Olivier Fillieule

  • A l'heure où le thème de la désaffection des citoyens pour le politique est si prégnant, ce livre rappelle utilement que la France de ces dix dernières années a connu d'importants mouvements sociaux qui ont vu des milliers de citoyens descendre dans la rue pour manifester leur colère et exprimer leurs revendications. Pour mieux comprendre ce phénomène majeur de notre société, voici réunies pour la première fois une série d'études de cas qui toutes portent sur des mouvements récents : le mouvement des Finances en 1989, les coordinations infirmières, les mouvements de chômeurs et celui des déboutés du droit d'asile : la guerre du Golfe enfin, avec la mobilisation pacifiste et l'analyse de ses difficiles rapports avec la télévision. Chaque essai plaide ici pour une théorie compréhensive des mouvements sociaux, perspective qu'explicite l'introduction de l'ouvrage : tout à la fois, l'individu construit activement et est fortement contraint par un univers de significations sociales dont la détermination résulte notamment de son identité raciale, sexuelle, de classe et de nationalité.

  • Les affrontements entre la police et les manifestants se sont multipliés en l'espace de quelques années. Avec pour bilan un nombre effarant de blessés, mais aussi des décès. Comment en sommes-nous arrivés là ? Après Mai 68, la pacification du maintien de l'ordre avait fait la fierté des gouvernements français successifs. Mais, dans un contexte de tensions sociales accrues, de violences urbaines et de terrorisme, le maintien de l'ordre s'est militarisé et finalement brutalisé. La manifestation de rue se voit de moins en moins reconnue comme une expression légitime de la contestation. La violence de la répression, la simple vue de l'armement des forces de l'ordre exercent désormais, à elles seules, de puissants effets de dissuasion.
    Grâce à des enquêtes menées depuis plus de vingt ans, Olivier Fillieule et Fabien Jobard établissent le constat implacable de ces régressions successives et les analysent. Les nouvelles « politiques du désordre » qu'ils décrivent mettent au défi notre démocratie.

  • Cet ouvrage va profondément modifier notre regard sur les années 68 : nous n'y rencontrons pas de têtes d'affiche, mais les militants ordinaires des syndicats ouvriers, de l'extrême gauche et du mouvement féministe ; il n'est pas centré sur Paris mais sur cinq métropoles régionales : Marseille, Lyon, Nantes, Rennes et Lille ; et il embrasse les années 68, la période 1966-1983, délaissée par les historiens et les sociologues. Cinquante ans après l'événement mai 1968, que sont les militants devenus ? Quatre années de recherches par un collectif d'une trentaine de chercheurs qui viennent substituer au discours convenu sur les soixante-huitards parisiens un portrait de groupe vivant, concret et surprenant.

  • Cinquante ans après les bouleversements politiques et sociaux portés par la séquence historique de Mai 68, que sait-on vraiment de cette séquence historique, en dehors de l'image d'Epinal qui s'est construite au gré des commémorations successives ? Une image très parisienne, fortement centrée autour de quelques figures et célébrités, aux dépends de milliers de militant.e.s ordinaires qui, entre 1966 et le milieu des années 1980 et sur tout le territoire, ont contribué à faire des « années 1968 » un « âge d'or des luttes » dont on peine aujourd'hui à restituer l'épaisseur et les logiques.

    Cet ouvrage propose une plongée inédite dans les « années 68 » à Marseille, ville marquée par la puissance longtemps incontestée du PC et de la CGT dans le monde syndical, par une gouvernement municipal hégémonique et clientélaire (le système Defferre), par l'importance de la nébuleuse des chrétiens de gauche ou chrétiens marxistes. Il montre que la cité phocéenne a aussi eu un rôle d'avant-garde dans de nombreuses luttes majeures des « années 68 », en particulier les luttes féministes, le mouvement homosexuel et la défense des travailleurs immigrés.

    Restant au plus près de l'expérience vécue par les 68ards ordinaires, ce livre restitue un Mai marseillais assez différent de l'« histoire officielle », tantôt enchantée tantôt noircie.

  • Le Sexe du militantisme propose une analyse de la (re)production des rapports de pouvoir au travers des pratiques militantes, saisissant les logiques par lesquelles les inégalités de genre, de classe et de race imprègnent le militantisme, qu'il soit de gauche ou de droite, progressiste ou conservateur.

    Premier ouvrage en français à explorer le militantisme dans une perspective de genre à partir de recherches empiriques sur les partis, les syndicats et les mouvements sociaux, il rassemble des politistes, sociologues, anthropologues et historiennes dont le souci est de ne pas appréhender les luttes politiques comme si elles étaient « neutres » et non sexuées.

    Une contribution majeure à l'étude des mobilisations collectives qui complète les analyses classiques, aveugles aux rapports de genre.

    Olivier Fillieule professeur de sociologie politique à l'Université de Lausanne, directeur de l'Institut d'études politiques et internationales (IEPI) et directeur de recherche au Centre de recherches politiques de la Sorbonne (CRPS, Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne, CNRS). Patricia Roux est sociologue et professeure en études genre. Elle dirige le Centre en études genre de l'Université de Lausanne (Liege) et est corédactrice de la revue Nouvelles Questions féministes.

  • Ce livre montre qu'il n'existe pas de différence fondamentale entre les mouvements protestataires dans les sociétés musulmanes et ceux qui surviennent ailleurs.

  • Je vote, tu contestes, elle cherche... La montée de l'abstention, celle des partis d'extrême droite, l'émergence d'une consommation engagée ou de formes de mobilisation des minorités ethniques, la place de l'identité nationale, le rôle des associations dans la vie démocratique... la sociologie politique se trouve au défi d'expliquer le maintien ou les transformations des formes de politisation.

    Ce défi , Nonna Mayer l'a relevé tout au long de sa carrière, en alliant ouverture intellectuelle et rigueur méthodologique.

    Hommage à la sociologie politique plurielle que cette pionnière de la survey research expérimentale à la française a pratiquée et soutenue, l'ouvrage dresse un état des lieux des recherches et des controverses qui animent aujourd'hui ce champ de la science politique. Il compose ainsi une introduction à l'analyse des comportements politiques.

  • Comment fonctionne le monde syndical en Suisse? Qui s'engage dans la carrière syndicale et comment ces personnes vivent-elles leur activité professionnelle, entre vocation militante et exercice d'une profession salariée?
    Se situant au croisement de la sociologie du militantisme, des parcours de vie et des professions, ce livre apporte une contribution majeure à la compréhension des ressorts propres aux engagements professionnalisés dans la carrière syndicale, tout en tenant les exigences d'une perspective de genre.
    Après avoir dressé le portrait sociologique des syndicalistes de l'USS et de Travail.Suisse, et exploré leurs raisons de s'engager, l'ouvrage étudie les tensions qui caractérisent le travail syndical, via une analyse de la tension entre engagement bénévole et travail salarié, de la division sexuée du travail et des facteurs permettant de rendre compte du maintien des femmes dans des positions plutôt dominées, malgré des politiques volontaristes de promotion des carrières féminines.

  • Cet ouvrage vise ainsi à rendre compte de l'évolution de la sociologie des mouvements sociaux et de l'originalité des travaux français en offrant à la fois un regard critique sur ce champ de recherche et des pistes d'investigation sur ses angles morts comme les logiques de l'engagement individuel ou la place des émotions dans le militantisme.

  • La manifestation est sans doute la forme la plus commune d'expression politique, tant dans les pays démocratiques, où sa légitimité le dispute avec plus ou moins de bonheur aux formes plus conventionnelles de participation comme le vote, que dans les pays non démocratiques, où elle accompagne les tentatives de révolte et de renversement. Dans cet ouvrage de synthèse, les auteurs proposent une analyse sociologique et historique de ce mode d'action politique, avec ses normes et ses règles, ses légendes et ses mythes, ses épisodes glorieux et ses heures sombres. Mais surtout, au-delà de l'interrogation classique sur la place de la manifestation dans le répertoire d'action contemporain et dans les luttes politiques, c'est aussi à une analyse au plus près des manifestants eux-mêmes et de " ce qui les fait courir " que cet ouvrage nous invite.

  • La manifestation est sans doute, après le vote, la forme la plus commune d'expression politique dans les pays démocratiques. Dans les pays non démocratiques, elle accompagne les tentatives de révolte et de renversement des pouvoirs en place, comme l'ont rappelé avec force les « printemps arabes ».

    Une analyse sociologique et historique de ce mode d'action politique, avec ses normes et ses règles, ses légendes et ses mythes, ses épisodes glorieux et ses heures sombres.

  • Jamais ce qui se joue dans la rue autour de l'affrontement entre policiers et manifestants n'a été aussi central à la compréhension de l'ordre politique et de son maintien : émeutes urbaines en Europe, durcissement du traitement policier des manifestations de rue, développement des violences lors des sommets du G8, contestation des pouvoirs par le recours à la rue dans les pays non démocratiques.
    Après s'être interrogé sur la coopération policière internationale en matière d'échange d'information, de répression et de redéfinition des libertés publiques, notamment au niveau européen, l'ouvrage rend compte en trois volets des évolutions les plus récentes de la gestion des conflits sociaux : Le premier, centré sur les démocraties occidentales, souligne le caractère contingent de la relative pacification du maintien de l'ordre et de l'uniformisation des systèmes de gestion de l'ordre public, et met en perspective les ambivalences contemporaines.
    Le deuxième ouvre la réflexion sur le maintien de l'ordre dans des contextes autoritaires ou de transition démocratique et permet de penser les relations entre Etat et mouvements comme un affrontement permanent de répertoires répressifs et protestataires, et de réinterroger les notions de coût et d'opportunité. Le troisième est consacré aux transformations contemporaines de la police des foules dans le cadre de l'émergence des mobilisations altermondialistes et plus généralement de la contestation transnationale.
    Ce livre rassemble les meilleurs spécialistes internationaux de la police des foules, engagés dans une collaboration intellectuelle établie sur plus de quinze ans.

empty