit inattendu entre une question de catégorisation et une atteinte directe à la chair.
    Le problème est, pour le dire d'un mot, métaphysique. Il vise le noeud obscur qui attache ce corps à ce je ; il oblige donc à dévoiler quelle nature humaine il faut, à un moment ou à un autre, nous supposer. Et il est à peine besoin de l'approfondir pour que la philosophie, la psychanalyse, mais aussi la médecine, la sociologie, le droit - toutes disciplines aspirant à sauver leur rationalité, voire leur scientificité, face à ce qui paraît la déraison même, «changer de sexe» - en ressortent ébranlés.
    Telle est la crise des certitudes qui motive cet essai.

  • Pourquoi implante-t-on aujourd'hui de minuscules électrodes dans le cerveau de certains " obsessionnels-compulsifs " ? Qu'est-il arrivé à la "névrose obsessionnelle " inventée par Freud ? Où donc est passé le vieux " surmoi " ? Questions étranges, parce qu'elles semblent monter en épingle un épisode infime de l'histoire de la psychiatrie, loin des graves soucis des philosophes pour la folie. Au contraire : elles se tiennent au ras des souffrances secrètes d'un nombre immense de gens normaux, mais angoissés, portés à douter de tout, l'esprit traversé par des obsessions bizarres, et dont la vie est gâchée par de petits rituels dérisoires (vérification, symétrie, etc.).

    La réponse se déploie entre deux récits de cure psychanalytique, livrés avec une exceptionnelle richesse de détails : celle d'un patient de Freud, " l'Homme aux rats ", en 1907, à Vienne, et celle d'un de nos contemporains, " Paramord ". On y découvre combien devoir assumer subjectivement certains actes (sexuels mais pas seulement) peut devenir un supplice horrible. On y découvre aussi combien la contrainte à agir et à être soi-même aura été une pierre de touche de l'identité de l'individu dans la modernité. Car, de Freud à l'âge de l'esprit-cerveau, le sens de l'intériorité morale et psychique a profondément changé. Et ce que nous ne pouvons pas nous empêcher de faire ou de penser, et qui nous obsède, révèle le cožt exorbitant de nos idéaux d'" autonomie ".

    Pierre-Henri Castel conclut ici son enquête dans le labyrinthe du XXe siècle. Pourquoi être " civilisé é a pu paraître à ce point odieux à ceux qui ont préféré la barbarie totalitaire ? De quoi souffrait Kafka ? Le conformisme menace-t-il la démocratie ? Pour qui les thérapies cognitivo-comportementales furent-elles inventées ? Comment, enfin, la culpabilité excessive, creuset de l'individuation personnelle en Occident, s'est-elle muée en dysfonction cérébrale ? Pessoa et Canetti, Arendt et Adorno, Melanie Klein, Eysenck et Lacan nous guident et, avec eux, les témoignages poignants d'une foule d'obsédés anonymes.

  • La collection est dirigée par Yves-Charles Zarka, directeur de recherches au CNRS. Il dirige le Centre d'histoire de la philosophie moderne - Centre Thomas Hobbes. Elle a un double objectif : -- réouvrir le débat sur les questions majeures de la philosophie, celles qui ne cessent d'alimenter la pensée, en vue d'éclairer leurs enjeux par des contributions inédites dues aux meilleurs spécialistes - mettre à la disposition des étudiants, des enseignants et plus généralement de tous ceux qui s'intéressent à la philosophie, des dossiers permettant de se faire une idée claire de l'état actuel des connaissances sur un sujet.
    Rendre des travaux philosophiques de pointe, accessibles à un large public universitaire et extra-universitaire, tel est le pari de cette collection. (Autres collections : Fondements de la politique - Intervention philosophique) Revue Cités. Philosophie, Politique, Histoire, dirigée par Yves Charles Zarka. Publication trimestrielle

  • L'inconscient freudien, aujourd'hui, c'est comme la lutte des classes ou le sentiment du péché : tout le monde a une intuition plus ou moins claire de ce que cela pourrait désigner, mais personne ne veut plus du réseau d'arguments qui lui donne une valeur explicative.
    Cet essai s'attaque à ce discrédit. A quoi donc résiste la psychanalyse, à quelles " réfutations " savantes, à quelle adversité sociale bien actuelle, mais surtout, à quels dévoiements internes ? Y a-t-il toujours quelques raisons, non de " lire Freud " mais bien d'entreprendre une cure, voire de devenir psychanalyste ? Ou bien la psychanalyse ne tient-elle plus debout qu'à la façon de ces grandes stèles que les voyageurs qui l'ont paraît-il " dépassée " ont besoin, pour s'en assurer, de contempler de loin ? Une réponse savante et pugnace aux critiques contre la psychanalyse, qui restitue toute sa valeur à l'engagement intellectuel du psychanalyste dans les débats contemporains.

  • "Je sous-titre ce commentaire sans l'ombre d'une hésitation : une philosophie de l'esprit inconscient. Car le grand oeuvre de Freud est bien un magistral traité de philosophie digne de prendre place après ceux d'Aristote sur l'âme auquel Freud doit tant, dans la lignée des "traités de l'entendement humain" qui ont fleuri dans la postérité de Descartes, chez Locke ou Leibniz et qui tous ont proposé de puissantes analyses du concept d'esprit. Ce livre est aussi, ce qui occulte la tradition rationaliste à laquelle il se rattache, un éminent rejeton des spéculations de Schopenhauer sur l'affectivité, la volonté et la représentation qui, avant Freud, ont nourri Nietzsche et qui après lui, commanderont la pensée du jeune Wittgenstein. Freud évoque régulièrement le chapitre 7 (Psychologie des processus du rêve) comme étant son chapitre philosophique.

    Quand l'ouvrage paraît en novembre 1899 Freud a 44 ans. Il gagne sa vie en soignant des névrosés auxquels il tente d'offrir mieux que des cures par l'hypnose. Son ancien co-auteur Breuer (Etudes sur l'hystérie) ne l'a pas suivi, il est isolé. Il vient de traverser une expérience intérieure, son auto-analyse qui l'a bouleversé affectivement et intellectuellement. Ses rêves de la "Traumdeutung" loin d'être de simples illustrations, sont les étapes de cette auto-analyse, ils portent la trace du choc que fut la mort de son pére en 1896.

    On trouvera ici : un résumé de la "Traumdeutung" -- une délimitation des thèses de Freud avec les difficultés qu'elles soulèvent -- un commentaire critique de l'ouvrage qui met en valeur les intuitions de Freud et les objections auxquelles Freud a répondu ou aurait pu répondre -- une conclusion philosophique -- une sélection bibliographique sur Freud, la psychanalyse et les énigmes du rêve. " Extrait de l'avant-propos Table des matières Avant-propos, 1 Résumé analytique de L'interprétation du rêve, 5 Introduction, 31 Les préfaces de L'interprétation du rêve, et l'évolution de la pensée de Freud sur le rêve, 49 Sens et valeur théorique de L'interprétation du rêve après 1900, 49 L'interprétation du réve dans l'auto-analyse de Freud, 51 Les mutations conceptuelles de la théorie du rêve après L'interprétation du rêve, 54 Chapitre I. Enjeux épistémologiques d'une théorie du rêve, en 1900, et aujourd'hui, 61 Premières intuitions, premières antinomies, 62 Le réductionnisme neurophysiologique - la version associationniste de 1900, 67 Le rêve, fait psychologique parce que moral : l'intentionnalité onirique, 74 Les fins du rêve et leur signification en clinique mentale, 85 Encore le réductionnisme neurophysiologique - la version cognitiviste contemporaine, 92 Chapitre II. La procédure d'interprétation des rêves - le rêve d'Irma, 101 La psychologie populaire du rêve, corrigée par elle-même, 102 Les sources psychothérapeutiques de la méthode d'interprétation, 105 La solution injectée à Irma, 113 L'hypothèse du rêve-désir, 123 Chapitre III. " Le rêve est un accomplissement de désir ", 129 La généralisation de la thèse du rêve-désir, 132 Le désir, cause du rêve ou raison du rêve ?, 139 Chapitre IV. Déformation, censure et rêves contraires au désir, 153 Le manifeste et le latent - le rêve " de l'oncle ", 155 La censure : de la logique du refoulement à sa mécanique mentale, 163 Autres contre-exemples et première explication du rêve d'angoisse, 175 Chapitre V. L'infantile et le sexuel, contenus latents et déformés de nos rêves, 183 La " monographie botanique " : de l'anodin et du récent à l'inavouable originaire, 184 L'infantile et le sexuel, sources dramatiques du rêve, 195 Pour en finir avec les généralités physiologiques sur le rêve, 203 Pour en finir avec les généralités psychologiques sur le rêve : le seul rêve typique est le rêve oedipien, 211 Chapitre VI. Comment les pensées inconscientes se transforment-elles en rêve ?, 225 Condensation et surdétermination, 231 Le déplacement, raison d'être du travail du rêve, 240 Figuration et figurabilité pensées à image et images à pensée, 244 Le symbolisme onirique, 256 Jugements intelligents et absurdités dans le rêve manifeste, 264 L'investissement affectif des représentations, base causale du travail du rêve, 270 L'élaboration secondaire selon les fantasmes, couronnement du travail du rêve, 279 Chapitre VII. Métapsychologie du rêve, 287 L'oubli du rêve, révélateur de l'intention du rêveur, 290 L'appareil y et la régression, 300 Pourquoi les pensées inconscientes ne sont-elles que des pensées de désir?, 315 La fragilité dynamique de l'appareil y : réveil, cauchemar, névrose et psychose, 328 Processus primaire et processus secondaire : la systématisation de la dynannique psychique et la refondation freudienne de la psycho pathologie, 336 En quel sens l'inconscient a-t-il une " réalité psychique " ?, 353 Conclusion, 363 Références bibliographiques choisies et annotées, 377 Références à Freud, 377 Outils bibliographiques pour lire Freud et la psychanalyse, 379 Quelques études psychanalytiques sur le rêve et son interprétation, 380 Varia historiques, littéraires ou philosophiques, sur le rêve et sa psychologie, 381 Références épistémologiques et critiques sur le rêve et l'inconscient, 382 Textes classiques en neuropsychologie du sommeil et du rêve, 385 Quelques adresses électroniques sur le rêve, Freud et la psychanalyse, 386 Index, 389

  • De ce que fut la querelle de l'hystérie et des débats féroces que suscitèrent, indépendamment de Freud, les essais pour en comprendre les symptômes, nous ne savons plus rien. Babinski, Bernheim ou Delboeuf font sourire, comme des trouvailles érudites pour historiens de la médecine. Freud n'a pas été le seul à avoir perçu l'énigme sur laquelle Charcot a buté. Il y a eu une multiplicité d'options épistémologiques dont la psychanalyse s'est détachée, ayant chacune une histoire. Cette dispute médico-philosophique a bouleversé les représentations les mieux établies du positivisme, du romantisme et de l'individualisme libéral.


    Table des matières Préface -- Introduction - La formation du discours psychopathologique : les enjeux scientifiques, culturels et sociaux de la Querelle de l'hystérie, entre 1881 et 1913 Première partie : CHARCOT, BERNHEIM ET BABINSKI I - UNE SCIENCE DE L'EXPÉRIENCE DE L'INCONSCIENCE I / Charcot et l'invention du parallélisme Grande Hystérie - Grand Hypnotisme II / Fiction et vérité de l'argument du parallélisme III / La théorie du traumatisme et l'issue psychologique de la doctrine de l'hystérie IV / Une énigme en héritage : objectivité et vérité de l'hystérie II - « MAINTENANT, VOUS ENTENDEZ DE NOUVEAU ! » I / La réfutation de la nosographie de la Salpêtrière par Bernheim, et la première Querelle de l'hystérie II / Paradoxes de la suggestion pure III / Où et en qui se matérialisent les effets de la suggestion ?

    III - LE SIGNE DE LA PANTHÈRE I / Babinski et la critique neurologique de l'hystérie de Charcot : la seconde Querelle de l'hystérie II / Suggestion et persuasion quelques paralogismes de la polémique avec Bernheim III / Comment éviter le recours au psychisme ? Le concept de physiopathie Deuxième partie : LE DISCOURS PSYCHOPATHOLOGIQUE IV - JANET ET LE RENOUVEAU DE LA MÉTHODE PSYCHISTE I / De Ribot à Janet, continuité ou restructuration du champ de la psychologie ? II / La pathologie du Je et son interprétation psychiste : effets systématiques de la rupture avec la psychologie pathologique III / Les dichotomies de Janet : automatique et volontaire, conscient et subconscient, champ de conscience et tension psychologique IV / L'hystérie remembrée V / L'extension du champ psychopathologique : de la psychasthénie à la psychose V - L'INDIVIDU ASSUJETTI I / La crise de l'individualisme libéral et les concepts de la psychologie nouvelle : de Barrès à Féré II / L'individu malade et la crise du traitement moral classique III / Les équivoques de la psychothérapie : action psychologique sur le moral, ou action morale sur le psychisme ? IV / L'hypnotisme dans la querelle entre Tarde et Durkheim VI - NATURALISME, HYSTÉRIE ET DÉCADENCE I / La dramatisation psychologique de l'hystérie chez les Goncourt II / Huysmans : l'étoffe phantasmatique du psychisme subjectif Conclusion - Le statut de la subjectivité moderne et la psychopathologie -- Chronologie et bibliographie historique -- Références bibliographiques choisies -- Lexique des termes médicaux rares Index nominum

  • On prétend volontiers que la consommation des médicaments anti-dépresseurs est très élevée dans nos sociétés où les individus sont soumis à la solitude et à l'isolement. De là à faire de la dépression un « phénomène de société », il n'y qu'un pas que franchissent aisément ceux qui sont prêts à banaliser la plainte dépressive. Les interrogations qu'entraîne la question ouverte par ce Forum vont bien au-delà. Dans notre culture, c'est à l'individu souverain que renvoient les changements idéologiques portés par la notion de dépression. Mais comment passer de la dépression à la société ? La dépression est-elle une affection de l'esprit ? Et comment la tenir pour un affect archaïque comportant tout le phénomène humain de la vie psychique ? Quel est le rapport de la dépression à la vérité du mélancolique ? Autant d'interrogations argumentées dans ce volume.

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